‹ Archives des Maitres d'Armes de ParisChapitre 8 sur 53 · ARMOIRIES ACCORDEES A LA COMPAGNIE · texte numérisé non relu

ARMOIRIES ACCORDEES A LA COMPAGNIE

l'AR LE ROt LOUIS XIV (Mai I6s6)

(Mai 1656)

LOUIS, par la grâce de Dieu, Roy de France et de Navarre : A tous présens et à venir, Salut. Nos chers et bien amez Maîtres en Faits-d'Armes, qui sont au nombre de vingt-cinq en notre bonne Ville, Fauxbourgs et Banlieue de Paris ; Nous ont très-humblemeni fait remontrer que les Rois nos Prédécesseurs, dans le dessein de reconnoitre les avantages que la sûreté de l'État rencontre dans les emplois desdits Exposans, Thonneur que la discipline militaire reçoit 'par leurs adresses, et Je repos que les Peuples ont perpétuellement ressenti par le moyen de leurs Instructions ; ils leur ont prescrit les Ordonnances et Statuts, même accordé plusieurs >eaux et grands Privilèges qui ont été par Nous confirncz lors de notre Avènement à la Couronne, par nos ^ettres Patentes du mois de Septembre de Tannée 1643, vérifiées en nôtre Parlement de Paris le 14 Décembre rrtsuivant. Mais comme la vertu est toujours combattue.

8o ARCHIVES DES MAITRES D'ARMES.

et que leurs Privilèges ont donné beaucoup de jalousii aussi journellement on a voulu contester le rang leur Profession, et les moins capables, faisans comp; raison avec eux^ les méprisent si fort, qu'ils ne I <^, veulent pas connoitre, de sorte qu'en exécution ^z3e Tordre verbal de nôtre Conseil, ayant fait voir Icv emplois qu'ils ont jusqu'à présent glorieusement exercez dans les Armées, dans les Villes, à la Campagne er par tout ailleurs où les occasions les ont appelez; les Brevets que Nous leur avons accordé pour Nous montrer les Exercices, et à nos principaux Officiers et autres; les témoignages publics des Princes de Notre Sang et de toute la Noblesse, pour les avantages qu'ils ont reçus de leurs Instructions ; ils se sont pourvus en Notre Conseil , et demandé à ce qu'ayant égard aux Ordonnances des Rois nos Prédécesseurs, et Lettres Patentes du mois de Septembre 1643, lesdits Exposans et leurs Successeurs auront Lettres de notre Procureur au Chàtelet de Paris, dans lesquelles le mérite de ladite Profession sera exprinîé ; que les Syndics et Gardes en charge, et ceux qui parviendront au Syndicat et Garderie de ladite Profession après vingt années d'exercice actuel en notre dite Ville, Fauxbourgs et Banlieue de Paris, à compter du jour de leurs Réceptions, porteront la qualité de Nobles, et se communiquera à leurs descendans, sans qu'aucuns se puissent établir en l'étendue de Notre Royaume, qu'ils n'aycnt été Prevosts sous lesdits Exposans. Comme aussi leur permettre que le

LETTRES PATENTES. 8i

Champ des Armes de leur Communauté soit d'azur, à deux épées mises en sautoir, les pointes hautes, accompagnées de quatre fleurs de lys, avec timbre au dessus de l'Ecusson, et trophées d'Armes autour; et auront des Gentilshommes Academistes chez eux, pour leur montrer les Exercices, comme ils ont toujours ci-devant fait, sans que le nombre desdits Exposans puisse excéder celui de vingt pour l'avenir. Laquelle Requête par Arrêt de Notre Conseil du vingt-cinq Août dernier. Nous aurions renvoyé à Noire Lieutenant Civil et Notre Procureur audit Châtelet, pour sur icelle donner leur avis, iceluy vu et rapporté en Notre Conseil être ordonné ce que de raison; en exécution duquel Arrêt, lesdits Exposans s'etans retirez vers notredit Lieutenant Civil et notre Procureur audit Châtelet, ils ont donné leur avis favorable en ce rencontre; en conséquence duquel lesdits Exposans Nous ont requis nos Lettres sur ce nécessaires. A CES CAUSES, après avoir fait voir à Notre Conseil les Ordonnances et Statuts desdits Maîtres en Faits-d' Armes; Ensemble l'Avis de Notredit Lieutenant Civil et Nôtre Procureur au Châtelet, du vingt-un Octobre 1654 cy-attaché, sous notre contre-scel; de Tavis de Notredit Conseil, désirant favorablement traiter les Exposans. NOUS VOULONS que doresnavant ceux qui seront reçus Maîtres en Faits-d' Armes, ayent Lettres de Notre Procureur audit Châtelet, dans lesquelles soit fait mention du mérite de leur Profession, et que lesdits Exposans se rendront par devers Nous, pour

Si ARCHIVES DES MAITRES D'ARMES.

fiiire nomination entr'eux jusques au nombre de Six, ausquels Nous accorderons Lettres de Noblesse, pour porter à l'avenir la qualité de Nobles après vingt années d'Exercice actuel en notrediie Ville à compter du jour de leurs Réceptions, de laquelle jouiront leurs descendans. Après le décès de Tun desquels six Maîtres, succédera en sa place celui qui aura ledit temps de vingt années d'Exercice actuel du jour de sa Réception, auquel Nous ferons accorder pareilles Lettres, sur Tinformation qui sera faite de ses vie et mœurs, sans qu'aucunes personnes se puissent établir dans notre Royaume pour faire ladite Profession, qu'ils nayent été Prévost sous lesdifs Maîtres de Paris, dont ils seront tenuz de représenter Certificat par devant les Juges Royaux des lieux où ils voudront s'établir. Permettons en outre à ladite Compagnie desdits exposans, par ces présentes signées de notre main, de prendre pour Armes le Champ d'azur, à deux Epées mises en sautoir, les pointes hautes, les pommeaux, poignées et croisées d'or, accompagnées de quatre fleurs de lys, avec timbre au dessus de TEcusson et trophées d'Armes autour : Comme aussi de continuer à avoir des Gentilshommes chez eux, pour leur montrer les Exercices conformément audit Avis, que Nous voulons et entendons sortir son plein et entier effet, sans que lesdits Exposans puissent être plus de vingt à l'avenir.

SI DONNONS EN MANDEMENT à nos amés et féaux Conseillers, les Gens lenans notre Cour de Parle-

ment) Chambre de nos Comptes et Cour des Aydes à Paris, Prévôt de notre Ville, ou son Lieutenant Civil, et autres nos Justiciers qu'il appartiendra, que ces présentes nos Lettres ils ayent à registrer, et du contenu en icelles fassent, souffrent et laissent jouir et user lesdits Maîtres en Faits-d' Armes, pleinement, paisiblement et perpétuellement; cessans et faisans cesser tous troubles et empêchemens au contraire : CAR TEL EST NOTRE PLAI- SIR. Et afin que ce soit chose ferme et stable à toujours, Nous avons fait mettre notre scel à cesdites Présentes. Donné à Paris au mois de Mai, Tan de grâce mil six cent cinquante six, et de notre Règne le quatorzième. Signé: LOUIS. Et sur le repli, Par le Roy, Phelypeaux. Et au bout sur ledit repli est écrit : .

Registrées par le Procureur General du Roi, pour être exécutées selon leur forme et teneur, aux restrictions portées par Q4rrêt de la Cour. oA Paris en Par^ lement le troisième jour de Septembre mil six cent soixante quatre.

Signé, Du TiLLET.

CoUationné à l'Original par Nous Conseiller Secrétaire du Roy, Maison, Couronne de France et de se Finances.

PORTAKT CONFIRMATION DES STATUTS DE l COMPAGNIE DES MAITRES EN FAITS-D* ARMES DE PARIS

(Décembre 1758.)

LOUIS, PAR LA GRACE DE DIEU, ROY DE FRANCE ET DE NAVARRE, A tous presens et à venir. SALUT, Nos chers et bien amez les Maîtres en Faits-d'Armes de la Ville, Fauxbourgs et Banlieue de Paris; Nous ont fait exposer qu'étant extrêmement intéressant pour le Public d'empêcher que des personnes de mauvaises mœurs soient chargées de l'instruction de la Jeunesse, et principalement de la Noblesse, ils ont toujours veillé avec soin à ne recevoir parmi eux que des personnes d'une conduite irréprochable, et ils ont écarté de même tous les sujets suspects qui vouloient s'ériger en Maîtres de leur Art; que s'étant introduit quelques abus dans le seizième siècle, ils ont dressé pour les réformer un Règlement en forme de Statuts, le 15 Janvier 1586, dont Texécution a été ordonnée;

mais que n'ayant point suffi pour arrêter tous les désordres, ils en ont dressé de nouveaux le 12 Mai 1644, lesquels ont pour objet l'Election des Jurés, les Prévôts des Maîtres, la discipline qu'ils doivent observer, et la réception des Aspirans ; que la sagesse de ces statuts ayant été reconnue par le Châtelet, il les a homologués sans difficulté par Sentence du 5 Novembre de la même année ; mais que quoique les Exposans ayent toujours apporté la plus scrupuleuse attention à s'en procurer l'exécution, cependant comme on cherche à leur opposer que nous ne les avons pas expressément confirmés, ils se voyent dans l'obligation de recourir à notre autorité, nous suppliant très-humblement de leur accorder nos Lettres Patentes sur ce nécessaires. A CES CAUSES, et désirant seconder les louables intentions des Exposans, de Tavis de notre Conseil, qui a vu Tim primé desdits Statuts ci-attaché sous le Contre-scel de notre Chancel lerie, et de notre grâce spéciale, pleine puissance et Autorité Royale, nous avons approuvé, confirmé et autorisé, et par ces Présentes signées de notre main, approuvons, confirmons et autorisons lesdits Articles, Statuts et Règlements du 12 Mai 1644, Voulons et nous plait qu'ils soient gardés et observés selon leur forme et teneur, et sans qu'il puisse y être aucunement contrevenu sous les peines y portées. SI DONNONS EN MANDEMENT à nos amés et féaux Conseillers, les Gens lenans notre Cour de Parlement à Paris, et autres nos Officiers qu'il appartiendra, que ces Présente? ils ayent à faire enregistrer, et

du contenu en icelles faire jouir et user lesdits Maîtres en Faits-d' Armes présens et à venir, pleinement, paisiblement et perpétuellement, cessans et faisans cesser tous troubles et empèchemens, nonobstant toutes choses à ce contraires : CAR TEL EST NOTRE PLAISIR. Et afin que ce soit chose ferme et stable à toujours, Nous avons fait mettre notre Scel à cesdites Présentes. DONNÉ à Versailles au mois de Décembre, l'an de grâce mil sept cent cinquante-huit, et de notre Règne le quarantequatrième.

Signé, LOUIS.

Par le Roy,

Signé ; Ph elypea ux.

RegistréeSy ouï le Procureur General du Roi. pour jouir par lesdits Impétrans et leurs Successeurs de l'effet et contenu en icelles, et être exécutées selon leur forme et teneur, suivant VQ4rrêt de ce jour.

OA Paris en Parlement, le vingt sept Mars mil sept cent cinquante-neuf.

Signé: Dufranc.

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