II
de ce seigueur 8 livres, en 1541, « pour avoir copié ung » grant dénombrement que feu monseigneur de Chimay a » baillé de sa terre de Lillers » (i).
Nous rappellerons que nous avons mentionné au § 3, un enlumineur du nom de Jean de Roovere, qui vivait encore en 1527.
§ 53. Inventaire de tableaux, sculptures, orfèvreries, etc.
Sommaire : Inventaire des tableaux, manuscrits et objets d'art divers du château de Belœil, en 1559, appartenant à Philippe, comte de Ligne et de Fauquembcrgue, baron de Wassenaer, etc.
Les Archives judiciaires, à Mons, possèdent un petit registre in-4°, de 28 feuillets, intitulé : « Inventoire dé tous » et quelconcques les biens meubles trouvez ou chasteau » et fortresse de Bailœl, faict à l'ordonnance de mes- » sieurs les hommes féodaulx de la noble et souveraine » court, à Mons, suivant la requesle présentée par noble » et puissant seigneur messire Philippes, comte de Ligne » et de Faulckemberghe, chevalier de Tordre du roy, nos- » tre sire, affin de povoir entrer oudict chasteau sans pré- » judice aux debtes de son feu père, etc. » Cet inventaire fut commencé le 17 et terminé le 20 août 1559, par Antoine Hallot, lieutenant prévôt de Mons, et Quentin du Prêt. Nous en avons extrait la liste des tableaux qui existaient au château de Belœil à cette époque, et parmi toutes les autres curiosités nous avons fait un choix des pièces qui nous ont paru avoir quelque intérêt. L'inventaire men-
(1) Extraits d'un registre intitulé : Parties desboursces pur Gaultier de Li/crc, pour lei extraordinaires de monseigneur le duc d'Arschol, depuis le premier jour de novembre 1537, aux Archives judiciaires, à Mons.
tionne aussi quelques tapisseries, qui trouveront leur place ailleurs; le sceau d'argent de la dame de Wassenaer, brisé; quatre cartes géographiques, sur toile, celles de Frise, de Brabant, de Gueldre, de Hollande, et « le gardinat du « Hainaut », c'est-à-dire le jardin ou tableau sous forme d'enclos des armoiries des villes, abbayes, pairies, etc., du comté. Quant aux livres, voici comment sont décrits ceux que le document renseigne :
« Ung grand livre couvert de velour noir, les boucles de cuivre dorées, armoyé des armes de Bourgoigne et d'Angleterre, appellet le Livre des Anges.
Deux heulres, de parchemin, couvertes de velour, les ymaiges ouvrez d'or.
Ung missel couvert de velour, figuré avecq les doux et bouclez d'argent doré, estant en une custode. »
Pour s'expliquer la présence de certains portraits dans la collection du château de Belœil, nous dirons que ce Philippe, à la demande duquel l'inventaire fut dressé, était comte de Ligne et de Fauquembergue, baron de Wassenaer, de Belœil, de Ville, etc., et qu'il avait épousé Marguerite de Lalaing, fille de Philippe, comte de Hoogstraelen. Il mourut en 1583 et fut enterré à Belœil. Ce seigneur était fils de Jacques, lequel eut deux femmes : Marie, héritière deWassenaer, morte en 1544, et Jeanne de Halewyn, décédée le 27 décembre 1557.
Tableaux et Sculptures.
« Ung tableau de l'éfigie feu Anthoine, Ung aultre de sainct Christoffie
seigneur de Ligne. Ung aultre de Nostrc-Damme.
Ung tableau de la Lucrèse. Ung aultre de sainct Bernard.
Ung aultre de la généalogie des duez L'éfigie madamme de Savoye.
de Bourgoigne jusques à l'empereur Ung tableau d'albade du Jugement de
Charles V«. Paris.
Un aultre tableau de la Lucrèse. Ung aultre tableau d'albade de Nostre- La Décolalion sainct Jehan ou de Nos- Damme.
tre-Seigneur. Ung aultre tableau de l'éfigie de quel- Ung tableau de saint Anthoine. que marchant.
Ung tableau de léfigie madamme la L'éfigie madamme d'Egmonl.
grande.
L'effigie du duc Jan.
L'effigie du ducq de Bavière.
Ung petit tableau de l'éfigie du roy
Loys de Hongrie.
Ung petit tableau à deux foeillez.
L'éfigie mademoiselle des Fossez.
L'éfigie du comte de Ligne estant en
eage de chincq ans, qui est cestuy
de présent.
Ung tableau de Nostre-Damme, de
broudure.
Ung tableau de la représentation de Ung aultre de saincte Katherine.
la Vierge Marie à deux foellez.
Ung tableau de sainct Jhérosme.
L'éfigie de la Magdelaine.
L'éfigie de la reyne de Hongrie.
L'éfigie feu monseigneur de Hocslrate.
L'éfigie mademoiselle la séneschal de
Tournay.
L'éfigie madamme de Bailloel.
Ung tableau d'un enflant mangeant
papin.
Ung tableau de Nostre-Damme.
L'éfigie du seigneur de Houfalize.
L'éfigie d'un vieu seigneur d'Aigmond
avecq madamme sa femme.
L'éfigie don Loys de Villa.
Item le seigneur de Lumen.
Une aultre éfigie d'une damme avecq L'éfigie du seigneur la Chau.
le pluma blan.
L'éfigie du prince de Saulmona.
Idem madamme de Lumen.
L'éfigie du seigneur de Wassenaire.
Une éfigie ayant robbe noir rickamée d'or.
L'éfigie madamme de Wassenaire.
Ung grand tableau de Nostre-Dame.
L'éfigie de l'empereur.
L'éfigie d'un vieu seigneur de Wassenaire.
L'éfigie de la vièze damme de Wassenaire.
Ung tableau de Nostre-Damme.
Ung tableau de la Lucrèse.
Ung tableau de quelque damme.
Ung grand tableau de Jugement de
Paris.
Ung tableau d'ivoire où y a la Passion
Nostre-Seigneur.
Ung sainct Franchois d'albadc.
La Mort en yvoire, avecq une kainelte
de cuivre.
Une Nostre-Damme de bois painte
d'or et d'azurc. »
Orfèvreries, Bijoux, Médailles, etc.
« Ung tableau d'or de la Nativité, avecq
des rubis, perles et ung dyamant a
crochet.
Ungpely tableau d'or de sainct Michiel
avecq rubis et dyamand.
Ung aultre pety tableau d'or csmaillié
de rouge.
Ung petit rond tableau d'or avec une roze ou mitant.
Ung aultre pety tableau d'or avecq la teste sainct Jan.
Six rons tableaux d'argent doret, sicomme l'un de la Décolation de sainct Jehan, avecq pluiseurs perles
et piéries; le ije de Nostre-Damme; ung aultre aussi de Nostre-Damme ayant son enffant; le iiije aussi de sainct Jehan ayant une ameralle; le ve pareillement Nostre-Damme; et le vje le chief saincte Catherine.
Item sainct Adrien d'argent doré.
Ung tableau avecq deux cloans d'argent doré, ouquel y a l'Anonciation Nostre-Damme, de cockil de perle.
Une médaille d'or de l'empereur Constantin.
Quattre pièces de coral de l'arbre de Jessé, les personnaiges d'argent doré.
Trente getz d'argent des armes de Bourgoine et Angleterre. -
Le pied de l'arbe de Jessé d'argent doré, la branche de coral rouge, avecq pluisieurs personnaiges d'argent doré.
Une médaille de fin or d'une damme ayant ung lion en son giron.
Une grande couppe dorée, avecq l'arbe de Jessé, et la couvercle de meisme, que l'on dist venir du roy de Dinemarcque; avecq la custode y servante.
Une couppe dorée, esmaillié, avecq les déesses Vénus, Juno, Pallas et les chiefz de l'empereur et aultres, avecq la custode.
Une couppe dorée, au-dessus Lucressc, avecq la custode.
Une couppette dorée, au-dessus y a ung fol avecq la custode.
Une couppe dorée, esmaillée de vert et rouge, au-dessus y a Cupido; en une custode.
Une couppe dorée, gravée sur icelle le Jugement de Salomon; avecq la custode. »
Avec si peu d'indications utiles, il serait sans aucun doute très-difficile de reconnaître les objets d'art mentionnés plus haut s'ils existent encore; mais en publiant dans notre recueil des inventaires de ce genre, nous n'avons eu pour but que de donner une idée de l'importance de certaines collections et de l'ameublement des hôtels et châteaux de nos grands seigneurs des temps passés.
§ 54. Histoire des monuments.
Indication des localités : Bailleul, Beveren , Binche, Bois-Ie-Duc, Bois-Seigneur-Isaac, Bouvignes, Bruxelles, abbaye de la Cambre, Dînant, Mcrchten, Montaigu, abbaye de Moulins, Nivelles, abbaye de Nizelles et Tournai. — Moulin, sculpteur à Écaussines. — Carrières de Vilvorde au XIVe siècle.
Château de Beveren. — En 1395, Philippe le Hardi ordonna la restauration complète du château-fort de Beveren, en Flandre. Les travaux commencèrent le 16 avril sous la direction du châtelain Guyot de Lompré, écuyer d'écurie du duc de Bourgogne. On reconstruisit entièrement le mur d'enceinte qui tombait en ruines: déjà en 1370 son état de délabrement avait nécessité tant en matériaux qu'en journées d'ouvriers une dépense de 37 livres 4 sous 8 deniers gros (î). On éprouva des difficultés, pour la démolition de ce mur en 1395, ce que la personne chargée de la gestion des deniers affectés à ce travail a eu soin de consigner dans son compte de la manière suivante :
« Est assavoir que, pour le proufiit de l'ouvrage dessusdit, fu advisé par les commissaires et les ouvriers que les viez murs du circuile dudit chastel, qui, pour ce que le fondement d'iceulx n'estoit pas assés parfont, estoient tèlement avalés, fendus, crevez et empirez qu'ilz n'estoient mais d'aucune valeur ou deffense, l'en abatroit du tout et jelteroit hors le fondement d'iceulx et y scroit mis j nouvel fondement plus parfont que paravant n'avoit esté, et pareillement seroit refait j mur nouvel; lesquelz viez murs qui estoient fondés hors de l'caue on n'a peu abatie ne ledit viez fondement jetter hors que un peu au cop ainsi que de jour à autre l'en le povoit refaire, pour ce que la terre de la mote par-dedens les murs estoit si haute et toute droite scnz aucun respondant autre que ledit mur par-dessus l'eau e que qui eust abatu grans pans et fait grans iraux à une fois audit mur ladicte terre de la mote s'eust toute cheute aval es fossez dudit chastel pour ce qu'elle n'eust point eu de respondant, et ainsi on n'eust peu venir à chief dudit ouvrage, et jù soit ce que il ait esté fait en ceste manière si a-il convenu avoir charpentiers et
(1) Compte en rouleau n° 2907, aux Archives du royaume.
autres ouvriers pour faire estallages et mettre bailles et planées contre ladicle terre tant d'un costé comme d'autre. »
Nous avons rencontré ailleurs à l'occasion de la démolition du vieux mur d'enceinte une dépense de trois douzaines de « fors gens pour manier les roques et pièces qui » chéoient [tombaient] du viez mur quant on le abatoit, re~ » mettre à point et chargiez sur chivières, lesquelles roques » esloient si dures que les ouvriers y froissoient et gastoient » toutes leurs mains. »
Henri Heylen et Jean deHeyst, de Vilvorde, fournirent les pierres blanches appelées ordun, dont la verge d'une contenance de vingt pieds revenait, livrées sur place, au prix de 25 sous gros.
Les travaux de reconstruction et de démolition furent confiés à JeanYmpeou Impin et à Michel de Mellebrouc, qui mourut en 1396. On dépensa du 16 avril 1395 au 24 décembre 1398 près de 1,750 livres de Flandre. En 1402 d'autres travaux furent encore exécutés; ils coûtèrent la somme de 1,380 livres 6 sous parisis (2).
On voit par les détails des dépenses faites au château de Beveren, qu'il se composait de plusieurs tours, grosses et petites; trois de ces tours furent élevées en 1395 et années suivantes (es trois tours noafves dudit chastel et Mec faictes de nouvel du cosîé de Noord, dont l'une et la moyenne tour est plus grande que nulle des autres deux entre le porte devant et le grosse tour derrière qui siet droit à /' opposite de ladite porte).
Abbaye de Moulins, près de Dînant. — - Par lettres patentes datées de Gand, le 6 mai 1423, Philippe le Bon doune aux religieux de cette communauté une somme de 100 fr.,
(1) Registres n°s 26545 à 26547 de la chambre des comptes, aux Archives du royaume.
(2) Registre n" 26548, ibidem.
de 33 gros la pièce, « pour convertir es édiffices de leur » église (i). »
Tour de Crèvecœur, àBouvignes. — Dans un registre aux Archives du royaume (2), se trouve un chapitre intitulé :
« Ouvrages et réparacions fais es mois de juing, jullet, » aoust et septembre mil iiijc xliiij (1444) à le tour de Crè- » vecœur, qui, par la derrenière guerre de Liège, avoit » esté em partie toute rompue et démolie des bonbardes et » canons dont ceulx dudict pays de Liège le bâtirent, eulx » tenant le siège devant la ville de Bouvigne. »
Prieuré de Bois-Seigneur-Isaac, près de Hal. — Philippe le Bon donne, par lettres patentes du 20 décembre 1445, aux religieux de cette maison, des bois pour réparer leur église et leur couvent (3).
Couvent des Carmes, à Bruxelles. — Don, par lettres patentes de Philippe le Bon du 9 septembre 1451, de 80 couronnes d'or « pour les travaux que l'on y fait présentement (4). »
Église de Saint- Jacques-sur-Coudenberg, à Bruxelles. — Par lettres patentes du 28 janvier 1457 (n. st.), Philippe le Bon donne 100 livres, de 60 gros la pièce, pour aider à couvrir les frais de la charpente de l'église et pour construire un escalier contre la grosse tour de cet édifice (om te hclpen tymmeren ende volmaken eenen weyn-
(1) Registre n° 18203, 4°, de la chambre des comptes, aux Archives du royaume.
(2) N» 3241, ibidem.
(3) Registre n° 2415, 3°, f° cxxv r°, ibidem.
(4) Ibidem.
delsteen neven den grooten torre van der voorschreien kercken) (1).
Couvent des Frères-Mineurs, à Bois-le-Duc. — Philippe le Bon accorde à ces religieux, par mandement du 12 mars 1465 (n. st.), lOOécus, de 48 gros de Flandre la pièce, pour « emploïer en la réédificacion et réfection de leur cou- » vent, lequel nagaires par feu de meschief a esté ars et » brûlé (2). »
Ville de Dînant. — On conserve aux Archives du royaume un compte de la démolition du château et des tours, portes, murailles et fortifications de la ville de Dînant, faite par ordre du duc de Bourgogne, démolition qui fut commencée le 2 septembre et achevée le 31 octobre 1466. La direction de ce travail de destruction fut confiée à Pierre de Rommergnotte, bourgeois de Bouvignes, comme étant le plus propre « pour ce faire à moins de frais. » Dans ce compte la dépense s'élève à 620 livres 6 sous, de 40 gros. Une autre partie de celte dépense, c'est-à-dire une somme de 917 livres 14 sous, est mentionnée dans le compte du produit de ce qui a été vendu après le pillage de la ville. Voici les noms de quelques constructions qui existaient à Dinant avant 1466, tels que nous les avons copiés dans les documents dont nous parlons : « la porte vers le pas Baïarl; » — deux tours eslans entre le chastel et la porte nommée » la porte de le Val ; — une grosse tour estans au-dessus de » la ville, nommée la tour Saint-Jehan; — une tour estant » entre le molin à l'iaue de la ville et la porte du pas Baïart; » — une tour estans entre le pont de Mœuse et le tour Cor-
(1) Registre n° 2418, 2°, f° cxvij v°, de la chambre des comptes, aux Archives du royaume.
(2) Collection des acquits de la recette générale des finances, ibidem.
» nière estant sur ledicte rivière de Mœuse, du costé envers » Bouvignes. »
Couvent des religieuses de Bailleul. — Le 1 1 mars 1494 (n. st.), les religieuses de Bailleul déclarent avoir reçu une somme de 12 livres, de 40 gros la pièce, que le receveur général des finances leur a payée par ordre de Philippe le Beau, « pour les aidier à réédiffîer leur cloislre » que pendant les dernières guerres a esté tout destruit et » bruslé (t). »
Abbaye de Nizelles, en Brabant. — Dans une chronique % manuscrite de cette abbaye qui existe aux Archives du royaume, on lit que le couvent et l'église furent détruits par le feu, au commencement de Tannée 1502, et que le 30 mai de la même date on commença à rebâtir letemple qui fut consacré en 1508. L'église fut de nouveau brûlée en 1577 par une bande de soldats. On ne commença à la restaurer qu'en 1601. La même chronique nous apprend qu'en 1776, on entreprit la restauration de tous les bâtiments de l'abbaye, et qu'à cette époque on changea le maître-autel sur lequel fut placé un tabernacle de cristal provenant de l'église Saint-Jacques, à Nivelles, ainsi que deux adorateurs faits à Écaussines, par un sieur Moulin, sculpteur.
Couvent des Sœurs-Noires, à Binche. — Don de 200 livres, fait au nom de Charles-Quint, en 1555, « pour les » aidier à rédiffier et construire leur esglize et cloistre brus- »lée et ruynée par les Franchois en l'an xvc liiij (a). »
(1) Collection des acquits de la recelte générale des finances, aux Archives du royaume.
(2) Registre n° F. 234 de la chambre des comptes, aux Archives du département du Nord, à Lille.
Abbaye de la Cambre, près de Bruxelles. — Don de 3,000 livres, en 1597, au nom du roi Philippe II, pour la reconstruction de l'église de cette abbaye.
« Payé aux abbesse et religieuses de l'abbaye de la Chambre, situé lez Bruxelles, iijm livres que Sa Majesté, par lettres patentes données audict Bruxelles, le 1er d'aougstxv0 iiijxx xvij, leur at accordé une fois en considération que durant les derniers troubles depuis Tan xvc lxxviij, elles sont esté constrainctes d'abandonner ledict cloistre et se retirer avecq toulte leur religieuse congrégation en nombre d'environ cent personnes en ladicte ville, où elles sont tenues bien eslroictement et aussy esté enserrées et retenues de force par les rebelles ayants occupé icelle ville jusques l'an xvc iiijxx v; durant lequel temps elles ont enduré et souffert beaucoup d'oppressions et extorsions tiranicques des hérilicques; à condition que lesdicts iijm livres ne seront employées ny déverties en aultre usaige que à la rédifficalion de leur églize ayant esté destruicte par lesdicts rebelles, du tamps qu'ilz occupoient ladicte ville (1). »
Commune de Mer chien. — Par diverses lettres patentes de 1562, 1563 et 1566, Marguerite de Parme accorda au nom du roi des subsides pour aider le magistrat de la franchise de Merchlen, à faire rebâtir les maisons détruites par suite d'un grand incendie. On y lit que les habitants de cette localité ne pouvaient payer leur quote-part dans les aides, et « comment furent par feu y bouté de fait par au- » cuns malfaicteurs boute-feux, comme l'en dit, arses et » brûlées toutes les meilleurs et les plus puissans et nola- » blés maisons et manoirs de toute la ville et franchise (2). »
Château de Couvin. — Permission de réédifier le château de Couvin, en 1572 (3),
(1) Registre n° 23569, f° 132 v°, de la chambre des comptes, aux Archives du royaume.
(2) Collection des acquits de la recette générale des finances, ibidem.
(3) Archives du conseil privé, registre aux dépêches de 1571-1574, f° 124, aux Archives de l'État, à Liège.
Église du Béguinage, à Bruxelles. — Don de 500 livres fait, par lettres patentes du 20 août 1597, au recteur du Béguinage, « pour achever l'érection de l'église » (î).
Église de Vhôpital Saint-Pierre, à Bruxelles. — Voici une note de l'année 1597 qui concerne cet édifice :
« Aux religieuses du couvent de Saint-Pierre, dit Zieckclieden, à Bruxelles, ije livres, en considération que durant la rébellion de la ville de Bruxelles, ilz (sic) estoient constrainctes, par la rage et furie des ennemiz et héréticques, eulx réfugier en certaine maison particulière, pendant lequel temps leur église (qui estoit ung bien beau et ample vaisseau) avoit esté ruynée de piet en comble et les ornemens et meubles d'icelle spoliez (2). »
Église de Sainte- G ertrude, à Nivelles. — (Voy. § 57). — D'après des documents du siècle dernier, on voit que la châsse de Sainte-Gertrude pesait alors 370 livres de Brabant, et que le coffre avait 6 pieds 2 pouces de longueur sur 2 1/2 de hauteur et 1 1/2 de largeur (3). Ces documents nous ont également fourni quelques dates relatives à l'enlèvement ou au replacement du corps de sainte Gertrude dans l'église , quand les événements faisaient craindre quelque invasion militaire. Ces reliques que les chanoinesses conservaient avec tant de soin furent réintégrées avec la châsse le 24 septembre 1574, le 17 septembre 1585, le 30 novembre 1622, le 30 septembre 1635, le 30 décembre 1789, le 3 janvier 1791, le 26 septembre 1792 et en septembre 1793. On les sauva pour les soustraire au pillage et à la destruction, notamment pendant les guerres du XVIe siècle, le 28 août 1622, en 1744, le 7 octobre 1789, le 25 novembre 1790, le 31 mai 1792,
(1) Registre n° F. 281 de la chambre des comptes, aux Archives du département du Nord, à Lille.
(2) Ibidem.
(3) Archives du chapitre de Sainle-Gortrudc, aux Archives du royaume.
Couvent des Clarisses, à Saint-Omer. — A la suite des guerres de religion du XVIe siècle , les clarisses de Veere, en Zélande, avaient dû se réfugier à Saint-Omer. Par ordonnance du 5 octobre 1606, les archiducs leur accordèrent 300 livres de Flandre « en subvention des frais » des bastimens et ouvraiges à faire à leur couvent (î). »
Église de Saint-Nicolas, à Bruxelles. — En novembre 1621, l'infante Isabelle fait don de 500 livres de Flandre aux marguilliers de cette paroisse pour les aider à faire les frais d'un nouvel autel dans le grand chœur et l'achat d'un tableau de prix (ung signalé tableau) (2).
Église de Notre-Dame, à Montaigu, — En mars 1640, payement d'une somme de 27,600 livres de Flandre, qui restait à solder pour les travaux de construction et d'ameublement de cet édifice bâti aux frais de l'infante Isabelle (3).
Abbaye de Saint-Martin, à Tournai. — Dans une chronique manuscrite du XVIIe siècle de cette abbaye que possèdent les Archives du royaume, on lit que le 3 juillet 1 671 a été posée la première pierre de la nouvelle église, qui fut entièrement achevée en 1680.
(i) Registres n° 18308, f° xlvj v°, et n° 18510, f° Ixviij r°, de la chambre des comptes, aux Archives du royaume.
(2) Registre n° F. 303 de la chambre des comptes, aux Archives du département du Nord, à Lille.
(S) Registre n° F. 317, ibidem.
§ 55. Relieurs et Reliures.
Sommaire : Phelipprart, scribe et relieur, à Mons. — Jean de Tournay, moine de l'abbaye de Moulins, scribe et relieur. — Volume avec notation musicale et bréviaires de l'église de Bioux. — Relieurs, calligraphes et enlumineurs, à Lille, au XVe et au XVIe siècle. — Ateliers de reliure établis au couvent des augustins, à Louvain. — Ateliers de reliure établis au couvent des frères de la vie commune, à Bruxelles. — Ateliers de reliure, de calligraphie et d'enluminure établis au couvent de IVotre-Dame de Sion, à Audenarde. — Bernard Buillot, garde des orgues et chapelain de la chapelle du château de Mons. — Arnould Courtois et Corneille Oliviers, relieurs, à Bruxelles. — Reliures allemandes de 1558 et de 1567. — SW, graveur des fers de l'une de ces reliures.
Phelipprart. — Au § 10 nous avons déjà parlé de ce scribe de Mons, qui fui aussi relieur. Voici encore une noie relative à un payement qui lui fui fait par le receveur général de Hainaut, en 1424, pour la reliure d'un volume.
« A Phelipprart, l'escripvent, pour sen sollaire de avoir couviert et loyet le graut cartulaire ouquel sont les rentes, droitures, signouries et revenues appartenans à Monseigneur (Philippe le Bon;, ad cause de son pays de Haynnau : viij lib. tournois (1). »
De Tournay (Jean). — Nous avons établi au g 10 que les croisiers de N'a mur s'occupaient de reliure vers le milieu du XVe siècle : nous possédons aujourd'hui la preuve qu'à la même époque environ on s'occupait de transcriptions de manuscrits et de reliure de livres à l'abbave de Moulins, qui était également située dans le comté de Namur. Jean de Tournav, relisieux du monastère, écrivit et fît la notalion musicale, en 14oi ou 1452, d'un beau volume en vélin, contenant les offices de la Visitation et de la Conception de Notre-Dame, pour le curé de Bioux, village situé non loin de l'abbaye. En 14o2 ou 14o5, le même moine relia pour l'église de Bioux deux grands bréviaires et re-
Rcgistre n° 3194 de la chambre des comptes, aux Archiva du royaume.
■Ch On^hena Se
copia plusieurs feuillets que le temps et l'usage avaient altérés. Il reçut 5 livres 8 sous pour le premier travail et 4 livres 10 sous pour le second.
«« A Danp (1) Jehan de Tournay, religieux et moîsne professe en l'église Noslre-Dame de Molin, pour avoir fait, escript et notiez à quairée notte les offices dfes Visitation et Conception de Nostre-Dame, sur beal vellin, à la requesle des cureit et personne de Bioul; à lui marchandé, par le conseil d'aucuns des religieu d'icelle église et dcsdit cureit et personne, à la somme de iiij couronne qui monte vj ob., vallent cviij s. (2) »
«À Dan Jehan de Tournay, religieu et moisne professe en l'église Noslre- Dame de Molin, pour avoir reloyé tout noef les deux grans brefviaires de l'église de Biou, assavoir l'un du temps, et l'autre des sains, et y remis, escript et nottés aucun quayt aval et amont (3), qui estoient tellement dérompu que on ne s'en povoit aidier ny servir; à lui marchandé, par le conseil des cureit et personne de Biou, à la somme de v ob. qui vallent iiij lib.x s. (&) »
Relieurs, calligp.aphes et enlumineurrs, a Lille, au XVe et au XVIe siècle. — Mr le baron de la Fons-Mélicocq, qui depuis quelques années s'occupe avec tant d'ardeur du dépouillement des archives départementales et communales du Nord de la France à un point de vue semblable au nôtre, vient de publier dans le 40e numéro (15 avril 1858) du Bulletin du Bouquiniste, imprimé à Paris, un article des plus intéressants, intitulé : Les manuscrits de la collégiale de Saint-Pierre de Lille, prix des relieurs, salaires des calligraphes; XVe et XVIe siècle. Voici les noms de plusieurs relieurs, calligraphes et enlumineurs cités par Mr de la Fons-Mélicocq, et que nous reproduisons parce qu'ils intéressent notre pays :
Relieurs : Jean le Per(140l); Guillaume Moreau ou Morel (1456-1462); Denis Glorieux (1501-1539); et maître Siger (1506).
(1) Don.
(2) Registre n° 10912 de la chambre des comptes, aux Archives du royaume
(3) Quelques cahiers au commencement et à la fin.
(4) Registre n° 10913, ibidem.
Calligraphes : Jacques Bernard (1445); Jean Casier (1447); Jacques Rousée (1525); Jean Lalter et Gérard le Luict (1555).
Enlumineurs : Un peintre du nom d'Antoine (1506); Nicolas (1508-1519), et Colard ou Nicolas de Saint-Léger (1512-1518); ces deux derniers étaient aussi calligraphes.
Courtois (Arnould, Aerl), — et Oliviers (Corneille), sont deux relieurs qui étaient établis à Bruxelles : le premier est cité dans un compte de 1548-1549, et le second dans un compte de 1550-1551 (i).
Ateliers de reliure étarlis au couvent des Augustins, a Louvain. — On s'occupait de reliure au commencement du XVe siècle dans le couvent des augustins, à Louvain, car un religieux de ce monastère nommé en flamand bruederen Janne den custere (frère Jean le clerc), reçut, en 1420 ou 1421, 4 sous 4 deniers gros pour la restauration du missel de la chapelle du château ducal.
« Bruederen Janne den custere, augustyn, te Loeven, van dat hi d'mesboeck dat behoert ter cappelle opte borch herbonden heeft ende van nuws gesloet, ende oec dat ter sommiger stat daert behoefde vercleert heeft, coste iij s. iiij d. g. (2). »
Ateliers de reliure établis au couvent des Frères de la vie commune, a Bruxelles. — Les frères de la vie commune de Nazareth s'établirent à Bruxelles en 1422 : ce sont eux qui ont introduit l'art de l'imprimerie dans cette ville, en 1476. Avant cette époque ils s'occupaient de la transcription des manuscrits. A la fin du XVe siècle ils obtinrent de pouvoir enseigner la jeunesse (3). Plusieurs de
(1) Registre n<> 21720 de la chambre des comptes, aux Archives du royaume.
(2) Registre n° 3791, 2°, ibidem.
(3) A. Heurs et A. Wauters, Histoire de Bruxelles, t. NI, p. 13iet 108.
ces religieux travaillaient à relier des livres vers le milieu du siècle suivant, et nous citerons entre autres le nom de frère Jean de Bruynen, qui répara plusieurs volumes, en 1552, pour l'église de Saint-Jacques-sur-Coudenberg, à Bruxelles.
« Betaelt bruer Jan de Bruynen, religieulx te fraters, voer reparatien van diversche boecken : xxxvij st. vj den. (1). »
Ateliers de reliure, de calligraphie et d'enluminure, établis au couvent des soeurs de notre-dame de slon, a Audenarde, — C'est dans l'ouvrage que Mr Edmond Vanderstraeten vient de publier sous le titre de Recherches sur les communautés religieuses d' Audenarde, que nous trouvons des détails sur les ateliers de reliure, de calligraphie et d'enluminure, établis en cette ville au couvent des Sœurs de Notre-Dame de Sion. Ils étaient dirigés par un religieux et deux frères laïcs du couvent des auguslins, à Gand. Sur les plats des reliures sorties du couvent des religieuses d'Audenarde on lit le nom de Sion, et les monogrammes ordinaires de Jésus et de Marie. Mr Vanderstraeten cite les noms de quelques religieux artistes qu'il a recueillis, ce sont : George Cantinis et Michel Pycke, en 1499; Jean Van Maldeghem, en 1513; Guillaume Van der Vurst et George Van der Meere, en 1522.
Buillot (Bernard), — « garde d'orghe de la cappelle do- » mestique de mon très-redoubté Seigneur, et chappellain » de la cappelle Saint-Silvestre, scituée au chasteau de » Mons », reçoit une somme de 15 livres, de 20 gros de Flandre la pièce, pour avoir, en 1481 ou 1482, « réparer » le missal de ladicte cappelle du chasteau (2). »
(1) Compte de l'église de St-Jacqives de 1552-1553, aux Archives du royaume.
(2) Registre n° 9570, 2°, f° iiij"xvj r°, de la chambre des comptes, ibidem.