EN GRAMMES D'URÉE
par Jour
et par kUogranune
Ogr. 061 Ogr. 161
Les nombres inscrits dans ce tableau représentent les moyennes obtenues à la fin de chaque génération, à l'aide de toutes les données mesurées pendant l'année. On peut de là retirer plusieurs enseignements.
Considérons seulement d'abord la colonne exprimant l'azote en centimètres cubes. Le premier fait à retenir est que le brusque changement de régime a augmenté considérablement et presque triplé d'un seul coup l'excrétion des produits azotés solubles. C'est le même résultat qui se produirait chez les mammifères relativement à l'urée. Nous verrons aussi "povuc beaucoup d'organes la variation morphologique se présenter presqu'avec toute son ampleur au moment précis oii l'on introduit la cause modificatrice.
Dans la seconde et la troisième générations carnivores il y a deux groupes d'animaux, descendant respectivement des deux femelles de la génération précédente et ayant d'ailleurs un i^ère commun. Dans le groupe a, situé à gauche, l'excrétion des produits azotés solubles non seulement ne continue pas à croître
mais même régresse légèrement. Aussi cette lignée s'éteint rapidement, non par mort des individus, mais par stérilité des œufs.
La lignée p, dont les mesures sont inscrites à droite des précédentes, continue à progresser pendant les 2®, 3« et 4® générations. Arrivée à ce terme, elle régresse aussi à la 5« génération et, dès lors, les œufs ne se développent plus.
Ce résultat très remarquable nous montre donc que si les oiseaux adaptés au régime Carnivore diffèrent des granivores par des traits qui ont frappé tout d'abord et relatifs au bec, aux serres, au gésier, etc., la véritable caractéristique de leur évolution n'a pourtant été rien de cela qui devait se faire très facilement ; mais elle a consisté surtout en une résistance rénale particulièrement dévelopi>ée, progressivement acquise sans doute par un passage gradué d'un régime à l'autre et non par une saute brusque comme celle que j'ai réalisée. Nous vérifierons au reste cette conclusion en étudiant un peu plus loin les variations du rein lui-même.
Dans la seconde colonne du tableau précédent, j'ai inscrit l'équivalence de l'azote mesurée en grammes d'urée. Sans prétendre que tous les produits azotés solubles soient exclusivement de l'urée, ce calcul nous permet une comparaison approximative avec les mammifères dont l'excrétion soluble est en majeure partie de l'urée. L'azote fourni par les poules ordinaires équivaudrait en moyenne à 0 gr. 06 d'urée par jour et par kilogramme d'animal, c'est-à-dire à une quantité dix fois moindre que celle attribuée à l'homme dans les mêmes conditions. Nos mesures sont donc bien comparables à celles qui ont été déjà données pour les oiseaux et qui accusent une très faible quantité d'urée.
Le régime carné qui augmente notablement la production des excréta azotés solubles n'amène jamais ceux-ci, même à leur maximum, à être équivalents à la quantité contenue dans l'urée des mammifères. Le maximum en effet, à la 4® génération, corresx)ondrait à 0 gr. 2 d'urée par jour et par kilogramme et serait encore trois fois moindre que la production de l'homme normal.
F. HOUSSAY es mesures que nous avons effectuées varient, comme nous
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15. Variatioiis de l'azote des excréta solubles aa oonn de l'année pour la génération granivore et les deux premières camivoreB.
VARIATIONS EXPERIMENTALES 181
le verrons, dans le même sens que toutes les variations suivies
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Fio. 16. VariatioiiB de faiote des excréta solublee au oonn de l'année pour les troisième, quatrième et cinquième générations carnivores (série ^).
iS2 F. HOUSSAY
d'autre part et nouB donnent une série intéressante dans son ensemble. L'étude du phénomène dans son détail nous montre mieux encore qu'il traduit un aspect de la vitalité générale, aspect remarquablement uniforme dans ses grandes lignes et dont les modiâcatious secondaires correspondent justement aux variations que les organismes subissent au c>ours de c>ette longue expérience.
J'ai construit en efifet, à chaque génération, une courbe pour figurer la quantité d'azote contenue dans les produits excrétés solubles. Le temps compté sur les lignes horizontales est représenté par 1 % pour 2 jours de vie ; les quantités d'azote sont portées en ordonnées de longueur proportionnelle aux nombres de centimètres cubes. Pour préciser, j'ai compté 1 % pour chaque quantité d'azote correspondante à un centigramme d'urée par kilogramme d'animal au jour de la mesure.
On comprend sans peine que cette figuration en urée ne préjuge en rien que l'excrétion soit vraiment toute de l'urée et, si cela n'était pas, la courbe n'en serait en rien modifiée. Ce n'est qu'une question d'échelle et, comme celle-ci est arbitraire, il n'y a pas de question du tout. Les courbes qui sont représentées fig. 15, 16, 17 ont toutes subi la même réduction photographique.
Les points directement relevés sur un papier quadrillé ont été joints deux à deux par les traits continus qu'on voit sur les dessins. On a obtenu ainsi un graphique extrêmement oscillant qui prouve que l'excrétion des produits solubles est susceptible d'assez grandes variations journalières. Cependant ces tracés, malgré leurs irrégularités de détail, offrent des oscillations de plus grande amplitude qui sont comparables entre elles.
Pour s'en rendre compte, il faut simplifier les graphiques, non d'une façon arbitraire, bien entendu, mais de la manière suivante. Joignons dans chaque courbe tous les maœima par un trait que le sentiment de la continuité impose et faisons de même pour tous les minima. Nous obtenons sur chaque figure deux nouvelles courber dessinées en traits interrompus. L'aire com-
prise entre ces deux courbes et couverte d'une demi-teinte représente très exactement l'excrétion des produits azotés solubles. Les i)oints déterminés par des mesures aussi fréquentes que x>ossible, journalières par exemple, tomberaient dans son intérieur. C'est l'aire minima qui peut les contenir tous.
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