STRUCTURE ET FORMATION DE L'OPERCULE
Avant d'étudier dans le détail la structure et la formation des différents types d'opercule dans les principales familles de gastéropodes pourvus de cette pièce importante, il est indispensable d'indiquer d'abord les désignations sous lesquelles on connaît les différentes pièces qui vont nous occuper.
Nous pouvons tout d'abord établir, d'après la forme extérieure des opercules, deux catégories, suivant en cela la classification adoptée par M. le docteur P. Fischer*:
< J.*D. Macdonald, On ih9 homologiês of tK» so caUed « UniwUvê ShéU » and it « a operculum » {J(mrnal of thê Praoudings of the Linn. SocUty London, V, 1861, 204-209).
• D' P. FiSGRER, Manuel de conchyliologie^ p. 444.
4® Les opercules spires;
2® Les opercules non spires, dans lesquels il peut être commode d'établir un certain nombre de subdivisions au point de vue de la classification des animaux, mais qui sont peu intéressantes au point de vue de la structure ou du développement qui nous occupe ici. On peut cependant y distinguer deux groupes : ceux dans lesquels le nucleus est à peu près central et ceux où il est marginal ou submarginal. On donne le nom de nucleus à la partie de Topercule qui a été formée tout d'abord et tout autour de laquelle paraissent, si Ton s'en rapporte aux stries visibles à l'extérieur, s'être formés les dépôts d'accroissement.
Supposons l'animal rentré dans sa coquille, dont l'orifice se trouve alors fermé par l'opercule. Dugès ^ appelait bord columellaire celui qui se trouve du côté de la columelle de la coquille et bord pariétaire le bord opposé. Mais, en conservant ces mots, il peut s'établir une confusion de termes; car le côté columellaire de l'opercule s'applique sur le bord interne de l'ouverture de la coquille, et dans celui-ci on distingue deux régions : une dite columellaire^ et une autre infra-columellairey que l'on nomme souvent aussi pariétale. Nous adopterons alors des termes sur lesquels les conchyliologistes s'en* tendent, et nous appellerons bords m^ame , externe, antérieur etjoosiérieur de l'opercule les parties qui s'appliquent^ lorsque l'animal est rentré , sur celles de la bouche de la coquille portant le même nom.
Il est utile de remarquer que, lorsque l'animal est en marche, le bord interne est en avant, c'est-à-dire est le plus rapproché de la tête ; le bord externe est en arrière, le bord antérieur à gauche et le postérieur à droite. J'aurais pu désigner les parties de Topercùle par rapport à l'animal ; mais, outre qu'en conchyliologie il n'y a pas de termes usités pour cet usage, il m'a paru plus convenable de suivre le procédé de Dugès et de déterminer l'opercule par rapport à la coquille. Ces deux pièces sont en effet conservées seules par la fos-
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silisalion, et il peut être commode en paléontologie de les décrire dans leurs rapports réciproques. 11 est d'ailleurs extrêmement simple dtî faire concorder les deux façons de s'exprimer.
De plus, j'appellerai surface supérieure de Topercule celle qui fait face au dehors quand l'animal est enfermé ; l'autre côté sera, par opposition, appelé surface inférieure; et il y aura lieu de distinguer dans cette dernière une surface d'insertion et une surface libre d'adhérence musculaire, celle-ci se trouvant du côté externe. . L'opercule est porté par un lobe situé à la partie postérieure du pied et qui est connu sous le nom de lobe ou dtsque opercuUghe.
Ce disque est formé en partie par la terminaison du muscle columellaire,qui constitue la portion postérieure du pied et s'insère d'un côté sur l'opercule etdel'ciulre sur la columolle delà coquille. L'autre partie du disque operculigère se compose d'une expansion large et mince, en forme de lèvre, qui se trouve entre la masse du pied et la portion inférieure non fixée de l'opercule et d'aille'urs parfaitement libre d'adhérence, soit avec l'une, soit avec l'autre de ces parties. On peut la désigner par le nom de lèvre du disque operculigère.
11 arrive fort souvent que le muscle columellaire est creusé d'un sillon transversal plus ou moins profond, juste à la limite du lobe qui porte l'opercule ; tout naturellement, nous l'appellerons fente interne pédieuse , car elle affleure au bord interne de l'opercule.
11 était utile de savoir d'abord le nom de ces différentes parties que nous retrouverons, fonctionnant identiquement, avec des degrés d'intensité variables, pour la formation de tout opercule, quelles que soient d'ailleurs les singularités qu'il présente, si on le considère extérieurement.