Les testicules
a). Configuration macroscopique et rapports. — Les testicules (t dans toutes les figures) ont été découverts par Lilueborg (XVII). Depuis, ils ont été revus par tous les auteurs, mais aucun n'en a donné une description«un peu exacte et précise. Ce sont deux glandes en tube simple situées côte à côte horizontalement au sommet de la masse viscérale, dans la moitié ventrale du corps. Ils sont à peu près, mais non exactement semblables et symétriques. L'un d'eux est ordinairement un peu plus gros que l'autre et situé un peu plus haut. En regardant' le bord de la masse viscérale un peu en avant et au-dessous du pédicule, on les voit, à travers la paroi à demi transparente sous l'aspect de deux petits fuseaux d'un blanc nacré (fig. 67). Leur forme exacte se rapproche de celle d'une larme batavique. Ils sont situés dans une loge limitée en haut et sur les côtés, par la paroi môme de la masse viscérale, en bas par le plus élevé .des plans musculaires transversaux qui les sépare incomplètement des premiers tubes de Tovaire. Cette loge est
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plus grande qu'eux, et l'espace qu'ils ne remplissent pas est occupé par un tissu conjonctif rare et délicat. Leur longueur ne dépasse guère 4 millimètres. Leur plus grand diamètre est de trois quarts de millimètre environ. Ils ne s'étendent donc pas dans toute la largeur de la moitié ventrale de la masse viscérale, et en occupent seulement la moitié environ. Leur diamètre va en diminuant très peu de leur portion la plus renflée jusque vers leur sixième antérieur; mais là ils se rétrécissent brusquement et dégénèrent en un canal flliforme et très difficile à suivre par la dissection qui continue pendant quelque temps le trajet primitif de la glande, puis se détourne brusque^ mont vers le dehors (ftg. 70), traverse la paroi de la masse viscérale et s'ouvre dans la cavité incubatrice, de chaque côté, par un pertuis invisible à l'œil nu. Ce canal excréteur forme ordinairement autour de sa direction générale des sinuosités accentuées surtout près de la terminaison. Sa longueur est d'environ i demi-millimètre, son diamètre n'atteint pas 1 dixième ;de millimètre. L'orifice terminal est'situé, de chaque côté, à Tendroit où le pédicule de la masse viscérale se confond avec celle-ci et un peu plus près du bord dorsal que du bord ventral. 11 se trouverait dans la figure 67 exactement au point où aboutit le trait de la lettre H.
h), Sif^ucture. — Intérieurement, chaque' testicule, ainsi que son canal, est creusé d'une cavité limitée par d'épaisses parois. La cavité du canal est primitive et existe aussi bien à Tétat jeune que plus tard ; mais celle de la portion sécrétante est produite par l'usure des portions centrales de la glande qui,, en sécrétant les spermatozoïdes, se détruit sans cesse des parties profondes vers la superficie.
*). Chez lejeune,^ La portion glandulaire et le canal excréteur sont deux parties parfaitement distinctes bien qu'étroitement rapprochées et continues à leurs limites respectives. Le canal déférent est conique comme l'ensemble de Torgane, mais en sens inverse. Son sommet tronqué s'ouvre à Toriflce cf ; sa base élargie se perd» dans le centre de la portion glandulaire. Il est entouré extérieurement
par un maacboa continu de cette dernière, qui raccompagne jusqu'à sa terminaison. Mais ce manchon, tràs épais à Torigine, va en s*amincissant peu à peu à mesure que Ton se rapproche de l'orifice terminal.
11 résulte de cette disposition que, pour prendre une notion exacte du testicule, il faut l'étudier dans sa portion renflée ou glandulaire, dans sa région moyenne ou mixte, et dans sa partie terminale ou déférentielle.
a). Région glandulaire. — Une coupe mince pratiquée dans cette partie nous montre un ensemble où il est possible de distinguer trois zones, malgré les transitions insensibles qui rendent leurs limites indécises (fig. 55, pi. XXVII).
La zone moyenne (a) se montre formée de cellules polygonales disposées en rangées circulaires concentriques. Leur plus grande dimension est dans le sens tangentiel et varie de 12 à 14 (jl, la plus pelile est dirigée radialement et varie de 4 à 6 (a. Leurs parois sont minces^ leur con,tenu sarcodique est finement granuleux. Elles renferment un noyau ovalaire de 2 4/2 |a sur 5 [a, à grand axe parallèle à celui de la cellule. Dans ce noyau on voit un seul nucléole punctiforme accompagné ou non d'une ou deux granulations presque aussi grosses que lui. G^est dans cette zone seulement que les cellules se multiplient par division dans le sens latéral, aussi lui donnerai-je le nom de zone formatrice,
A mesure que Ton se rapproche du centre de la glande, ces cellules grossissent en môme temps qu'elles prennent une forme plus régulière sans dimension prédominante dans un sens particulier et finissent par atteindre un diamètre de 35 à 40 (a et môme plus. Leur protoplasma se charge parfois de gouttelettes graisseuses. Mais c'est surtout le noyau qui a subi des modifications remarquables. Il s'est énormément développé tout en restant ovalaire et a fini par acquérir les dimensions de 10 [i sur 20 |i. environ. Le nucléole a grandi. On le retrouve dans certains noyaux, mais dans les plus gros on ne le distingue plus. En dehors du nucléole et sans aucune participation
de la substance, la cavité du noyau s'est remplie de granulations arrondies qui sont teintes aussi fortement que le nucléole par [les réactifs spéciaux (hématoxyline, carmin de Grenacher). Ces granulations ont environ 1/2 [l de diamètre, et ce qu'il. y a de remarquable, c'est qu'elles sont très régulièrement ordonnées dans le noyau en séries alternes parallèles, en sorte qu'elles sont disposées en quinconce. Leur nombre, difficile à évaluer, doit être d'environ une soixantaine. Enfin, tout à fait au centre de la glande, on rencontre parfois des cellules dont la paroi interne s*est détruite et dont le noyau a éclaté. Cette rupture montre que celui-ci (n) avait une structure vésiculaire, et tout autour de lui on voit les granulations arrondies qui se sont répandues hors de la vésicule nucléaire déchirée et affaissée. C'est de la destruction de ces cellules que résulte la cavité centrale de la glande; mais, à cet âge, elle existe à peine. L*ensemble de ces cellules, depuis la zone formatrice jusqu'au centre^ mérite le nom de zone sécrétante (6).
Si, revenant vers la zone formatrice, on se porte au contraire vers le dehors, on voit les cellules testiculaires se modifier d'une manière tout opposée. Leur volume augmente, mais leurs parois s'épaississent fortement et finissent par émettre des prolongements ramifiés qui se soudent à ceux des cellules conjonctives du voisinage, constituant ainsi une sorte de zone de transition (e).
Du côté interne, là où les deux testicules sont adossés l'un à l'autre, les cellules conjonctives n'existent pas, et les deux zones formatrices sont séparées seulement par une couche de cellules à parois fortement épaissies. Nous verrons plus tard les conséquences remarquables de cette particularité.
(3). Région mixte,^ Une coupe de la région moyenne nous montre au centre le canal déférent et tout autour de lui un épais revêtement de cellules testiculaires (fig. 54).
Le canal déférent se montre formé d'une seule couche de très hautes cellules prismatiques justaposées. Ces cellules (c) sont remarquables par leur protoplasma très clair, se teignant peu par les réactifs
ÉVOLUTION DE LA SACCULINE. oOîJ
colorants^ finement grenu. Elles contiennent près de la base ou dans la partie moyenne un gros noyau ovalaire allongé dans le sens de la cellule. Ce noyau est également très clair et contient un ou deux nucléoles punctiformes. Les cellules, étroitement* contiguSs, sont séparées par des lignes très fines, mais très nettes qui indiquent une membrane mince, mais bien constituée. Leurs dimensions sont 20 à S5 |x de haut sur 5 \k environ de large dans leur partie moyenne. Celles des noyaux sont de 3 [a sur 5 à 6 [a. A l'intérieur se trouve la cavité du canal déférent (D) qui se dessine sur la coupe sous la forme d'un ovale irrégulier de 44 à 15 [a sur 30 \l. Mais ce qu*il y a de particulier, c'est que cette cavité est partiellement ou totalement obstruée par une épaisse couche de chitine (d) que les cellules déférentielles ont sécrétée. Il reste parfois une petite cavité centrale, mais parfois aussi on ne voit qu'une ligne sombre résultant de l'accolement des parois. A leur extrémité profonde, le canal déférent et sa couche chitineuse se perdent en s'efûlant dans le centre de la portion parenchymateuse. Les cellules deviennent de moins en moins hautes et finissent par disparaître; la couche chitineuse s'amincit et disparaît également.
En dehors, la limite* du canal déférent et de son manchon de cellules testiculaires est marquée par une ligne brisée circulaire très accentuée. Cette coueAe testiculaire [b) est formée de cellules polygonales régulières de 10 à 12 (JL contenant un noyau nucléole.
A leur limite externe, ces cellules épaississent leurs parois et se confondent insensiblement avec les cellules du tissu conjonctif ambiant, en formant, comme plus haut, une zone de transition (a).
y). Région déférentielle. — Dans la région terminale, la structure reste la môme, mais les dimensions relatives et absolues se modifient. La figure 53 nous montre une coupe du testicule à ce niveau. A la partie inférieure on voit le commencement du faisceau musculaire (m') qui sépare, dans le plan de la coupe, le testicule de l'ovaire. Du côté gauche, on voit les couches musculaire et choriale de la paroi de la masse viscérale se perdre peu à peu dans le tissu conjonctif (t;) du
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pédicule. Le testicule se montre formé comme plus haut de deux parties : mais ici, le canal déférent (Z>], bien qu'il n'ait plus que 50|«. de largeur moyenne, occupe plus du tiers du diamètre total. Les cellules moins hautes ont conservé les mftmes caractères fondamentaux que dans les régions plus profondes. Son calibre est encore obstrué en partie par un épais revêtement chitineux (d). Les cellules testiculaires (a), moins nombreuses, se confondent de même extérieurement avec le tissu conjonclif ambiant.
A Forifice, le revêtement chitineux intérieur du canal déférent se continue avec la lame chitineuse qui tapisse la cavité incubatrice.
**). Chez (adulte^ le testicule diffère de ce qu'il était chez le jeune par un certain nombre de caractères qui, tous, sont la conséquence de la destruction des parties centrales de la glande par la production des spermatozoïdes.
La portion renflée est creusée d'une vaste cavité occupée par le sperme. Les cellules sécrétantes de la glande en forment la paroi. Celles qui la limitent extérieurement se montrent ouvertes ou môme déchirées et réduites à dos lambeaux à peine adhérents antre aux.
Un peu plus bas, la destruction des parties centrales, au lieu de se faire régulièrement du centre à la périphérie, a pénétré, ici très profondément, là très peu, et a déchiqueté le testicule en lambeaux d'une extrême irrégularité. Ce sont ces lobes que M. Kossiianm (XXXIU) a pris pour une rampe hélicoïdale descendant dans le canal déférent. Cette interprétation est inexacte. Ces lobes sont, je le répète, absolument irréguliers, et le vrai canal déférent, que M. Kossmann n'a pas su voir, ne commence que plus bas* Ce n'est pas tout. Vers le côté interne, la destruction a marché plus vite que vers le dehors et n'a pas rencontré la barrière infranchissable de la couche conjonctive, puisque celle-ci, comme je Tai fait remarquer, n'existe pas entre les points où les deux testicules se touchent, en sorte que la paroi commune a été détruite par places. Une communication se trouve, donc établie entre les deux testicules au niveau de leur partie moyenne
où ils sont soudés Tun à l'autre. Lorsqu^on cherche à séparer les deux testicules sur une Sacculine adulte, ou peut le faire à Torigiae et à la terminaison ; mais, dans leur tiers moyen, ils sont soudés. La paroi, transparente à ce niveau, permet de voir les lambeau déchiquetés qui cloisonnent imparfaitement la cavité, et l'on constate que la cloison de séparation entre les deux glandes est détruite sur plusieurs points. La figure 70 (pi. XXIX), dessin d'une préparation vue à la lumière réfléchie, ne montre pas cela, mais la coupe représentée par la figure 74 en donne une bonne idée. Plus bas, les testicules deviennent de nouveau distincts, la cavité redevient régulière, et le canal déférent commence à se montrer,
U y a donc à décrire ici, non plus trois régions comme chez la Sacculine jeune, mais quatre : une déférmlîelU^ une ntix/e, et, dans U portion glandulaire, une région déehiguetéeei une région $éerétante. Je commencerai par la région mixte.
a). Région mâ7^.— LaGgure 76 représente une coupe de cette partie du testicule. On y trouve, comme chez les jeunes, un manchon de cellules tesiietUaires {b) qui se continue insensiblement en dehors avec le tissu conjonctifambiant(â). Uneligne brisée circulaire très accentuée sépare cette couche des cellules du canal déférent {c). Les cellules de celui«ci sont, comme chez le jeune, hautement prismatiques, claires, hautes de %S à 30 (ji. sur 6 à 8 t& de large, munies d'un gros noyau ovale dont le nucléole diffère à peine d'une grosse granulation. Elles limitent un canal intérieur de 25 [a de diamètre environ, complètement obstinée par un épais enduit chitirieux. Ce canal chitineux a bien virtuellement une lumière, mais, physiologiquement, il est fermé, car ae« parois sont adossées^ et l'espace qu'elles circonscrivent a, sur la coupe, l'aspect d'une ligne noire irrégulièrement étoilée.
3). Mégûm déférentielie. — A mesure que l'on s'avance vers le pore génital, la couche de cellules testiculaires devient de plus en plus mince et finit par disparaître. Les cellules du canal déférent deviennent moins nombreuses et moins hautes en môme temps que] le
canal se rétrécit. Seule, la couche chitineuse garde son aspect, devient môme plus forte et se continue à Torifice avec la chitineuse de revêtement de la cavité incubatrice.
Telle est la constitution de la région déférentielle chez une Sacculine contenant, dans sa cavité incubatrice, une ponte un peu avancée vers la maturité. Lorsqu'il y a peu de temps que la ponte a eu lieu, Tenduit chitineux du canal déférent est moins épais et surtout moins dense. Enfin, si la coupe s'adresse à une Sacculine qui vient de pondre, l'enduit manque complètement, et les cellules du canal sont à nu. Cela tient à ce qu*au moment de la mue intérieure qui suit rémission des Nauplius et précède une nouvelle ponte, la couche chitineuse de la cavité incubatrice entraîne avec elle ce revêtement intérieur du canal déférent. Il suffit d'examiner avec soin la membrane chitineuse froissée qui provient de cette mue pour trouver aux points correspondants aux orifices cf deux petits prolongements qui ne sont autre chose que les parties en question. La figure 71 en représente un grossi quatre-vingts fois. On voit qu'ils sont ramifiés et très irréguliers de forme à quelque distance de leur origine. Cela tient à ce que le canal déférent, au lieu de se perdre en pointe fine au centre de la glande, comme chez le jeune, se termine par une disparition insensible de ses cellules et en s'évasant. Le vernis chitineux sécrété par lui ne s'arrête pas brusquement à sa limite, comme chez les jeunes, mais se prolonge dans la portion déchiquetée de la glande, en sorte que la figure 74 ne représente pas seulement le moule intérieur du canal déférent^ mais celui d'une portion bien plus étendue du canal testiculaire.
II résulte de ce qui précède que la lumière du testicule est fermée par un vernis chitineux qui élève aux spermatozoïdes une barrière infranchissable tant qu'il y a des œufs dans la cavité incubatrice. C'est seulement un peu avant chaque ponte que la mue de cette cavité, entraînant avec elle le revêtement chitineux intérieur des testicules, rend libres les voies d'excrétion et permet aux spermatozoïdes de sortir pour aller féconder les œufs.
Je reviendrai sur ces faits en éladiant la Physiologie de la Sacculine adulte.
y). Région déchiquetée. — La troisième région du testicule est, comme je Tai dit, extrêmement irrégulière. Les parois amincies et transparentes envoient dans la cavité qu'elles limitent des prolongements déchiquetés de forme quelconque, qui flottent à l'intérieur (r, fig. 70, 74 et 75).
Çà etlàon en trouve qui s'étendent d'un point àTautre, subdivisant le. conduit intérieur, sur une plus ou moins grande hauteur, en deux canaux juxtaposés. J'ai déjà dit que, sur plusieurs points, les deux testicules communiquaient. Je ne pense pas que cette communication ait une nécessité quelconque et joue un rôle dans les fonctions reproductrices de l'animal. Elle est le résultat accidentel, mais constant, de la destruction des cellules de la cloison de séparation et reconnaît pour cause Tabsence de couche conjonctive dans cette cloison. Ce qui semble le prouver, c'est que la communication n'existe pas chez les jeunes Sacculines dont le testicule n'a pas encore fonctionné. Elle se montre, au contraire, la plus large chez les vieilles Sacculines dont les testicules flasques et transparents ont* leurs parois presque complètement usées par un long fonctionnement. De même l'étendue de la région déchiquetée est en raison di« recte de l'âge delà Sacculine. Absente chez les jeunes, elle se montre de bonne heure et empiète de plus en plus sur la région sécrétante qui recule devant elle et diminue à mesure que la Sacculine vieillit. Cependant, l'examen histologique semble élever au premier abord quelques objections contre cette manière de voir, d'après laquelle la région déchiquetée et les perforations de la paroi commune reconnaîtraient pour cause la destruction des cellules testiculaires par suite ^ de leur fonctionnement. En efl'et, sur une coupe de la région déchiquetée {fig. 75), on ne trouve guère que des cellules intactes, et les lobes les plus irréguliers dans leur forme générale n'ont pas ce contour déchiqueté que l'on croirait devoir leur trouver. Us sont formés de
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cellules semblables à celles du manchon du canal déférent. Ces cellules sont petites (5 |a en moyenne), souvent chargées de globules huileux, mais leur noyau ne montre en général aucune modification en rapport avec la formation des spermatozoïdes. Mais, en y regardant de plus près, on constate que quelques-unes {e), voisines du bord, sont plus grandes et que leur noyau montre ces granulations régulièrement disposées qui sont, ainsi que je le montrerai plus loin, le début de la formation des zoospermes. Ces cellules sont donc bien de la même nature que celles qui, dans la région sécrétante, se détruisent sans cesse pour former les éléments fécondateurs. Si Ton n'en trouve qu*ua petit nombre en voie de se transformer, cela tient sans doute à ce que la plupart de celles qui étaient prédisposées à cette transforma^ tion ont subi leur évolution complète dès l'origine et ont disparu. En résumé Je pense que cette région du testicule est formée au début de cellules toutes semblables entre elles ainsi qu'à celles des autres régions. Dans les parties déférentielle et mixte, aucune ne se modi* fie pour former des spermatozoïdes. Mais au-delà du canal déférant, certaines cellules évoluent vers la formation des zoospermes, tandis que d'autres restent inertes et, n'étant pas détruites, forment des lambeaux irréguliers flottant dans la cavité. Ce processus progresse constamment du^ canal déférent vers le fond de la glande, et ainsi se constitue la région déchiquetée qui s'accroît sans cesse aux dépens de la quatrième et dernière région. Qk et là, mais rarement, une cellule, après avoir longtemps résisté, se décide à entrer en activité et se montre sur les coupes à un stade quelconque de la formation des granulations spermatiques. — Quelle est l'influence qui déter^ mine telle cellule à évoluer jusqu'au bout, tandis que ses sœurs res* tent inertes, je n'en sais rieni Mais tout n*est*il pas obscur lorsque nous voulons approfondir à ce point l'explication des phénomènes vitaux?
Un examen attentif montre que toute cette région déchiquetée du testicule est tapissée par un mince vernis de chitine qui est partout étroitement appliqué contre les cellules sous^jacentes, excepté dans
les points où il a été décollé par la brutalité du rasoir {d). Comme il n'y a plus trace à ce niveau des cellules du canal déférent qui ont la propriété de sécréter cette matière, je pense qu'il n'est pas né sur place, mais qu'il provient de la solidification d'une minime quantité de fluide chitineuz déversée par les cellules de la région déférentielle« C'est ce mince revêtement chitineux, absolument irrégulier dans sa forme^ comme la région déchiquetée qu'il tapisse, qui est entraîné à la suite du revêtement propre du canal déférent pendant la mue de la cavité incubatrice (fig. 71).
8). Région glandulaire. *^ Le fond du cul-de-sac, qui forme aussi la portion la plus renflée de la glande, est le lieu de sécrétion des spermatozoïdes. Une coupe d'ensemble de cette région est repré^ sentée par la figure 72, et la figure 73 montre une petite portion de cette coupe, plus grossie pour rendre visibles les détails de structure. On trouve comme cheis le jeune une zone formatrice {a) où les cellules sont manifestement disposées en files, ce qui indiqué qu'elles sont nées les unes des autres par division. Ces cellules sont un peu allongées, grandes de 7 à 8 (a dans leur plus grand diamètre, pourvues d'un noyau nucléole de 3 (i. environ. Çà et là, elles contiennent quelques gouttelettes graisseuses très réfringentes*
Vers le dehors^ elles se continuent avec les cellules conjonctives environnantes par une transition insensible, de manière à former cette zone de transition {d) qui règne dans toute l'étendue de la glande, excepté là où les deux testicules sont soudés l'un à l'autre.
Vers le dedans, la modification est toute différente. Les cellules deviennent de plus en plus grandes et épaississent leurs parois. Au voisinage de la cavité centrale, leur diamètre atteint et dépasse 30 \l et répaisseur de leurs parois est presque de 3 (a. Leur ensemble forme la zone êécrétante(b). Les plus internes, qui sont aussi les plus âgées, se montrent ouvertes et déchirées. Le protoplasma s'est chargé de gouttelettes graisseuses de plus en plus nombreuses* Le noyau (n) a grossi aussi en même temps que la cellule et, chez les plus grandes, il n'a pas moins de SÔ (a sur 15 {a. Sa forme est celle d'un
ovale renflé. Son contenu, de même que chez les jeunes, se montre formé de grains arrondis qui se teignent vivement par les réactifs colorants de la substance nucléaire, tandis que les gouttelettes graisseuses restent pâles. Ces granulations se montrent d'abord rares et fort petites au voisinage de la zone formatrice et laissent voir le nucléole plus gros qu'elles. Peu à peu, elles augmentent de nombre et de grosseur (s), en même temps qu'elles s'orientent en files alternes parallèles très régulières, comme chez le jeune. Elles finissent en général par cacher le nucléole. Mais dans certains noyaux on voit encore celui-ci (m) qui a grandi comme les autres parties de la cellule et se montre au milieu des granulations, beaucoup plus gros qu'elles, et intact. Gela semble prouver que les granulations sper« matiques se forment indépendamment du nucléole ou, du moins, sans participation de sa substance. Il paraît disparaître dans les noyaux tout à fait mûrs, ou, du moins, on ne le retrouve plus ni en place ni au milieu des éléments épars dans la cavité centrale.
Cette cavité centrale est remplie par un magma granuleux {c) formé : i^ des granulations nucléaires (s) qui y ont été déversées par la rupture de la membrane du noyau ; ^ de gouttelettes graisseuses (g) provenant de l'intérieur des cellules qui se sont vidées dans la cavité ; 3® de débris de toute sorte, restes des parois cellulaires et nucléaires détruites. Ces éléments divers varient, on le conçoit, avec la maturité de la glande. On peut en prendre une idée sur les coupes, mais c'est surtout par l'examen immédiat à Tétat frais qu'il convient de l'étudier.
. c). Sperme et spermatogenèse. — Les granulations arrondies colorables par les réactifs colorants spéciaux de la substance nucléaire que nous avons vus disposées en files régulières dans les ly^yaux des cellules testiculaires sont les premiers rudiments des spermatozoïdes. Ceux-ci naissent dans les noyaux des cellules profondes sous forme de granulations d'abord trèspetites, augmentant peu à peu de nombre et de volume à mesure que la cellule grandit et se rapproche
de la cavité centrale par la prolifération des cellules formatrices qui la repoussent et par la destruction des cellules plus âgées qui Ten séparaient. Ces granulations se forment dans le noyau par simple condensation de la substance nucléaire. 11 serait possible qu'elles provinssent d'un bourgeonnement du nucléole, mais l'observation ne m'a rien montré de pareil et, jusqu'à nouvel ordre, on doit les considérer comme se formant indépendamment du nucléole. Celui-ci grandit d'abord, puis finit par se détruire, sans avoir joué, à ce que je crois, aucun rôle dans la formation du sperme.
En dehors des noyaux et dans les cellules mêmes, se montrent, concurremment à l'apparition des granulations spermatiques, de nombreuses gouttelettes de graisse (g). Ces gouttelettes tombent dans la cavité centrale, où on les retrouve mélangées au sperme. On pourrait les considérer comme destinées à nourrir les spermatozoïdes jusqu'à leur complète maturité, et de fait, on trouve, à l'origine, dans l'intérieur de ceux-ci un petit point brillant qui a l'aspect d'une minuscule gouttelette d'huile (a, fig. 64). Mais il me semble possible et plus rationnel de les considérer comme des produits de déchet restés seuls ^ans la cavité cellulaire après la disparition des éléments chimiques plus nobles. Les granulations spermatiques emprunteraient pour se développer, au sarcode cellulaire, ses éléments albuminoîdes, et Texcès de matières grasses apparaîtrait sous forme de gouttelettes d'huile: Ce n'est là, bien entendu, qu'une hypothèse.
Les noyaux devenus vésiculeux en grandissant sont déversés par les cellules rompues dans la cavité centrale de la glande. Là, leur membrane éclate, et les granulations spermatiques se répandent libres dans cette cavité, et c'est là, hors des cellules et des noyaux, que se termine tout le processus de la spermatogenèse.
Observées à l'état frais dans une gouttelette d'eau de mer, les granulations spermatiques se montrent soàs l'aspect de globules sphériques à contour net, mais très délicat, presque toujours pourvu d'un tout petit point brillant (a, fig. 64, pi. XXVIIl). Leur diamètre est d'environ 31/^1^ Celui du point réfringent, un peu variable, n'at-