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APPAREIL DIGESTIF

L'étude de l'appareil digestif nous offre également quelques particularités caractéristiques de chacun des types que nous avons à examiner.

L’orifice unique de cet appareil se trouve, chez tousles Trématodes, au fond de la cupule formée par la ventouse orale, et donne accès au moins généralement, et c’est le cas des types que nous étudions, dans un appareil musculaire généralement ovoïde, le pharynæx.

Chez le D. clavatum et chez les espèces du même groupe, le pharynx fait légèrement saillie à l’intérieur de la ventouse orale, dans laquelle il s'ouvre par une fente allongée de direction dorso-ventrale et présente ainsi deux sortes de lèvres, susceptibles de s'éloi-

gner ou de se rapprocher de façon à augmenter ou à fermer hermé-

en té

tiquement l'entrée du tube digestif; et alors les aliments sont forcés, sous l'action des muscles propres de l'intestin, de cheminer vers l'extrémité opposée de l'appareil digestif,

Le pharynx, qui chez le 2. clavatum présente une longueur de { millimètre et demi et une largeur de 1 millimètre, est tapissé intérieurement d'une cuticule assez épaisse : 10 %, qui est la continuation de celle qui recouvre les parois de la cavité de la ventouse orale (pl. XXV, fig. 1, ph). La section transversale de sa cavité n'est pas triangulaire comme celle de la ventouse, mais d'abord rectiliune, puis losangique, à côté du losange légèrement concave ; la plus grande diagonale à une direction dorso-ventrale (pl. XXIV, fig. 2, ph).

Comme dans les ventouses, cet organe musculaire est entouré entièrement sur ses deux surfaces interne et externe de deux couches fibro-élastiques ici très minces, 3 , et dont les éléments annulaires ont des directions croisées.

Le système musculaire, comme dans les ventouses, est très déve-

loppé et la’ substance conjonctive amorphe y est même plus rare encore. Mais dans le pharynx, les fibres radiaires existent presque seules. Ces fibres disposées en faisceaux serrés ne s'écartent un peu en quelques points que pour faire place aux grosses cellules nerveuses.

‘+ Sur les surfaces externes on rencontre encore une couche, mais irès faible, de fibres annulaires équatoriales, couche qui s'épaissit un peu vers les orifices antérieur et postérieur du pharynx. Gà et là, on aperçoit aussi quelques fibres longitudinales s'étendant de l’extrémité antérieure à l'extrémité postérieure de l'organe.

Comme dans les ventouses, les muscles radiaires du pharynx ont pour but d'augmenter par leur contraction la cavité de cet organe, qui est au contraire diminuée par celle des fibres annulaires. L’orifice antérieur peut être même entièrement fermé par l’action de ces muscles.

Les différents mouvements du pharynx ne sont pas produits uni-

quement par ces muscles internes. Comme dans les ventouses, nous trouvons d'autres muscles qui, plongés dans le parenchyme du corps, et s'insérant d’une part sur la surface externe du pharynx, et d'autre part sur l'enveloppe cutanée du corps, contribuent puissamment à la production de ces divers mouvements.

Ces muscles divisés en plusieurs faisceaux comprennent : 4° une paire de faisceaux dorsaux qui, s'insérant sur le pharynx un peu en arrière du cerveau, se dirigent obliquement d'avant en arrière pour aller se perdre dans les muscles longitudinaux de l'enveloppe dermique ; 2 une paire de faisceaux latéraux et ventraux, s'insérant sur le pharynx, vers le commencement de sa moitié postérieure. Ces muscles ventraux se dirigent en sens inverse des faisceaux dorsaux, c'est-à-dire obliquement d'’arrière en avant, et se perdent également parmi les muscles cutanés.

Sous l'action des muscles ventraux, le pharynx peut pénétrer à l'intérieur de la ventouse orale, et aller comme une sorte de trompe au-devant des substances alimentaires. Le mouvement inverse est au contraire produit sous l’action des muscles dorsaux.

A son extrémité postérieure le pharynx se continue par l'æsophage, dans lequel il pénètre un peu en présentant comme dans la ventouse une ouverture linéaire bilabiée.

jette partie du tube digestif (pl. XXV, fig. 1, æ), chez le D. clavatum, est très courte, sa longueur étant à peu près égale à son diamètre, 650 . Intérieurement l’œsophage est tapissé d'une cuticule assez épaisse, surtout dans le voisinage du pharynx. L'épaisseur moyenne de cette cuticule, continuation de celle que l’on rencontre dans le pharynx, est de 65 12.

Au-dessous de la cuticule, se trouve une couche musculaire dont les éléments ont une direction annulaire. Son épaisseur est de 16 pu, et celle des fibres qui la composent est en moyenne de 3 p. La couche externe un peu plus épaisse : 20 y, est également musculaire, mais ses éléments sont longitudinaux. Gelle-c1 est recou-

verte d’une substance conjonctive à granulalions très serrées el qui

passe insensiblement à celle qui constitue le parenchyme du corps. La disposition de ces muscles œsophagiens ne facilitant pas seulement l'arrivée des aliments dans les branches intestinales, mais comme ils peuvent fermer l'entrée d'uné de ces branches ou de toutes les deux à la fois, l'animal peut faire circuler les substances alimentaires d’une des branches dans l'autre, ou rejeter au dehors les résidus soit d'une seule branche, soit de toutes les deux en même temps.

Les branches intestinales qui font suite ont une forme et une structure assez compliquées. Après avoir pris naissance à l'extrémité de l'æsophage et un peu latéralement, elles forment un diverticulum très large dirigé en avant, où il s'étend jusqu'au niveau de la première moitié supérieure du pharynx (pl. XXV, fig. 1, 2). Ensuite tout le long de leur trajet, chacune de ces branches présente un grand nombre de chambres très irrégulières, divisées elles-mêmes par des cloisons incomplètes en compartiments plus ou moins nombreux (pl. XXIV, fig. 4, 5, i). La surface d'absorption est ainsi notablement augmentée. De plus, si l'on examine la surface interne de l'intestin, même avec une loupe, on la voit parcourue par un grand nombre de côtes irrégulières ondulées, s’entre-croisant de mille manières, formant ainsi un véritable réseau irrégulier découpant cette surface en un grand nombre de petites loges, augmentant encore beaucoup la puissance d'absorption de l'intestin (pl. XXVI, fig. 5).

Quant à la structure de la paroi de ces branches, elle est assez remarquable. On peut y reconnaitre deux couches : la plus interne est cellulaire, et la forme des cellules qui la composent est différente suivant qu'on la considère dans le diverticulum antérieur ou dans les autres parties de l'intestin. Dans les diverticulums antérieurs, les cellules qui composent cette couche interne sont presque aussi larges que hautes et étroitement pressées les unes contre les autres ; elles ont en moyenne 30 x de hauteur sur 18 y de largeur (pl. XXVE, fig. 2, c). Dans le reste de l'intestin, ces cellules sont très

étroites, mais très longues en forme de filaments, à contenu finement

granuleux ; ce sont de véritables poils absorbants (pl. XXVI, fig. 6, c). Leur diamètre varie dans les différentes espèces du groupe, mais il est toujours d'autant plus faible que la longueur est plus grande. Leurs dimensions sont, chez le D. clavatum, de 3 sur 45 k, chez le D. verrucosum de 3 & et demi sur 20 y.

Ces cellules, fixées seulement par une de leurs extrémités, sont indépendantes les unes des autres et peuvent ainsi être entièrement entourées par la substance nutritive, qu’elles absorbent par toute leur surface. Bien souvent le contenu de l'intestin est formé de fins granules noirâtres; sous l’action de l'alcool, ces granules sont agglutinés les uns aux autres et surtout aux parois de ces poils absorbants; quand on vient alors à faire une coupe à travers l'intestin, ce contenu disparait généralement en grande partie, entraîné par les liquides histologiques dans lesquels la coupe est placée ; il ne reste que les globules fixés aux cellules filiformes, et il semble à première vue, quand on examine la coupe, que la paroi de l'intestin est formée par une couche épaisse, noire et granuleuse. C'est ce qui explique l’erreur de M. Jourdan qui décrit la surface interne de l'intestin comme tapissée d'une couche noire dans laquelle on aperçoit des bâtonnets hyalins. Mais avec un peu d'attention, on finit bientôt par se rendre compte de cette apparence qui du reste n’existe pas toujours, et on peut remarquer ces singulières cellules filiformes, maintenant les granules noirs collés contre leurs parois.

Le contenu de ces cellules est finement granuleux et leur noyau très petit se voit parfois, mais pas toujours, vers la base. Après cette couche interne, M. Jourdan en signale une autre formée de petites cellules. Dans tous les individus d'espèces différentes, mais appartenant à ce groupe, que j'ai examinés, je n'ai jamais rencontré cette deuxième couche cellulaire et je crois pouvoir affirmer que les petites cellules vues par cet auteur au-dessous de sa couche pigmenlaire ne sont autre chose que la base, libre de granulations noires, des cellules filiformes qui ont échappé à l'attention de ce zoologiste.

La deuxième couche la plus externe est formée d'un tissu con-

CONTRIBUTION A L'HISTOIRE DES TRÉMATODES. 525 jonctif ayant à peu près l'aspect de celui du parenchyme du corps, et qui renferme des fibres musculaires, circulaires et longitudinales (pl. XX VI, fig. 3, à, D).

Ces fibres sont disposées d'une façon très régulière sur les parties antérieures des branches intestinales, Sur la partie postérieure, au contraire, elles se trouvent disséminées sans ordre aucun, tantôt isolées, tantôt réunies en petits faisceaux; mais toujours elles existent, contrairement à l’assertion de M. Jourdan, qui ne les signale que dans les parties du tube digestif situées en avant de la ventouse ventrale.

Chez le D. insigne, le pharynx ovoïde (pl. XXXIII, fig. 4, f), d'une longueur de 1 millimètre sur une largeur de 8 millimètres, débouche, comme dans les espèces du groupe précédent, à l'intérieur de la cavité de la ventouse orale par une fente transversale dorso-ventrale, entourée de deux prolongements musculaires en forme de lèvres, pouvant pénétrer plus ou moins loin à l’intérieur de la ventouse pour aller au-devant des substances alimentaires.

La cuticule qui recouvre l’intérieur de la ventouse orale se prolonge dans la cavité pharyngienne dont elle tapisse les parois et se continue même au delà sur la surface interne de l'’æœsophage. Au= dessous de cette cuticule, nous ne rencontrons plus qu'une mince couche élastique se continuant sur la surface externe de l’organe. C’est directement sur cette couche très mince que se fixent les faisceaux musculaires des différents systèmes que l’on rencontre dans le pharynx. Comme dans les deux ventouses, c'est encore le système “des fibres radiaires qui est de beaucoup le plus développé. Elles sont réunies en gros faisceaux séparés les uns des autres par une substance conjonctive à cellules petites et à contenu faiblement granuleux.

L'épaisseur des couches intercalaires de cette substance conjonctive, qui renferme aussi de grosses cellules nerveuses, atteint celle des faisceaux musculaires.

Le second système musculaire que l'on rencontre dans le pharynx

est celui des fibres équatoriales ou annulaires, formant une mince zone à faisceaux assez éloignés les uns des autres, et qui est située près des deux surfaces externe et interne. Enfin à la partie antérieure, nous trouvons un petit système de fibres transverses que nous n'avons pas rencontré chez le D. clavatum et qui n’a pas été. signalé par M. Villot. Ces fibres fixées au bord antérieur du pharynx vont se terminer sur la surface externe voisine ; leur rôle est évidemment d'aider à l’ouverture du pharynx (pl, XXXIII, fig. 4, m').

Une dernière différence à signaler dans la forme de cet organe est que la section de sa cavité interne n'est plus un losange comme dans le groupe précédent, mais une fente transversale à direction dorso-ventrale.

Les muscles externes forment comme dans le 2. clavatum deux paires, l’une dorsale se dirigeant d'avant en arrière, l’autre ventrale dirigée en sens inverse, c’est-à-dire d’arrière en avant. Il faut signaler cependant une puissance moins grande de ces muscles,

Le pharynx n’est pas suivi, comme le dit M. Villot', par les branches intestinales, mais par un canal impair, l’æœsophage proprement dit, qui avait échappé aux recherches de ce zoologiste (pl. XXXHIT, fig, 1; æ).

Cette partie de l'appareil digestif forme chez le Ÿ. insigne un canal à section à peu près circulaire, très peu long et dont le diamètre primitivement de 250 p va en augmentant rapidement jusqu'à atteimdre 600 1.

Sa direction n'est pas celle de l’axe du corps ; il se dirige au contraire obliquement vers la face dorsale, relevé probablement par le grand développement de l'organe appelé poche du cirrhe, et qui se trouve un peu au-dessous.

Les parois très épaisses (pl. XXXIIT, fig. 3) sont formées de plusieurs couches qui sont d'abord une cutieule(c) d’une épaisseur de 15 p.,suivie

par une couche très forte de fibres musculaires à direction annu-

1 ViLor, loc, cit,, p, 9,

laire (a). Son épaisseur va en augmentant graduellement jusqu'à l'extrémité de l'æsophage, où elle atteint 45 y. Enfin une dernière couche également musculaire (/), composée de fibres longitudinales et d’une épaisseur presque aussi grande, recouvre extérieurement l'æsophage. À son extrémité postérieure, l'æœsophage donne naissance latéralement aux branches intestinales. Celles-ci, peu après leur séparation du tube œsophagien, se bifurquent et donnent naissance à un petit rameau se dirigeant en avant et se terminant en cæcum à peu près au niveau de la moitié supérieure du pharynx, et au véritable tube digestif s'étendant latéralement et en arrière tout le long du corps. Il se termine, comme chez tous les Trématodes, en cæcum à l'extrémité postérieure de l'animal. Ce tube dont le diamètre augmente graduellement jusque près de son extrémité, présente un grand nombre de côtes internes transversales et longilu dinales, dont l'effet est d’accroitre considérablement la surface d'absorption de l'intestin.

A l'exception de la première partie du tube digestif présentant jusqu'à sa bifurcation, la structure de l'æsophage qui lui a donné naissance, les parois de l'intestin sont formées d'une couche interne cellulaire, et d’une couche externe musculaire. La couche interne cellulaire (pl. XXXIH, fig. 3, €), qui fait suite sans transition aucune à la cuticule qui tapisse la paroi interne de la première partie issue de l’æsophage, est composée non pas de cellules unies les unes aux autres par leurs parois latérales, comme le figure M. Villott, mais de longues cellules réunies entre elles seulement vers leur base, libres sur tout le reste de leur surface, et pouvant émettre de fins prolongements entourant les particules alimentaires,

Ces cellules, beaucoup plus larges et plus longues que celles du D. clavatum, ont une longueur qui atteint jusqu'à 1400 » sur une largeur de 14 y. Leur protoplasma présente deux aspects diffé-

rents, celui qui se rencontre à la base même de la cellule, sur

4 Vriuor, loc. eit., pl. VIIT, fig. 3.

une longueur d'environ 20 , est finement granuleux et entoure un noyau granuleux de 0®,0035 de diamètre. À ce protoplasma en fait suite un autre, à peine granuleux et dont les granulations excessivement fines sont disposées en séries linéaires parallèles à la longueur de la cellule.

La couche externe est musculaire et composée de fibres annulaires et de fibres longitudinales entourées de substance conjonctive. Ces fibres, ordinairement isolées, sont disposées d’une façon très irrégulière et sont souvent très éloignées les unes des autres. Des fibres annulaires se remarquent toujours dans l'épaisseur des côtes internes de la surface intestinale.

Comme dans les espèces précédentes, le pharynx, chez le D. Megnini, est un corps ovoide musculeux, dont l’extrémité antérieure peut pénétrer plus ou moins à l’intérieur de la cavité de la ventouse orale, sous la forme de deux lèvres laissant entre elles une ouverture rectiligne dorso-ventrale (pl. XXXIV, fig. 1, f).

Dans cette espèce, cet organe est remarquable par ses faibles dimensions : 230 & de long sur 160 4 de large.

La cavité interne est, comme toujours, tapissée par une cuticule, continuation de celle qui recouvre l'intérieur de la ventouse orale et la surface externe du corps. Au-dessous de cette cuticule, on ne trouve plus qu'une fine membrane élastique sans structure se continuant également sur la surface externe.

Les fibres musculaires que l’on rencontre à l’intérieur de cet organe n'appartiennent qu'à deux systèmes seulement. D'abord, le plus important, celui des fibres radiaires. Ces fibres sont disposées en faisceaux très rapprochés les uns des autres, ne laissant que peu de place pour la substance conjonctive cellulaire dans laquelle ils sont plongés. Le deuxième système comprend des fibres équaloriales réunies en petits faisceaux formant une mince couche le long des surfaces externe et interne. QÇà et là, comme toujours, on retrouve quelques grosses cellules nerveuses. La section de la cavité

est ici un losange ou plutôt un carré à côtés légèrement concaves.

En relation avec le pharynx, on trouve chez le D. Megnini de nombreuses cellules que nous n'avons pas rencontrées dans les autres groupes. Ces cellules, surtout nombreuses sur les deux faces ventraie et dorsale et aux deux extrémités du pharynx, sont des cellules glandulaires que, par leur position, je suis porté à considérer comme des glandes salivaires (9). Ces cellules ovales, de 15 x. de longueur, à contenu granuleux et à gros noyau de 4 x de diamètre, sont effilées à une de leurs extrémités, et cette partie effilée, évidemment le canal d’excrétion, est constamment dirigée vers le pharynx dans lequel elle doit pénétrer.

Les muscles externes qui agissent sur le pharynx sont très peu développés et ont, du reste, la disposition et le rôle que nous avons signalés dans les groupes précédents.

Au pharynx, fait suite, comme toujours, le tube œsophagien. Mais ici cette partie de l'appareil digestif a une forme toute spéciale. En effet, tandis que dans tous les types précédents l'æœsophage se présentait sous la forme d’un gros tube très court, chez le 1. Megnin, ce tube est très long, s'étendant depuis le pharynx jusqu'à l’extrémité postérieure du cou, et ne se bifurque, pour donner naissance aux branches intestinales, qu'au-dessous de la ventouse ventrale. Ce long tube cylindrique (pl. XXXIV, fig. 4, æ) présente un diamètre constant de 9 y sur toute sa longueur. Les parois très épaisses sont formées de plusieurs couches qui sont : 4° une cuticule épaisse de 4 & et demi ; 2° une couche musculaire formée de fibres annulaires et dont l'épaisseur est de 5 4; enfin, 3 une couche externe également musculaire dont les éléments, d'une épaisseur de 3 y, ont une direction longitudinale. Cette dernière enveloppe, la plus forte, a une épaisseur de 6 1.

Sur toute sa longueur, ce tube œsophagien est entouré, à quelque distance de sa surface externe, d’une gaine presque continue de cellules glandulaires, se colorant fortement en rose, sous l’action du picro-carminate d'ammoniaque. Sur le point de se bifurquer, l’œso-

phage, tout en restant parfaitement cylindrique, augmente presque ARCH. DE ZOOL. EXP, ET GÈN, — 2€ SÉRIE. — T. III, 1885. 34

d30 J, POIRIER,

subitement de grosseur et son diamètre atteint 450 4. En même temps la gaine de cellules glandulaires change de forme et vient former tout autour de cette partie de l’æsophage une mince couche cellulaire bien continue et en contact immédiat avec la couche de fibres longitudinales. En ce point, l'æœsophage, dont la position est presque dorsale, ne tarde pas à se diviser et donne naissance de chaque côté et presque perpendiculairement à sa direction, à un canal se recourbant vers la face ventrale en restant presque en contact avec l'enveloppe dermique. Ces canaux {i), première partie de l'intestin proprement dit, se divisent bientôt en deux branches plutôt dorsales que ventrales, dont l’une se dirige en avant jusque dans le voisinage de la ventouse orale et dont l’autre, plus large et dirigée en arrière, se termine près de l'extrémité postérieure du corps.

Les ramifications de chacune des parties droite et gauche de l’in-

testin ne se bornent pas à cette bifurcation en deux branches : l’une

antérieure et l'autre postérieure, Chacune de ces parties émet en

effet des branches secondaires dirigées alternativement vers la face ventrale et vers la face dorsale, et se prolongent plus ou moins loin dans la substance conjonctive du parenchyme du corps. Ces branches secondaires sont surtout nombreuses sur le tronc principal postérieur; par contre, tandis qu'elles se rencontrent sur toute la longueur du tronc antérieur, sur le tronc postérieur elles cessent d’apparaître vers la seconde moitié de cette partie de l'intestin.

Ces branches secondaires sont surtout bien développées vers la face ventrale et peuvent elles-mêmes émettre quelques nouvelles ramifications beaucoup plus faibles.

Ce tube digestif du 2. Megnint nous offre donc une nouvelle forme d'intestin chez les Distomes, forme en quelque sorte intermédiaire entre celle du tube digestif normal à branches simples et celle très ramiliée du 2. hepaticum.

Comme structure, il nous présente les mêmes caractères sur Loue son étendue.

A la cuticule qui tapisse les parois internes de l’œsophage, fait

EE

CONTRIBUTION A L'HISTOIRE DES THÉMATODES. D3i

directement suite une couche cellulaire formée de cellules en palissade d’une hauteur de 20 à 30 x et d'une épaisseur variant de 3 à 4 y (pl. XXXIV, fig. 7 c). Ces cellules, les plus larges que nous ayons rencontrées jusqu'ici dans l'étude du tube digestif de nos divers types de Distomiens, sont très rapprochées les unes des autres, mais libres entre elles, n'étant réunies que par leur base sur la surface commune de la paroi intestinale. Ces cellules à peu près eylindriques, à contenu finement granuleux et à petit noyau situé près de leur base, ont leur extrémité libre, légèrement élargie.

La couche externe a une structure toute spéciale : elle est composée d'une substance conjonctive formée par la réunion de petites cellules à protoplasma très granuleux, tranchant d'une façon très nette sur la substance conjonctive qui forme le parenchyme du corps et dont les cellules plus grandes ne renferment qu'un protoplasma à peine granuleux.

Dans cette couche, dont l'épaisseur est de 24 x, on apercoit quelques fibres musculaires annulaires (a) et quelques vaisseaux (») provenant des dernières ramifications de l’appareil excréteur. Je n'ai pu observer dans cette couche aucune trace des fibres longitudinales que nous avons signalées dans les parois de l'intestin des espèces des

groupes précédents.

Chez le D, hepaticum, V'appareil digestif a été, en général, très bien décrit par Sommer', aussi n'en dirai-je que peu de chose, Le pharynx, comme chez les espèces précédentes, est un organe musculeux, ovoïde, dont l'extrémité antérieure pénètre sous forme de deux lèvres verticales à l'intérieur de la cavité de la ventouse orale.

L'intérieur de la cavité pharyngienne, dont la section transversale est un ovale très allongé dans le sens dorso-ventral, est tapissé d'une cuticule assez épaisse. Celle-ci est suivie d'une fine membrane élas-

tique, sans structure, qui se continue sur la surface externe de l'or-

1 SOMMER, oc. cil., p. 508.

gane. Le système musculaire principal est toujours celui des fibres radiaires. Celles-ci, réunies en petits faisceaux, sont relativement plus nombreuses que dans la ventouse orale; ces faisceaux laissent entre eux des intervalles assez larges remplis par une substance conjonctive analogue à celle qui constitue le parenchyme du corps, mais dont les éléments cellulaires sont beaucoup plus petits; on rencontre également dans cette substance conjonctive quelques grosses cellules nerveuses.

Sur la surface externe du pharynx on trouve un deuxième système de fibres. Ces fibres, dirigées de l'extrémité antérieure à l’extrémité postérieure du pharynx, forment une couche très mince appliquée immédiatement contre la membrane élastique d’'enveloppe. Enfin, il existe un troisième système de fibres beaucoup plus développé et dont les éléments ont une direction équatoriale. Ces fibres, qui se rencontrent également sur les surfaces interne et externe, sont réunies en faisceaux disposés en couches parallèles aux deux surfaces et à quelque distance d'elles. Ces faisceaux laissent passer entre eux les faisceaux radiaires qui vont se fixer sur la membrane enveloppante. De ces deux couches, c’est celle qui est parallèle à la surface externe qui est de beaucoup la plus développée. Les muscles externes sont disposés d’une façon particulière que nous n'avons pas rencontrée précédemment. Ils sont, comme toujours, de deux sortes : les uns destinés à pousser l’organe en avant, les autres à le retirer en arrière. Les premiers, {prenant leur point d'appui sur la partie postérieure de la ventouse orale, forment une série de faisceaux disposés en une sorte de gaine autour du pharynx et à quelque distance de lui et vont se fixer à sa partie postérieure. Le deuxième système, celui des muscles rétracteurs, est situé uniquement à la face dorsale, Il est composé de faisceaux qui, fixés sur la partie antérieure et dorsale de l'organe, se dirigent très obliquement en arrière et vont se réunir aux muscles longitudinaux de la surface dorsale de l'animal.

Au pharynx, fait suite l'œsophage qui fse divise bientôt en deux

branches donnant naissance aux nombreuses ramifications de l'intestin de la Douve.

Cette partie de l'appareil digestif, formant un cylindre à peu près régulier, présente une structure analogue à celle que nous avons décrite dans les groupes précédents et qui a échappé aux observations de Sommer. Tandis que, pour le zoologiste allemand, l'æsophage présenterait une structure analogue à celle du reste de l'intestin, nous trouvons d'abord une couche interne assez épaisse qui n’est que la continuation de la cuticule tapissant l'intérieur du pharynx. La couche suivante, d'une épaisseur de 11 x, est composée de fibres musculaires annulaires très fortes. Vient ensuite une couche de fibres longitudinales également très fortes. Cette dernière couche est entourée par le parenchyme, dont les cellules sont en ce point un peu plus petites. A l’æsophage fait suite le tube digestif dont la forme si caractéristique a conduit bien des auteurs à créer pour cette espèce un genre spécial, le genre Fasciola.

Je ne dirai rien des ramifications si nombreuses de cet intestin, elles se trouvent bien décrites dans grand nombre d'ouvrages. Je ne parlerai que de sa structure histologique, sur la nature de laquelle mes observations ne sont pas toujours d'accord avec celles de l’auteur allemand.

Pour Sommer, en effet, les parois de cet organe ne seraient formées que de deux couches: l’une interne, l’épithélium intestinal, l’autre externe, peu épaisse, formée de substance conjonctive homogène, sans structure, intimement unie au parenchyme du corps. Dans cette couche, il n’y aurait, d'après Sommer, qui est d'accord en cela avec Stieda ?, pas traces de fibres musculaires.

Pour la couche cellulaire interne, les observations de Sommer sont exactes, si ce n'est que la longueur des cellules est quelquefois

plus grande que celle qu'il indique, et que le noyau, toujours très

SoMMER, loc cü., p. 575.

2? STiepA, Beiträge zur Anatomie der Plattwiürmer (Archiv. f. Anat. und Physiol., t. IX, p.55, 1867).

granuleux, est souvent ovalaire. Mais, pour la couche externe, je suis en complet désaccord avec le zoologiste allemand. Cette couche externe est bian une couche de substance conjonctive, d'épaisseur variable, atteignant parfois 12 &. Mais elle n’est nullement homogène et sans structure. Elle présente en effet de nombreuses traces de petites cellules à contenu très granuleux et en outre des fibres musculaires de deux systèmes différents. D'abord une zone de fibres annulaires de 3 ul de diamètre, et enfin une dernière zone de fibres plus fortes que les précédentes, atteignant jusqu'à 6 x d'épaisseur et à direction longitudinale.

Cette couche externe musculaire est séparée de la couche cellulaire interne par une mince membrane de 2 y, hyaline et sans structure.

Le D). hepaticum, comme tous les autres Distomes, possède donc un tube digestif à parois musculaires bien développées.

Ainsi, chacun des groupes que nous étudions nous présente une forme particulière d'appareil digestif. Très simple dans le 2. insigne, elle se complique dans le groupe du D. clavatum par l'apparition de nombreux replis internes, découpant à l’intérieur des branches intestinales une série de chambres irrégulières.

Dans le 2. Megnini, nous voyons apparaitre des branches secondaires généralement simples. Cette forme ramifiée nous conduit à la forme si compliquée caractéristique du 2. hepaticum. Mais, quelle que soit la forme, nous y rencontrons toujours les mêmes parties et une structure analogue. Toujours, l'appareil digestif commence par un organe musculeux, en général de forme ovoïde, le pharynæ, pouvant s’avancer plus ou moins à l’intérieur de la cavité de la ventouse orale. Cet organe est suivi d'un tube impair généralement très court, cependant excessivement long chez le 2. Megnini. Ce tube, à parois musculaires revêtues intérieurement de cuticule, se bifurque à son extrémité postérieure pour donner naissance aux deux branches latérales de l'intestin. Ces branches, ramifiées ou non, présentent

toujours des parois musculaires, et à leur intérieur une couche cel-

lulaire à cellules très allongées, souvent filiformes, destinées à absorber les substances alimentaires. Ces branches intestinales sont en général pourvues d’un grand nombre de plis internes ayant pour but d'accroître dans de grandes proportions la surface d'absorption. Ces plis sont surtout nombreux et remarquables par leur disposition dans le groupe du 2. clavatum, dans lequel l'intestin, sous le plus

faible volume possible, présente le maximum de surface d'absorption.

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