SUR LE BOURGEONNEMENT DU POLYPIDE CHEZ PLUSIEURS ECTOPROCTES MARINS
Par Lucien Jouer, doct. sc.
Dans un travail paru en octobre 1883 et analysé dans ces Archives, M. Haddon a cherché à démontrer que chez tous les Bryozoaires les trois feuillets du parent Endoderme, Ectoderme et Mésoderme préexistent dans le bourgeon du Polvpide et participent chacun pour son compte à sa constitution.
Pour appuyer sa théorie, il à présenté comme inexactes les observations publiées par moi dans ces Archives en 1878, et d'après lesquelles, dans l’Eucratea chelata, le Polypide prendrait naissance entièrement et complètement au sein d'un seul et mème tissu, celui du cordon funiculaire ou endosarque.
Après avoir, durant cet été, renouvelé et complété mes anciennes observations, en attendant que je puisse les publier in extenso et avec figures, je viens en affirmer de nouveau ici l'entière exactitude. :
Dans l'Eucratea chelata, le rudiment du bourgeon se développe souvent exclusivement au sein du cordon central et loin des parois de la loge. Dans cette espèce, ainsi que dans la Flustra truncata et dans le Diachoris Magellanica, le rudiment du bourgeou ne se compose, d'ailleurs, au début que d'un amas homogène de cellules, toutes semblables et qui ont une même origine. La différenciation en feuillets n'a lieu que plus tard et successivement.
A cet effet, les cellules commencent par se grouper en deux camps : 1° une masse centrale ; 2 une couche enveloppante, ainsi que de nombreux auteurs l'ont décrit.
Tous jusqu'ici ont admis que la masse centrale donne naissance, par étranglement, à deux masses secondaires, l'une devant former l'épithélium des tentacules et du lophophore, l’autre l’épithélium interne du tube digestif,