AGE
des Poaleto
Poids
du
Poussin
Poids
de la vésicule
vitelline
Poids
du Poussin
Poids
de la vésicule
vitelline
12 heures
37 gr. 2 36 33
6gr. .34 3 24
3 jours 6-7 —
38gr.85^2egéD.)
6gr. 76
50 (4«gén.) 74 (4«gén.)
100 (5«gen.)
Pour son reste de vésicule vitelline, mon poulet de 17 jours est comparable à un poulet normal de 5 à 6 jours, c'est-à-dire trois fois moins âgé ; mon poussin de 11 jours est comme celui de 3 à 4 jours environ, ce qui donne à peu près le même rapport du triple au simple.
Le poulet de 7 jours que j'ai noté avec sa vésicule vitelline de 15 grammes est tout à fait à part et mérite une mention spéciale.
(1) DUBUISSOH. — ConMbutioH à VHui» du viUUui, 1906.
(2) HAH8 VotOHOw. — DêT IMUnock dm flftndbMU. liM.
ARCB. DB ZOOL. BXP. BT OBir. — 4* 8BRIB. — T. Yf. — (v).
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282 P. HOnsSAY
Je n'en ai pas tenu compte dans les éclosions pour rechercher la quotité des mâles en raison de son cas un peu particulier.
Ce poussin provient en effet d'un œuf qui pesait 80 grammes et qui presque certainement contenait deux jaunes. En pareil cas, MiTROPHANOwa signalé en 1898 l'existence de deux cieatricules et, la même année, Féré a décrit après 72 heures d'incubation soit deux débuts d'évolution, soit un seul, soit aucun.
Je laissai l'œuf aller jusqu'à l'éclosion. H en sortit un seul poulet bien conformé ; toutefois celui-ci avait subi un retard de 12 heures et tenait difficilement sur pieds. Le lendemain il allait bien et, pendant 7 jours ^, vécut avec ses frères, puîB fut trouvé mort. Notons que c'était un jeune mâle.
Son ombilic était encore apparent par une croûte cicatricielle et, au-dessous, tangent intérieurement se trouvait un ombilic vitellin, obturé seulement parce qu'il reposait sur la cicatrice ectodermique. Une masse vitelline pesant 15 grammes, c'est-àdire presque autant qu'un jaune entier (19 grammes), était enfermée dans une poche endodermique, rattachée au tube digestif par le diverticule de Meckel qui devient chez l'adulte le 3^ caecum. Le diverticule communiquait encore, mais faiblement, avec cette poche du jaune par une petite lumière où ne passait pas une tête de fine épingle mais que traversait un crin de brosse.
Sur ce poulet la veine coccygéo-mésentérique, dont les rami* ftcations peaussières forment des plaques sous-cutanées contestives, envoie à la partie inférieure de la poche endodermique une branche qui se ramifie et se diffuse en plaques sanguines autour de l'ombilic vitellin. Ce territoire sanguin communique avec un second, duquel part un filet qui, réuni aux diverses veines mésentériques, se rend à la veine porte.
Le jaune examiné ne porte aucune trace d'évolution embryonnaire ni d'altération putride ; son aspect est caséeux.
La reconstitution probable de cette ontogénie est la suivante. Il y avait deux jaunes plus ou moins adhérents ensemble. L'un d'eux a seul évolué en embryon et le second a été englobé par
VARIATÎÔNS EXPléRIMËNTALËS 2éâ
le développement de l'endoderme, qui s'est poursuivi sur lui. Depuis le 19® jour de l'incubation, auquel s'est faite l'enclosion du sac vitellin dans la paroi du corps, jusqu'à la mort, le premier jaune a été presque tout résorbé et il n'est resté que le second à peu près entier.
Indépendamment de ce cas singulier, la difficulté de résorption pour la vésicule vitelline a joué un très f^ grand rôle dans les échecs à l'éclosion, que
nous avons subis, ou ^^
dans les morts très précoces survenues aux premiers jours de vie. tl- -cœ
L'incubation chez la poule dure, on le sait, 21 jours presque exactement , plutôt avec une légère avance ; quand les 21 jours sont
révolus presque tous n
les x>oussin8 d'une couvée sont éclos et les premiers sortis ont 3 ou ^ ^^ ^ , , ., , . ^ , ,
^ Fio. 46. Anatomle d un poulet de 7 jouis avec un second
4 heures d'avance sur jaune inclus dans labdomen.
. x+ '4. ^ ^* veine porte ; cœ, capcum ; vcm, veine coccygéo-
ee terme. Il en était mésentérlque; w, ombillcviteUin;^/. territoire lacunaire;
ainsi aux premières in- *• '**'*•
cnbations que j'ai réalisées pour obtenir ma seconde et ma
troisième génération Carnivore.
A la naissance de la 4®, on observait à l'éclosion un retard sensible. Une couvée mise le matin du 23 mai 1903 a éclos seulement le 14 juin au matin soit après 22 jours pleins. Aux générations suivantes, presque toutes les éclosions ont demandé 22 jours et quand vers la fin du 21® jour sortait un poulet plus précoce, la poule suivant son instinct cherchait à aider les autres
isi p. hodssay
éclosions possibles. La plupart ne se faisaient pas et Ton trouvait des poulets qui semblaient être du 19® ou du 20® jour, c'est-àdire dont la vésicule vitelline n'était pas enclose dans l'abdomen. Ils n'ont pas été comptés comme éclosions mais seulement comme « développements » dans le tableau de la page 252.
On est amené à penser que le manque de résorption est dû aux toxines alimentaires passées dans l'œuf; elles engourdissent, en quelque manière, les phagocytes qui absorbent le vitellus, ou arrêtent la sécrétion des diastases qui, à un certain moment, jouent, d'après Dubuisson, un rôle important.
Diverses sortes de manifestations arthritiques se sont montrées au cours de cette expérience et, incontestablement, de tous les phénomènes pathologiques, elles étaient les plus attendues. La forme la plus caractérisée et la plus visible a été l'arthrite douloureuse avec gonflement et déformation des jarrets, c'està-dire des articulations tibio -tarsiennes ; elle s'est montrée progressivement.
Chez les poules granivores initiales et chez les premières carnivores on n'avait rien remarqué de semblable, malgré l'attention apportée à observer les animaux en expérience.
A la seconde génération Carnivore, la poule IVj accusa, le 225® jour de sa vie, à l'articulation en question, une douleur qui la faisait boiter et se tenir accroupie sur les jarrets ; puis le mal disparut spontanément. Il est intéressant de noter que cette affection toxique fut guérie \par suite de sa coïncidence avec le début de la ponte, amenant une forte évacuation d'albumine. Ce dérivatif empêcha l'accumulation des déchets dus à l'excès des albuminoïdes. On peut voir en effet à l'appendice que cette poule, ayant émis au 210® jour un œuf isolé, se prit à pondre régulièrement au 237®.
Plusieurs poulets de la génération suivante, la troisième Carnivore, montrèrent la maladie d'une façon beaucoup plus précoce, plus énergique et même ils moururent rapidement du malaise général dont elle était le signe. Le coq VI, prit une arthrite des deux jarrets le 23® jour de sa vie ; il mourut au 70« ;
la poule VII3 fut atteinte de la même façon le 49® jour et mourut le 116® ; le coq V^ eut une arthrite d'une seule patte au 59® jour et mourut le 122®.
Les arthrites de ces trois animaux semblaient très douloureuses ; ils ne pouvaient se tenir debout et reposaient toujours sur le ventre ou sur le côté. Bientôt l'articulation tibio-tarsienne enfla et le pied en entier fut déjeté extérieurement. L'examen des poids donnés à l'appendice montre que la croissance fut régulière jusqu'au moment où le symptôme se montra ; la baisse du x>oids ou plutôt la moindre hausse le précède d'un temps qui varie entre 2 et 15 jours.
Les poulets de la 4® génération présentèrent les mêmes symptômes ; mais, inquiété par les difficultés de l'élevage et désormais fixé sur les suites possibles de l'affection si on la laissait évoluer, je résolus de la soigner. En septembre 1903, vers leur 90® jour, les coqs I^ et II^ commencèrent à fléchir sur les jarrets et à se tenir difficilement debout. Je les fis isoler et nourrir pendant huit jours avec de la bouillie de farine mélangée de son et de feuilles hachées de laitue crue. Ils guérirent complètement ; c'était une nouvelle façon de prouver que la cause du mal était bien le régime.
A la 5® génération, le coq II- commença à prendre, au 54® jour de sa vie, une allure maladive qui me porta à le mettre au régime végétal, pain et salade ; mais il ne l'accepta pas et ses compagnons non plus. L'évolution des instincts et des appétits commençait à se faire ; pas encore cependant d'une façon irréductible. Car les trois animaux I,, 11^ et III- laissés en présence de pain trempé x)our toute nourriture se décidèrent à le manger. A ce régime le coq II- se remit complètement mais au bout de 8 jours, lui et les autres refusèrent à nouveau l'aliment. Comme le but poursuivi était atteint, je n'insistai pas.
Le fait a un double intérêt : la guérison par le régime végétarien et la répugnance qu'éprouvent pour lui des animaux ^hez lesquels il était normal quelques générations plus tôt et dont les parents l'acceptaient encore à l'occasion. Les apôtres
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du végétarianisme rencontrent dans leur propagande des circonstances de ce genre.
En outre des arthrites douloureuses et déformantes dont nous venons de parler, beaucoup des animaux étudiés, surtout dans les dernières générations, montrèrent sur les pattes ime réaction cutanée assez curieuse. La peau se boursouflait, soulevant les écailles, prenait un aspect dartreux et produisait une desquamation furfurale assez abondante. Cette affection, une fois déclarée, ne régressait jamais ; je dois dire que jamais non plus je n'ai, à cause d'elle, interrompu le régime.
Les premières générations de mes animaux, mis jeunes en expérience, ne la montrèrent pas. J'en ai au contraire observé le développement rapide chez un grand nombre, au moins les 2/3, des poules déjà âgées que j'achetais pour faire des incubations et que je mettais au régime de la viande, afin qu'elles pussent tout de suite conduire à cet aliment les jeunes x)oussins qu'elles auraient à élever. J'ai parfois remarqué, sur les poules élevées dans les fermes des environs de Paris, une affection semblable, moins étendue toutefois et ordinairement limitée à la base de la patte. Il faut ajouter qu'en raison de la vente facile de leurs œufs les animaux en question sont copieusement nourris et même surnourris avec diverses préparations à base de poudre de viande.
Dans la mesure où il est permis d'identifier les processus pathologiques chez des êtres aussi éloignés que les oiseaux et l'homme, je comparerais assez volontiers la manifestation que je viens de décrire à une poussée herpétique ou eczémateuse.
Mon attention a de plus été appelée sur le développement assez important de plumes sur les pattes, entre les écailles. Je sais qu'il existe des races de poules chez lesquelles les pattes sont normalement couvertes de plumes ; mais je ne puis dire si ce caractère, aujourd'hui fixé dans la race, a eu pour apparaître un déterminisme comparable à celui que j'ai observé. Quoi qu'il en soit, les plumes qui ont poussé sur les pattes de mes poules n'étaient visiblement annoncées par aucune hérédité.
VARIATIONS EXPÉIUMENTALES 287
Tous les sujets mis en expérience à l'origine avaient les pattes parfaitement lisses. Ce fut à la 2« et plus encore à la 3® génération dans la série a, à la 4® et à la 6® dans la série p, que le caractère prit une sérieuse importance.
Cette observation paraît nous montrer la plume comme une réaction excrétrice supplémentaire, ayant une poussée nouvelle quand les organes normaux d'excrétion (foie et rein) restent en dessous de la tâche qu'ils doivent accomplir. On la voit tout de suite en concordance avec de nombreux autres faits et l'accord suggère une hypothèse que je ne puis m 'empêcher d'exprimer, car elle répond à la bonne caractéristique de l'hypothèse : à savoir qu'elle est susceptible d'appeler la recherche et l'expérience.
Si la formation de la plume (et du poil évidemment) se montre comme une réaction excrétrice parce qu'elle est capable de s'exagérer quand les besoins excréteurs augmentent, il faut aussi la considérer comme normalement excrétrice et non plus seulement comme une protection ou une parure pour l'animal. Dans ce cas alors, nous comprendrions de quelle façon les organismes mâles que nous avons montrés plus intoxiqués que les femelles sont en même temps les plus garnis de plumes et de poils, sans qu'il y ait pour nous lieu d'invoquer le désir ou le besoin de plaire aux femelles et pas davantage la sélection des plus beaux. Ces phénomènes ne seraient plus à considérer comme des causes mais seulement comme des effets ultérieurs et accessoires.
Nous comprendrions encore comment, l'intoxication organique croissant avec l'âge, les poussées de plumes et de poils \sk suivent, comment, dans l'espèce humaine par exemple, après les cheveux se montrent les poils pubiens et axilaires, comment, plus tard, la barbe, plus tard encore les poils de la poitrine chez les mâles qui ne les ont pas acquis vers la puberté, comment enfin surgit la dernière poussée qui consiste dans l'allongement et l'épaississement des sourcils. Ces trois dernières réactions excrétrices n'atteignent pas les femelles, mieux pourvues en foie et en rein, ou en tous cas les atteignent peu et ordinairement
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tard. La perte des cheveux ou leur blanchissement que l'âge amène aussi sont des phénomènes d'autre sorte et ne portent pas plus atteinte aux conclusions précédentes que les maladies du rein n'empêchent de considérer cet organe comme normalement excréteur.
D'autre part, l'abaissement de la température ralentit certainement les échanges nutritifs et j^^ Ton voit, en hiver,
^ herpétiques ou eczé- ^ qui en sont atteinte, du poil et de la plume nifestation de même est naturel qu'elle s'exagère au froid, qu'il y ait des fourrures d'hiver, qu'il it des fourrures po- 3S. Et nous atteinde la sorte à de >les explicatiouB où viendraient plus ja- 'intérêt ou l'avantage, a volonté de l'animal, jà occasion de signaler ) régime carné avait instinct germicide et le des poules, VIII,, aque piqué par le bec agne, qui cherchait à )n œuf aussitôt que »« ^, ,, . . , ,., ., . ,^ possible, en vint à contracter une
FfO. 47. Oviductc dilaté en faux utérus *^ '
par rétention de la ponte. tumeur par suitc de la rétention
des œufs avant qu'ils ne fussent recouverts de leur coquille. Plusieurs œufs, 5 ou 6 autant que j'ai pu l'apprécier par leurs restes plus ou moins informes, demeurèrent ainsi sans être évacués et dégénérèrent dans l'oviducte. Ce dernier en
fut dilaté de la façon que je reproduis dans le dessin ci-joint (fig. 47).
Je n'insisterais pas autrement sur cette circonstance pathologique, si elle ne nous permettait de concevoir la facilité avec laquelle peut se développer une véritable dilatation utérine sur un oviducte qui normalement n'en comporte pas. Et ceci n'est pas sans intérêt pour nous faire comprendre que, même d'une façon rapide, le Eeptile ovipare put devenir le Mammifère vivipare.