SOMMAIRE
Btat de la question 78
Les Bottdlens étudiés et leuis proies 76
Identité des nématocystes des BoUdlens avec ceux de leurs proies 77
Expériences démontrant l'origine alimentaire des nématocystes des Bolidiens. . . . 79
Bégénération du sac cnidophore 81
Fonctionnement du sac cnidophore normal 84
Valeur défenslTe des nématocsrstes des Bolidiens 85
APPnn>iOB. — I. Structure et phsrsiologie du nématocsrste 89
n. Ressemblance mimétique entre Bolidiens et Coelentérés 94
m. Détermination des Actinies citées 95
OOHOLVSIOirS 99
Etat de la question
La présence de nématocystes chez les Eolidiens a été interprétée de deux façons différentes : pour la très grande majorité des auteurs, ces organites appartiennent en propre au Mollusque et se développent dans les cellules (cnidoblastes) qui tapissent intérieurement les sacs cnidophores des papilles ; la ressemblance complète, l'identité pour mieux dire, qu'ils présentent avec les nématocystes des Cœlentérés rentre dans la catégorie des phénomènes de convergence.
AaCH. DB ZOOL. KXP. BT «BM. — IV* SiniB. — T. VI. — (lU) 6
1A L. CUENOT
Mais, d'autre part, on sait que les Eolldiens à nématocystes, sans exception, se nourrissent précisément de Cœlentérés, Actinies ou Hydraires ; frappé par ce fait, T. Stbethill Wbight, dès 1858, avait pensé que les nématocystes des Bolidiens i>ourraient bien provenir des Cœlentérés ingérés ; malgré les observations et expériences assez probantes qu'il avait faites, cette manière de voir a paru sans doute par trop invraisemblable, et ses publications ont passé tout à fait inaperçues ; ce n'est que tout récemment, en 1903, que cette idée a été reprise par Glasbr et par Grosvenoe.
Les arguments invoqués à l'appui de leur thèse par Wbight, Olaseb et Grosvenoe, sont d'ordre varié : les uns relèvent d'observations, les autres d'expériences. On peut les grouper de la façon suivante, en ne mentionnant que les plus frappants :
1° Diverses espèces d'Eolidiens, pris sur diverses espèces d'Hydraires, ont respectivement des nématocystes identiques à ceux de ces Hydraires ; de même, d'une façon générale, les Eolidiens qui dévorent les Actinies ont des nématocystes rappelant ceux de ces Cœlentérés (Weight, Glasee, Geosvenoe).
2^ Les nématocystes trouvés en abondance dans les excréments des Eolidiens, et qui proviennent sans aucun doute deB Cœlentérés ingérés, sont généralement identiques à ceux des sacs cnidophores (Geosvenoe).
3^ H est vrai qu'il y a d'assez nombreux Eolidiens (Fiana, Olaucvs, Dota) qui se nourrissent de Cœlentérés et qui n'ont ni sacs cnidophores ni nématocystes, mais la réciproque n'est pas vraie : les Eolidiens qui mangent autre chose que des Cœlentérés, soit des Bryozoaires (Janidœ), soit des œufs de Poissons {Calma glaucoides), sont toujours dépourvus de sacs cnidophores et de nématocystes.
4<^ Les divers individus d'une même espèce d'Eolidien n'ont pas toujours des nématocystes identiques ; il i)eut y avoir une assez forte variation, qui trouverait une explication simple dans un changement de nourriture (Geosvenoe, Abbio).
5<^ Un jeune Eolis aUa, trouvé dans un aquarium oti il s'est
L'ORIGINE DES NÉMATOCYSTES DES ÉOLIDIENS 75
probablement métaioorphoBé (depuis deux mois environ), n'a sûrement pas eu d'Hydraires à sa disx>osition. H ne renferme pas de nématocystes (Olaseb).
6<> Eolis Drummondi, vivant sur Tubularia indivisa, a des nématocystes semblables à ceux de cet Hydr^e. Après un jeûne prolongé, YEolis est nourri avec des Coryne eœimia / le jour suivant, ses papilles et son tube digestif renferment des nématocystes de Coryne mélangés à ceux de Tubularia (Wbight),
Des Rizzolia peregrina ont dans les sacs cnidophores, au moment de leur capture, de petits nématocystes pyriformes d'Hydraires (provenant de tentacules d'Eudendrium f) ; ils sont placés dans un aquarium renfermant uniquement THydraire Pennaria Gavolinii, qui a des nématocystes ovoïdes, grands et petits. Au bout de neuf jours, on trouve dans les sacs cnidophores des Rizzolia un mélange des nématocystes originels et de ceux de PennaHa ; au bout^d'un mois, les premiers ont été presque entièrement remplacés par les nématocystes de PennaHa (Gbosvenoe).
1^ Si les nématocystes se développaient dans les cellxdes des sacs, on devrait trouver tous les stades de développement, ce qui n'est pas ; les nématocystes sont toujours parfaits, quelle que soit leur taille. La présence d'un canal de communication entre le diverticule hépatique et le sac ne se comprend guère que si les nématocystes arrivent dans ce dernier par la voie digestive.
Assurément, ces arguments et ces expérieiices, surtout présentés en masse, sont probants ; mais le fait à prouver est tellement extraordinaire, tellement invraisemblable, peut-on dire, que de nouvelles recherches à ce sujet ne paraîtront peut-être pas superflues. Je les avais, du reste, commencées avec la conviction, malgré la lecture du mémoire de Geosvenoe, que les nématocystes* des Eolidiens leur appartenaient bien en propre, et avec l'idée préconçue qu'il fallait trouver une explication, influence chimique ou autre, de la ressemblance indiscutable des nématocystes d'Eolidiens avec ceux des Cœlentérés dont