‹ Archives de zoologie expérimentale et générale (volume 2)Chapitre 76 sur 153 · CUvelina lepadifarmis Mûller Zool. Dan · texte numérisé non relu

CUvelina lepadifarmis Mûller Zool. Dan

Je ne veux ajouter que quelques mots sur cette espèce étudiée par Mûller, Savigny et Milne Edwards. Cette Ascidie présente des lignes pigmentaires qui ont été décrites de la façon suivante par le Prof. Edwards :

a On remarque au milieu de ces parties hyalines, quelques lignes d'un jaune de soufre et d'un aspect granuleux, lesquelles correspondent aux points de soudure des parties intérieures; deux de ces bandes très-rapprochées Tune de l'autre, descendent verticalement tout le long de la ligne médiane de la face ventrale du thorax et sont séparées par un espace linéaire incolore mais semi-opaque : une troisième ligne jaune naît à droite et à gauche de celles-ci, vers la partie supérière du thora^ç et se porte horizontalement en arrière, en décrivant un cercle autour de la base de l'ouverture buccale ; une quatrième ligne de même couleur et disposée également en anneau occupe l'extrémité inférieure du thorax, et parait naître aussi des lignes verticales dont il a déjà été question ; une cinquième ligne semblable aux précédentes entoure l'ouverture anale et se prolonge en haut et en avant jusque tout auprès du bord postérieur de la bouche. En général on aperçoit à quelque distance de la face dorsale du thorax une sixième ligne jaune qui descend verticalement de l'anneau supérieur à l'anneau inférieur mais qui est beaucoup plus pâle que les autres. x> L'estomac est aussi orné de quatre lignes verticales de môme couleur et de même apparence que les précédentes.

Pour abréger, j'appelle cercle branchial inférieur, cercle branchial supérieur et cercle anal les lignes circulaires indiquées dans cette

bl A. GIARD

description et que nous retrouverons chez d'autres espèces. Je ne crois pas que les caractères tirés de ces cercles et des lignes verticales qui les unissent aient la valeur qu'on a voulu leur attribuer.

Le Clavelina Rissoana M. Edwards, espèce du golfe de Nice qui ressemble exactement à celle dont il vient d'être question mais qui s'en distingue par la couleur blanc de lait des lignes opaques, n'est, j'en suis convaincu, qu'une variété de la Clavelina lepadiformis.

J'ai fréquemment trouvé à Roscoff des cormus de Clavelina qui m'ont longtemps embarrassé. Les individus composant ces cormus ne me présentaient aucune différence anatomique avec la Cl. lepadiformis : leur taille était seulement un peu inférieure et leurs rangées de fentes branchiales moins nombreuses. Ces caractères n'ont aucune signification, car je me suis assuré que les Synascidies peuvent encore grandir et acquérir de nouvelles rangées de boutonnières après avoir atteint Fétat adulte. Mais ces petites Glavelines offraient un cercle de plus à l'ouverture branchiale le long de la ligne d'insertion des filets tentaculaires (cercle labial) et les lignes opaques étaient généralement d'un blanc de lait^ quelquefois cependant d!un beau jaune soufre. Il arrivait fréquemment aussi que le cercle branchial supérieur faisait défaut tandis que je ne l'ai jamais vu manquer chez la Clavelina lepadiformis type; je n'ai pas besoin de faire remarquer que toujours comme pour les autres variations des Synascidies, tous les individus d'un même cormus sont modifiés simultanément.

Enfin je dois dire qu'à Roscoff la Clavelifia lepadiformis à lignes d'un jaune soufre est plus rare qu'une autre variété dont les lignes sont d'un beau jaune orangé.

On pourrait, ce me semble, grouper ces variétés de la manière suivante :

Sp. Clavelina lepadiformis.

Pas de cercle labial Un cercle labial,

var. lepadiformis. var. bicincta.

Un cercle br. sup. Pas de cercle branche sop. Lignes jaune d'or sv. auronilens.

— jaune soufre, st. lepadiformis, Edw. sv. sulphuràa

— blanc de lait. sv. Bissoana. Edw. sy . bicincta sv. monocycla

La variété lepadiformis est très-commune à Roscoff et se trouve principalement sous les rochers bien qu'on la rencontre aussi parmi les zostères; la variété bicincla et ses sous-variétés se trouvent

REGHlîiHGHES SUR LES S YN ASCIDIES 615

surtout dans les prairies de zostères : je n'ai pas trouvé la sous-va* riété Rissoana.

La Clavelina lepadiformis paraît n'avoir qu'une génération par an. Dès le 10 juillet on ne trouve plus d'individus chargés d'œufs. L'embryon a été représenté par le Prof. Edwards (PI. 2, flg. 1 h.) d'une façon très-inexacte, comme il est facile de s'en convaincre en comparant cette figure à celle que nous donnons (PI. XXTII, flg. 2). Le renflement qui porte les papilles adhésives est calcéoliforme et séparé du corps de Tanimal par un long pédicule soudé à la face ventrale de l'embryon. Une papille forme le talon du sabot : deux sont à la pointe. Dans l'œuf la queue s'enroule autour de Tembryon en passant du côté gauche et glissant entité les papilles perpendiculairement au grand axe du renflement : elle se termine vers le milieu du côté droit.

Les organes des sens ne sont bien visibles que du côté droit; l'otolithe présente la forme et les rapports qu'on lui trouve chez les Asci" dia mamillcUa^ sanguinoUntay villosa^ etc. L'organe de la vision présente à sa base une masse pigmentaire considérable et l'on ne peut apercevoir que deux corps réfringents formant en projection deux demi-ellipses concentriques mais dont Tintérieure présente des axes plus petits que Textérieure. J^incline à penser d'après ce que j'ai vu chez le Perophora^ les Aplidium^ etc., qu'il y a en réalité deux corps ovoïdes (peut-être trois, dont un caché par le pigment) superposés mais non emboîtés l'un dans l'autre. Comme cet organe n'est visible que d'un seul côté il est assez difficile de s'assurer de l'exactitude de cette manière de voir.

Tribus II. — FfiROPHORiDiE.

6enu8 Pbrophoua, Wiegmann et Lister. 1835.

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