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Ge résultat» dont la démonstration ne laisse, comme on le verra plus loin, aucone place au doute, suggère au point de vue historique une réflexion importante.
On a beaucoup discuté la valeur de la loi des connexions.
Les uns Tout admise et admirée sans réserve; les autres en ont fait pour ainsi dire Tobjectif constant de leurs attaques.
Il me souvient que, soutenant dans une juste mesure cette loi utile qui dans quelques cas conduit aux résultats les plus précieux, un zoologiste citait justement à l'appui de ses idées les organes auditifs des Mollusques dont les connexions variant à ses yeux si profondément ne permettaient pas d'admettre la loi. Cependant aujourd'hui, il faut le dire, y a-t-il un exemple à la fois plus utile et plus précieux que celui-ci? ne doit-il pas montrer avec quelle réserve il faut admettre ces prétendus chevauchements qui démontrent, dit-on, TinsufQsance de la loi? Enfin ne prouve-t-il pas combien il est nécessaire d'observer ces déplacements, de les étudier de près avant de croire à leur valeur, avant de s'en servir pour infirmer les résultats acquis ?
Je ne veux point soulever en ce moment la question grave de la fixité constante et absolue des connexions des parties ; ce serait m'éloigner trop du sujet très-limité qui m'occupe; mais il est difGLcile de ne pas faire remarquer combien il faut dans les questions de haute philosophie zoologique s'appuyer sur des détails nombreux et minutieux pour aborder avec succès les critiques sévères et les déductions générales.
Ainsi, en voyant un organe des sens suspendii tantôt à un centre sensible tantôt à un centre moteur, on en concluait très-naturellement, et avec juste raison, que la sensibilité et la motricité étaient confondues chez les animaux inférieurs^ et surtout que la loi de la fixité des connexions se trouvait en défaut.
On raisonnait à peu près comme on le faisait avant les belles découvertes de Bell et de Magendie, quand on supposait que, dans un même nerf, sensibilité et motricité étaient des propriétés communes et confondues.
Nous ne reviendrons pas ici sur ce qui a été dit dans un travail
précédent (1). Nous rappelons seulement qu'à nos yeux il est des connexions immuables ; que la fixité n'est point absolue quand il s'agit des rapports des grands systèmes d'organes dans toute la série des êtres, mais seulement dans les groupes naturels bien caractérisés.
Ai&si restreinte, la loi des connexions rend les plus grands services, car elle permet aux zoologistes d'établir morphologiquement les analogies et les homologies des parties, dont la détermination et la distinction peuvent seules conduire à des descriptions précises et de quelque valeur.
Bien n'est à regretter comime de voir critiquer légèrement des idées générales sans approfondir les raisons qui doivent les faire rejeter^ et l'on voit de plus combien est fâcheux le résultat auquel conduit le rejet d'une loi dont on n'avait pas démontré d'abord la non-valeur par toutes les preuves possibles.
Il est dil^çile encore de ne pas remarquer que sila connexion importante des vésicules auditives a été trouvée, ce n'est qu'à Taidede nombreux et minutieux détails d'histologie. Or, on ne peut le méconnaître, ce n'est pas par l'apparence seule qu'il est possible de définir un organe i c'est par soQ étude profonde et complète. Sanscela, ons'expose aux plus graves mécomptes, et comme les organes fournissent les caractères et que ces caractères eux-mêmes conduisent aux noms, aux expressions et aux mots, qui composent la nomenclature scientifique, jamais on n'arrivera à une nomenclature zoologique précise, nette, philosophique et rationnelle sans la connaissance des organes, et celle-ci n'est possible que par les études de détails les plus étendues.
C'est au zoologiste à ne point sombrer danscette immensité de faits, de particularités; c'est à lui à en dégager les généralités qui, par leur origine même, prennent une valeur réelle.
(1) Voy. Arch» ds ZooX, exp. etqén, — Direction des études ioologtqxieSf vol. I, p. 51.
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II est à peine nécessaire de dire que pas une expérience directe n'a prouvé Topinion qui est admise sur les fonctions des poches auditives.
On le sait, rien n^est difficile comme d'apprécier dans les animaux inférieurs la nature des impressions nerveuses en général, et surtout celle des impressions spéciales.
Les Mollusques sont si éminemment sensibles que la moindre ondulation du milieu dans lequel ils vivent est le plus souvent perçue par des terminaisons nerveuses périphériques excessivement multipliées chez eux : il devient alors de la plus grande difficulté de reconnaître, de distinguer une impression produite par une onde ou vibration sonore d'une impression causée par une simple ondulation lente et incapable de produire un son.
Voici comment on a été conduit à cette opinion. C'est surtout Von Siebold qui le premier a donné les raisons admises après lui sans contestation.
€ Si nous comparions, dit-il, les organes auditifs des Mollusques oc avec l'organe auditif des poissons en état de développement, nous y c( verrions une similitude frappante, et nous serions encore plus cona vaincus que les organes décrits sont bien les organes de l'ouïe. Si « nous jetons un regard sur la figure qui représente l'organe auditif « d'un très-jeune Cyprmus alburnus, nous serons frappés de la sim- 1 plicité de cet organe, car nous n'y verrons qu'une simple capsule a avec des parois inégales sur lesquelles, au milieu d'un Uquide clair « qui en remplit la cavité, se trouvent attachés des otolithes (t)« »
Il est certain que l'analogie entre les parties est grande; aussi ce rapprochement établi par M. Siebold a-t-il convaincu, on pout le dire, tous les zoologistes.
Mais on arrive aussi à la même opinion en considérant l'organe de Faudition dans la série animale. On voit en effet disparaître successivement toutes les parties accessoires, et tandis que la partie fonda-
(1) Voy. Siebold, Organe auditif des MolUuques. (Ann, des so, nat. mooî,, 2« séri©, t. XIX, pag. -206.)
mentale persiste seule au milieu des modifications nombreuses. L'étude générale des sens^ indépendamment de leur spécialité, fournit ce résultat constant, qu'entre le monde extérieur et le nerf, entre le gtimuluê et le support du stimulus^ pour emprunter une expression à la médecine, il y a une série de parties secondaires destinées à préparer, à faciliter ou à modérer l'impression qui n^est enfin de compte que le conflit entre le monde extérieur et l'organisme, entre le sujet (ce mot représentant ici le corps) et l'objet.
Les parties adjuvantes aidant l'action du stimulus, les parties protectrices sont-elles aussi importantes que l'expansion nerveuse destinée à recevoir l'impression? Evidemment non.
n faut donc tout d'abord dans un organe des sens, quel qu'il soit, chercher la partie fondamentale, c'est-à-dire le nerf et son expansion, sa terminaison.
Or, si l'on fait cette recherche pour l'oreille de l'homme et des vertébrés, voici ce que sans aucun doute l'on rencontre :
Le nerf se distribue aux trois parties, limaçon, canaux semi-circulaires et vestibule, connues dans leur ensemble sous le nom de labyrinthe.
Voilà la partie fondamentale. L'oreille moyenne ou le tympan et l'oreille externe sont accessoires et intermédiaires entre le monde extérieur et la partie terminale du nerf placés dans le labyrinthe.
Danslasériedesvertébrés^onvoit d'abord disparattrel'oreilleexteme (Oiseaux), puis le tympan arrive à l'extérieur (Reptiles), enfin l'oreille moyenne fait défaut (Poissons), le labyrinthe seul persiste et encore est-il simplifié.
Mais les trois parties du labyrinthe lui-même ne semblent pas avoir la même importance. Le limaçon disparaît le premier, en commençant dans les Oiseaux et les Reptiles par perdre quelques tours et devenir presque méconnaissable.
Dans les Poissons, on ne trouve guère que des canaux semi-circulaires déjà modifiés et une ampoule renfermant des concrétions calcaires.
Dans l'homme et les animaux voisins, on voit à l'intérieur du labyrinthe osseux une sorte de doublure membraneuse, sur laquelle reposent, les terminaisons du nerf acoustique et au milieu de laquelle dans un liquide (endolymphe) flottent des particules calcaires (otoconie).
La partie osseuse est purement protectrice, et pourrait disparaître