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SUR UN INFUSOIRE FLAGELLÉ ECTOPARASITE DE LA TRUITE

PAR LE DOCTEUR L.-F. HENNEGUY, Préparateur au Collège de France.

L'élevage des jeunes Salmonidés, provenant de fécondations artificielles, est souvent entravé par le développement dé maladies meurtrières qui n'ont été que fort peu étudiées jusqu'ici.

En 1876, M. Daniel Pouquet* a fait connaître une curieuse affection dont sont atteintes presque chaque année les Trui-tes élevées dans les bassins de pisciculture du Collège de France. Vers le mois de juillet, il survient une épidémie qui enlève un assez grand nombre déjeunes alevins nés pendant l'hiver. La cause delà maladie est un singulier Infusoire cilié, V/chtht/ophfhirius mullifiliïs Fouquet, qui vit en parasite sur Tépiderme de la Truite et de quelques autres Poissons, et qui produit par sa présence une inflammation de la peau. M. Fouquet a suivi avec beaucoup de soin ce parasite, qui se multiplie par centaines dans des kystes.

Cette année, les jeunes alevins de Truites, éclos depuis trois semaines environ, et n'ayant pas encore résorbé entièrement leur vésicule ombilicale, ont été attaqués par une nouvelle maladie due également au développement d'un Infusoire parasite.

C'est dans les premiers jours du mois de février qu'on s'aperçut de l'invasion de la maladie. Un grand nombre de petits Poissons, dont les mouvements étaient très ralentis, venaient à la surface de Teau, le ventre en l'air, ou restaient immobiles au fond des bassins,

I D. FouQtJW, ArûhhfS de wfhpiê eapërifMnttOB, t. V, 1I7I.

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couchés sur le flanc; bientôt ils ne tardaient pas à succomber, et

chaque jour on était obligé d'en enlever plusieurs centaines.

Ayant examiné au microscope des lambeaux d'épiderme, pris sur un animal mourant, je constatai que toute leur surface était couverte de petits corps implantés sur les celluleâ épidermiques, et tellement pressés les uns contre les autres qu'ils laissaient à peine apercevoir les cellules (pi. XXI, fig. i). Au bout de quelques minutes, je vis quelques-uns de ces petits corps se détacher de Tépiderme et nager dans Teau ; je pus reconnaître alors que c'étaient des Infusoires flagellés.

La forme de ces Flagellés n'est pas la même suivant qu'on les considère à l'état de repos ou de mouvement.

Lorsqu'ils sont fixés sur Tépiderme, ils se présentent comme de petites cellules piriformes ayant 0"",02 de long sur 0"",01 de large, dont la grosse extrémité est libre, et la petite, atténuée, est fixée sur la cellule épidermique. Le corps de Tlnfusoire est traversé par une ligne claire, longitudinale, qui le divise en deux moitiés asymétriques; cette ligne correspond à un sillon dans lequel est logé un long flagellum, qui dépasse la grosse extrémité. Vers le milieu de l'Infusoire est un noyau formé par une petite masse centrale, claire, entourée par un anneau de substance réfringente. Ce noyau se colore bien par le carmin et le vert de méthyle, lorsque l'animal a été fixé par l'acide osmique. Dans la grosse extrémité se trouve une vacuole contractile, qui n'est pas toujours visible (pi. XXI, fig. 4).

Je n'ai pu voir d'une manière précise de quelle façon l'Infusoire est fixé sur une cellule épidermique. J'ai seulement constaté que lorsqu'une cellule se présente de côté, par exemple sur le bord d'un repli de l'épiderme (pi. XXI, fig. 3), l'extrémité antérieure et atténuée de l'Infusoire est recourbée en forme de bec et appliquée par sa pointe à la surface de la cellule (pi. XXI, fig. 3). Cette extrémité est-elle simplement accolée à la surface de la cellule, ou pénètre-t-elle dans la cellule m6me? c'est ce qu'il m'a été impossible de

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