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B. EXTÉRIEUR

Suivant le mode de description adopté par M. de Lacaze-Duthiers, l'animal sera toujours placé la tête en haut, le pied en avant et la face dorsale vers l'observateur. Nous supposerons donc l'animal dans la position qu'il occuperait s'il rampait sur un rocher vertical.

La coquille de l'Haliotide si remarquable par sa grandeur, son aplatissement, son aspect auriforme, sa large ouverture, la série de trous et si belle par sa surface interne nacrée, a souvent été décrite *. Tous les observateurs ont remarqué que les trous com-

^ Lebert, Beobachtungen Uberdie Mundorgane einiger Gasteropoden (MûUer^s Archiv, 18/,6, p. 448).

* Milne-Edwards^ Ann, éen se. nai, «xrf., 3» sériei t. VIII, 1847. 3 Lacazb-Dutiiiers^ Ann. des se* naL êwA*, K* série, t. XII, 1850.

^ Spenqel, G^mehsorgan and Vervmtysttm dêr Motlusksn (ZeiUehHfl /Ur wUs. Zoot., t. XXXV, 1881).

* Voir Cuvier, Régne animaL

mencent par être une échancrure dont les deux côtés se rejoignent peu à peu en haut pour former un orifice encadré de toute part par la coquille. Je crois pouvoir ajouter quelques autres observations. Les trous servent de communication entre la chambre respiratoire et Textérieur, Or Tanimal peut les fermer en joignant les deut lobes du manteau. Gela se voit parfaitement quand on l'irrite ou qu*on le met dans de Teau douce. Dans ces conditions, THaliotide serre le manteau et ferme complètement la cavité branchiale, de telle sorte qu'un milieu nuisible ne peut pas y pénétrer. Mais d'or* dinaire les deux bords de la fente palléale ne se touchent que dans les intervalles des trous et laissent -un passage libre vis-à«vis des orifices de la coquille. Si maintenant, en haut du dernier trou formé, les lobes du manteau se touchent, il n'y aura pas d'échancrure. Mais l'animal grandissant, là formation d'un nouveau trou devient nécessaire, puisqu'on bas il s'en ferme un. Alors l'Haliotide écarte les sommets des lobes palléaux, le dépôt de la substance coquillière est partiellement interrompu, il se forme une échancrure qui de** vient de plus en plus prononcée. Pour la fermer, les deux parties du manteau se rapprochent ^eu à peu et finissent par se toucher des sommets, restant toujours écartées autour de l'échancrure. En ce moment, le trou sera complété, mais une ligne brune très accusée indique que C'est seulement le drap marin de la coquille qui ferme Féchancrure en haut et, plus tard seulement, la substance calcaire vient se déposer; la ligne de jonction des lobes palléaux reste cependant encore longtemps visible. C'est là un exemple qui montre les fonctions diverses du bord du manteau dans la formation de la coquille.

L'animal est attaché à sa coquille principalement par un grand muscle qui occupe à peu près le milieu du corps. C*est le mmete columettaïre des Gastéropodes ordinaires, qui a pris un développement énorme et qui a son insertion dans le dernier tour de la coquille, au lieu de se fixer dans son sommet. La grandeur et la position du muscle modifient complètement la disposition des

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Tiscères des autres Gastéropodes. Tous les organes sont, en effet, rejetés à sa gauche, tandis que dans les Gastéropodes ordinaires, ils se trouvent presque constamment sur le c6té droit de J'animai. Quand on enlève toute la masse des viscères, il reste de Tanimal une large plaque musculeuse au milieu de laquelle s'élève le muscle comme une colonne. La plaque musculeuse (pi. XYI, fig. Il, co^ P) est formée de deux parties : du pied proprement dit et de Yèpipodium^ qui sont intimement soudés sur la plus grande étendue de leur surface, sauf sur le bord, où un sillon profond indique la séparation. C'est répipodium ou la collerette qui porte les festons, découpures et tentacules. Aux deux extrémités supérieure et inférieure du corps, le bord festonné est interrompu, il ne fait donc pas complètement le tour de l'animal. Quant à la nature de la collerette, M. de Lacaze- Duthiers * a prouvé par des faits de son innervation qu'elle n'appartient pas au pied, mais qu'elle est plutôt une dépendance du manteau. En haut, le pied est profondépnent échancré pour laisser passer la courte trompe ; en bas, la plaque musculeuse s'étire en une sorte de queue très courte. A la face dorsale de cette partie, on voit un tache jaunâtre allongée, parcourue de sillons irréguliers et qui montent jusque vers lé muscle. C'est une glande spéciale dont il sera question plus loin.

Le manteau est une membrane mince qui double la coquille. Quand on enlève celle-ci, on déchire presque constamment le manteau, de sorte que la masse principale de l'abdomen est à nu et semble avoir touché la coquille. Mais il n'en est rien, tout l'abdomen est couvert par cette membrane. La fente paUéale et les deux lobes qui la forment sont alors visibles, de même on voit bien les tentacules sur les bords de la fente et qui peuvent sortir par les trous de la coquille. Cuvier * dessine autant de tentacules que de trous, et Adanson* n'en indique que deux, et il les prend pour les sommets des lobes pal-

> SyiL fi«rv. d» VBaliolidet looo citato.

* Cuvier, toc. cU,

• Adanson, lœ. cit.

HISTOIRE NATURELLE DES HALIOTiDES. 293

léaoz; mais en réalité^ ils sont constamment trois, et l'un d'eux est toujours au fond de i'échancrure. Le lobe droit du manteau est fixé sur le bord supérieur du muscle de la coquille, mais celui-ci est séparé des viscères par le manteau qui semble former un entonnoir autour de lui. A droite du muscle, il forme un cornet qui reçoit le prolongement de Tabdomen. Le bord du manteau est dédoublé sur une grande partie du pourtour, et les deux feuillets comprennent entre eux le rebord saillant de la coquille. G*est l'interne seulement qui, sur un bourrelet longitudinal, fixe la coquille; le feuillet externe est libre. En baut, un peu avant la fin du rebord saillant de la coquille, une partie charnue du manteau s*y fixe très solidement et se confond en même temps avec le tégument général du corps formant, pour ainsi direr, comme un trabécule entre les deux parties. La coquille est donc fixée non seulement par le muscle columellaire, mais encore par le bord du manteau.

La topographie du reste des organes qu^on voit extérieurement est simple. La tète est évidente avec deux tentacules olfactifs et deux plus petits pédoncules supportant les yeux. Par la fente palléale, on voit les deux branchies ; la grande masse blanche à gauche et en bas d'elle, est la glande de la mucosité. A son bord inférieur s'ajoute l'organe de Bojanus du côté gauche, puis le péricarde et la masse brune du foie. Entre celui-ci et le péricarde apparaît une bandelette de couleur différente de celle du foie : c*est une partie du rein droit. L'intestin se voit sur une petite étendue entre les lobes du foie. L'abdomen est terminé par un petit tortillon, mais se prolonge dans un long appendice en forme de corne, logé, comme il a été dit, dans un cornet formé par le manteau. Quand les animaux sont en reproduction, cet appendice est ou bien blanc jaunâtre, et alors l'individu est un mâle ; ou bien vert foncé, si l'échantillon est une femelle. En soulevant la coquille et le manteau, on peut donc reconnaître les sexes quand les glandes sont en fonction.

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