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LES PROBLÈMES BIOSPÉO LOGIQUES

carnivores (1) et les Êtres saprophages (2). C'est ce que Ton observe en effet.

c.) La faible taille des Cavernicoles serait une preuve de la pénurie de la nourriture, selon Packard (1889). Cette proposition me paraît inexacte.

La question de la taille des Cavernicoles, pour avoir sa signi- Ûcation précise dans le cas qui nous occiLx>e, doit être posée de la façon suivante : Les Cavernicoles sont-ils plus petits que leurs souches ou leurs parents lucicolesî La réponse qu'on peut faire ne permet aucune conclusion, car s'il en existe de plus petits, on en connaît de plus grands. Inutile de nous encombrer d'exemples.

La faune des Insectes qui vit sur les fleurs est une vraie microfaune et pourtant ces minuscules Hyménoptères, Coléoptères ou Rhynchotes vivent dans l'abondance. L'Acarien qui vit dans son fromage est un des plus petits parmi les Acariens, etc., etc. D'autre part, les lieux arides et les déserts, où la faim sévit souvent, ont autant de gros animaux que les régions fertiles.

U ne paraît donc pas y avoir toujours de rapport direct entre la taille des Animaux et les ressources alimentaires dont ils disposent. Par contre, l'abondance ou l'absence de nourriture détermine le nombre des individus et influe sur leur reproduction ; mais c'est un autre ordre de questions.

Quant aux raisons qui expliquent pourquoi les êtres cavernicoles sont presque tous de faible taille, tout en étant souvent plus grands que leur souche, on les trouvera plus loin. Point n'est besoin de faire intervenir l'inanition.

d.) La rareté des Cavernicoles est aussi un indice de la pénurie d'aliments, d'après Packard (1899). Cette conclusion n'est exacte qu'en partie. J'ai cité plus haut des observations qui

(1) Vntfi (18M. p. 56) dit avoir consUt4 que le tube digestif dee Nipharçu» gubit des tnnsfonnationi qui le rapprochent du « type des animaux tierbivores * sans indiquer de quelle nature sont ces transfonnations. Il est impossible, d'autre part, de les deviner ; il ne reste aux carcinologistes qu'à attendre, avec impatience, les détails que Vmt leur doit sur cette très curieuse découverte

(2) Cest-à-dire ceux qui se nourrissent de matières animales ou végétales en décomposition.

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mentionnent un grand nombre de Cavernicoles réunis au même endroit. Mais il y a aussi des grottes où les Cavernicoles sont excessivement rares, et cela certainement est à mettre souvent sur le compte de la pénurie alimentaire. On doit attribuer à la même cause la difficulté de trouver dans ces grottes des Animaux en reproduction, ou des pontes et des larves. H résulte donc de cela que dans le domaine souterrain il y a des régions à nourriture abondante et des régions pauvres en ressources alimentaires, chose qu'on peut constater pour tous les habitats. Il faudrait connaître, ce qui n'est pas possible actuellement, la proportion des unes et des autres pour décider si en général la nourriture est abondante ou non dans ce domaine ; et encore ce résultat serait plutôt piètre, car il ne permettrait aucune conclusion générale.

e.) La facilité avec laquelle les Cavernicoles supportent la faim, et le peu de nourriture qu'ils prennent en captivité, sont la preuve qu'ils ont dû s'adapter à une pauvreté constante de ressources alimentaires.

Je suis forcé de contester, non les observations que Packabd (1889) cite à l'appui de son idée, mais les conclusions qu'il en tire. C'est encore avec une généralisation illégitime que nous avons affaire.

A l'indifférence pour la nourriture que montrent les Cambam» et les Poissons cavernicoles de Packard il suffit d'opposer la voracité des Crustacés de VmÉ (1899), et la loi générale du premier mord la poussière. Ne connait-on pas d'ailleurs la facilité avec laquelle on capture les Cavernicoles avec des pièges amorcée de viande, fromage, etc. I

De plus, je pourrais citer un très grand nombre d'exemples d'Animaux lucicoles supportant la faim aussi bien, sinon mieux, que les Protées, Cambarus ou Amhlyopsis, et même des Animaux voisins de ceux-ci. Tous les Animaux à sang froid se passent facilement de nourriture pendant un long espace de temps ; ils se contentent de ne pas augmenter de taille et de ne pas se reproduire. Les exemples de Packard ne signifient donc rien.

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et des recherches sur la résistance de l'inanition des Cavernicoles comparée à celle de formes voisines lucicoles n'ont jamais été tentées.

/.) On connaît des grottes oti il est absolument imi>ossible de trouver la moindre trace de substances alimentaire et oti pourtant on trouve des Cavernicoles, disent certains auteurs. Ce fait est exact, et je puis le confirmer. Mais, outre que ces grottes sont toujours visitées par des lucifuges qui fournissent ainsi des proies vivantes ou des cadavres à la consommation des troglobies, il ne faut pas oublier que ces grottes communiquent avec tout un système de fentes étroites qui peuvent offrir des ressources alimentaires.

D'autre part, les Crustacés aquatiques, (Asellils, Niphargus, etc.) qu'on a rencontrés dans de petites flaques d'eau absolument pures, peuvent certainement émigrer à volonté, car ils ne craignent pas de rester à sec pendant longtemps. Ils peuvent ainsi se soustraire à l'inanition.

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