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STRUCTURE ET TEXTURE DE LA RATE

Comme le mésentère qui soutient l’organe se dédouble pour l'envelopper et constituer la capsule, c’est par lui que nous commencerons l'étude de la rate. Du reste son importance, au point de vue de la formation des rates accessoires, est assez grande pour que nous revenions plus tard, quand nous traiterons cette question, sur quelques détails de sa texture. C’est sur l'Acanthias vulgaris et le Scyllium canicula que nous l'avons spécialement étudié.

Mésentère spléno-gastrique, — Cette membrane fibreuse présente à considérer : l’épithélium qui tapisse ses deux faces, une trame fibroélastique, les vaisseaux et les nerfs.

Eprithélium. —11 est composé de cellules pavimenteuses, hautes de 10 à 12 p.,dont le centre est occupé par un noyau ovalaire qui double de volume sous l'influence de l'acide acétique et occupe alors toute la cellule. Ce noyau est entouré d’un protoplasma finement granuleux qui se colore difficilement par les réactifs ordinaires, assez facilement au contraire par le nitrate d'argent et le chlorure d'or. La membrane d'enveloppe forme à leur surface une cuticule assez épaisse, d’où partent les cloisons de séparation qui s'insèrent profondément sur une membrane de soutien un peu moins épaisse que l’externe. Cependant toutes les cellules qui le composent sont reliées entre elles par des prolongements du protoplasma, qui traversent la cloison. Cette disposition devient évidente sur les pièces traitées par l'acide osmique à 1 pour 100 pendant douze heures. Le protoplasma se rétracte sous l'influence de l’acide et se colore en

noir ; les prolongements apparaissent alors sous forme de tractus

388 C. PHISALIX.

noirâtres (voir pl. XIX, fig. 6). Cette couche épithéliale est très peu adhérente au tissu sous-jacent et s’en détache facilement, surtout après un séjour prolongé des pièces dans les solutions chromiques.

Trame fibro-élastique. — Au-dessous de l’épithélium se trouve un réseau de fibres élastiques déliées à mailles très allongées et s’anastomosant avec le réseau de la face opposée. La charpente de la membrane est formée de gros faisceaux conjonctifs dont la direction est à peu près parallèle à celle des gros vaisseaux, et qui s'anastomosent fréquemment pour former des mailles plus ou moins larges. Ces faisceaux à fibrilles délicates se gonflent et deviennent homogènes par l’action des acides faibles et des alcalis. Ils ont une grande affinité pour le carmin, même après avoir séjourné dans les solutions chromiques. Ces faisceaux sont plongés dans une substance conjonctive qui ies entoure, et dont la constitution diffère un peu de la leur. Nous y reviendrons à propos de la capsule. Sur les faisceaux et dans leur intervalle sont appliquées de nombreuses cellules conjonctives à noyaux plus ou moins ovalaires, souvent allongés, avec deux nucléoles. Ces noyaux se colorent très facilement par les réactifs ; mais il n'en est pas de même du protoplasma qui les entoure. Pour le rendre apparent, l'acide picrique concentré, agissant pendant une heure, suivi de lavage et de coloration au picro-carmin, donne de bons résultats. Le séjour de la membrane dans une solution de nitrate d'argent à 1 pour 800, pendant une heure, réussit également. Mais ce qui est préférable, c'est de laisser pendant vingt-quatre heures le mésentère dans l'alcool au tiers ; on peut alors détacher facilement l’épithélium, et on colore ensuite à l'hématoxyline et à l’éosine. Les préparations ainsi obtenues montrent les noyaux colorés en bleu et le protoplasma en rose. Celui-ci forme autour du noyau une zone étroite, qui se prolonge par deux ou trois pointes délicates et longues pour s’anastomoser avec les prolongements venus des cellules voisines. Outre les cellules conjonctives, on trouve dans les mailles du mésentère des cellules lymphatiques

libres.

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