NERFS
Les nerfs de la rate proviennent du pneumogastrique et du grand sympathique. Chez la Aoussette, le pneumogastrique fournit de chaque côté, près de l’orifice du sinus de Monro, un ou plusieurs nerfs qui descendent le long des parois de l’œsophage en se divisant en rameaux secondaires. Au niveau de la cloison fenêtrée qui sépare la dilatation des veines caves, ces nerfs reçoivent des filets anastomotiques du premier ganglion du grand sympathique. Chez le Galeus canis, ces anastomoses sont bien marquées et il se forme, à ce niveau, un véritable plexus, Par suite de leurs divisions successives, les filets nerveux deviennent de plus en plus ténus et au niveau du mésentère splénique il est impossible de les mettre en évidence par la dissection, si ce n’est du moins dans le genre ÆRaie, où on peut les suivre jusque dans la capsule. Outre les rameaux du pneumogastrique, le sympathique fournit des filets isolés qui viennent des cinquième et sixième ganglions et qui se jettent immédiatement dans le tronc de l'artère splénique. La plupart des filets nerveux pénètrent dans l'organe avec l’artère et la veine en cheminant dans leur tunique conjonctive, On peut les isoler en dissociant la tunique externe de l'artère après l'avoir laissée pendant une heure environ dans une solution d'acide osmique à 1 pour 100. Les cinq ou six branches qui accompagnent l'artère ont un diamètre de 30 à 60 p.. Au fur et à mesure qu'elles se rapprochent de l'organe, elles se divisent dichotomiquement en branches égales qui s'anas-
tomosent entre elles pour former des mailles très allongées. Les
DE LA RATE CHEZ LES ICTHYOPSIDÉS, #07 branches qui mesurent de 50 à 60 :. sont composées, en majeure partie, de fibres de Remak, au milieu desquelles cheminent quatre à six tubes nerveux à myéline. Mais on trouve quelques nerfs dont le diamètre varie de 15 à 30 p, composés exclusivement de fibres de Remak.
La dissociation de l'enveloppe conjonctive des artères est assez difficile à cause des anastomoses fréquentes des faisceaux et les nerfs se présentent dans de mauvaises conditions pour l'étude. Aussi il est préférable d’avoir recours à une autre méthode. Dans l'Acanthias vulgaris une grande parte des nerfs pénètrent dans l'organe par le mésentère, et comme ils ne diffèrent pas de ceux qui accompagnent l'artère, leur préparation est beaucoup plus nette si, après avoir étendu le mésentère sur une lame de verre, on le soumet à l’action de l'acide osmique pendant cinq à six minutes. Dans ces conditions, les tubes à myéline sont colorés en noir, les fibres de Remak en gris foncé; après l’action du picro-carmin, les noyaux des tubes à myéline et des fibres de Remak apparaissent en rouge. Les tubes à myéline ont un diamètre qui varie de 2 à 8 mm Sur les plus larges, les étranglements annulaires sont bien marqués et les contours sont assez réguliers ; les plus minces ne présentent pas d'étranglement. Après un trajet souvent fort long, les tubes larges, après s’être divisés plusieurs fois, diminuent un peu de diamètre et se continuent par des tubes minces. Dans ceux-ci, la myéline disparaît brusquement, et le nerf se continue par un mince filet renflé au niveau des noyaux qui sont entourés d'une zone myélinique étroite. Mais ces tubes à aspect variqueux ne tardent pas à se confondre avec les autres fibres. Les tubes larges se bifurquent souvent en deux au niveau d’une bifurcation du nerf, plus rarement dans le cours de son trajet. Les branches nées de la division ont un diamètre moitié moindre que le tube principal. Souvent, au niveau d'une division, il existe une anastomose entre les deux branches divergentes, de sorte qu'il se forme un
| triangle aux sommets duquel aboutissent trois nerfs.
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Sur la même préparation, on peut suivre les dernières ramifications des fibres de Remak qui viennent se terminer entre les cellules de l’épithélium mésentérique par des cellules le plus souvent bipolaires dont les prolongements se terminent librement en pointe ou s'anastomosent avec d’autres venus des cellules voisines. Ces cellules sont le plus souvent allongées, fusiformes, quelquefois triangulaires. L'acide osmique les colore en gris noir, et elles apparaissent comme de petites masses homogènes offrant à peu près le même aspect que la myéline (voir pl. XIX, fig. 5, {n). Si on laisse l'acide osmique pendant un temps moins long, on reconnait que ces cellules ne sont autre chose que le noyau de la fibre de Remak entouré d’une zone étroite de protoplasma et se continuant par ses extrémités avec le filament nerveux.
Dans les parois des artères, les nerfs se terminent en formant un plexus que le chlorure d’or met assez bien en évidence. Ge plexus, à mailles irrégulières, est immédiatement appliqué sur la couche musculaire. Il est composé de fibres à contours irréguliers formant aux points d’anastomose des dilatations triangulaires. De ce réseau partent des filaments déliés qui plongent dans la couche musculaire, mais dont je n’ai pu voir le véritable mode de terminaison. Je n'ai pu trouver sur le trajet des nerfs de la rate de cellules nerveuses comme
en a décrit W. Müller dans la rate des Mammifères.