DÉBORDEMENT
delà
mâchoire supérieure
à «on extrémité
LONGUEUR DBS ONGLES
Pouce
Doigt médian
Poule ordinaire..' 2%
p* 1 Ht
/ VIIi....
Pî III5....
Variations expérimentales 26?
Examinons en premier lieu la question du bec. La façon progressive dont la mâchoire supérieure déborde Tinférieure est très bien suivie jusqu'à la dernière génération, à laquelle le phénomène parait s'arrêter et même régresser. En vérité, il n'en est rien.
Disons d'abord que, par la cessation du régime granivore, le bec ne frapi)e plus à coups répétés le sol ou tout objet dur, pour y piquer les graines et qu'ainsi il ne s'use plus et s'allonge. Le bord chitineux s'agrandit, s'infléchit et commence à prendre l'aspect tranchant et recourbé que l'on observe sur les oiseaux de proie, chez lesquels justement rien dans ce qu'ils font n'arrête la croissance des bords cornés du bec. Que ce développement puisse ensuite être utile i>our mieux saisir et déchirer la proie^ c'est xK>S8ible, en tous cas ce n'est pas sûr et de plus c'est sans conséquence, puisque c'est le dernier terme de l'évolution, déterminé par tout ce qui précède et ne déterminant plus rien à la suite. Oe n'est pas même au sens rigoureux du mot une (adaptation de Carnivore, c'est une adaptation de non granivore et on la trouve nettement chez les Perroquets, plutôt mangeurs de fruits ou de grosses graines qu'alors ils épluchent avec des précautions spéciales.
Le dernier animal, Illg, semble montrer un arrêt dans cette évolution. La vérité est que, chez lui, la mâchoire inférieure a également subi un accroissement marginal de son bord corné, accroissement qui par son extrémité antérieure la met moins en retrait sur la mâchoire supérieure. De plus et surtout elle est élargie par côté et, de ce fait, entre moins facilement et moins profondément sous la supérieure. Le résultat de l'accroissement latéral en question, serait, s'il continuait à durer, un élargissement subséquent de la mâchoire supérieure, dans sa partie osseuse. La mâchoire inférieure, en effet, élargie mais passant toujours dans la sux>érieure quoique moins bien, distend celle-ci par le seul jeu des muscles, pratique ce que les dentistes appellent un écartement. De telle sorte qu'on observerait en un de compte non seulement l'aquilinité du bec, déjà manifeste
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sur les dessins ci-joints (flg. 43), mais encore Télargissement de celui-ci, ce qui est aussi un caractère des oiseaux de proie.
l^'io. 48. YarUtion da beo chex dai coqi caroivoret de àivenm gfuxénUonà,
Voici quelques mesures comparant les dimensions de la mâchoire inférieure du dernier coq décrit à celles de trois autres.
Longueur de la mÂohoire inférieure depuis III5 28% l'insertion des bajoues jusqu'au point antérieur où elle disparaît sous la supérieure (I„ II4, VIIO 23%
Différence 6%
Longueur de la mâchoire inférieure depuis Ills 38 X
la commissure jusqu'au même point en I4 — 35 )
avant II4— 32 > 33 %
VIIj— 32 )
Différence •... 6%
Si nous ajoutions ces 5 %, trouvés de deux façons, à 1 % de débordement inscrit au tableau, nous trouverions 6 %, ce qui accuserait une nouvelle progression et non pas un retrait. L'apparence de celui-ci est dû à la croissance de la mâchoire inférieure.
Observons bien que cette maùdibule ne s'est pas effectivement allongée de 5 %, ce qui serait beaucoup trop. Mais, par un moindre enfoncement sous la mâchoire supérieure, son point antérieur de disparition est reporté de 6 % en avant.
La croissance des ongles a été plus manifeste encore que celle du bec, ou du moins traduite par des nombres plus forts, et encore notre tableau offre une série inférieure à la vérité. Nos mesures en effet sont toujours prises au compas et en droite ligne depuis la pointe de l'ongle jusqu'au milieu de sa base du côté dorsal ; mais en outre de l'allongement s'accuse une courbure de plus en plus marquée, dont notre mesure ne tient pas compte.
La croissance des ongles est tout aussi explicable que celle du bec. Le premier coq observé, Ij, avait 2 pouces (flg. 44) : l'un qui reposait sur le sol avec un ongle de 6 %, l'autre qui ne touchait jamais le sol avec un ongle recourbé de 23 ^m, longueur qu'aucun autre ongle n'a atteinte. Donc, en ne frottant pas à terre, les ongles s'allongent et se recourbent. Nos animaux, qui ne sont plus granivores, perdent progressivement l'instinct de
tter incessamment, leurs ongles se développent, se recourbent.
FiG. 44. VArUtloiiM des onglet chex des coqs carnivores de diverses généntioni.
VARIATIONS EXPERÏMENTAI.ES 271
deviennent capables de faire les redoutables balafres dont nous avons i>arlé. Une série de dessins rigoureusement relevés sur nature et tous réduits de la même façon rend sensible cet accroissement progressif des ongles.