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LES PROBLÈMES BÏOSPÉO LOGIQUES

crois pas que la démonstration expérimentale en ait jamais été tentée. Les plaqnes photographiques ne se voilent pas an bout de quelques heures ; c'est tout ce que je puis dire par expérience personnelle.

Hamman (1896), pour expliquer Texistence de Cavernicoles pourvus d'yeux, suppose que l'obscurité n'est jamais totale. Nous verrons plus loin qu'il n'est pas nécessaire de faire cette hypothèse, toute gratuite d'ailleurs, pour expliquer la persistance des yeux chez quelques Cavernicoles.

Les entrées des grottes, les régions les plus superficielles des fentes, beaucoup de microcavernes, sont plus ou moins éclairées et offrent tous les passages entre la lumière du jour et l'absence complète de lumière.

2f^ La température. — Dans les grottes profondes, à l'intérieur des massifs fissurés, dans les nappes phréatiques et les niveaux d'eau profonds, on peut admettre que la température est constante, et qu'elle correspond, en général, à la température moyenne annuelle du lieu.

Certes, des météorologistes armés d'instruments ultra-sensibles découvriraient sans doute des variations qui, au point de vue absolu, pourraient passer pour notables, mais au point de vue relatif oti je me place, de leur influence sur les êtres vivants, ces variations sont tellement inférieures à celles qui s'observent dans le domaine superficiel qu'il convient de ne pas en tenir compte. Les microcavernes et les endroits superficiels sont naturellement sujets à plus de variations.

Des circonstances locales, d'ailleurs rarement réalisé^^s, peuvent produire des anomalies et des variations notables aussi dans les cavernes. Ainsi, les grottes verticales, s'ouvrant par le haut, sont plus froides, celles fortement inclinées, s'ouvrant par le bas, sont plus chaudes que les horizontales. D'autre part, dans la même grotte, il peut y avoir des salles plus chaudes que d'autres. Les dispositions topographiques de certaines cavités provoquent des courants d'air dont le sens varie selon les saisons, ce qui occasionne aussi des perturbations, etc.

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Quoi qu'il en soit de ce« faits exceptionnels, on peut considérer le domaine souterrain comme un habitat à température cens, tante et basse, mais non à température identique dans toute son étendue, car chaque grotte possède sa température propre, qui dépend de causes générales : latitude, altitude et climat de la région oti elle se trouve ; mais elle dépend aussi de canuses spéciales : disposition topographique, épaisseur des plafonds, humidité, etc.

S^ Humidité. — L'humidité est toujours notable dans le domaine souterrain, même quand certaines cavernes nous paraissent sèches. Là oil l'eau suinte, oii il y a des bassins lacustres ou des rivières, et oti il n'y a pas de courants d'air, la saturation de l'air est complète. L'humidité qui infiltre les parois est presque toujours suffisante pour permettre la vie aux êtres les moins capables de réagir contre Tévaporation, même là où il n'y a pas de suintement visible. Ces constatations ne sont pas basées sur des recherches précises, qui n'ont jamais été tentées. Elles seraient pourtant utiles.

40 Dimensions des espaces habitables. — Eappelons seulement que la majeure partie de l'espace souterrain est formée par des fentes étroites, dans les massifs calcaires comme dans les nappes phréatiques ou les niveaux d'eau.

50 Mouvements de l'air et de l'eau. — La circulation de l'air se fait dans les cavernes, en général, si lentement qu'on peut considérer l'atmosphère du domaine souterrain comme étant pratiquement au repos. Mais il y a des exceptions à signaler; ainsi les trous à vents présentent quelquefois des courants d'air d'une violence extrême, mais ces courants, produits par la différence de température de l'air extérieur et de l'air intérieur, et par le rétrécissement des galeries, ne se font plus sentir dès que la caverne s'élargit. D'autres dispositions topographiques peuvent occasionner aussi des courants plus ou moins forts; inutile d'insister.

Au point de vue du mouvement il y a moins de différence entre les eaux souterraines et les eaux superficielles ; dans les

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deux cas, on rencontre des eaux courantes et des eaux stagnantes qui se comportent à peu près de la même façon.

6<> Composition de l'air et de l'eau. — Dans les grottes à bonne ventilation, la composition de l'air doit être normale ; il parait en être de même dans les grottes où il n'est pas possible de constater des courants aériens. L'homme, en effet, n'est pas incommodé par le séjour dans ces cavités. Très rarement on a constaté la présence de gaz délétères.

Cette question n'a d'ailleurs pas été scientifiquement étudiée.

Il parait que l'atmosphère des cavernes est très bonne conductrice d'électricité. J'ignore jusqu'à quel point cette propriété peut influencer les êtres cavernicoles.

Les grandes rivières qui coulent à travers les grottes ne doivent pas avoir une composition bien différente des eaux coulant en surface. Il en est autrement des petites, à écoulement lent, et des bassins formés par l'eau d'infiltration à travers les bancs calcaires. Cette eau doit être chargée à saturation de calcaire, les concrétions variées qu'on trouve dans les cavernes et les tufs sont là pour le démontrer. La grande teneur en calcaire est donc caractéristique des eaux stagnantes ou peu rapides du domaine souterrain. Par contre, les eaux souterraines sont moins chargées de matières organiques, elles sont plus pures. Il leur manque aussi une source d'oxygénation qui est présente dans les eaux superficielles : les plantes aquatiques. L'aération des eaux souterraines est donc due uniquement aux agents physiques.

7«> Les eessoueces alimentaires. — La plupart des auteurs admettent que le domaine souterrain offre de très faibles ressources alimentaires à ses habitants. Packard (1889) se demande même ce que peuvent bien trouver à manger les Animaux aquatiques des grottes du Mammoth. Verhoeff (1898) croit que la faim sévit normalement parmi les êtres cavernicoles. Par contre Hamman (1896) pense que les Cavernicoles n'ont pas plus de diflBcultés à se nourrir que les Superficiels.

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Viré (1899) soutient même les deux opinions dans le même mémoire.

Ces opinions contradictoires s'expliquent facilement ; on n'a jamais fait d'études sérieuses sur la question, et on s'est hâté de généraliser des observations isolées.

Examinons donc comment la question i)ourrait être envisagée, et quelles sont les données nécessaires pour la résoudre.

a.) On a observé plusieurs fois des Cavernicoles en nombre considérable. Call (1897) l'affirme pour deux esx>èces de Crustacés de la Mammoth Cave. Eigenmann (1900 a) dit aussi que certains Crustacés sont communs dans les puits artésiens du Texas. VntÊ (1899) déclare que les Niphargus sont trè» nombreux dans certaines rivières souterraines de la France. Dollfus et Viré (1906) disent avoir récolté plus de 2.000 Vireia berica dans une seule grotte. Vibé (1899) a trouvé un très grand nombre de Blaniulus dans une grotte pyrénéenne, et j'ai rencontré aussi un grand nombre de Cavernicoles terrestres dans certaines grottes, etc.

Ces exemples suffisent pour arriver à une première conclusion : H n'est pas permis de dire que le domaine souterrain est toujours pauvre en ressources alimentaires, et que l'état normal des êtres cavernicoles e«t l'état d'inanition.

fc.) Les Plantes à chlorophylle ne peuvent vivre dans le domaine souterrain à cause de l'absence de lumière. Tous le« êtres non chlorophylliens tirent directement ou indirectement (à de faibles exceptions près, quelques Bactéries, etc.) leur subsistance de ces Plantes qui sont par conséquent l'unique réservoir de matières organiques. Mais de là à conclure sans autre preuve que la nourriture doit manquer dans le domaine souterrain, il y a loin. Le domaine abyssal marin ou limnique est aussi dépourvu de Plantes vertes, et cependant il est fort peuplé. La seule conclusion qu'on puisse tirer de cette absence est la suivante : Ne peuvent être cavernicoles que les Animaux

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