‹ Archives du diocèse de Chartres (volume 2)Chapitre 35 sur 69 · STATUE DE L EGLISE DE COULOMBS · texte numérisé non relu

STATUE DE L EGLISE DE COULOMBS

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à laquelle il semble attaché par quatre clous. Une bordure en filigrane, ornée de pierres et de cabochons lui sert de cadre. D'après une description du XV*» siècle des lames de cristal de roche serties dans cette bordure durent garnir le revers de la croix ou du moins la cavité dans laquelle le Saint-Prépuce était enfermé sous la croix. Cette croix, peut-être mobile sur sa garniture, servait ainsi de reliquaire. L'usure qui a effacé les traits du Christ est l'indice des nombreux frottements que ce reliquaire a subis et de l'usage auquel il était destiné. Le roi d'Angleterre Henri V, possesseur du pays Chartrain. ayant entendu parler des vertus de la relique, demanda en 1442 aux religieux de lui confier leur précieux joyaux pour l'envoyer en Angleterre procurer une heureuse délivrance à sa femme, Catherine de France, fille du roi Charles VI, prête d'accoucher, et qui mit heureusement au monde un fils qui fut le roi Henri VL Renvoyée en France, la précieuse relique fut déposée à la Sainte-Chapelle à Paris, en attendant que le pays chartrain ait reconquis sa sécurité. Les chanoines de la Sainte-Chapelle, voulant la conserver, à cause sans doute des profits qu'ils en retiraient, obligèrent les moines de Coulombs à s'adresser au duc de Bedfort, régent de la Couronne de France, pendant la minorité du jeune roi Henri VI, pour qu'elle fut confiée à la garde des religieux de l'abbaye de Saint-Magloire, dans la même ville, et dans laquelle s'étaient réfugiés une partie des moines de Coulombs, chassés de leur abbaye par la ruine et l'incendie Le roi reconnaissant envers la relique à laquelle il croyait devoir son heureuse naissance, accorda ce qu'on lui demandait. L'abbé de Saint-Magloire voulut à son tour conserver la relique, il fallut que l'abbé d'alors, Ferrand de Montreuil, s'adressât au roi Charles VH qui avait chassé les Anglais et reconquis son autorité sur toute la Beauce pour en revendiquer la possession et la faire réintégrer à Coulombs. Le roi, par lettres patentes données à Senlis le 23 mai 1441 adressées à la chambre des comptes, enjoignit à l'abbé de Saint- Magloire de restituer la relique à Ferrand de Montreuil. La chambre des comptes ordonna l'exécution des lettres patentes à la charge que l'abbé de Coulombs s'engagerait à ne point trans-

porter la relique hors Paris sans le congé et consentement du roi et de son conseil. Ferrand se conforma à ce qui était demandé et fit un acte en conséquence tel qu'il était exigé, reçu par Delahalle et Chantenier notaires au Châtelet de Paris le vendredi 2 juin 1441. Cet acte est déposé au trésor des chartes. Ferrand de Montreuil mourut peu après, ce fut à son successeur qu'il appartint de réintégrer la précieuse relique au monastère.

L'église et les bâtiments avaient été dévastés et en partie brûlés pendant le cours de la lutte qui avaient eu lieu entre la France et l'Angleterre ; l'abbé Jean Lamirault obtint du pape Eugène IV pour subvenir aux dépenses nécessités par la reconstruction de l'abbaye une bulle accordant des indulgences et des pardons pour ceux qui contribueraient à sa réédification. Il obtint du roi de France et du roi d'Angleterre, qui était encore maître de la Normandie, la permission de conduire la relique dans les terres soumises à leur autorité en quêtant au profit de son monastère. Le produit des quêtes et des oblations faites au reliquaire « lequel « reliquaire avaient accoutumé de souvent en grant dévotion, venir « visiter grant influence de femmes notables, quand elles éloient en» « ceintes pour en estre beneiltes et soignéez, en espérance que par la « grâce de Dieu, leur fruit en vint plus seurement et saulvement aux a saints fons du baptesme, etc (1)... », le mirent en situation decom * mencerles travaux de reconstruction de l'abbaye. Le roi Louis XI étant venu passer quelques jours au château de Nogent-le-Roi, chez Pierre de Brézé (2), il en profita pour visiter Tabbaye et en présence de Tévêque de Chartres qui était alors Miles d'Illiers (3). il se fit ouvrir le précieux reliquaire (1464). Au XVP siècle, Miles

(1) Lettres patentes données en 1427 par le roi Henri VX d'Angleterre.

(2) Pierre de Brézé, chambellan du roi Charles Vil devint par lettres patentes durci de décembre 1444 seigneur de Nogent-le<Roi, Anet, Bréval et Montchauyet, terres confisquées pour crime de lèse majesté sur le roi de Navarre, Charles le Mauvais, lettres enregistrées au parlement le 18 janvier 1445. Pierre de Brëzé fut tué en 1465 à la bataille de Monthléry.

(3) Miles d'Illiers, doyen de Téglisede Notre-Dame de Chartres, ëvèqueen 1459, était fils de Pierre d'Illiers, chevalier et de Marguerite de Machecoul, et frère de Florent d'Illiers, il mourut en 1493: il portait pour armes: d*or à six ànneleti de gatulés 5, f tl f .

ÉGLIBB PAROISSIALE DK COULOMBS 13

d'Illiers (1), doyen de Tégliae de Chartres, évoque de Luçon, de» vint abbé de Coulombs, en 1517 d'après Fisquet, et en 1618 d'après Tabbé d'Espagnac. Il fit enfermer I9 reliquaire dans un triptyque en forme de chapelle en argent doré.' Il est enfermé sous une lame de cristal de roche protégée par deux volets sur lesquels une Annonciation est gravée au trait. Par derrière on voit un calvaire avec son titre et trois clous plantés sur des rochers, deux ëcussons gravés, Tun celui de Miles d*IUiers : d'or à »ix ûnnelêt» de guenlei poêés 3^ 2 et /, surmonté de la crosse et de la mitre, Tautre les armes de l'abbaye : ttàzur à Iroii merleilti de sable posées 2 et 1* Au-dessus de l'édicule est une petite sphère ouvrante qui supporte un crucifix. On ne sait quel était le reliquaire primitif, mais il est permis de supposer que celui de Miles d'Illiers n'en est que la reproduction? En 1535 Pie de Savoie (2), abbé de Coulombs, obtint du pape Paul III, -une bulle d'indulgence pour son abbaye portant que tous ceux qui visiteraient Tabbaye le jour de la Circoncision, depuis les première^ vêpres, jusqu'au coucher du soleil, jouiraient d'une indulgence plénière pour tous leurs péchési Ce reliquaire a figuré en 1900 à l'exposition universelle de Paria au Petit-Palais, où était organisée une exposition ré* trospective des beaux arts, mais, hélas ! combien déchu de son antique renommée I

L'église de Coulombs renferme la sépulture 'de Léonard de Sahuguet d'Amarsit d'Espagnac, abbé de Coulombs, décédé en 1781, qui fut transféré de l'église de l'abbaye dont la démolition était commencé en d816, et dont voici les articles intéressi^nts du procès-verbal de translation.

Nous soussignés Balagny Jacques, maire de la commune, Planchette Jacques, Cordon Vincent, Sauvin Jacques, Amas

(1) Milei d'Illiers appartient à la même famille que le précédent, docteur en théologie, évèque de Luçon en 1526, abbé de Coglombs par suite de la démission de Guillaume d*Hargeville en 1515, il mourut en 1554, il se démit de Tabbaye lorsqu'il fut nommé évèque de Luçon en 1526.

(2) Raoul Pie de Savoie, des princes de Carpi, évoque de Faenza, était nonee du pape en France lorsque le roi François l*' le nomma abbé de Coulombs en 1528, archevêque de Salerne en 1535, il se démit de Tabbaje en 1540 et mourut do^en du Sacré Collège en 1564 1 Jirmeû : De §uBttlêêà U êrelx d'âr^eaf.

Jacques, curé desservant, et Guyard Léonard tous membres de la commission de Thospice.

Considérant que l'église et les bâtiments de Ja ci-devant abbaye de Coulombs ont été vendus pour être démolis, que déjà ils le sont en grande partie, que Téglise dans laquelle reposent les dépouilles mortelles de feu messire Léonard de Sahuguet d'Amarzit d*£spagnac, abbé commandataire de la ci-devant abbaye de Coulombs et fondateur de Thospice dudit lieu, renfermées dans un cercueil de plomb où elles ont été déposées dans les premiers jours d août 1781 est en pleine démolition, que la tombe même en marbre qui couvrait ses dépouilles en a été enlevée depuis longtemps et est restée entre les mains des acquéreurs des bâtiments, malgré les démarches et vives instances de messire Charles-Antoine-Léonard Sahuguet d'Amarzit d'Espagnac, neveu du défunt, auprès de M. Depréaux, premier acquéreur de ces bâtiments et celles également infructueuses qui ont été faites par M. le Maire et M. le desservant tant auprès dudit M. Depréaux qu'auprès de MM. les acquéreurs pour obtenir cette tombe et la placer dans Téglise paroissiale de Coulombs, n'ayant donc pas pu l'obtenir de M. Depréaux qui Ta vendue aux acquéreurs et ceux-ci ne voulant s'en dessaisir qu'en leur payant un très-haut prix quoique, par un esprit de cupidité dont on ne voit d'exemple que dans cette malheureuse révolution, ils l'aient déjà mutilée en enlevant les bandes de cuivre qui l'encadraient et en dégradant par le même motif quelques lettres de l'inscription, désirant néanmoins l'avoir en notre possession et donner cette marque publique de la reconnaissance de tous les habitants de Coulombs envers feu M. l'abbé d'£spagnac, fondateur de cet hospice et bienfaiteur de la commune, mus par nos propres sentiments et le vœu prononcé de tous les habitants de Coulombs et vu l'urgence à cause de la démolition rapide de l'Eglise, avons unanimement arrêté ce qui suit :

Art. L — M. le Maire est prié de vouloir bien faire, au nom de la commission et aux frais de l'hospice, l'acquisition de la tombe de feu M. l'abbé d'Espagnac que les acquéreurs veulent

vendre soixante-quinze francs, quoiqu'ils Tayent déjà mutilée, comme il est dit plus haut, et de faire son possible pour l'obtenir au prix de cinquante.

Art. il — Le cercueil de plomb renfermant les dépouilles mortelles de feu M. Tabbé d'Espagnac sera avec la permission des sieurs Noël et compagnie, acquéreurs des bâtiments de l'abbaye, exhumé de l'église de la ci-devant abbaye de Coulombs, où il est déposé, pour être transféré avec les cérémonies d'usage dans l'église paroissiale dudit lieu.

Art. IIL — Le cercueil sera déposé dans ladite église, dans la chapelle dite des Fonts. La commission de l'hospice et celle de la fabrique, regrettent de ne pouvoir à cause de plus grands frais, fort au-dessus de leurs moyens et de leurs pouvoirs, que cela occasionnerait, les déposer dans le chœur, où la tombe même placée sous les pieds n'aurait pu résister longtemps aux dégradations du temps.

Art. IV. — La tombe sera placée verticalement contre la muraille de ladite chapelle à la distance de deux à trois pieds de l'endroit où le cercueil sera déposé et de la manière dont il sera plus amplement parlé dans le procès-verbal qui sera dressé relativement à cette translation.

Art. V. — La commission de l'hospice s'entendra avec celle de la fabrique pour, par un motif de décence et par égard pour les dépouilles renfermées dans trois autres cercueils de plomb contenant celles de quelques membres de la famille de Brezé, dont on verra le détail dans le procès-verbal, et qui sont déposés dans le caveau de ladite église, profiter de cette occasion pour les transférer également dans l'église paroissiale.

Art. VI. — Le tout sera fait au nom et aux frais de l'hospice dont la dépense ne pourra néanmoins exéder au total la somme de quatre-vingts francs, y compris l'achat de la tombe de cinquante francs et son placement et les dépenses du service funèbre. M. le desservant secrétaire de l'hospice est chargé dé tout ce qui regarde l'exhumation, le service funèbre et autres cérémonies religieuses usitées en pareil cas et d'en dresser un procès-verbal constaté par plusieurs témoins.

16 iaiilSE PAROISSIALE DE COULOMBS

Les AfitiOLBB VU) VIII et IX de la présente délibération ont trait au service religieux et distribution de vivres aux pauvres pour honorer la mémoire de Tabbé d'Espagnac, bienfaiteur et fondateur de l'hospice de Coulombs (1).

En conséquence de cette délibération, M. Tabbé Amas, curé desbef vant de la paroisse, fit Tacquisition moyennant cinquante francs» è M. Noêl,de la pierre tumulaire de feu M. d'Espagnacet la fit tranaporter dans TEglise. Le 12 mars les sieurs Luc Léger, bedeau de la paroisse, et le sieur Cordon Jean, journalier^ se rendirent avec M. Amas à Tabbaye et se mirent à fouiller à Tendroit où la susdite tombe avait été déposée au milieu du chœur vis-àvis du maître-autel. A quatre ou cinq pieds de profondeur les deux ouvriers mirent à jour un cercueil de bois garni de ferrures, en partie consommé, dans lequel se trouvait un autre cercueil de plomb, sur lequel on trouva une petite plaque de cuivre soudée portant l'inscription suivante : « Cy-gist le corpi de méssire Léonaré de Sahugoei d'Efp^Lçnwc^ en son vivant tomeiller du Roy en sa coar dB Pûriemeni el grûnd chambre cTiceZ/e, r^pporlenr des affaires de U cour^ abbé eommandalairê des abbayes rt)yaiês de Noire-Dame de Coulombs ei de Ferriéres^ décédé le ^9 jniilel 4 7S1 à Vhge de 72 ans, Requiescai in pace, » Le cercueil en plomb était intact. Le 13 mars une fosse fût creusée au milieu de la chapelle des Fonts pour y déposer le cercueil de M. d'Espagnac, ie clergé précédé des frères de la Charité de la paroisse se rendirent processionnellement à Tabbaye pour y chercher le corps qui fût déposé au milieu de la chapelle des Fonts. Il y resta deux ans. Mk le marquis d'Espagnac, neveu de feu Tabbé, ayant té « moigné le désir que les dépouilles de son oncle fussent déposées dans le chœur de l'église, elles y furent transportées au bas de Tautet où elles sont encore actuellement et recouvertes d'une pierre tumulaire en marbre blanc bordée de marbre noir, ayant ay sommet les armes du défunt incrustées en cuivre iBt §w%uUik nn èroiaèantd'or surmontéd'une coquille de même etaccosté dé deux épéea posées en pal, le (ont d*or. Au-dessous ont lit rinscription suivante en lettres de cuivre :

(1) Archives de la mairie de Coulombs.

LiSR ParoIssiale de coulombs

Hic jacet

Leonardus de Sahuguet d'Amar2it

d'Espagnac

HqUES, m SUPREMA PARISlKNSt CuRIA

Prihoris decuri£ Senator clericus, tam recti pbrtinax teriqub ahans QuAM VARIA Doctrine supellectil^, vlt^ morumque gravitate probatissimus.

Regiorum edictorum Relator

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