SUR UN INFUSOIRE FLAGELLÉ ECTOPARASITE
décider par robservation. Les altérations de Tépiderme dues à la présence des Flagellés et l'adhérence de ces Infusoires aux cellules épidermiques, adhérence qui fait qu'on peut traiter par des réactifs, laver et agiter fortement dans l'eau des lambeaux d'épiderme sans en détacher les parasites, doivent faire admettre que ces animaux fixent leur extrémité antérieure dans le protoplasma même des cellules épidermiques.
Quand le Flagellé quitte la cellule sur laquelle il était placé, il s'ouvre suivant le sillon clair et sa partie antérieure s'étale. La portion postérieure de l'animal est alors plus épaisse et, par conséquent, moins transparente ; elle renferme le noyau et la vésicule contractile ; la portion antérieure étalée est au contraire plus claire, et est entourée par un rebord plus épais qui se continue avec la partie postérieure. L'Infusoire présente ainsi la forme d'une petite écuelle, ressemblant assez bien à une coquille d'Haliotide. A la partie moyenne de l'un des bords de l'animal s'insèrent trois flagellums d'inégale longueur, qui décrivent une courbe à concavité interne, puis deviennent libres vers l'extrémité antérieure du corps. L'un des flagellums est beaucoup plus long que les deux autres, et c'est lui qu*on voit dans le sillon chez l'animal fixé; mais» dans ce cas, le flagellum est recourbé et dirigé en arrière, tandis que chez Tlnfusoire libre il est dirigé en avant. Les deux autres flagellums ne se voient pas à l'état de repos et sont probablement cachés dans le sillon ; on ne les fait apparaître nettement qu'en traitant des Infusoires par une solution d'iode, ou en les colorant parla fuchsine ou le violet de méthyle (pi. XXI, fig. 4, 5 et 6).
Les Flagellés libres nagent assez rapidement au moyen de leurs flagellums dirigés en avant; ils avancent par une série de petits soubresauts, en tournant souvent autour de leur grand axe. Mais leurs mouvements sont de courte durée. Si l'on conserve, en effet, de ces Infusoires sur une lame de verre, dans un peu d'eau, on les voit au bout de très peu de temps s'altérer ; ils deviennent vésiculeux et granuleux, meurent et se désorganisent. Quand le jeune Poisson qui
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Les Flagellés de la Truite ne peuvent vivre dans des infusions, comme la plupart des autres Infusoires; il leur faut de l'eau très propre et fréquemment renouvelée; vivant en parasites sur un animal qui ne se plaît que dans une eau très aérée, ils semblent s'être adaptés au milieu de leur hôte et avoir perdu la faculté de vivre dans des eaux plus ou moins chargées de matières organiques.
Il est probable aussi que, vivant plongés dans la couche de mucus qui recouvre Tépiderme des jeunes Poissons, ils se trouvent, lorsqu'ils deviennent libres, dans un milieu de trop faible densité, qui agit sur eux, comme l'eau distillée sur les autres Infusoires. L'apparence vésiculeuse qu'ils prennent au bout d'un court séjour dans l'eau pure et la désorganisation dont ils sont le siège ne peuvent, en effet, s'expliquer que par une endosmose exagérée de liquide.
La multiplication des Flagellés de la Truite ^e fait par division transversale. Je n'ai pas pu malheureusement suivre toutes les phases de cette division. Sur des lambeaux d epiderme fixés par l'acide osmique, colorés par le picro-carmin et montés dans la glycérine, j'ai trouvé un certain nombre d'individus présentant les formes figurées planche XXI, figures 7, 8 et 9. Les uns présentaient deux noyaux et un commencement d'étranglement dans leur partie moyenne, d'autres étaient nettement divisés en deux par un sillon transversal. Dans quelques cas, j'ai trouvé deux individus réunis par leur partie postérieure (pi. XXI, fig. iO); je ne sais comment expliquer cette disposition. Il s'agit peut-être là d'une division longitudinale après laquelle les deux Infusoires se sont renversés de manière à se placer bout à bout ; mais je n'ai pu observer les premières phases d'une semblable division.
Les Flagellés que je viens de décrire ressemblent beaucoup aux