PORTE RENAISSANCE DU BAS-CÔTÉ
[Voir page 54).
ÉGLISE ET PAROISSE ï<\
La date 1557 inscrite sur l'entrait d'honneur au-dessus du sanctuaire ne laisse d'ailleurs aucun doute sur Tépoque précise de l'achèvement de ces travaux (1).
3® Construction de la nef latérale et de la tour.
Les caractères architectoniques de la nef latérale sont bien précis. L'ogive apparaît encore, mais combien atténuée. Les arcs surbaissés, le plein cintre et les moulures adoucies de la renaissance supplantent les formes trop vives de l'art ogival. Aux fenêtres, les meneaux supportent des flammes arrondies, la voûte est ornée de pendentifs fleuris déjà bien apparents mais sans exagération ; les nervures de la voûte ont des moulures peu profondes et retombent sur des colonnes carrées dont les chapiteaux simples imitent quelque peu le style toscan.
Les grands arcs qui font communiquer ce latéral avec la grande nef conservent encore quelque chose de l'ogive. Nous sommes donc en plein style de transition.
Le style de la renaissance s'accentue pour les trois dernières travées; les fenêtres sont plus arrondies, la colonne ^ui supporte la retombée des deux derniers arcs est ronde avec un chapiteau formé d'un listel dont les angles sont ornés en dessous d'une rose bien sculptée.
A l'extérieur, le larmier est composé en dessous de moulures multiples, et non plus d'une rainure profonde creusée dans la corniche saillante ; la base des contreforts, pour cette dernière partie, n'est plus seulement une doucine renversée, mais elle comporte plusieurs rainures très accentuées, boudins et gorges, d'un profil très urmier élégant. {Voir page 48).
(1) Sur ce même entrait se lit encore le mot A. GVILAUME, nom sans doute de Thabile charpentier.. La voûte en bois, badigeonnée de chaux^ formait 5 pans.
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Le pignon de cette nef était ajouré en haut par une fenêtre à meneau semblable à celle du mur latéral, aujourd'hui transformée en oculus, et en bas d'une porte du plus pur style de la Renaissance. Les deux pieds droits sont terminés par un chapiteau fleuri, tandis que la clef du cintre offre une tête de lion profondément sculptée (page 51).
Evidemment cette dernière partie est de quelques années postérieure aux deux premières travées, dont les rosaces, les moulures, les contreforts sont plus semblables aux parties similaires du grand chœur.
A Textérieur, la toiture de cette basse nef se divise en cinq pignons aigus répondant aux cinq travées intérieures, selon Tusage pittoresque de cette époque.
L'ensemble de ce bas côté avec cinq fenêtres latérales et deux autres à chaque extrémité n'était pas moins gracieux que le sanctuaire. Dans ces dernières années, la fe" nôtre du pignon oriental a été murée et sert de niche à une statue de la sainte Vierge au-dessus d'un autel muni d'un haut rétable de style ogival, mais de conception toute moderne; l'autel primitif ne devait pas masquer ainsi la baie à peine construite.
Nul doute que ces 14 baies ogivales si lumineuses du chœur et de la nef latérale, comme les 5 fenêtres romanes de la grande nef, ne fussent munies de vitraux peints, au coloris si doux et au dessin si délicat; malheureusement la Révolution ne nous en a pas laissé le moindre vestige.
Il faut attribuer à la même époque de la prime renaissance la tour carrée du clocher, où nous remarquons les mêmes particularités que dans les deux premières travées du latéral. Le dessous de cette tour, voûtée avec nervures, comme la basse nef, était éclairé de deux fenêtres à meneau dont une seule est conservée intacte, au nord ; celle de l'orient est murée et en grande partie obstruée par un édicule du XVI IP siècle, servant primitivement de sacristie. On y a ménagé, lors de la dernière restauration.
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dans la partie supérieure, un oculus, plutôt déplacé. Le côté du couchant est accosté d'une tourelle d'escalier.
La date de cette tour, comme de la nef latérale, est donc la fin du XVP siècle. L'ensemble ne s'éloigne guère de
Ce clocher s'élevait peu au-dessus du faîtage aigu de la nef, et se terminait par une toiture en bâtière dont le profil bien proportionné avec l'ensemble de l'église, n'avait rien de disgracieux, comme on en peut juger par les gravures que nous en avons reproduites. (Voir page 139).
Il fut surélevé en 1871 et surchargé d'une cage carrée en. charpente, qui se termine par un petit clocheton octogone, plutôt prétentieux, en tout cas hors de proportion avec l'ensemble.
4** Statuaire.
Si tout le mobilier du XVI® siècle a disparu, du moins a-t-on conservé avec honneur une statue en pierre de la Vierge de cette époque. Marie se cambre légèrement pour soutenir son divin enfant qu'elle allaite ; elle est revêtue d'amples vêtements dont les plis sont bien drapés. La tête droite au visage finement dessiné porte une couronne adhérente, simple et légère. Cette statue mérite de fixer l'attention, malgré les peintures récentes qui la déforment plutôt, et son élévation exagérée qui empêche de l'apprécier à sa juste valeur (page 55).
Un autre groupe, placé dans le fond de la basse nef, est de la plus belle époque de la Renaissance. Une Vierge assise tient sur son bras son enfant presque nu, s'élançant vers une coupe remplie de dragées que lui présente un ange placé à droite, tandis que saint Jean-Baptiste semble vouloir retenir le divin enfant pour partager avec lui.
Le visage de la Vierge est d'une grande douceur et d'une beauté réelle, le regard souriant et heureux; le vête-
on SAINT-LAZARE DE LEVES
ment est richement drapé et d'une élégance recherchée. L'Enfant Jésus s'élance d'un geste très naturel et saint Jean aurait comme l'ange une pose irréprochable, si les jambes n'étaient pas quelque peu contournées.
Ce groupe était peint jadis et sous le dernier badigeon qui s'écaille, on aperçoit quelques traces de couleurs. Pourquoi ne lui avoir laissé sa teinte naturelle? Son caractère religieux ne laisse aucun doute, il fut donné il y a environ 50 ans, ou restitué plutôt à l'église, et malheureusement placé dans un très mauvais jour.
Nous ne connaissons pas à notre grand regret, ni les auteurs, ni les circonstances de ces travaux artistiques; mais, on n'en peut douter, la paroisse de Lèves avait alors une population nombreuse, d'une éducation parfaite, et grandement généreuse. Dès lors l'église de Saint-Lazare devait être réputée la plus belle de toutes les églises voisines de Chartres, comme elle en était la plus gracieusement située.
L'église fut certainement consacrée, et l'on voit encore au-dessus de la porte d'entrée une pierre de consécration, circonscrite dans un cercle, portant tous les caractères du XVP siècle.