ANCIENNE ÉGLISE SAINT-MAUBICB
d'où primiliveiQeDt dépendait le territoire de Lèves. (Voir page 30).
2* Première églisb paroissiale de Lèves,
ANNEXE DE SaINT-MaITRICE : LIMITES DE LA PAROISSE
I nous e.'caminons avec soin l'église actuelle de
Lèves, nous remarquerons du côté nord une
muraille en silex, percée de quatre fenêtres
en plein cintre, appuyée sur des contreforts à
peine saillants, en pierres taillée^, de 0.70
de largeur sur 0.25 d'épaisseur. Lafaçadeest
d'une maçonnerie identique; ajourée, en bas, par une
porte également romane, mais dont le tympan est une
pierre de taille formant linteau, et au-dessus d'une fenêtre
de même style que les premières. Trois autres fenêtres
ont été ouvertes depuis en 1889. Ces fenêtres avaient
2 mètres 30 de hauteur, sur 65 de largeur à l'extérieur,
pour s'évaser considérablement à l'intérieur, grâce à
l'épaisseur du mur ; c'est tout ce qui reste de la primitive
église. Celle-ci, relativement restreinte, se terminait par
un sanctuaire semi-circulaire un peu moins large que la
nef, et qui lui-même devait être éclairé par trois fenêtres
ou triplet symbolique, comme nous le constatons dans les
églises voisines de Saint-Pret et
de Jouy, également du XI l' siècle '
et demeurées intactes.
Cette chapelle, dont la petite gravure ci-jointe donne une idée exacte, était élevée dans les dépendances même du château de Lèves, et devait servir d'orïitoire privé aux seigneurs, qui, exempts de la juridiction paroissiale (1), pouvaient y faire exer-
(1) « Prêter Leugnrum dominum ejusque uxorem et filioa, 701 »ai jnrii Jtunf. » !AbM Métais, Cxrlal. de Jotaphat, ch. 11'.
cer, pour eux et leurs familiers, toutes les cérémonies du culte. Ils avaient le même privilège vis-à-vis de l'église abbatiale. Cet oratoire fut transformé pour les habitants de Lèves en une chapelle de secours, comme annexe de l'église paroissiale de Saint-Maurice, en conséquence de la transaction de 1120, relatée ci-dessus, entre les chanoines et les religieux de Sainte-Marie de Josaphat, par laquelle « les moines n'interromperoient aulcunement l'office de la paroisse Saint-Lazare, et que le curé auroit droit sur les personnes qui demeureroient dans leur cour, exceptez ceux qui sont à pain et à pot, comme Ton dit d'ordinaire (l) ».
La chapelle avait été dédiée à saint Lazare, le premier ressuscité, par une connexion d'idées avec Josaphat« vallée de la Résurrection, qui avait donné son nom à l'abbaye.
Les seigneurs de Lèves y assurèrent le. service divin, car en 1208, Geoffroy, seigneur de Lèves, de concert avec Marguerite sa femme, et leurs enfants Goslein, Jean et Agnès, assurent « aux prêtres, de Saint-Maurice de Chartres une rente annuelle de 3 muids d'hybernage sur la dime de Berchère la Maingot » pour faire le service dans la chapelle de Lèves : « pro servicio in capella Leugarum faciendo ».
Ils donnent également un demi-muid d'hybernage à l'Aumône de Lèves « Elemosine de Leugis », 20 sous à l'ab" baye de Josaphat, le jour de l'anniversaire de leur fils Philippe ; enfin un muîd de môme grain à un clerc nommé Nicholas, qu'ils avaient auprès d'eux, sans doute pour leur oratoire privé (2).
Outre l'existence de l'église, cette charte précieuse nous révèle, à cette époque reculée, l'établissement d'une Aumône ou Cfmritê, véritable bureau de bienfaisance pour les pauvres.
(1) Savart, Histoire de S^iaUUturicty et CàtluL de Jotàpfiàij cb. IL
(2) Cartulaire des Vaax de Cernay., p. 170.
Le service divin devait donc être célébré dans la chapelle de Lèves par les chanoines de Saint-Maurice. Pour satisfaire à cette obligation sacrée, « la paroisse Saint- Maurice avait deux curés, qui alternativement administroient Saint-Maurice et Saint-Lazare, chacun pendant une semaine ; et ils avoient à Lèves un vicaire qui demeuroit en la chapelle Saint- Lazare, lequel n'administroit les sacrements d'Extrême-Onction ni de mariage que par aveu de ses deux supérieurs et ne délivroit* aucun certificat ».
« Puis, le peuple augmentant, les deux curés s'ad visèrent de desservir eux-mêmes et changèrent tous les ans alternativement, jusqu'en Tan mil six cens vingt-deux, où le terme fut limité à trois ans, à cause de Tincommodite des paroissiens qui ne cognoissoient sitost ses pasteurs qu'ils les abandon noient ; mais comme la nature se perfectionne dans la suite des temps, ainsi il en est des ouvrages de la grâce. Messire Anthoinne Mallet et messire Jean Pintard, désirans cognoistre chacun ses ouailles^ comme de bons pasteurs, et pour coupper court à tous les différents qui pourroient' s'eslever dans les changements triennaires, fixèrent ces deux bénéfices de Saint- Maurice et de Saint-Lazare de Lèves, du consentement du Chapitre, avec l'approbation de Monseigneur Tévesque de Chartres, le tout confirmé par sentence du parlement, que les deux cures demeureroient divisées, le 4 de janvier 1670 (1). »
Le même auteur nous donne les limites de la paroisse dans ces temps reculés : « La juridiction du curé de Saint- Lazare s'estend sur le bourg de Lèves, Chavannes, la Roussière, le Bois de Lèves, la Ravaudièré, Gorget, Longsaulx, le Mousseau, partie d'Ouarville (2). Outre qu'il a tous
(1) Savart, Histoire de Saint 'Maurice,
(2) Le chapitre Saint-Maurice avait aussi droit de justice, haute et hasse sur tout ce territoire, auquel l'historien, dans un autre passage, ajoute la Mlhoue, qui aurait été également de la paroisse de Lèves et qui dépend au jourdliui de Cbamphol, puis Seresvi lie et Levesville.
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les droits curiaux dans la paroisse, le curé peut porter Taumusse (partie des ornements du chanoine), assister au chapitre, et reçoit les distributions comTne ancien chanoine de Téglise Saint-Maurice. Il entretient un vicaire avec lui pour l'administration des sacrements, d'autant que la paroisse est égalle à celle de Saint-Maurice. »
En un mot, d'abord simple chapelle de secours, puis annexe de Saint-Maurice, l'église de Lèves ne fut pleinement érigée en paroisse indépendante qu'en 1670.
Nous trouverons la preuve de ces modifications dans la liste des curés.
Les limites indiquées ne furent pas stables. Gorget, pourtant si rapproché de Lèves, -en a été détaché à une époque relativement récente. Les registres de catholicité, aux XVI r et XVIIP siècles, contiennent plusieurs mariages de jeunes filles habitant ce hameau. Le Fouillé de 1738 place* le château de Gorget, Crèches ou Craches, dans la dépendance de Lèves. Gorget est actuellement de Saint-Prest (1).
La Mihoue fut annexée à- Champhol, dont tout le territoire dans l'origine était également sous la juridiction du chapitre Saint-Maurice, et fut tardivement érigé en paroisse.
Séréville avait une chapelle de secours dédiée à la Madeleine. Cette circonstance indique bien une union intime avec la paroisse de Saint- Lazare, catégoriquement affirmée par l'historien de Saint-Maurice. A ce titre nous pouvons relater ici une particularité relative à cette chapelle dont il n'existe plus aucune trace.
« Le chapelain de la chapelle de la Magdeleine de Séréville, autrefois bastie dans le village de Séréville, devait
(1) Jadis les gens de Lèves ne semblent pas avoir s^rmpathisé avec leurs voisins et les appelaient les fourmis rouges de Saint-Prest : le venin de ces insectes étant plus cuisant que celui des fourmis noires. Ils n'étaient pas plus charitables pour les « bahuts de Mainviiliers », surnom donné par Henri IV pendant le siège de 1591 : un paysan lui ayant apporté un bahut pour un meuble utile quMI avait réclamé.
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être présenté au Chapitre de Saint-Maurice et esleu par les habitans dud. village comme estans les principaux fondateurs dicelle prieuré. Icelluy chapellain estoit obligé d'assister à la paroisse Saint-Maurice les fêtes et dimanches, toutesfois il estoit entretenu de messes dans sa prieuré de la Magdeleîne, laquelle n'avoit aucun autre revenu, et a esté abatue pendant les guerres. Le sieur de Brissonnet en fit transférer l'image dans son chasteau de Levesville, où il y fit ériger un auteL qui est encore à présent. C'est pourquoi le sieur de Maissac, sgr de Levesville, prétend exemption des dismes envers le Chapitre Saint-Maurice, disan parantiens tiltres que icelle chapelle avoit esté bastie du consentement des chevôciers, chanoines et curés, pour le soulagement de la paroisse Saint- Maurice, sur la terre de Levesville, qui estoit d'icelle paroisse, par sentence rendue le 13 de mars Tan 1671 (1). »
Par piété filiale, nous devons dire un mot de Téglise Saint-Maurice, qui fut jusqu'en 1670 le chef-lieu de la paroisse.
Fondée par S. Eman, elle était située dans la rue du Bourgneuf, à gauche, en sortant de Chartres. Son emplacement est reconnaissable à un mur ancien surmonté par un cordon de pierres taillées en larmier. Détruite au XIIP siècle, elle fut alors entièrement reconstruite. Elle était desservie par un collège de plusieurs chanoines, dont l'un comme nous l'avons dit, était curé de l'annexe de Saint-Lazare de Lèves, tout en conservant son droit aux insignes canoniaux.
Cette église était réputée par un pèlerinage à S. Biaise dont le corps reposait dans une crypte, avec ceux de S. Eman et de S. Pellegrin. La gravure ci-jointe (page 27), copie d'une peinture conservée au musée de Chartres, en donne une idée exacte, et représente un miracle obtenu par
(1) La fête de la Madeleine est devenue la fête patronale populaire de Lèves. Serait-ce par suite de cette antique union de Seréville avec son cheflieu.
l'intervention de la sainte Vierge, en présence de Cardin Binet, curé de Saint-Maurice en avril 1574. L'enfant de Jacqùette Maran, fervente catholique, et de Jehan Dubois, dit le Nattier vert, protestant, fut rendu à la vie ; son père, touché de cette faveur divine, se convertit au catholicisme et fonda la confrérie de Notre-Dame de Liesse. La représentation de l'église semble exacte, et telle qu'elle devait être après le siège de 1568, le prince de Ck)ndé ayant alors détruit la flèche qui surmontait la tour pour y placer ses canons.
Détruite à la Révolution, elle a complètement disparu avec sa crypte et sur son emplacement s'élèvent des maisons modernes.
Calvaire du bois de llvk;
(Voir page 411
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