‹ Archives du diocèse de Chartres (volume 2)Chapitre 18 sur 69 · II · texte numérisé non relu

II

6 F. — Les Mages, en effet, tournés vers Hérode, écoutent ses recommandations perfides. Conformément au texte évangélique, ib sont en ce moment privés de la lumière de Tétofle miraculeuse. (S. Math., 11, 7, 8.)

7 G. — Les Mages, leurs préseats à la main , se dirigent vers iéem; ils sont guidés par Tétoite. La pièce d'or qu'ils tiennent semble porter des caractères grav^. (S. Math., u, 9, 10.)

8 H. *- Marie, assise sur «o ti4ne fdaoé àous un arc triomphal, la têle eeîote d'une couronne, un sceplm k la main droite eomme uae ratna.!

tiait sur ses genoux TEnfant Jësas qui bënit les Mages de la seine préeëdeote vers lesquels 3 est tourne. (S. Math., n, 1 1.)

9 L — Les Mages s'en retournent, toujours guidÀ par Fétoile. Bs n*out pins la pièce d'or à la main, et ils tournent le dos k la scène prudente, pour ne laisser aucun doute sur leur départ

10 L« — Les Mages endormis ont un songe : un ange les avertit d'éviter Hérode et de s'en retourner en leur pays par un autre chemin. Les Mages sont tous couronnés, Tun d*eux paraît plus jeune avec sa barbe naissante, aucun d'eux n'est noir. (S. Math., u, iq.)

1 1 K. — Marie présente l'Enfant Jésus au vieillard Siméon et i la prophétesse Anne, au-dessous d'une sorte d'autd. (S. Lcc, ii, sâ, â3, û5 à 38.)

19 J. — Purification. Les trois suivantes de Marie offrent, Tune deux colombes, et les deux autres un cierge. (S. Loc, ii, s/î.)

i3 M. — Hérode, frustré et furieux, assis sur son trAne à colonnes, donne des ordres à deux séides armés de longues épées, et dont Tun est couvert à^nne cotte de mailles. (S. Matu., ii , 1 6.)

i4 N. — Massacre des Innocents. {Ibii.)

i5 O. — Id, Les deux bourreaux ont des épées bleues. (Ibid,)

i6 P. — Fuite en Egypte. Marie, assise sur une ânesse blanche, tient l'Enfant Jésus sur ses genoux et une palme à la main gauche. Joaeph la conduit, portant sur l'épaule un bâton auquel sont suspendues une besace et une gourde en forme de tonndet. Les voyageurs vont de gauche h droite. (S. Math., n, lâ.)

17 S. -— Chute des idoles à l'arrivée de Jésus en Egypte. Celles-ci étaient érigées sur deux colonnes et étaient Tune d'or, i gauche, et l'autre d'argent, à droite, dans un temple spacieux à colonnades romanes, couvert par des toitures imbriquées, flanquées de tourelles ajourées. Au-dessus de diaque statue brûlaient trois lampes.

18 R. —^ Retour d'Egypte. Les voyageurs vont de droite h gauche. Jésus bàiit de la main droite. et tient un livre de la main gauche, oomme pour signifier qu'il est maintenant en âge d'enseigner. Dans le tableau P, au départ, il étendait les mains en signe d'admiration. (S. Math., ti, si.)

19 U. — Songe de Joseph. Avant d'arriver en Judée, l'ange apparaît â Joseph pour le rassurer et lui annoncer la mort d'Hérodc. Joseph a

Taurëole comme à la Nativité, mais il ea était dépourvu à l'aller et au retour d'Egypte. (S. Math., n, asi.)

90 T. — Baptême de Jésus dans te Jourdain, A sa droite Jean-Baptiste, h sa gauche un ange qui tient son vêtement L'Esprit-Saint, sous forme de colombe, descend sm* Jésus. (S. Hatii., ui, i3.)

91 Q^ — Le peuple juif, représenté par deux femmes, (a tête couverte d'un voile, et trois hommes sortent de la ville pour écouter les prédica* tioDs de Jésus et le suivre. La ville est entourée de remparts crénelés, munis de hautes tow*s.

99 V. — Huit apôtres, les pieds nus, dont ti*ois tiennent des livres, sans doute les Évangâistes , suivit Jésus.

93 X. — Les <piatre autres les précèdent dans ce tableau; le quatrième Evangéliste porte aussi son livre. Devant eux, Jésus s'avance, monté sur une ânesse blanche, un rameau d'or à la main, foulant aux pieds de sa^ monture des branches d'arbres et des vêtements. Devant lui, deux hommes l'acclament, des branches à la main.

9& Y. — La foule, dans ce tableau, vient en triomphe au-devant de Jésus, les uns portant des branches, les auti*es montés sur les toits des maisons; enfin dans la ville le peuple contemple ce spectacle par-dessus les remparts crénelés , soutenus par sept tours. Deux portes de la ville , l'une d'or et l'autre d'argent, aux ferrures bien apparentes, sont encore fermées ^*\

(*^ Pour être absoiament complet , nous devons obfierver que les panneaux carrés de la colonne centrale, dans l'ordre suivi par Lassus (tableau a), savoir les panneaux E, K, Q et X, sont encadrés dans une petite bordure composite de trob pièces variées : d'arabesques successivement jaunes, roses et vertes* séparées par des ronds et des carrés bleus. Les carrés des deux autres colonnes ont une bor> dure plus simple, composée de demi-roses alternativement jaunes, roses et vertes sur fond bleu.

Evidemment Lassus a voulu respecter celle symétrie, à peine perceptible même avec des jumelles, ce qui Ta conduit à rejeter la Chute de» Idolet, le Retour d^Effypte et le Songe de Joseph après le Baptême de JV. S.

L'artiste moderne {û* tableau) n'en a pas tenu compte, et a placé avec raison le panneau Q après le Baptême de N. S, , suivant la chronologie.

Il serait facile toutefois de remédier même à cette petite irrégularité en corrigeant la faute de mise en plomb commise au xvi* siècle. Il suffirait de détacher de sa bordure le sujet historique du panneau S, Chute des îddUs^ et de le transporter dans la bordure du panneau QjBt vice versa. Ces bordures en eflTct ont absolument les mêmes dimensions.

S, restant à la place que nous lui assignons dans la colonne centrale, aurait ainsi la même bordure que les autres panneaux de cette même colonne et la symétrie serait respectée dans toute sa rigueur.

Le vitrail se termine par la Glorification de la sainte Vierge, assise sur un trône dans une ellipse ogivale, tenant un sceptre de chaque main, sur la tête une couronne ornée de diamants. Sur ses genoux TEnfant Jésus, tenant le livre des Écritures de la main gauche , bénit de la main droite.

A gauche et à droite, deux anges adorateurs s'inclinent avec admiration devant leur Reine, tenant à la main non pas un encensoir ou un cierge, mais un aeeptre, sans doute ppur reconnaître la souveraine royauté de Marie.

Au-dessus d'eux, a gauche, le Soleil sortant des nuages parla tête radiée d'un jeuoe homme, et i droite la Lune, sous forme de croissant, que tient dans les plis de son manteau un buste de femme, semblent aussi en adoration devant le Christ et sa Mëre.

tr Est-il nécessaire, écrit M. Durand, de recommander à l'admiration le groupe de la Vierge et de son Fils? Leur pose hiératique est pleine de grandeur et de majesté; malheureusement an XIV* siècle (au xvi% à notre avis), une désastreuse restauration a remplacé les deux têtes anciennes et la couronne posée sur la tête de Notre-Dame, -n

Chaque panneau de cette verrière a i mètre de côte, et la bordure a o m. 5o de largeur.

Comme on le voit, il est aisé de donner à ce vitrail une disposition conforme à Thistoire et à la symétrie. On peut donc souhaiter que le Ministère des Cultes ou des Beaux-Arts fasse procéder à cette restauration, en soi facile h exécuter et peu coûteuse. L'État qui a déjà tant fait pour la conservation de ces admirables verrières, mériterait de nouvelles louanges de la part de tous les artistes.

Un mot seulement sur la restauration des deux autres baies.

Celle de gauche, consacrée à la Passion de Notre-Seigneur, comprenant i& scènes, a été bien rétablie dans son ordre logique; toute erreur était d'ailleurs impossible, chaque panneau étant relié à ses voisins par une petite rosace dessinée sur l'angle intérieur.

Nous ferons seulement remarquer que la bordure existe en entier à la partie inférieure du vitrail, qu'on la devine à la partie supérieure mais qu'elle a complètement disparu de chaque côté, par suite du déplacement du portail roman , — question qui a tant agité

les archéologues en ces derniers temps. Il serait même facile d'apprécier exactement les proportions de ce rétrécissement par la double largeur de cette bordure enlevée, et de les contrôler par comparaison avec les dimensions de la baie de droite.

Celle-ci représente Tarbre de Jessé. Par quelle fortune un des panneaux latéraux , à la naissance do la courbe de Tare brisé , du côté gauche, consacré au prophète Habacuc, a-t-il été entièrement refait, mais avec^n coloris si différent de tout le reste du vitrail, qu'il fait réellement tache sur to\it Tensemble? A notre connaissance ce panneau a été refait deux fois sans succès. Serait-il impossible à un artiste moderne de retrouver la teinte verte et rouge si brillante et si douce dans tous les autres panneaux, puisqu'elle est ici trop foncée et trop terne ?

Il suffira de signaler ces quelques défectuosités pour en obtenir la correction.

Ni . 1

L'église actuelle de Châteauneuf-en-Thymerais occupe remplacement où s'élevait ta chapelle du vieux château féodal qui fut détruit en 1589 par les Ligueurs du comte de Soissons (1).

Nous TojoDS en effet cette chapelle figurer dans de vieux plans du château ; l'un publié dans l'almanach Le Rotrou d'après « un manuscrit de M. deMalejssie àMaillehois d. L'éditeur prétend y

voirie « plan du premier château-fort de Chasteau-Neuf,construit en 1059 par Gaston ou Gazon Ribaud, seigneur du Thymerais, et détruit en 1123 par Henri i", roi d'Angleterre « ; le 2*, est conservé dans les cartons de la Société Archéologique de Chartres et semble plus récent.

Dans le*l". le clocher est à droite ; dan» le 2% il est situé à

(1) Henri IV, k cette époque, possédait U baromtle de Chituunauf. Il aimait A se dire et A tigoer •> baron de CUteauneuf. ■ C'ëtait au plus fort de sa lutte contre la Ligue, ce qui explique le *iège entrepris par le* Ligueurs et leur acharnement.

L'église actuelle de Châteauneuf-en-Thjmerais occupe l'emplacement où s'élevait la chapelle du vieux château féodal qui fut détruit en 1589 par les Ligueurs du comte de Soisaons {i).

Nous voyons en effet cette chapelle figurer dans de vieux plans du château ; l'un publié dans l'almanach Le Rotrou d'après u un manuscrit de M. deMaleyssieàMaillebois >>. L'éditeur prétend 7

- ^ Il

voirie I plan du premier chAteau-fort de Cha5teau-Neuf,con9truit en 1059 par Gaston ou Gazon Ribaud, seigneur du Thjmerais, et détruit en 1123 par Henri I", roi d'Angleterre " ; le 2*, est conservé dans les cartons de la Société Archéologique de Chartres et semble plus récent.

Dans le'l". le clocher est à droite ; dans le 2% il est situé à

(1) Henri IV, à cette époque, postâdait la baroDnla de Chfttaauneuf. 11 «imail i se dire et à aigner ■ baroa de Chàtaauneuf. > C'était au plua fort de M lulte contre la Ligue, ce qui explique le liëge eutnpna par let Ligueur* et leur acharDemeot.

gauche, sur le pignon ; il ne ressemble en rien au clocher qui existait jusqu'en 1864. Nous donnons ici ces deux plans, sans en garantir la valeur.

Cette chapelle fût épargnée par Tincendie et, plus tard, abandonnée à la ville pour être transformée en église paroissiale. On rabattit probablement pour y substituer, vers 1620, un édifice de dimensions en rapport avec les exigences du service paroissial.

L*œuvre fut achevée en 1621 et 1622. Ainsi l'attestent des dates gravées, à Textérieur, lune^ dans la façade méridionale, l'autre, au chevet de la chapelle de la Vierge.

Une troisième, à Tintérieur, indique qu'on ajouta, sur le nord, en 1629, une sacristie de forme pentagonale à laquelle, en 1817, on fit des agrandissements jugés nécessaires.

Vu le mélange des matériaux qu'on rencontre dans l'intérieur des murailles, il est à supposer qu'on employa, pour la construction, une partie des débris qui restaient de la forteresse.

Depuis lors jusqu'en 1864, le monument offrit l'aspect d'un vaste rectangle partagé en trois dans sa longueur comme le montre le plan dressé il y a 50 ans. (Voir pi. 2, page 9.)

Il était limité par deux façades à pignons triangulaires. Celle de l'est ou du maître-autel^ orientée au soleil du 24 juin^ avec, au milieu, une belle fenêtre de style flamboyant dont le bas était malheureusement caché par un grand rétable. Celle de Touest qui n'avait d'autre ouverture que la grande porte protégée par un chapiteau dénué de tout cachet artistique et par une tourelle renfermant l'escalier qui conduit aux combles.

Un peu en arrière de celle ci, le clocher (1) reposait à cheval sur la toiture II avait quelque ressemblance avec celui de Soizé. Nous le reproduisons d'après une ancienne photographie (2).

Mais la sonnerie disloquant la charpente, le chanoine Coince, curé de Châteauneuf, fit, en 1864, adosser et relier à cette façade

{i) L'ancien clocher avec son companile avait souvent excite la verve de Mf de Montais qui le comparait assez irrévérencieusement à une « seringue. » (Note de M. Coince, 1865).

(2) On aperçoit aussi l'ancienne fenêtre flambojante avec trois meneaux qui semble bien plus ancienne que les fenêtres des bas-côtés.

DE CHATEUNEUF-KN-THYMERAIS f)

occidentale une tour où la pierre alterne avec des assises de briques.

It l'oma d'une flèche élancée couverte en ardoises. Cette flèche porte quatre clochetons à sa base' et son sommet atteint cinquante mètres de hauteur.

La première pierre fut posée le 18 juin 1864. comme le porte l'inscription qu'on y fit graver.

« Le dix-huit juin de cette année 1864 a été posée par M. le curé de Châteauneuf la première pierre du clocher construit devant la porte principale de lléglise. Cette pierre est placée à deux mètres de profondeur à l'angle du contre-fort du côté nord et dans cette pierre a été déposée l'inscription suivante gravée sur le cuivre :

Page 1