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1898. Saint-Joseph. (Baron de). Les Annélides Polychètes des côtes de France (Manche et Océan). {Ann. des Se, natur. ZooL, [8], t. V, p. 209-450, pi. XIII-XXIII).
1906. Saint-Joseph (Baron dk). Les Annélides Polychètes des côtes de France (Océan et côtes de Provence). {Ann. des Se, natur. Zoologie, [9], t. III, p. 145-260, pK I-V).
CL/ONA PUttPUREA HCK. N'EST PAS UNE CLIONIDE
par E. TopsENT Chargé de cours à la Faculté des Sciences de Caen
En 1849, Alb. Hancock décrivit *, parmi de nombreuses Clionides nouvelles, une Éponge qu'il avait découverte dans l'épaisseur d'une valve de Tridacna gigas. Ne doutant pas que les excavations où elle se trouvait, semblables de tout point à celles que creusent les Clionides, ne fussent son œuvre, il n'hésita pas à la considérer comme une espèce du genre Cliona, intéressante par sa coloration et curieuse par la forme de sesspicules; il la nomma Clionapurpurca.
Les spicules en étaient, en elï'et, bien particuliers : des tylotes lisses flexueux et des sortes de tornotes ou de strongyles ou encore de tornostrongyles, courbés aussi, mais plus courts et irrégulièrement épineux sur toute leur longueur. Que ces derniers représentassent des acanthoxes déforme inusitée, cela, à la rigueur, pouvait s'aduiettre, par comparaison avec ceux, assez grossiers, de Cliona cervina, par exemple; mais leur association avec les tylotes constituait un ensemble totalement différent du type de spiculation caractéristique du genre Cliona. Aussi pris-je, en 1891, dans un essai de révision et de groupement des espèces de ce genre, le parti de laisser de côté la prétendue Cliona purpurea Hancock. « Ses tylotes, disais-je, font plutôt songer à quelque Desmacidine comme on en rencontre si souvent dans les perforations de grosses coquilles, dans les mêmes conditions qu'elle, c'est-à-dire en compagnie de nombreuses Cliona et Thoosa'^ ».
* Hancock (Aib.)- On Ihe excavating powers of certain Sponges belonging to the genus Cliona ; with desciiplions of several new species and an attied generic form (Annals and magazine of natural history [i], vol. III, p. 3'^, pi. XII, flg. 6, LondoD 1849).
* TopSENT (E.). Deuxième contribution à l'étude des Clionides (Arcbives de Zoologie expérimentale et générale [2], vol. IX, p. 577, Paris, 1891).
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Le spécimen type de TËpoDge en question éUiit dépossé dans le Hancock Muséum, à Newcastle. M. R. Kirkpatrick en reprit l'étude et en donna, en 1900 *, une description plus délaill/^e, divisant les éléments de son squelette en deux catégories : 1** des fnégasclères, « amphi-subtylotes » mesurant 0"*™ 246 sur 0"*"00525, à bouts épais de 0°*™ 006, légèrement épineux, quelquefois avec un bouquet terminal d'épines ; 2^ des misera sclères, ^ strongylotes ou subtylotes » légèrement courbés, finement et irrégulièrement épineux et mesurant O'^^OO à 0°^i44 de longueur sur 0°»"003 à 0°>"»005 d'épaisseur. Contrairement à mes suppositions, il s'agissait bien d'tme Eponge perforante ; elle n'appartenait pas au genre Cliona, mais à un genre nouveau, Dyscliona, réservé aux Clionides à mégasclères diactinaux (ordinairement des strongyles) et à microsclères . diactinaux épineux. Ce genre ne comprenait encore que deux espèces, Dyscliona Davidi Kirkpatrick, Clionide nouvelle de Funafuti, et Dyscliona purpurea (Hancock).
Aux figures accompagnant cette description, copiées sur les dessins assez vagues de Hancock, des croquis originaux eussent été préférables parce qu'ils auraient permis de discuter en plus ample connaissance de cause l'exactitude du rapprochement imaginé par Kirkpatrick de Cliona purpurea avec la Clionide de Funafuti.
Sous cette réserve, je n'avais qu'à m'incliner. Aucune transition n'existait de la spiculation de ces Éponges perforantes à la spiculation typique des espèces du genre Cliona, mais la coupure Dyscliona avait sa raison d'être dans ce manque de transition même, et je me résignai à l'admettre*.
Les choses auraient pu en rester là quand, à ma grande surprise, le hasard vint me prouver que j'avais eu autrefois l'intuition de la réalité et que la prétendue Cliona purpurea Hancock n'est nullement une Clionide.
C'est un nouveau chapitre à ajouter à l'histoire compliquée de cette Ëponge, et non pas le dernier, car il reste à lui trouver un nom générique appuyé d'une diagnose prv'^cise, pour laquelle certaines données font actuellement défaut.
Intéressé par la splendide couleur pourpre d'une Spirastrdln de
• KiREPATRiCK (R.). Description ofSponges from Funafuti (Annals and magazine of natiunl hlstory [7], vol. VI, p. 353, pi. XIV, fig. l, f, g, LoDdon, 1900;.
* TopsBifT (B.). Spongiaires des Açores (Résultats des Campagnes scientiflques accomplies sur son yacht par Albert I**-, prince souverain de Monaco, fascicule XXV. p. 107, Monaco, 1904.;
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Geelong fS. Australie), récemment offerte à M. le professeur Joubin pour les collections du Muséum d'histoire naturelle de Paris, j'avais résolu de réunir des documents sur les Eponges purpurines connues, qui, toutes, me paraissaient être des Clionides ou leurs proches parentes, des Spirastrellides. Je fus ainsi amené à solliciter de M. KïRKPATRiCK son avis au sujet de la coloration exacte du spécimen type de Dyscliona purpurea (Hancock). Comme en ces matières, rien n'est tel que de comparer par soi-même, mon correspondant poussa l'amabilité jusqu'à m'offrir spontanément de me servir d'intermédiaire auprès de M. E. Léonard Gill, conservateur de l'Hancock Muséum, de Newcastle, lequel, avec un empressement dont je lui exprime toute ma gratitude, consentit à me communiquer l'échantillon désiré.
Pas plus que Kirkpatrïck, si j'avais dû donner un nom spécifique
à l'Éponge de Hancock, ce n'est certainement pas celui de purpurea que j'aurais choisi, à en juger, du moins, à la teinte lilacinus (de Saccardo) qu'elle présente actuellement. C'est d'ailleurs le seul point sur lequel nous allons nous trouver en conformité d'idées.
A l'échantillon, M. Gill avait joint une préparation despiculesde sa Cliona purpurea^ faite et étiquetée par Hancock lui-même. C'était pour moi une occasion heureuse d'examiner ces spiculesqui m'avaient intrigué et qui passaient pour caractériser un genre de Clionides dont je n'avais pas rencontré de représentant. Ma première impression fut que les spicules épineux sur toute leur longueur ne représentent nullement des inicrosclères, mais une seconde catégorie de mégasclères, tels qu'en possèdent les Yvesia, Elle reçut bientôt confirmation, car je remarquai l'existence, en quantité notable, de petits isochèles jusqu'ici méconnus, ou pris
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peut-être pour des corps étrangers, ainsi que de rares débris semblant provenir de toxes morcelés.
Des préparations de fragments de l'Éponge, prélevés en des points divers, avec les spicuies en place, me fournirent la certitude que ces isochèles lui appartiennent en propre et qu'elle possède bien aussi des toxes, et même encore une troisième sorte très délicate de microsclères.
Voici donc ce dont se compose eu définitive la spiculation de la soi-disant Cliona ou Dyscliona purpurea :
I. Mégasclères : 1. 7'yloies courbés (s), lisses sauf en leurs extrémités qui, peu renflées, s'ornent d'épines dirigées dans la continualion de la tige ; longueur de la tige, 0"*"225 à0"""28, épaisseur au centre et aux deux bouts, environ 0"*™ 006. 2. A canMoare» courbés (o), entièrement couverts d'épines dressées, inégaux el variant entre 0»^ 08 et 0"" 155 de longueur sur 0 °>"»003o àO"»"005 d'épaisseur. Dliabitude, leurs extrémités sont pareilles, coniques, courtes, terminées par une épine, mais, assez fréquemment. Tune d'elles, imparfaite, s'émousse et les transforme en de faux acanthostyles un peu plus minces aux bouts qu'au milieu.
II. Microsclères : 3. Isochèles (i) assez abondants, grêles, longs de 0™"017. 4. J'oxes {t) plutôt nombreux, diversement arqués, à pointes un peu renflées et raboteuses; ils atteignent 0"**"13 d'envergure. 5. Microtoxes (w), bâtonnets très abondants par places, très fins, un peu fusiformes, généralement marqués d'une inflexion légère vers le milieu de leur longueur ; comme il n'existe pas d'intermédiaires entre eux et les toxes précités, ils représentent sans doute, plutôt que des toxes jeunes, une seconde catégorie grêle de microsclères de cette sorte.
Un tel ensemble ne peut appartenir qu'à une Pœciloscléride. L'existence de mégasclères de deux sortes semble même indiquer qu'il s'agit d'une Dendoricine. Pourtant, ses toxes sont un peu déconcertants, car ces microsclères se rencontrent surtout chez les Bctyonines et les Ëspérellines.
Je lui soupçonne des affinités avec les Vvesia, mais ce n'est qu'un soupçon, dans rimpossibililé où je me trouve de décider lesquels de ses spicuies représentent ses mégasclères de Tectosome, lesquels ceux du choanosome. La difficulté vient de ce qu'on ne lui voit pas de surface libre : la portion de valve de Tridacne qui contenait le spécimen type de Cliona purpurea est morcelée en un grand nom-
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bre de petits fragments perforés, sans papilles, et, dans celles de leurs excavations qu'elle occupe, TËponge apparaît tantôt comme un revêtement pariéUil, tantôt aussi comme un remplissage moulé sur elles. J'ai seulement reconnu de la part des tylotes une tendance manifeste à se disposer par faisceaux et paf alignées.
Une autre question se pose au sujet de cette Pœciloscléride de genre indéterminé : faut-il la considérer comme réellement douée du pouvoir de perforer les coquilles, au même titre et de la même façon que les Clionides? L'affirmative sur un point de cette importance ne devrait s exprimer que sous réserve en raison du mauvais état du spécimen ; mais je penche, pour ma part, délibérément pour la négative. Les chambres contenant la Pœciloscléride sont directement entourées d'autres chambres de même forme, de mêmes dimensions, mais vides. En en grattant les parois, il est fréquent, cependant, d'extraire de ces dernières, nombreux par places, des oxes lisses, brusquement coudés en leur centre, du type de ceux de Cliotia nodosa, longs de 0"»™il à 0""" 175, épais de 0"'"005àO'"°»U07: or, parmi les fragments décalcifiés de la Pœciloscléride, les mêmes oxes, se rencontrent souvent, mêlés en faible proportion à ses spicules propres.
Cela prouve, si je ne me fais illusion, que TÉponge en question s'est bornée à remplir des cavités préexistantes, creusées par une Clione véritable dont ces oxes lisses seraient des vestiges.
La Cliona purpurea de Hancock n'étant point une DyscUona^ ce genre de Clionides se réduit k une espèce unique. Et encore Difscliona Davidi n'est qu'insuffisamment connue; ses mégasclères sont, il est vrai, des sortes de strongyles, mais ses microsclères offrent une curieuse ressemblance avec les spirasters choanosomiques de Dotoiapulchella, et l'on ne sait rien de ses papilles, qui pourraient bien, comme celles de Dotona pulrhella et de Cliona levispira^ posséder un squelette composé de spicules spéciaux. Dans ces conditions, le genre Dyscliona ne parait pas très solidement établi.
Pai'u le /•' Juin 1907,
Les directeurs :
G. Prdvot et E.-G. Racovitza.
EaK. MOMBV. lBip.-Gniv.. 140. Boni. RMpaU. Paris (6) — TcléptioM : 704.73