‹ Archives du diocèse de Chartres (volume 2)Chapitre 20 sur 69 · ÉGLISE DE CHATEAUNEUF · texte numérisé non relu

ÉGLISE DE CHATEAUNEUF

Les autels sont tous en bois peint rehaussé de dorures. Le maitre-autel est surmonté d'un tabernacle à fronton. Pour le faire paraître plus ample^ on Ta flanqué de deux anges adora* teurs et de deux lampadaires en fonte bronzée.

Trois gradins en pierre de liais permettent d'accéder au marchepied. La grille de communion, de proportions trop grêles dans ses balustres, l'enveloppe comme un encorbellement : c'est une sorte de petit sanctuaire dans le grand, avec facilité de tourner autour. Mais cette disposition originale nuit plutôt à la majesté des cérémonies, les jours de grande fête. Deux élégantes consoles fixées aux murs supportent, à droite et à gauche, de précieuses reliques. Au-dessous des lambris, des niches pratiquées dans la maçonnerie, abritent, du côté de l'épitre, la statue de saint Sébastien, du côté de l'évangile, la statue de l'Immaculée Conception qui furent décorées par M. Brault.

Les autels latéraux de la Vierge et du Sacré-Cœur sont adossés à des boiseries qui vont du pavage à la voûte. Ces boiseries travaillées avec soin et de style grec sont revêtues d'une couleur grise sur laquelle se détachent des ornements dorés. £IIes constituent de vastes rétables presque plats où les colonnes sont figurées par de simples pilastres.

Dans celui qui occupe la chapelle de la sainte Vierge est pra-' tiquée une niche éclairée par le haut où l'on a placé la statue. De grandeur naturelle, tenant l'Enfant Jésus sur le bras gauche, la couronne au front, debout sur un globe semé d'étoiles, elle est d'une attitude vraiment noble et expressive, quoique coulée simplement en plâtre et dépourvue de tout décor.

Deux autres représentations de la Mère de Dieu se voient également à proximité de l'autel : N.-D. de Lourdes et N.-D, du Rosaire, celle-ci en bois doré avec un fragment du précieux voile de Chartres dans le piédestal. Au-dessous du vitrail, un saint Antoine de Padoue.

Le rétable du Sacré-Cœur porte, au centre, un tableau de saint Sébastien. Mais la statue du Cœur de Jésus en masque le bas. Celles de saint Joseph et de saint Michel archange figurent aussi dans cette chapelle.

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ÉGLISE DE CHATEAUNKUP 11

DaD$ le bas côté septentrional, près de la porte de la sacristie, l'autel de N.-D. du Pasme, ancienne patronne de Téglise, surmonté d'un retable à fronton triangulaire. Au-dessus du tabernacle, une Piéta (la sainte Vierge) tenant le Christ sur ses genoux, objet d'un pèlerinage autrefois fréquenté. Le tombeau de Tautel et les deux panneaux étoiles viennent de l'ancienne pri-' son de Châteauneuf, quand la ville était bailliage royal (1).

Au bas de la même nef, la chapelle des fonts baptismaux fer* mée d'une grille en fer forgé possède un vieil autel à colonnes qui supporte le groupe du Baptême de Notre-Seigneur par saint Jean. Dans le soubassement, statuettes du bon Pasteur et des Evangélistes. Sur les côtés deux statues, une en chêne, de sainte Julitte et saint Cjr, l'autre^ en noyer, de sainte Anne« Elles soutiennent avantageusement la comparaison avec les statues modernes .

Mais le plus bel ornement de cette chapelle comaie de toute réglise, c'est le tableau de la Résurrection peint en grisaillcb excellente copie de l'oeuvre de Cari Vanloo, le grand artiste hollandais.

Jadis, il servait de rétable au matlre-autel. Vu de face, à une certaine distance, il donne l'illusion d'un bas-relief. Des mains intelligentes l'ont soustrait, pendant la Révolutign, au désastre de Tabbaye de Saint- Vincent, sise sur la paroisse de Saint- Maixme, et, lors de la restauration du culte, offert à la fabrique de Ch&teauneuf.

On peut encore remarquer un certain nombres de statues en bois représentant la Religion, le bon Pasteur, sainte Catherine, sainte Barbe, saint Clair dont le culte est encore attesté par une foire locale, saint Nicolas, David jouant de la harpe; saint Roçh, saint Augustin, etc. Par quelle préservation ont-elles échappé aux iconoclastes révolutionnaires, alors que l'édifice était oc-

(1) Cet autel était, Jusqu*eD 1861, dédié à l'enfant Jésus. Naguère envoyait encore sur la partie voisine du mur les traces laissées par les obus aileiBan4s en 1870. Elles ont disparu à la suite de travaux récents. Il n'en reste plus qu'une sur la boiserie qu*on a transportée sous la tour et qui accompagnait autrefois Tautel.

cupé et profané par des fours à salpêtre (1) ? nous n'avons aucun indice.

Parmi les tableaux, il faut signaler celui qui se présente à rentrée latérale de Téglise : une Vierge tenant son enfant, copie d'un maître italien. Le cadre est richement découpé. Plus loin, au-dessus du confessionnal , un Christ en croix de Técole de Rubens. Plus, loin encore, la Vierge allaitant son nouveau-né pendant la visite des bergers, et d'une main pudique se couvrant la poitrine. Mais une retouche mal inspirée a voilé le sein de la pieuse mère dont le geste ne garde plus sa raison d'être.

Puis, autour des basses nefs et aux autels latéraux, des cadres ovales où Ton remarque sainte Thérèse, saint François de Sales, sainte Marie-Madeleine, saint Louis, roi de France, sainte Cécile^ Tarchet en main, saint Jean Tévangéliste, la Vierge et son Enfant, sainte Geneviève filant sa quenouille, saint Jean-Baptiste et l'Agneau de Dieu. Ce ne sont que des copies, plusieui^s ont du mérite. ,

Le chemin de croix en plastique et bois bronzé a été érigé le 6 novembre 1853. Le relief en est très frappant et les scènes de la Passion bien composées favorisent l'émotion religieuse.

De même une sainte Face avec son encadrement de prix en chêne sculpté.

Cinq fenêtres seulement sont garnies de vitraux peints : trois

(i) Ces fours à salpêtre étaient établis, l'un sur remplacement du maîtreautel, Tautre dans la chapelle Saint-Jacqu&s. Les débris du premier sont cachés sous Temmarchement du sanctuaire ainsi que des restes de statues en pierre trouvées sous l'ancien pavage en 1867. Ces statues mutilées avaient des traces de peintures et de dorures. On pouvait encore reconnaître un saint Michel, une sainte Elisabeth de Hongrie, une sainte Catherine, un saint Roch. (Registre paroissial de 1867.)

Il est question de la chapelle Saint-Jacques dans un mémoire présenté par Guillaume Aumont menuisier à Tréon pour travaux exécutés dans Téglise et qui se montaient à la somme de 186 livres. Les registres de la paroisse n*en font pas d*autre mention. Faisait-elle face à celle de Tenfant Jésus ?

L^établissement des fours à salpêtre a sans doute préservé Téglise d'une autre profanation ; car, d'après la note suivante, l'autel de la déesse Raison aurait été élevé en dehors de la ville.

«( En 1803, avec une quête faite dans la ville, on a fait faire le Calvaire qui A existe aujourd'hui. La place en avait été profanée, par l'autel de la pré- « tendue Raison de l'anarchie républicaine qu'on y avait dressé auparaf vant. * (L'abbé Roger.)

dans le sanctuaire, TAssomption, saint Joseph et sainte Anne. La facture de l'Assomption laisse beaucoup à désirer.

A la chapelle de la Vierge, un quadrilobe encadré de grisaille offre aux regards la scène de la Présentation de Marie : œuvre soignée et d*un dessin touchant de Tartiste chartrain M. Lorin.

A la chapelle du Sacré-Cœur, c'est le crucifiement surmonté de la figure du Père Eternel et de la colombe symbolique. Aux pieds de Notre-Seigneur, Longin donnant le coup de lance, la sainte Vierge, sainte Madeleine, saint Jean TEvangéliste, le Pape qui tient la croix à triple branche et le calice, la Synagogue avec sa couronne qui tombe et son sceptre qui se brise, la Gentil ité figurée par un Arabe et une pauvre servante forment un groupe bien vivant. C'est superbe de coloris, mais un peu complexe comme tableau pour l'esprit des simples fidèles.

MOBIUER DE l'église

Les stalles du clergé agrémentées de moulures en application, les grilles en bois découpé qui sont à l'entrée du chœur et des deux chapelles principales, les sièges fixes des clercs datent de 1840 et 1841 ; c'est Tœuvre d'un ancien vicaire de la paroisse, M. l'abbé Benoist qui témoigna d'un réel talent dans tous ces travaux. Un ancien patron de menuiserie, M. Lucas, marguillier, lui prétait son concours.

La plupart des bancs remontent à l'année 1806 et se recommandent uniquement par leur propreté. La pénurie des débuts ne permettait pas d'y apporter plus de luxe : mais on avait visé au solide, car les restaurations exécutées depuis cette époque ne furent jamais importantes, sauf pour les parquets qu'on a renouvelés.

En 1856 eut lieu le dallage de la grande nef où les ouvriers découvrirent beaucoup de fosses et d'ossements qui furent laissés en place.

Nous trouvons en effet mention de nombreuses sépultures dans l'intérieur de l'église.

19 avril 1G12, sépulture en l'église de N.-D. du Pas de Châteauneuf de maître André Croysilles, curé de Châteauneuf depuis le 5 maj 1602; 8 septembre 1617, sépulture dans le chœur de M. Séverin Leblond, vicaire.

« Le jeudy 9 febvrier 1634, a esté inhumé en Téglisede Cha« teauneuf messire Jacques Chevalier, curé dudit lieu et auparavant curé de Thimer. » C'est à ce prêtre sans doute que Ton doit la construction de Téglise actuelle.

Près de la chapelle du Sacré-Cœur, on voit encore une pierre tombale dont inscription est malheureusement effacée. On y lit une date, 1642. un nom qu'on croit être Fillon. Rien de plus. Serait-ce la sépulture de Marie Fillon, épouse de Abel Huet* procureur du roy en Télection et advocat au parlement de Paris, qui fit baptiser ses enfants en l'église de Châteauneuf, savoir Jacqueline le 15 juillet 1627 ; François le 2 juillet 1639 et Anthonie le 8 octobre 1640, et qui ne parait plus après 1642.

Le 25 mai 1685 fut inhumée dans le chœur Adrienne Olivier, vivante veuve de deffunt Messire Claude Boileau, conseiller et procureur du roy tant au bailliage qu'en la maréchaussée de cette ville, « décédée dans Todeur d'une grande piété et charité envers les pauvres qui l'ont regrettée comme des enfants font de leur mère ».

De même dans le chœur de l'église furent également inhumés Claude Boilleau, veuve de Jean Antoine de Saint-Denis, sieur du Breuil, etc.^ le 5 novembre 1678 ; Marie Horeau, veuve de Germain Boudet, sieur de Groslière, le 3 janvier 1684 ; François Claude de Saint-Denis, écuyer avocat, le 3 juin 1685; François Gasteclou, chapelain de la Charité de cette ville, le 3 décembre 1693; Marguerite de Paris, veuve du sieur de Groslière, le 23 mai 1694 ; François Guy et, curé de Faverolles, le 9 septembre 1724 ; Geneviève de Vilette, le 10 mai 1725 et son époux, Jean-Baptiste Pigousse, le 21 juillet 1731 ; Christin François de Gravelle écuyer, le 15 avril 1758 et François-Philippe-Guillaume de Gravelle écuyer, le 24 février J 772.

Dans la chapelle du Saint-Rosaire reposent Antoine Cabasse, écuyer, sieur de Sainte-Cécile, décédé le ii août 1687 ; Marie-

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Anne-Louise Régnier, veuve de Jean-François de Thieulin, écuyer, sieur de Saint- Vincent, le 22 juin 1755 et Marie-Pierre Régnier, écuyer, seigneur de la Saussaye et d'Etheuville, le 11 juillet 1757; Marie-Gelonne de Bonnechose, épouse de Louis Ribot, sieur d'Avrilly, écuyer, le 27 février J761.

Enfin dans Téglise reçurent la sépulture Marie de Bretinière, femme de Paul Beurrier, sieur de Cougnay, le 5 août 1668 ; Gabriel Lepelletier, siiur des Landes, le 19 octobre 1670; Louise Thèuvy, femme de M. de Sansavoir, écuyer, sieur de Reignac, le 9 septembre 1724 ; Charles de Recusson, chevalier, seigneur de Soret, le 20 décembre 1729 ; Philippe Chouen, sieur de la Motte* le 29 septembre 1734; François-Guillaume Dreux, vicaire de de Thimer, maître es-arts et gradué de l'université de Paris, le 27 avril 1741 ; Pierre Richard du Fay, écuyer, seigneur dô Courtemanche, le 14 mars 1745 et Charlotte-Marie d*Épinay, veuve de Charles Marc- Antoine de Paris, chevalier, seigneur, de BoisRouvray, le 22 octobre 1772.

La chaire à prêcher en style Louis XV vient, comme le tableau de la Résurrection, de Tabbaye de Saint-Vincent. Les sculptures rapportées qui entourent la cuve disent peu de chose comparée^ aux festons qui descendent du baldaquin. Ces guirlandes de roses feuillées en plein bois de chêne sont de toute beauté. La croix, au sommet, est remplacée par le pélican qui donne son sang à ses petits.

Surplombant la porte royale, le buffet d'orgue est appuyé sur une tribune très légère, très élégante, dont les boiseries sont finement ajourées.

De chaque côté du sanctuaire, des crédences Louis XV, celle de gauche surtout, digne d'attention pour le caractère distingué de son style et le fini du détail.

A l'entrée du chœur pend un lustre Louis XVI en cuivre doré, pièce magnifique offerte par un généreux donateur (1) : elle ornerait superbement un salon aristocratique, mais il lui manque les proportions voulues pour une grande église. Quatre sirènes jouant

(1) M. Pierre, maire de Chàteauneuf, qui a doaaé également le tableau placé à rentrée de l'église.

16 ÉGLISE DE CHAtEAUKEUf

du luth et posées dos à dos servent de point d'appui central aux branches qui s'écartent en rayonnant pour supporter les bougies. La lampe du sanctuaire rappelle le souvenir de M. Tabbé Roger, mort curé de Châteauneuf, fin décembre 1829. Il y a fait graver cette inscription :

Ex voTO DoMiNi Pastoris Roger Pro reditu religionis et ordinis 4815.

N'oublions pas de mentionner ici le don de Charles Leguay (1), prêtre, ancien curé de Châteauneuf, qui, par son testament olographe du 30 janvier 1767, léguait à son église sa chapelle composée d*un calice en argent, plat et burettes et six ornements complets.

L'église devait encore posséder des reliquaires pour renfermer des reliques qui lui avaient été données en 1753.

Voici le procès-verbal de la relation qui en fut faite alors :

« L'an 1753, le 15 juillet, avons, les deux paroisses de Châteauneuf et de Thimert, chacune sous leurs bannières, accompagnées de leur clergé, des frères de la confrérie dudit Châteauneuf en torches, de dix-huit demoiselles en religieuses chantant des cantiques, de huit anges destinés pour porter les châsses et suivis d'une grande affluence des peuples, le tambour battant, fait la cérémonie de la translation des reliques des saints martyrs Justin, Jucundin, Réparât et de sainte Vérécunde, en partant processionnellement de la chapelle de Saint-Thomas où on chanta solennellement les vêpres, pour nous rendre d'abord dans cette église où en entrant, au son des cloches, on entonna le Te Deum pendant lequel et après l'encensement, on déposa, du côté de l'Evangile, la châsse des reliques de saint Jucundin, et du côté de répître celle des reliques de sainte Vérécunde et d'où nous partîmes après avoir chanté l'antienne, le verset et l'oraison des saints martyrs et avoir rendu nos devoirs aux saintes reliques, pour nous rendre dans le même ordre dans l'église de Notre- Dame dudit Châteauneuf y déposer avec les mêmes cérémonies

(1) Ce prêtre jouissait d'une pension de 800 livres sur l'évêohé de Périgueux accordée par brevet du roy le 5 décembre 1731 et de 500 livres sur l'abbaye de Saint-Vincent de Metz par brevet du roy du 25 novembre 1732

SCEAU DE GEBVAIS DE CHATËAUNEUF d'après rorigioal. d'après Gi

FORTERESSE DE CHATEAUNBUF d'après Lb Rotmou.

SCEAU DE LA CHATELLENIE DE CHATEAUNBUF d'après l'original. d'après GÂicniêBBi.

SE DU CHA1KAUNEUK BN THVMEnMS. 3

18 ÉGLISE DE NOTRfc-DAME-DU-PASMÊ

les reliques des saints Justin et Réparât. Signé : Leprince, vicaire ^ l'abbé Desmaretz, Viau, curé, Péan. »

« Ces reliques tirées du cimetière de Sainte -Priscille et données par M**" le cardinal Guadagny, évéque de Tusculum et vicaire général de S. S,, et les dites saintes reliques seront et demeureront désormais exposées dans Téglise paroissiale de Châteauneuf à la vénération des fidèles ainsi que celles de saint Jucunde et de sainte Vérécunde dans Téglise de Thimert.

Lev ASSORT, curé.

Cloches

On en comptait 3 avant la Révolution. Celles que le beffroi de la tour possède aujourd'hui datent du siècle dernier. »

Voici les procès-verbaux de leur baptême.

1. — L*an mil huit cent neuf, le quatrième jour de mai, par nous Pierre Noël Roger, curé de cette paroisse, a été bénie la cloche de cette église sous les noms de Jeanne-Françoise. Le parrain a été M. François Philippe Croisnu Desmaisons, officier de la çi-devant élection de cette ville : la marraine, D* Jeanne- Nicole Blochet, épouse de feu sieur Louis Clouet, procureur du Roy de la ci-devant maîtrise.

Ladite cloche a été reconnue peser douze cent livres. Le tout fait et constaté en présence de MM. Antoine Forest, juge de paix du canton de Châteauneuf et premier marguillier de cette église, Louis Cahanin et Guillaume Foucher ausssi marguilliers, tous de cette ville et paroisse qui, avec M. Louis Hurel, vicaire de cette paroisse, et nous Pierre Noël Roger, curé, ont signé le présent acte les jour et an que dessus à Châteauneuf.

f. Blochet, v. Clouet. Roger,

Croisnu Desmaisons. curé de Châl""^.

Cette cloche, la seule qui était restée à la paroisse, pesait

H15 livres; elle fut cassée en 180S. D'où nécessité de la refondre (1), elle pèse aujourd'hui 1217 livres.

(1) En 1859, quand on voulut agrandir le presbytère, en creusant les fon* dations de la cuisine, on mit au jour des scories d'airain et différents indices montrant qu'en cetendroit, à une époque inconnue, il y avait eu fonte de cloches.

Elle porte Tinscription suivante :

« En avril 1809. j'ai été bénite par M. Pierre-Noël Roger curé. J'ai été nommée Jestnne-Françoise par M. François-Philippe Croisnu Desmaison et M'"® Jeanne-Nicole Blochet. V'* de M. Clouet M. Jean -Jacques Moisy maire, MM. Antoine Forest, Louis Cahanin et Guillaume Foucher, marguilliers.

Les Thériot frères m'ont faite. Christ en Croix, Vierge mère sceptre à la main et sainte Jeanne de Valois.

2 — L'an mil huit cent vingt- cinq, le treize décembre, par nous, Pierre-Noël Roger, curé de Chàteauneuf soussigné a été bénie sous le nom de Caroline la 2® cloche du clocher. Elle a été faite à Paris par le s^ Osmond Dubois, maître fondeur au Grelot d'or, rue Saint-Martin, n** 47, laquelle a été reconnue avoir le poids de huit cent trente-six livres qu'il a fournie, à 33 sols la livre. Il a aussi fait et fourni le battant pesant 25 livres au même prix que le métal. Le parrain a été M*^ Nicolas-Théodore-Victor Martin, jeune, maire de cette ville. La marraine D« Françoise-Julitte Clouet Desperruches, épouse de M' Jean-Baptiste le Pelletier la Bidouderie. Ladite cloche a été payée ainsi qu'il suit : par M™*^ feue Anne-Elisabeth Rousseau, V^® de M' Croisnu Desmaisons par les mains de M' Mathon, son neveu, la somme de huit cents francs : par M. Roger, curé de cette paroisse ci-dessus nommé la somme de cinq cents francs, et le restant ainsi que tous les frais pour le placement de ladite cloche, avec les deniers de la Fabrique. Le tout arrêté par M" Favé, Martin et Lucas marguilliers en charge. Et M' le curé ainsi que M' Mathon, président du conseil, ont signé le présent procès-verbal

Martin, fils aisné, Lucas, Mathon, Perdreau Favé, Roger, adjoint,

curé de Chàteauneuf.

Voici l'inscription qu'elle porte :

« L'an 1825, j'ai été bénie par Pierre-Noël Roger, curé de Chàteauneuf, et nommée Caroline par Nicolas-Théodore-Victor

Martin, maire de la ville, et Françoise-Julie, £• Clouet des Perruches, marraine, épouse de Jean-Baptiste-A' le Pelletier la Bidouderie, assistée de M" Favé, Lucas, Martin, aisné.

J*ai été faite par Osmond, maître fondeur à Paris.

4 fleurs de lis. Le Christ en croix, la Vierge-mère avec sceptre et diadème, saint Nicolas, saint François d'Assise, tenant le livre de sa règle et un chapelet.

Sacristies.

La plus grande, élevée en 1629, agrandie en 1817 est au nord. Elle a pour principal mérite d'être vaste et de posséder une porte massive remontant à l'époque première de la construction, qui ouvre, à l'extérieur, sur le cimetière.

Celle des enfants de chœur (1), plus petite, se trouve au midi, engagée dans l'angle formé par le sanctuaire et le chevet de la chapelle de la Vierge. Eclairée par deux grisailles, elle est toute tapissée de placards pour recevoir le linge et les fleurs^ avec une entrée donnant sur la rue.

Du côté opposé, l'espace correspondant est occupé par un appenti fermé où l'on abrite le matériel de l'église.

Extérieur du monument.

Les murs sont construits en moellons de silex et coupés, à intervalles égaux, par des cordons en brique. Les contreforts peu saillants offrent des assises alternées de grison ferrugineux.

Une suite de cinq pignons se profile, d'un côté, en bordure sur la rue, de l'autre sur le cimetière. Chacun d'eux est percé d'une fenêtre large, haute, spacieuse par où le jour pénètre abondamment.

Le constructeur paraît avoir eu souci d'agrémenter davantage la façade qui s'étend le long de la voie publique. Témoins les dessins variés de la maçonnerie, les pieds-droits de la petite porte d'entrée, son cintre surbaissé en anse de panier, et les

(l) EUe date de 1867-1868 et fut construite par M. Coince en même temps que l'abside.

ouvertures aujourd'hui aveuglées qui permettaient d*éclairer les combles de chaque fronton. Rien de tel sur le cimetière.

La tour, depuis qu'elle existe, ajoute encore un charme pour l'œil, par la régularité de sa construction, par Theureux mélange de la pierre et de la brique, par son élancement et ses proportions harmonieuses. Elle est nettement ogivale.

Sur le devant, à Touest, figurent les armes de la ville, mais non surmontées de la couronne urbaine. Le curé constructeur voulut ainsi faire connaître « que ce n'était ni par les soins, ni avec le concours pécuniaire de la municipalité que Tœuvre avait été menée à bien. » (Registre paroissial, note de M. Coince, 1865.)

Cet écusson d'ailleurs se rapproche d'une manière sensible des armoiries adoptées officiellement par la châtellenie de Châteauneuf, elles-mêmes inspirées par celles des anciens seigneurs. En effet" Técusson de Gervais de Châteauneuf, pendant à une charte de 1221, conservé aux archives nationales et dessiné par Gaignières (Mss. 5185, *. p. 184), représente une curieuse forteresse composée d'un donjon central entouré d'un rempart crénelé soutenu par des tourelles. En avant une porte accostée de deux tours donnait entrée dans l'enceinte.

Le 3*^ modèle est la copie, un peu trop infidèle, publiée dans Talmanach Le Rotrou.

Le sceau de la châtellenie^ daté de 1485, reproduit cette porte surmontée de Técusson de France entre les deux tours.

Cimetière.

Le cimetière est encore attenant à l'église, ce qui favorise le culte des paroissiens pour leurs morts. Au milieu des monuments somptueux qui s'y multiplient, on a peine à découvrir la tombe de M. l'abbé Roger. Elle est surmontée d'une modeste croix de pierre, de deux pieds de haut, sur laquelle est gravé son nom. Vu les immenses services qu'il a rendus au pays pendant près de trente années à la suite du Concordat, il méritait une sépulture plus honorable.

On pénétrait autrefois du cimetière dans l'église par une porte latérale murée depuis longtemps, auprès de laquelle, à Tinté-

rieur, est encore scellé un bénitier en pierre avec quelques moulures (1).

Le cimetière s'étend sur remplacement des communs de la forteresse. Le mur qui l'enveloppe au nord paraît être un vestige du passé.

La ville avait, avant la Révolution, un autre terrain qui servait aux sépultures. C'était à l'endroit où s'élève aujourd'hui, dans rhôtel de TEcritoire, la salle des fêtes. On cessa, en 1793, d'y faire les inhumations.

La dernière qui eut lieu fut celle du père « la Fraternité ». Il vou lait être enterré debout. Mais le curé constitutionnel de Tépoque^ M. Julienne, ne voulut pas y consentir. La coexistence de ces cimetières dui'a près de deux cents ans.

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