ÉGLISE DE CHATEAUNEUF
Quand la religion catholique eut été rétablie en France à la suite du Concordat de 1802 par Napoléon, alors premier Consul, le sentiment public et religieux éclata en témoignage de reconnaissance : et comme la fête du premier Consul plus tard devenu Empereur tombait le 15 août, jour de la fête de l'Assomption, cette double solennité de la fête religieuse et de la fête officielle aura bien pu amener à faire accepter'également l'Assomption pour fête patronale ; et on y fut peut-être d'autant plus porté que la compassion de la sainte Vierge arrivant le vendredi de la semaine de la Passion, on se trouvait gêné, pour la solenniser, et par la Liturgie qui, d'après le Concordat, renvoie la solennité de la fête patronale au dimanche suivant (or, c'était celui des Rameaux qui est de 1" classe) et par la circonstance de la fin du carême qui n'admet que difficilement la joie d'une fête patronale. Toutefois l'habitude de chanter la messe, sans aucun autre office, s'était conservée pour la fête de la ' Compassion, et sera, à plus forte raison, conservée dans l'avenir, si, ce qui est vraisemblable, le concours des pèlerins à Notre-Dame du Pasme réclame cette solennité.
E. CuNi, Chan. kon.
ÉGLISE DE SEBAZbBEUX
EGLISE DE SEKAZEREUX
• L'église de Serazereuxfi), sous le vocable de Saint-Denis, est mentionnée en 1028 dans une charte de l'abbaye de Coulombs. Roger, fils d'Eudes I'*^ comte Chartres et de Blois, donna vers les dernières années du X* siècle à cette abbaye des domaines considérables* parmi lesquels se trouvait Téglise de Serazereux (2). Autres mentions de la même église dans les titres de l'abbaye de Josaphat dès Tannée 1199 et dans une charte de l'année 1249. Cette dernière contient une donation faite en faveur d'un curé de Serazereux, nommé Henri : « Robertus de Rues... dédit et concessit Henrico presbitero ejusque successoribus in ecclesiâ de Ceresereus quartam partem minute décime... quam idem Robertus et Mathildlsejus uxor percipiebant in villft de Boarvilla. » Ces indications nous permettent de faire remonter la construction de cette église à l'ère romane secondaire (XI-XIP siècles). Cette opinion est d'ailleurs confirmée par l'examen archéologique de l'édifice : contreforts peu saillants, fenêtres cintrées d'une grandeur moyenne ou même de toutes petites dimensions, assez caractéristiques du XP siècle dans les églises de campagne (3), une seule ouverture, aujourd'hui bouchée, dans le
(1) Le nom de cette paroÎMe s'écrirait anciennement Cerazereux, conformément à i^orthographe latine que portent nos Chartres c parrochia de Ceresereus ». Ou trouve aussi « vicus Sareseolus » : an 1028, et Cherazerolles « Cerazellse »», an. 1G26. Son étymologie latine « Ceresereus » indiquerait dès l'origine un lieu planté de cerisiers ; le mot cerisaie « ceraseria », qui a la même signification, s'est conservé jusqu'à nous. Au XIII' siècle Serazereux comptait 92 paroissiens : le Fouillé de 1738 lui donne 250 communiants, ce qui suppose une population de 340 habitants. En 1846 après la réunion de Fadainville à son territoire Serazereux compta 46>^ habitants (Voir Annuaire du départ. d'Eure-et-Loir pour ISU, p. 2î8.
(2) Mémoires de la Société Archéologique d* Eure-et-Loir {Histoire de Vabbaye de Coulombs), t. m. p. 25. Ce Roger devint tlans la suite chancelier de France en 995, puis évéque deBeauvais en 996.
(3) A. de Caumont, Abécédaire d'archéologie ; architecture religieuse, p. 186,