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Le manteau

Le manteau {M dans toutes les figures) ne doit pas être considéré, comme l'ont fait plusieurs .auteurs et en particulier M. Kossmaxn (XXXIII), comme un repli cutané distinct du co)'ps proprement dit de ranimai. Cette manière de voir, fondée sur des idées théoriques, est infirmée par Tembryogénie. Mais, au point de vue purement descriptif, il n'y a pas d'inconvénient à l'envisager comme un repli. C'est une membrane charnue qui a bien, chez l'adulte, un quart à un tiers de millimètre d'épaisseuret jusqu'à un demi-millimètre à la base, llenveloppe entièrement la masse viscérale et circonscrit et ménage entre elle et lui un espace désigné sous le nom de cavité incubatrice. Lorsque cette cavité, destinée à recevoir la ponte jusqu'à Téclosion des Nauplius, se trouve vide, le manteau qui est fort souple revient sur lui-même et s'applique sur la masse viscérale sans faire de plis. Lorsque la cavité est occupée par une ponte, le volume de la Sacculine se trouve presque doublé, et le manteau distendu, aminci, s'applique sur la masse des œufs plus étroitement qu'il ne fai'sait auparavant sur la masse viscérale.

En bas, à égale distance des bords antérieur et postérieur, mais un peu à gauche du plan sagittal, il est pourvu d'une petite cheminée conique, tronquée au sommet, se perdant par sa base élargie dans la surface générale : c'est le cloaque {C dans toutes les figures). Le cloaque n'est donc pas médian; il se trouve rejeté un peu vers la gauche sur la face de la Sacculine qui regarde le sternum du crabe (fig. 48, pi. XXVI et fig. 65 et 68, pi. XXIX). Il est percé d un petit canal qui met la cavité incubatrice en communication avec l'extérieur. Je reviendrai plus loin sur cet organe.

En haut, le manteau Be perd dans le pédicule général du corps et dans le pédicule de la masse viscérale qu'il contribue à former l'un et l'autre.

ÉVOLUTION DE LA SACCULlNJi:. 449 •

Dans sâ structure, il n'existe pas moins de quatre couches : deux couches chitineuses, Tune externe, Tautre interne, le limitent en dehors et en dedans ; entre Tune et Tautre se trouvent une couche radiale de fibres épithélio-conjonctives insérées sur les précédentes par leurs extrémités et une couche tangentielle de faisceaux musculaires qui serpentent dans les interstices laissés par les faisceaux épithélio-conjonctifs de la couche précédente (flg. 48, pi. XXVI, elfig. 51,pLXXVn).

a). Couche chiiïneuse externe (c).— Forte, épaisse de O^^^lOàO^^jâo, elle constitue la vérilable protection de la Sacculine. En haut, elle se continue avec celle qui revêt le pédicule. Au niveau de Torifice terminal du cloaque, elle s'amincit peu à peu et se continue insensiblement avec la couche chitineuse interne. En dehors, elle paraît presque lisse à Tœil nu, surtout chez les jeunes ; mais, à un faible grossissement^ on constate qu'elle est légèrement rugueuse ou plissée, mais sans montrer jamais ces saillies, épines, etc., que M. KossMANN (XXXIII) a décrites dans d'autres espèces. En dedans, elle est lisse également chez les jeunes, mais très irrégulière chez les adultes. Son contourestfortementdécoupé et hérissé de saillies qui serventd*apophyses d'insertion aux fibres conjonctives et tendineuses qui s'insèrent sur elle (fig. 53, pi. XXVIl). A un grossissement suffisant, elle se montre finement striée parallèlement à ses faces, ce qui indique qu'elle se forme de lamelles successives. Les réactifs permettent d'en isoler quelques-unes par dilacération. Sa substance est bien la chitine, et rien de plus, ainsi que le prouve Tébullition dans une solution forte de potasse. Sa surface donne quelquefois asile à de petites algues, à des spirorbes, à des éponges minuscules

et souvent à des vorticelles au voisinage du cloaque.

b). Couche chitineuse interne (c'). — Épaisse seulement de quelques (A, elle est cependant très résistante et peut être enlevée par larges lambeaux avec des pinces. Elle se continue à Torifice inférieur du

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