VI. — Là Paroisse au XYIII^" siècle
Jean Blot, successeur de A. Mallet, apposait sa première signature comme curé le 28 janvier 1697, et la dernière le 3 décembre 1722. Nous n*avons pas retrouvé Tacte de sa sépulture.
Nous avons recueilli quelques détails sur son administration.
« Au mois de novembre 1698, a esté planté par les gagers Vormesse qui est au coing de Téglise, proche la grande porte, et a esté donnée par Etienne Montéage, receveur de la Grappe. » Cet arbre figure en efifet à cette place précise sur un plan de Lèves au XVIII* siècle.
Le 15 janvier 1699, il constate que Magdeleine, fille de Gilles Labbé, fut baptisée à Champhol « n'aiant pu être apportée dans cette paroisse, à cause des grandes eaux ». Pendant le rigoureux hiver 1709, les angoisses de ses paroissiens ont un écho dans son cœur : « Le 6 janvier 1709, écrit-il, la gelée a commencé et a continué arec tant de rigueur que tous les arbres fruitiers, surtout lea poiriers, pruniers, pêchers, amendiers, noyers, les lauriers roses et tous les arbrisseaux ont été perdus par ladite gelée, qui a été si violente qu il n'y a point eu de bled dans la paroisse, et n*en a pas été recueilli un septier dans toute l'étendue. Cependant quoiqu'il n'y eut pas beaucoup de bled ailleurs, il diminua toujours depuis le mois d'août 1709. On amenoit de Normandie du bled qui remplissoit le marché pour faire les semences; et le bled qui au commencement du mois d'août valloit 60 livres, diminua et se donnoit au mois d'octobre à 25 livres. Plusieurs bons laboureurs conservèrent de leur bled vieux pour faire leur semence. »
« J'ai fait, dit-il en 1711, transporter la clôture du cimetière qui commençoit au coing de Téglise et alloit joindre la muraillç du jardin appartenant à Jean Tronson, au-delà de la porte du presbytaire, du consentement des habitans et avec la permission verballe des supérieurs. »
Mais son œuvre principale fut la réfection du Grand Autel.
« Au commencement du mois de septembre 1715, a été posé le grand autel, ayant été contraint d'abattre un massif de vieille maçonnerie qui rendoit le salpêtre et qui par son humidité pourissoit les nappes et les paremens, surtout depuis les grandes eaux de Tannée 1710, qui montèrent à la hauteur de la première marche du marchepied dudit grand autel. »
Ce travail fut-il aussi heureux que semble le croire le vénérable curé ?
Celui qui disparaissait ainsi était évidemment du XVI® siècle, de l'époque même du grand chœur, par conséquent en architecture ogivale. Une masquait pas les belles fenêtres qui venaient d'être construites. M. Blotne respecta point cet ensemble de si bon goût, et fit élever un autel en bois avec rétable à colonnes de style grec, s'élevant jusqu'à la voûte. Il fallut pour l'établir aveugler une ou peut-être trois fenêtres du fond du sanctuaire.
Nous connaissons en effet cet autel, par les deux dessins ci-joints qui sont Tun le plan par terre de l'église et l'autre une coupe de Téglise, levés par un architecte, laissant apercevoir au fond l'autel de style grec avec son rétable, accosté à gauche et à droite par deux statues, et par le détail que nous en donne la vente du mobilier de l'église en 1794.
L'autel se composaient de 14 panneaux peints en gris (pour imiter le marbre, évidemment), de colonnes de bois peintes au bleu, et d'une corniche, dont la vente produisit plus de 50 livres.
Les boiseries du chœur, complément nécessaire du ré-