‹ Archives du diocèse de Chartres (volume 2)Chapitre 34 sur 69 · DIE XVI NOVEMBRIS MCMVL · texte numérisé non relu

DIE XVI NOVEMBRIS MCMVL

Chartres, le 20 novembre 4906.

Ch. Métais, Chan. hon.

ÉGLISE d'EBHENONVILLE-LA-PETITE

Le village d*Ermenoi^yille-la-Petite est ancien et paraît remonter à l'époque de la domination romaine dans les Gaules.

Si nous en croyons de vieilles chroniques, saint Aignan qui fut évêque de Chartres, au commencement du V^ siècle^ était très riche et appartenait à une noble et puissante famille dont les possessions s'étendaient sur tout le territoire du pays chartrain.

Le château de Vauventriers , à Champfol, resté jusqu'au moment de la Révolution, propriété de nos évéques, était de ce nombre, et avait été donné sans aucim doute à la mense épiscopale par le pieux évéque lui-même ou par quelque membre de la famille.

Quoi qu'il en soit, nous savons que le saint prélat avait trois sœurs, qui toutes trois se consacrèrent à Dieu, et léguèrent, en mourant, leurs biens aux églises et aux pauvres.

Le bon Rouillard dit que, de son temps, le revenu des chanoines de Saint- Aignan était assis en villages de Dondainville, Mondonville, et Ermenonville, qui étaient seigneuries de Donde^ Monde et Ermenonde, seurs d'icelui saint Aignan, dont les tombeaux se voient encore ez cryptes de l'église.

Ermenonville possédait un donjon féodal dont le souvenir s'est conservé jusqu'à nos jours, et un seigneur résidant dans la localité. Le premier dont le nom nous soit parvenu se nommait Payen d'Ermenonville ; un acte de donation, en faveur du prieuré

de Saint-Hilaire sur Yerre, de terres sises à Saint-Pellerin nous révèle à la fois sa générosité et sa puissance.

En 4130. on trouve au bas d'une charte d'un baron de Brou, seigneur de Bois-Ruffin, la signature d'un curé d'Ermenonville, nommé Gonlhius,

Les relations de propriété et de famille entre les seigneurs de Bois-Ruffin et ceux d Ermenonville donnent facilement la raison de cette signature.

En 1455, sous Tévéque Robert III, Ermenonville compte 'au nombre des possessions de la manse épiscopale.

En 1161 , le seigneur d'Ermenonville se nomme Geoffroy d'Ermenonville. Il a épousé damoiselle N. du Mesnil ; d'une famille possédant à Arrou. Quant à lui, il avait la propriété d'une portion considérable de la forêt de Bois-Ruffin ; dont il abandonne la dime au chapitre de Notre-Dame de Chartres.

En 1162, une bulle du pape Alexandre III, confirma tive des possessions de l'église de Chartres, cite avec éloges Ermenonville.

En 4182, révéque Robert était mort et remplacé par Pierre de Celles.

On lit de lui : qu'il acquit à Ermenonville dix-huit septiers de terre qu'il loua à Pierre de Cameria.

En 1227, révéque Mathieu achète du chevalier Mathiep de Berchères tout ce que ce seigneur possédé à Ermenonville, Mondon ville et Berchères.

A la date de 1250, on lit dans le Pouillé du diocèse de Chartres :

Ermenonvilletta. 50 paroissiens. 16 livres de revenu ; collateur: la grand archidiacre; doyenné de Brou ; patron: saint Barthélémy.

En 1264, l'union que nous avons signalée entre Bois-Ruffin et Ermenonville subsiste toujours, et le seigneur Nicolas de la Bruyère, cet auguste personnage que les familles de Montmorency et de Gontaut comptent, dit l'abbé Desveaux, au nombre de leurs ancêtres, figure dans diverses chartes comme titulaire des deux seigneuries.

Nous croyons donc avoir droit de penser qu'il en fût de même de ses successeurs Geoffroy et Nicolas, que l'on voit signalés, le

premier en 1295 et le second en 1345. Quant au célèbre sieur de Bois-Ruffin, dont parle avec éloges, l'historien Froissard, comme de Tun des héros de la guerre de Cent Ans, et qui fût gouverneur, en 1364, de la forteresse de Prouais,nous n'avons aucune donnée sur sa généalogie. Nous pensons donc que Nicolas, fils ou neveu de Geoffroy, aura été le dernier seigneur de ce nom, possesseur de Bois*Ruffinet des autres fiefs de sa dépendance, et que sa fille unique nommée Jeanne les aura portés avec sa main, d*abord à Jean de Rouvraj, son premier époux, seigneur de Courtalain, et ensuite, après son veuvage, au fameux Alain de Taillecoul, brave capitaine sans fortune, que ses compagnons d'armes désignaient tous le nom d'abbé de Malpaje.

De son mariage, avec Jean de Rouvraj, Jeanne de la Bruyère avait eu un fils nommé Martin, qui devint seigneur de Courtalain, Bois-Ruffin, Launaj et Le Bouchet, et épousa Marguerite de Taillecoul, fille du fameux Alain et d'Alix de Chaumont sa première femme.

Ce Martin de Rouvraj mourut en 1410, laissant en souffrance un procès qu'il avait intenté, en sa qualité de seigneur de Launaj, au prieur de Saumeraj, voisin de son fief, et que dût poursuivre Pierre d'Illiers, le second mari de Marguerite. De son mariage avec Martin de Rouvraj^ Marguerite de Taillecoul avait eu deux enfants : Martin qui mourut jeune et sans postérité, et Catherine qui épousa le chevalier Louis d' Avaugour, issu d'une illustre famille de Bretagne ; c'est à elle que revinrent les possessions des Rouvraj.

Aussi, bien que l'acte de saisie du muid d'Allègre à Ermenonville, pratiquée en 1471, à la requête du seigneur de Launaj ne nomme pas ce seigneur^ il nous parait hors de doute qu'il s'agissait de Guillaume d' Avaugour, petit-fils de Louis, et seigneur de Bois-Ruffin, Courtalain et autres lieux, chambellan de Louis XII et intendant du célèbre dunois, à qui Courtalain doit la construction de son magnifique château.

Il n'est donc pas suprenant qu'on retrouve en 1494 et les années suivantes, comme possédant à Ermenonville, l'un de ses fils« nommé Benjamin. Du reste, il est à croire, que cette possession

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se maintint, au moins dans ses grandes lignes jusqu*au partage de la succession de Jean d'Avaugour, dernier du nom, entre ses sœurs en 1573.

Nous ne pouvons cependant l'affirmer, tant l'histoire est sobre de détails. Quoi qu'il en soit, nous sommes un peu plus riches sous le rapport religieux^ et pouvons citer les noms des prêtres qui ont alors exercé le saint ministère dans la paroisse. Ce sont messieurs Hugues le bon consolateur, boni êolaiii Hngo^ Jehan Langlois, Jehan de Gallardon, Jacques et Nicolas Lelarge.

En 1492, le curé d'Ermenonville paye à Tévéché de Chartres 20 sols de cens, et la paroisse la dîme des laines.

En 1515, MM. Jehan Levasseur et Pierre Breton, gagers de la fabrique, de concert avec les notables, passent marché pour la façon de deux cloches.

En 1521, on lit : Ermenonville la petite : hébergement appelé le château. Il contient cinq quarsonniers, sur lesquels, il 7 a maisons^ granges, bergeries et jardins, avec trois septiers de terre, chargés de 7 sols 6 deniers de cens.

En 1540, il y a reconstruction, aux frais du chapitre de Notre- Dame, du chœur de Téglise paroissiale, sous la direction d'un architecte nommé Poicteur. La date et le nom gravés en lettres gothiques sur un cartouche au centre du premier entrait, en font foi. En 1553, le seigneur d'Ermenonville se nomme Jacques de Lorville, il a épousé Louise de Sérigny et habite la seigneurie.

Fût-il le premier de son nom et de sa famille qui s'y fixa, nous ne pouvons le dire.

En 1560^ apparaît Louis, son fils^ qui avait épousé damoiselle Marie, fille de Durand du Désert.

En 1589, le seigneur s'appele Jacques de Lorville et porte le titre d'écuyer. En 1594 il assiste comme témoin à l'inventaire du château de Méréglise fait à la requête de Jehan de Commergon, seigneur du dit lieu et de Jacques de Vendomois ; à la mort de Renée de Gruel, gouvernante des enfants de la reine, décédée au dit lieu, on lui donne dans l'acte le titre de seigneur de Lorville et d'Ermenonville, y demeurant. En 1618, le vendredi

onzième jour d'août, le feu fût mis par inadvertance au village d'Ermenonville (rég. de Vitray); 15 ménages ou habitations furent laproie^des flammes; ils formaient 90 creux. Il y eût perte également de 80 muids de blé ef, autres céréales.

En 1620, le tabellion d'Ermenonville se nomme Loiiis Aye. Quant au curé, nommé Nicolas Bernard, un inventaire dressé en 1790, le cite comme donateur en faveur de l'église de trois mines de terre^ en deux pièces» à la condition d'une messe haute avec vigiles.

En 1636, il y eut réquisition pour le service militaire ; le choix se porta sur un nommé Simon Guionnat.

La même année Jacques de Lorville était décédé et sa succèssion partagée entre ses fils : Antoine à qui resta Ermenonville, et Jacques qui fût seigneur de Luplanté. Messire Antoine vivait encore en 1651, et prenait part à l'assemblée de la noblesse sous le nom de monsieur d'Ermenonville.

Le curé se nommait alors Jacques Tabou, et les tabellions Thomas Geslin, et Pierre Moreau. La haute justice relevait de la seigneurie de Rabestan.

En 1691, messire de Lorville, seigneur d'Ermenonville, fait partie de Tarrière-ban de la noblesse chartraine convoqué par le marquis de Creil, pour faire campagne, il y figure au nombre des seigneurs chargés de fournir à deux un cavalier.

En 1715, il y eut visite de Tarchidiacre. A cette occasion on lit dans le registre de Tannée suivante : Maître Mallet, Nicolas, prêtre du diocèse de Lizieux, âgé de 64 ans, 33 ans d'exercice, a une servante, 600 livres de revenu ; à la cure, presbytère^ petit, vilain : décimateur, le curé, commmuniants 140. Pas de hameaux, église passable, sacristie, item, cimetière clos, ni chapelle, ni confrérie ; revenu de la fabrique 100 livres.

Maître Mallet ne survécut pas longtemps à cette visite ; il mourut en 1716. Il ne fournit donc pas une longue carrière ; il en fût de même de ses successeurs : MM. Lambert, de Routis et Caille. Quant à maitre Louis Saillard, il resta plus longtemps ; son ministère ne finit qu'en 1754. Il fut alors remplacé par maître Bailleau Louis, qui vécut jusqu'en 1763^ maître

Saillard avait laissé dans la paroisse^ le souvenir d'un prêtre pieux et de mœurs austères. On a redit longtemps son nom avec éloges. Il n'en fût pas de même de M. Pierre Grossin. En effet, resté dans la paroisse jusqu'à la fin de 1792, celui-ci prêta serment, fût infidèle à ses vœux, et ne survécut pas à la Révolution.

Ces détails donnés sur l'état religieux de la paroisse, il nous faut revenir maintenant à d'autres événements ; nous avons donc vu en 1471 le seigneur de Launaj, pratiquer une saisie féodale au sujet du fief du muid d'Allègre ; une semblable opération parait avoir été renouvelée en 1717 ; et c'est à l'occasion sans doute de cette saisie, qu'on lit dans le registre de cette année : le droit de champart d'Ermenonville la petite, avec cens et rentes, droits d'avénage sur les maisons et terres labourables ; en ce qui dépend de la châtellenie de Launay... droitsde justice, honorifiques et de banc dans l'église dudit Ermenonville^ comme fondateur de l'église.

Il est donc à croire que les droits et privilèges des châtelains de la localité étaient fort restreints ; ils n'avaient à leur service ni baillis, ni juges. En effet, nous avons vu déjà que l'appel se faisait à la seigneurie de Rabestan, investie du privilège des trois justices haute, moyenne et basse ; et nous voyons ici les seigneurs de Launay juges en première instance.

Aussi Ton n'a pas lieu d'être surpris que le dernier seigneur, portant le titre de Lorville, nommé Simon-Antoine, ait disparu dans l'oubli ; cependant le 22 novembre 1717 nous trouvons M. Louis- François Desligneries, chevalier, marquis Desligneries, seigneur de Lorville et autres lieux demeurant à Chartres {Arch, de Lèves). Quant à Louis Antoine, il venait de soutenir un procès, pour coups et injures contre un certain paysan nommé Denis Lenain. Il est donc à croire que ce fut à la suite de ce procès que les messiresde Lorville se déterminèrent à quitter la localité. Lorville n'est plus aujourd'hui qu'une simple métairie. Quant à la seigneurie d'Ermenonville, nous devons descendre jusqu'en 1790 pour lui trouver un titulaire ; il se nommait Thomas-Bernard-Louis de Lanchal ; mais ne parait pas avoir habité la contrée.

En 1806 M. de Lanchal était mort et sa succession partagée

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entre ses deux filles, Jeanne-Thérèse qui resta célibataire et se fixaà Alençon, et Andrée- Anne-Michelle, qui épousa un monsieur Lunois, receveur de l'enregistrement en résidence à Paris. Ce sont ces dames qui en 1840 vendirent l'habitation seigneuriale à M. Bouvart, leur fermier, et c'est celui-ci, qui échangeant la culture pour la vie bourgeoise, la revendit à M. Cavart Porcher, le propriétaire actuel. L'extérieur, du reste, n'a rien conservé du passé que sa lourde masse qui contraste avec les constructions modernes.

Quant à l'intérieur, on y remarque encore un vaste salon avec cheminéee à fronton antique et une belle plaque portant un écu fleurdelisé, entouré d'une palme avec feuilles de chêne très bien conservée et au-dessus, le millésime de 1672.

Quoi qu'il en soit de ces récits un peu rétrospectifs dans l'histoire particulière de la seigneurie, il est temps d'en revenir à des détails plus généraux ; et de remonter à la date même du départ de M. de Lorville, c'est-à-dire à Tannée 1736.

C'est du reste l'époque où se fit la rédaction du terrier de la seigneurie.

Le tabellion se nommait alors Nicolas Haye.

Le Pouillé du diocèse publié en cette même année 1736, porte : communiants 140 ; revenu 400 livres, doyenné de Brou, présentateur : le chapitre de Notre-Dame.

En 1743, le tabellion se nomme Louis Dollu, et cumule cette fonction avec celle de bailli de Charronville.

En 1745, il y a projet de canal de Bonneval à Thivart. Ce canal devait passer par Bouville, Ermenonville la petite et Luplanté.

En 1763, le bourg d'Ermenonville fut ravagé par un incendie, dont on a omis de déterminer l'importance. Ce fût pourtant, croyons-nous, à cette occasion que dût être publiée dans la localité une ordonnance pour la conservation des grains.

Du reste, un acte d'une haute importance sous le rapport judiciaire se passait alors dans toute la contrée ; la plantation d'un poteau de justice en fait foi pour Ermenonville.

L'antique seigneurie de Launay dont était possesseur en 1128 messire Guillaume d'IUiers, l'un des prédécesseurs à Bois-Rufin de messire Geoffroy d'Ermenonville, venait d'être absorbée par

la châtellenie d' Alluyes, ainsi que celle de Rabestan, démembrée il la suite d'un long procès intervenu entre Madame de la Roche Bousseau, dame de Saint-Avit, et M. le Marquis de Bouflers, seigneur de Frazé, Rabestant et autres lieux. L'acquéreur était dame Madame Charlotte-Madeleine Boutin, vicomtesse de Montboisier, veuve depuis quelques années déjà de Charles-Henry -Philippe de Mon tboisierBeaufort Canillac, vicomte de Montboisier, brigadier des armées du roy, colonel du régiment de son nom'^ infanterie.

Cette dame avait vu grossir considérablement sa fortune par suite de sa participation à l'héritage du fameux agioteur Benoît Dumas, dont la succession (comme on sait) réveilla tant de convoitises^ et mit en émoi tant de formalités judiciaires, dans la seconde moitié du XVIIP siècle.

Quoi qu'il en soit, en 1765, madame la vicomtesse de Montboisier, dame de la terre et marquisat d'Alluyes, Pierre Coupe, La Cacardière. châtellenie du Houssay et vicomtesse de Bonneval et de la terre, fief et seigneurie de Montarville, voulait bien ajouter à tous ces titres ceux plus modestes de dame des bourgs de Saumeray^ Ermenonville la petite et Luplanté, dans lesquelles églises ; lui appartiennent, les prières nominales, . droit de banc, sépulture, litre et ceinture funèbre, tant en dedans qu'en dehors, en conséquence de ces acquisitions et des droits et privilèges qui y étaient attachés ; la dame de Montboissier était donc en possession de la basse, moyenne et haute justice, relevant jadis, soit de Launay soit de Rabestan et dût les exercer à Ermenonville jusqu'à la Révolution.

Nous avons pu du reste constater plus haut que le fief de Launay ne figurait pas au nombre des possessions de Madame de Montboissier ; c'est qu'en effet, il avait été dès lors absorbé par le fief de Pierre Coupe ; et confondu avec celui de la Cacardière, situé dans l'intérieur du parc de la résidence seigneuriale ; et consistant dit la chronique pour tout domaine en un minotde terre, sur lequel avait été planté autrefois un poirier, entouré de murs de pierre, tenant de toute part, au domaine de sa dite seigneurie de Launay, réunie à Pierre Coupe.

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Sous le rapport religieux, la paroisse comptait alors 150 com« muniaats, 350 livres de revenus, 20 livres, 8 sols, 10 deniers de cens, et relevait de la conférence d'IUiers.

Quant au revenu de la fabrique, il était de 100 livres et reposait sur des parcelles de terre léguées à rétablissement par 30 donateurs environ; nous arrivons ainsi à la Révolution. Une période nouvelle va donc désormais s'ouvrir devant nous. Pour Ermenonville, l'ère de la Révolution ne se révéla guère que le 17 juillet 1790. Le premier acte qui en parle, en eflfet, n'est autre que le mémoire adressé au directoire du département, à l'occasion de la prestation du serment exigé par l'assemblée constituante.

On y lit : le maire a prononcé le serment, la majeure partie de rassemblée la prêté avec lui.

Le surplus paraissant le refuser, sont sortis de l'église^ et y sont rentrés peu après, animés par un des notables. Ils se sont jetés sur le banc du chapitre de Chartres, cy devant seigneur, l'ont enlevé et brisé dans un clin d*œil, en faisant im grand tapage dans l'église, ce qui a obligé le maire à rompre l'assemblée, avant que la cérémonie fut achevée.

Après que les habitants sont rentrés chez eux, les mutins ont forcé le sacristain à leur donner les clefs de l'église. Ils y sont rentrés, ont jeté dehors les éclats du banc seigneurial, et soutenus par un autre notable, les ont criés à l'enchère ; ainsi qu'un poteau qu'ils avaient précédemment arraché et qui était déposé dans la cour du presbytère.

Mais le vieux curé leur représenta que le poteau appartenait à la nation, et que c'était à la municipalité d'en disposer.

Ils n'insistèrent pas, quoique le notable leur eût dit que la municipalité n'était pas grand'chose.

Celle-ci crut donc devoir informer le directoire du département de ce qui s'était passé. De là l'arrêté publié au prône, où l'on avertissait les mutins, qu'au besoin on aurait recours à la garde nationale, aux troupes de ligne et à la maréchaussée.

Les deux années qui suivirent ne nous ont rien ofiFert de remarquable et digne d'être signalé, nous savons seulement que Içs réquisitions s'y firent avec riçueur et que l'éçlise fut totale-

ment dévastée et convertie en atelier de salpêtre ; mais nulle part nous n'avons trouvé trace soit de la vente du mobilier, soit de son enlèvement.

Le presbytère avait été vendu, mais une petite maison située dans Tenceinte du cimetière et appartenant à la fabrique y ayant été conservée, la municipalité en faisait la demande au directoire départemental.

N'ayant pas reçu d'abord de réponse satisfaisante, elle renouvela sa demande, et reçut l'autorisation de s'y installer moyennant 18 livres de rente.

Ici se trouve un souvenir de famille que nous ne pouvons passer sous silence.

Il s'agit d'un prêtre qui fut notre arrière-grand-oncle, M. Honoré Garnis, né à Ermenonville U grande, en 1755, et décédé curé dé Prasville, près Voves, en 1807.

Vicaire de Saumeray et de Chuisne avant la Révolution, on le trouve à Fresnay-le-Comte en 1800, et à Ermenonville la petite en 1801.

Il aurait eu, paraît-il, la faiblesse de prêter le premier serment exigé des prêtres en exercice, mais il aurait ensuite réparé héroïquement sa faute.

Bien des fois en eSet on nous a parlé de lui, comme fuyant de retraite en retraite, en compagnie de l'un de ses neveux, Louis Suray, notre grand-père, passant ses jours et ses nuits, dans les boiS; dans les greniers, exposé à toutes les rigueurs de l'hiver, bravant la faim, la soif, le froid, célébrant, quand il le pouvait, le saint sacrifice de la messe, dans les granges, ou les caves, chez des amis hospitaliers dont on nous a cité les noms, et dont quelques-uns même nous ont été très connus.

Il y ruina une santé fort robuste, et les six ans qu'il passa à Prasville ne furent qu'une longue suite de souffrances et de maladies. Nous pouvons ajouter à sa louange qu'il fonda et entretint à ses frais une école de filles et qu'à sa mort il ne laissa à sa famille pas la moindre obole en héritage.

Nous prions donc qu'on veuille bien nous permettre de saluer en notre vénéré parent un confesseur de la foi. On raconte que )e

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26 brumaire an IV, 17 novembre 1795, dans un moment d'accalmie, M. Garnis se trouvait à Saumeray, sa première résidence pastorale et y exerçait quelques fonctions de son saint ministère. La municipalité en prit ombrage, et se hâta d'avertir le directoire, dénonçant ledit Garnis, comme perturbateur de la paix publique, et tellement dangereux qu'il était parvenu à former un rassemblement de femmes disposées à mettre la main sur le cydevant presbytère, pour y installer Vex-prétre^ Honoré Garnis. Le 25 septembre 1799, 3 vendémiaire an VIII, une enquête conduite par le tribunal correctionnel de Ghartres, mettait de nouveau en relief le nom de M. Garnis ; il s'agissait de savoir si la veuve Deshayes, libraire et imprimeur à Ghartres, avait l'intention de prêter sa maison pour y célébrer la messe ; et quels prêtres elle se proposait d*y admettre. On cite nommément comme dénoncés au tribunal, les sieurs Herverdin, Garnis, Marcille et Bemier. Nous ignorons ce qui fût répondu à cette enquête judiciaire. M. Garnis que nous avons vu à Ermenonville en 1801, n y resta pas, après la promulgation du Goncordat ; il y fût remplacé par M. Ghampion Noêl-Désiré et par M. Thibault Louis, qui ne firent que passer Tun et Tautre. Ermenonville avait pourtant conservé son titre paroissial avec Epeautrolles, comme annexe, jusqu'en 1807, où tout fût changé; Epeautrolles était alors distrait d'Ermenonville, et Ermenonville réuni à Luplanté. Il en fût ainsi jusqu*en Tannée 1827, où la paroisse obtint d*étre réintégrée dans ses titres.

Dans rintervalle, l'église avait subi un tel abandon, que le conseil municipal n'avait pas craint de la consacrer à la relégoition des pauvres hallucinées, regardées comme dangereuses pour la sécurité publique.

L'ouverture officielle ne s'en fit qu'en 1830. Alors apparaît en qualité de curé de la paroisse, M. Barbier Louis-François, qui ne resta que trois mois et fit place à M. Morin Gilbert, curé des Gorvées-les-Ys ; celui-ci mourut à Ermenonville en 1841, à l'âge de 80 ans. Depuis quelque temps déjà, il était devenu incapable d'exercer les fonctions du ministère pastoral, et était suppléé par M. Toutain, curé de Blandainville.

Si l'on en croit d'anciens récits, aux jours de la Révolution, afin d^échapper plus sûrement aux recherches de la police^ M. Morin s*était transformé en remouleur, et s'en allait offrir ses services de Village en village, portant sur son dos les insignes de sa nouvelle profession, mais évitant de faire long séjour dans chacune des localités qu'il visitait. A la mort de M. Morin, la paroisse resta vacante jusqu'en 1847.

Depuis cette époque jusqu'en 1868, cinq prêtres ont successivement exercé le saint ministère dans la localité. Ce sont : messieurs Habert, Louis-Honoré ; Gouache, Eloi- Armand ; Pitou, Pierre-Jules ; Carré, Louis-Zephyr et Tremblay Constant. Depuis le départde ce dernier jusqu'à nos jours, la vacance n'a point cessé. Et pourtant Ton aurait pu croire que la paroisse avait bien quelque droit à la considération de l'autorité diocésaine. En effet, un rêve caressé par M. Gouache s'était réalisé pendant l'administration de M. Pitou.

M. Bouvart, maire de la commune, parvenu à une extrême vieillesse, voulut couronner par une œuvre de foi et de religion, sa longue et honorable carrière. La nef de l'église paroissiale, œuvre informe du onzième siècle, contrastait d'une façon regrettable avec l'élégance du chœur, aux belles fenêtres ogivales» aux entraits cannelés, et ornés de chimères, surmontées d'aiguilles avec peintures et lambris à fresques visibles encore de nos iours. M. Bonvart voulut donc en entreprendre la reconstruction, et pour arriver à ses fins^ n'oublia ni soins ni dépenses. Il n'eut pourtant pas la joie d'assister au couronnement de son œuvre : il mourut avant qu'elle fût terminée. Il en fût de même de M. Pitou. Quant à l'abbé Narcisse Foreau, leur habile et dévoué collaborateur, il survécut peu lui-même à Tachèvement de sa chère église, il mourait en 1870 è l'âge de 29 ans.

Quelques années auparavant, plusieurs jeunes gens de la localité s'étaient consacrés à Dieu dans la profession sacerdotale ; nous nous faisons un devoir de citer ici leurs noms ; ce sont M. Huillery Paulin qui embrassa l'état religieux chez les pères Picpus, et mourut à Cahors, professeur de rhétorique, dans le collège qu'y possédait sa congrégation.

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Chapron Louis-Ferdinand^ qui pendant près de cinquante ans exerça le saint ministère dans le diocèse de Chartres ; on lui doit plusieurs notices sur Unverre et Courtalain. Nommé en 1882 curé de Janville, il ne fût pas agréé par le ministère des cultes.

M. Foreau Narcisse dont nous avons parlé déjà, décédé curé de Boissy en Dr ouais.

Et Blin Emile, décédé curé doyen d'Auneau.

Depuis le départ de M. Tremblay^ en 1868, la paroisse n^a pas eu, nous Tavons dit« de curé résidant; MM. les curés de Bouville et de Luplanté ont rempli Tintérim, l'un de ces derniers, M. Piédallu, y est mort au pied de l'autel, le jour de la Toussaint 1878, frappé de congestion.

Sous le rapport de renseignement, depuis le commencement du siècle la commune n'a jamais été privée d'instituteurs ; nous nous faisons en devoir de transcrire ici leurs noms. Ce sont MM. A. Breton, E. Breton, T. Suray, J. B. Doré, T. Genty, A. Breton, B. Moreau, F. Jubault, F. Hamelin, N. Jousselin, L. Delarue, T. Cannet, L. Pelé, A. Hector, et A. Dubois, instituteur actuel.

Nous sommes heureux d'y ajouter la liste complète des maires depuis la Révolution jusqu'à nos jours ; ce sont MM. Lefroit, L. Suray, R. Bouvart, S. Porcher, J.-B. Bouvart, A. Porcher, J. B. Bouvart (2« fois), A. Porcher (2« fois), Théo. Fleuridas, L. Bannier, T. Fleuridas (2« fois), L. Bannier (2« fois),J.-M. Moulin et S. Cavart, maire actuel.

La principale ressource de l'église est une rente de 156 francs qui lui a été léguée par quatre habitants de la localité dont nous nous faisons un devoir de consigner ici les noms. Ce sont MM. Champion-Lallemand, Pitou Martin, Gaudin-Fallou, et Barbier-Guérin,

Ces quelques notes recueillies par nous avec soin, augmentées de celles que MM. les chanoines Marquis et Sainsot ont bien voulu nous communiquer, sont un faible hommage de fidèle attachement que nous aimons à offrir à nos chers compatriotes. Puisse donc ce témoignage de sympathie leur être agréable et leur faire mieux aimer leur humble paroisse et leur modeste église.

Abbé Chapron.

ÉGUSE PAROISSIALE DE COULOMBS

L'élise de Coulombs date du commencement du XVIII* siècle; avant cette époque l'église paroissiale était établie dans une partie de l'église abbatiale elle-même, le curé avait un autel et les moines en avaient un autre, l'église tenait à l'ancienne tour où étaient les cloches, le cimetière était derrière l'église. Lorsque l'abbé et les religieux eurent édiSé la partie de la nouvelle église qu'on voyait au commencement du siècle dernier et qu'ils eurent commencé en 1530 k y célébrer les offices, ils abandonnèrent l'ancienne à la paroisse. Mais k la suite de démêlés et contestations entre le curé et les religieux ceux-ci jugèrent à propos d'éloigner de l'abbaye, l'église paroissiale et le cimetière. Une délibération, en d8tedii5maid698 du chapitre capitulaire, décida la construction d'une nouvelle église devant servir de paroisse. Le 30 mai suivant les religieux achetèrent du sieur Guiard de la Mairie une maison, cour, jardin, sis à Coulombs, rue Costelette, et ce fut sur l'emplacement de cet immeuble que s'éleva la nouvelle église. Le deux octobre, un décret épiscopal de M»' Godet des Marais, évoque de Chartres, vint approuver les projets des religieux. Les devis établis, les travaux furent poussés activement, l'église terminée en 1700 et le 15 janvier 1701 elle fut consacrée et dédiée à saint Chéron par le grand vicaire de Chartres.

L*église de Coulombs est encore aujourd'hui, 4uant à la construction,à peu près ce qu'elle était au moment de sa consécration en 17(M, sauf le porche en bois qui fut démoli en 1861 et reconstruit en pierre. La façade fut restaurée à la même époque et légèrement modifiée par l'architecte M. Henry Trouillet, de Paris qui s'était chargé de la surveillance de ces travaux, à titre gracieux. Avant cette restauration on voyait dans la pointe du pignon la date de 1700. Au faîte du porche dans une niche, on plaça la statue de saint Chéron, patron de la paroisse. En 1902, le clocher de forme octogone,construit en bois et couvert en ardoise , fut refait en entier plus élevé qu'il n'était précédemment, sur les plans de M. Avard, architecte de Tarrondissement de Dreux. Il renferme deux cloches, Tune porte Tinscription suivante : « L'an 1765 j'ai été bépitepar maître Aumart, Bazile, bachelier en théologie, curé de Coulombs et nommée Léonarde-Suzannej par messire Léonard de Sahuguet d'Amarzit d'Espagnac, abbé et seigneur de ladite paroisse de Coulombs, conseiller en la grand chambre du Parlement de Paris, et par M"* Suzanne-Elisabeth, Josèphe baronne de Boyer, épouse de messire Jean^Joseph de Sahuguet d'Amarzit, baron dEspagnac, maréchal des camps et armées du Roy, inspecteur général des Invalides. — Desprex, fondeur du Roy m'a fait. » Sur la seconde cloche on lit rinscription suivante : En i SUS f ai été fondue par lesêoins des marguilliers Sauvin^ Peigné^ /?. Loison, Massard, Aug. Peigné^ maire et Leprouêt,^ curé de Coulombs, M, Lhomme et Marié Sauvin parrain et marraine m*ont nommée Marie-françoise. — Hildebrand^ fondeur i Paris.

La chlirpente qui supportait ces deux cloches et qui a été remplacée en 1902 portait l'inscription suivante « le f faict f setie f

charpente f rfc f ce f clocher f e/ -j- achevé f dans -f le f mois •{• Je f juin f i 679 f moy f Robert -f La planche f charpentier j^ et né -j- en •}• cetip f paroisse f et -[par •{• lède f de f Dieu, » Cette inscription laisse à supposer que la charpente remplacée récemment provenait du clocher de l'ancienne église de l'abbaye que les religieux firent démolir avant que la nouvelle ne fut terminée en

L'église est construite en maçonnerie de moellons de silex et

de contreforts en grès, elle a douze mètres de largeur et sa longueur, non compris le porche, est de vingt-deux mètres quatrevingts centimètres ; le chœur a sept mètres quatre-vingts centimètres ; le sanctuaire trois mètres. A droite et à gauche de la porte d'entrée se trouvent deux chapelles voûtées eu bardeau au-dessous duquel on a établi un plafond qui demanderait à disparaître . Elles ont Tune et Tautre trois mètres soixante-dix de largeur sur quatre mètres soixante dix de longueur. Les fenêtres de Téglise à plein cintre sont au nombre de sept et garnies de vitraux modernes dus aux ateliers de M. Huchet, peintre verrier du Mans. Au-dessus de Tautel, une fenêtre autrefois condamnée et masquée par un tableau fut rouverte et décorée d*un vitrail représentant l'apparition de N.-S. Jésus-Christ à la bienheureuse Marie Alacoque, don de la famille Paucher-Carette. A droite de Tautel la première fenêtre a pour verrière saint Chéron, don de M. François Drouin, en souvenir de l'abbé Leproust, son oncle, décédé curé de la paroisse ; deuxième fenêtre sainte Mathilde, don de la famille Faucher Carette ; troisième fenêtre sainte Thérèse, don de M. François Lhomme, maire et de M. Baron, propriétaire dans la dite paroisse. A gauche de Tautel, premièrefenêtre saint François d'Assises, don de M. François Drouin, en souvenir de M. Tabbé Leproust, son oncle, décédé curé de Coulombs ; deuxième fenêtre, sainte Agathe, don de la famille Coche ; troisième fenêtre saint Louis, roi de France, don de M°** veuve Gustave Robin, propriétaire à Coulombs. La voûte en bardeau restaurée en 1840 par Léger, menuisier, et Haranger^ serrurier, a été remplacée par Prochasson, entrepreneur à Orphin (Seine-et-Oise),par une voûte en brique couverte d*un enduit imitant la pierre avec nervures et clefs de voûte.

L'intérieur de Téglise oflFre différents objets dignes de fixer Tattention des visiteurs par leur intérêt artistique et par les souvenirs qui s*y rattachent. L'autel primitif en bois sculpté d'ordre corinthien, sur lequel était un tableau représentant saint Chéron allant au martyr, le tabernacle de même ordre que Tautel en bois sculpté et en partie doré avec lejs gradins qui le supportaient, la table et Tautelen bois marbré ont été remplacés, lors de la res-

tauration de 1887, par un autel en pierre sculpté de style renaissance, orné d'un bas-relief représentant les disciples d*Emmaûs reconnaissant N.-S. Jésus-Christ à la fraction du pain, et accompagné à droite et à gauche par les Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie. De chaque côté deux colonnes de pierre de même style que l'autel supportent deux superbes statues en bois peint de grandeur naturelle, provenant de l'abbaye, où M. l'abbé Amarles avait acquises de M. Noël, acquéreur de l'abbaye, moyennant 200 francs; celle de droite représente saint Benoît, revêtu du costume d'abbé, portant en main la crosse insigne de sa dignité. Elle s'élevait autrefois sur un des piliers du cloître de l'abbaye.Les huguenots, sous les ordres du prince de Condé,vinrent à Coulombs en allant procéder au siège de la ville de Chartres en 1568, ils pillèrent l'abbaye, profanèrent les tombeaux, brisèrent les statues, s'étant acharnés après celle de saint Benoît, celle-ci tomba de son socle et écrasa Tun d'entre eux ; les soldats en furent tellement épouvantés qu'ils s'enfuirent avec précipitation et abandonnèrent l'abbaye. La statue de gauche représente, dit-on, sainte Scolastique, sœur de saint Benoît, en costume de religieuse. Ces deux statues sont remarquables par leur exécution qui semble appartenir au XV^ siècle. Les boiseries du chœur et du banc-d'œuvre proviennent également de l'abbaye. Deux des panneaux du bancd'œuvre portent à droite et à gauche les initiales L. D. de l'abbé Léonard d'Espagnac et proviennent ainsi que la porte du confessionnal qui porte entrelacés dans le panneau central les chiffres de l'abbaye Notre-Dame, de son cabinet particulier. Proviennent également de l'abbaye un groupe de statues en bois peint, saint Joseph et la sainte Vierge en contemplation devant l'enfant Jésus, dans la chapelle dite des frères ou des Fonts, les boiseries de l'autel et les Anges qui sont aux angles. Le tableau du fond représentant saint Eloi provient du maître-autel de l'église de Vacheresses les Basses. Le rétable de la chappelle de la Vierge située à droite de l'entrée, le chapiteau, les colonnes, l'embase et les pots de fleurs, le tout en bois peint, furent achetés en 1816 par M. l'abbé Amas, curé de la paroisse, pour la somme de 31 fr. 50 centimes, et ont servi à l'ornementation

de la chapelle avec le concours des fonds fournis par la confrérie de la Sainte-Vierge et de Sainte-Gemme. Le tableau qui orne Tautel de cette chapelle représentant le martyre de saint Chéron fut acquis le 27 mai 1821 moyennant la somme de 250 francs. Dans le bas de ce tableau on lit à droite : « Peint par Billaut. décorateur de S. A. M"' la duchesse d'Orléans ». Ce Billaut était domicilié à Dreux. Les fonts baptismaux en marbre proviennent de l'ancienne église des Pinthièr^s, ils furent achetés à l'ancien curé de cette paroisse lorsqu'elle fût désaffectée dans le mois de septembre 1817 moyennant 25 francs, pour en remplacer d'autres très grands, de forme octogone et en bois. La chaire fut faite par un menuisier du nom de Rémy Godefroy, moyennant cent francs, en 1808.

L'église possède dans le chœur deux bustes servant de reli* quaire Tun de sainte Helvise et l'autre de sainte Gemme.

Les reliques de sainte Helvise étaient jadis conservées dans le trésor de l'abbaye. Après avoir échappé à la destruction avec celles de sainte Gemme, grâce au dévouement d'un habitant de la paroisse en 1793, elles furent transférées dans Téglise parois siale lorsque celle-ci fut rendue au culte. M. Tabbé Amas, en souvenir de cette bienfaitrice de l'abbaye, institua dans la paroisse la confrérie de Sainte-Helvise et fit imprimer en 18t7 la vie de cette pieuse femme, avec l'office complet que l'on célèbre en sa mémoire, le jour de sa fête, le 11 février de chaque année, et le règlement de ladite confrérie. Sainte Helvise naquit au X' siècle d'une famille des plus considérées et des plus considérables dupays; elle épousa en premières noces Hugues, surnommé Tête d'Ours, comte de Meulan ; devenue veuve, elle se remaria à un chevalier nommé Alexandre Azzolin. Elle fit de nombreuses libéralités à l'abbaye qui furent confirmées par une charte en 1033 de Galeran, comte de Meulan et par une autre eh 1066 par Guillaume, duc de Normandie. Etant devenue veuve une seconde fois, elle se fit construire une cellule attenante à l'abbaye, s'y enferma et vécut en recluse pour le reste de ses jours, elle y mourut en odeur de sainteté. La réputation de bienfaisance qu'elle s'était acquise dans la contrée, sa vie retirée, remplie par

la prière et les bonnes œuvres, sa fin édifiante ont transmis jusqu'à nous la vénération et la dévotion qui la font regarder comme une puissante protectrice des mères de famille auprès de la divine Providence.

Les reliques de sainte Gemme proviennent de l'ancienne abbaye de ce nom réunie à celle de Coulombs dont elle dépendait en 1441. Sainte Gemme naquit au II* siècle de l'ère chrétienne, d'une famille noble et riche de l'Espagne, elle fut martyrisée à Orence où elle eût la tête tranchée le 18 avril 138. L'éclat de sa vie et sa réputation de sainteté franchirent les Pyrénées et se répandirent en France où elle est depuis «près de dix-huit siècles en grande vénération. Un prieuré fut fondé en son honneur à Saintes, par le duc Guy d'Aquitaine, seigneur de cette province, un autre à Soissons. L'abbaye de Sainte-Gemme fut fondée au X'' siècle près Dreux, dans un hameau dépendant aujourd'hui de la commune de Saint-Denis de Moronva), elle subsista jusqu'à la fin du XV® siècle. Une bulle du pape Urbain VIII accorda des indulgences aux membres de la Confrérie de Sainte-Gemme fondée en l'église Saint-Laurent à Paris. Une vie de cette sainte fille fut éditée en 1817, avec le règlement de la confrérie nouvellement instituée par M. Tabbé Amas dans la paroisse de Coulombs.

La paroisse possède en outre de ces deux reliquaires qui sont à demeure dans l'église, un autre dit de la Circoncision ou Saint- Prépuce de N.-S. Jésus-Christ. Il eût une grande renommée au Moyen- Age, il était encore au siècle dernier Tobjet d'une grande vénération pour les fidèles. Il fut acheté des Grecs par deux chevaliers croisés, deux frères de la famille le Morbier, seigneurs de Villiers, petit village situé à une lieue de l'abbaye, auquel ifs ont donné leur nom : Villiers-le-Morhier. Ils en avaient donné un prix considérable et sur les instances de leur mère, ils en firent présent à l'abbaye, dans laquelle eux-mêmes se firent religieux. Cette relique avait la réputation d'être d'un secours merveilleux pour les femmes en couches. Elle était enfermée souB un christ d'ivoire, que bénit la main de Dieu sortant d'un nuage, taillé au XII' siècle dans le même morceau que la croix,

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