‹ Archives du diocèse de Chartres (volume 3)Chapitre 30 sur 55 · NOMS · texte numérisé non relu

NOMS

DES MAITKES

Guériii.

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Huard.

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M. Huard et D»* Pivard.

M. Cudey et D"* Rorliérienix.

M. et M»*« Cudey id M. 'Lhioreaii et J)"* fUot.

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Avant le certificat d*étucles, un examen de passage avait cependant eu lieu dans l'école le 27 mars 187^1.

Trente-deux élèves de 7 à 13 ans l'avaient subi en présence d'une commission composée de MM. Halle, délégué cantonal, Fromentin, maire de Hroué, Thirant, curé, Laroche, instituteur d'Abondant.

D'après les circulaires conservées dans nos archives, il semble que l'examen du certificat d'études a eu lîeu en •48(î9 pourla première fois dans l'arrondisf^ement de Dreux.

De 1869 à 1874, il n'exista que d'une façon intermittente. •De 1874 à 1880, on ne parla guère, en fait d'examens, que des concours cantonaux, d'arrondissement et départementaux.

La législation de ces concours fut variable et en 1879,

ils étaient précédés d'un examen dit du 5* mois, passé dans

•la classe par une commisaion identique à celle de 1874.

Une élève de l'école de Broué obtint, en I87<), des succès dans les concours susdits.

Jusqu'en 1882, Broué ne posséda qu'une école mixte.

C'est à cette époque qu'eut lieu la séparation des sexes.

L'école de lilles fut installée dans Tancienne école mixte et la construction nouvelle dont nous avons parlé plus haut, I ut affectée aux services d'une école spéciale aux garçons.

2t»4 BR<»rK

V — Le l^ersonnrl enseiffnant.

Le plus anrîen instituteur dont nous «'lyons pu retrouver le nom exerçait en I6S7.

A cette époque et jusqu'en 1781, le recrutement fut laissé aux soins du curé, et la nomination du personnel enseignant était tout entière à ragrément de Fautorité ecclésiastique.

Si Ton exigeait fort peu des maîtres de ce temps-là comme connaissances et si les titres de capacité faisaient complètement défaut, les traitements étaient peu élevés.

.< Dans cette paroisse, écrivait Tournois de Bonneval- < 1er vers I7H5, la condition a toujours varié. Il y a 6() et <{ même 80 ans, les maistres d'escholcs n'avaient que 16 à u 18 livres de la fabrique. Maréchal eut uii louis et on voit *. par les comptes qu'il arriva jusqu'à 1 escus, desavoirde « quelle authorité ?c est ce qu'on ignore, parce que cela « arriva à la fin des jours de M. Charpentier; mais en « 1758, il fut ordonné par Monseigneur qui fît sa visite « dans Broué, qu'ils auroient quarante livres. Hébert ob- '< tint des paroissiens, en 1764, qu'il auroit quarante cinq u livres, plus les herbes du cimetière, mais il étoit obligé (( de chanter nos offices régulièrement presque tous les « jours. La paroisse, outre cette condition, y joignit la '< charge de bedeau qui étoit payée en conséquence. »

« La condition actuelle du maistre d'eschole, avec tous H ses bénéfices, se monte à 450 livres si cela dure. »

(]e traitement comprenait le produit de deux legs.

l* « Par acte devant Fiacre François, notaire à Broué, '< en date.du 26 avril 1612, messire Guillaume Le Clavel- « lier, curé de Saint-André de Chartres, a légué à l'église « de Broué une pièce de terre d'une contenance de dix

K arpents au lieu dit les Agers ; laquelle église et fabrique « cri<:ellc sont ehargées

a De payer 20 sols au maistre trescholle dudit Broué (f pour chaque mois de Tannée, pour luy aider à instruire « la jeunesse, à la charge aussy que ledit maistre d'es- « chollé chantera touts les samedys de Tannée un Salve « Regina, avec Do pro/'undis devant Tautel de la sainte « Vierge avec ses escholliers et de sonner la cloche aupa- « ravant pour avertissement de laditte fondation. »

'ï" « Suivant testament de messire Robert Faguilon, « ancien principal du collège de Dreux, curé de Saint- « Pierre dudit Dreux, passé devant le sieur Thierrée, son « vicaire, en date du 24 mai 1627, il a été légué quatre « arpents de terre à Téglise et fabrique de Broué, à la « charge que les marguilliers paieront touts les mois dix « sols au maistre d'escholle dudit Broué, quy pour ce, sera '< tenu d'enseigner touts les samedys un précepte du dé- « caloiifue et une leçon de cathéchisme à touts les enfants « (|uy voudront y assister tant pauvres que riches en le- « glise dudit Broué^au son de la cloche, ou un autre ente droit qu'il plaira au sieur curé d'indiquer. »

« La délivrance en parchemin est passée devant Fiacre « François, notaire à Broué, le 22 juillet 1627. »

\ous avons signalé plus haut, pagie 2V2, la transaction de 1771 relative aux « nouvelles conditions pour les cscholes de la paroisse de Broué. »

Voici le texte des articles de cet acte en ce qui concerne le personnel enseignant.

« TnoisiÊsMEMENT, commc Tusage d'un maistred'eschole « en cette paroisse a varié plusieurs fois selon les temps, «< c'csl-à-dire selon la volonté des curés, de Monseigneur « Tévesque actuel ou selon la volonté des habitans, lesdits « habitans assemblés en ce lieu, en présence de monsieur

uKui:É (775 lô-f-*-'-) 3'i

266 BROUÉ

" le curé, authorise pour le présent et par la suitte que le « marguillicr en exercise paye à Nicolas Laisné ou à d'autre « par la suitte annuellement ou par quartier la somme « totale de soixante livres, sans qu'il soit besoin du nou- *< veau consentement par suitte des temps, pour laquelle ^' somme ledit maistre, luv et ses sucesseurs seront « obligés.

« 1* De sonner trois fois par jour Tangelusscavoir le ma- « tin, à midy et le soir, seulement les jours ouvrables.

a 2** De faire les cathéchismes dans l'église en y mons- « trant et enseignant les prières, les commandements de V Dieu et de l'Eglise, la doctrine chrétienne aux enfants « et surtout les préparant pour nos cathéchismes du di- « manche suivant; lequel cathéchisme sera deux fois par « semaine à onze heures du matin, scavoir le jeudv et le u samedy, annoncé par la grosse cloche, fini par le Dr " pvofuridis^ l'oremus Pro sacerdote di\ec le Salve Hef;i/ui " devant la Vierge, le tout selon la fondation de M. Robert « Faguilon.

« 3** Chantera touttes les grandes messes, stMviccs, salut K de caresmeet autres offices deTEglise sans qu'il puisse »« exiger autre somme que celle quy est mentionnée cy- « dessus.

<( V Qu'il baillera ^balaiera!, ornera, tiendra propre le u grand autel, le sanctuaire, le chœur les jours de din manches et festesde l'année, de plus qu'il nettoyera deux c/ fois par an ou plus selon la volonté du sieur curé, les •< chandeliers, grand et petit encensoir ou autres charges « exprimées ou non exprimées.

« 5'* Qu'il montrera et enseignera gratuitement à « quelques enfants des plus pauvres de la paroisse dési- •< gnés par le curé conjointement avec le marguillier en ^ charge.

BROUÉ 267

« Qi:ATRiKSMEMENT,Ieprévostactuel delaCharitédeBroiié « conjointement les frères de la ditte Charité assemblés à « la tablette de Téglise, le vendredy le cinq du présent mois « et de la présente année, ont consenty et consentent pour M le présent et par la suitte que le prévost en charge paye « au maistre d'esrholle la somme do six livres pour chan- « ter leurs jçrandes messes et services de la ditte Charité. »

« CiNQriESMEMENT, conseutcut aussy le raarguillier du u Saint-Rosaire et autres scavoir les marguilliersde laditte « fabrique, habitants, curé que ledit maistre reçoive dudit M marguillier du Rosaire, annuellement et pour toujours « la somme de treize livres pour chanter les services. « grandes messes du Rosaire les premier dimanche du « mois, assister aux processions lesdits jours, entretenir « proprement l'autel de la Vierge, fourbir les chandeliers, a balayer laditte chapelleries jours du dimanche et festes « de l'année, enfin lorner en temps et lieu. >»

« SixiESMEMENT, consentcnt aussy Ics dits habitants que i< le marguillier en charge de la fabrique de Broué paye a annuellement au maistre d'eschole la somme de vingt- « et-une livres pour monter régulièrement tous les jours « de Tannée à une heure convenable la grosse horloge de « laditte paroisse. »

« Enfin les dits habitants, marguilliers de la fabrique « et des confrairies ont consentie et consente que la cou- « dition du maistre d'eschole constaté en ce jour, de- « meure ferme, stable, perpétuel pour le présent et pour « toujours sans aucun changement sinon du consente- « ment général desdits habitants. Fait et passé au banc « de l'œuvre de laditte fabrique de Broué après lecture « faite de lacté en présence de Guillaume Prunier maru guillier en charge, du sieur Augustin Margrin, de André V Hébert, de Pierre Contet, de Gilles Oudard, de Tho-

208 BROUÉ

(( mas Dagron, de François Dagron, do Clamle Gilard, « de Louis Egasse sindic, de Jacques Prunier, de Gilles « Hébert, d'Kstîenne Prunier. »

En 1778, M. Tournois de Bonnevallet résume ainsi qu'il suit les émoluments touchés par Tinstituteur.

« Il a toujours eu pour le moins 70 enfans pandant « onze mois ; en les mettant chacun à 11 sols en conip- (i tant une miche de trois livres par mois, cela fait pour

« montrer aux enfants ^i28 livres

« de la fabrique . . . 78 »

« du Rosaire Ui >»

iK de la Charité. . -. (5 »

« de moy pour ramasser ma dixme. ... 20 »

« le loyer de sa maison 25 »

<( de moy une forte chartée de bois. . . 18 » u les enterrements !J »

Cela fait e:i tout ôl)! livres

Après 1789, le traitement de Tinstituteur fut moins considérable.

Le titre II ^ )J de la loi du M lloréal an X, disait (|ue le traitement des maîtres devait se comj)oser : 1" du logement 'fourni par la commune, 2" d*une rétribution fournie par les parents.

Jusqu'en 1828, la commune de Brouc votait une indemnité de logement de 75 francs et une autre de 25 francs à titre de gratification.

Lors de l'acquisition de la maison communale, ces indemnités furent supprimées sous prétexte que le jardin de Técole pouvait rapporter beaucoup plus qirc cette somme.

Jusque vers 1880, les instituteurs de Broué remplis-

BROUÉ 269

snient à Téglise les fonctions de chantre et jusqu'en 1885 ils furent chargés du soin de Thorloge communale. Leur traitement se composait donc 1° du traitement fixe déterminé par la loi, 2** de l'éventuel calculé d après le nombre d'élèves, V des diverses allocations afférentes aux services accessoires : secrétariat de la iiiairie, horloge, lutrin, etc. Depuis 1860, il fut voté un traitement pour le cours d'adultes et jusqu'en 1882 un supplément pour l'enseignement des travaux de couture.

Depuis 1889, le traitement des maîtres se compose du traitement légal payé par l'Etat, du supplément facultatif voté par la commune et pour l'instituteur seul, des traitements pour le cours d'adultes et le secrétariat de la mairie. Nous avons dit plus haut que nous avions pu recueillir à partir de l()37 les noms des instituteurs qui ont exercé à Broué. Kn voici la liste avec une courte notice biographique relative à chacun d'eux. Nous joignons à ces notices le fac-similé de la signature de (*haque maître.

I. — Kc;asse Jacqlks, 1(>37-I6^iO. — Il naquit à Broué le 21 avril 1594 du mariage de Guillaume Egasse le jeune et se maria le 31 janvier 1619 avec Marguerite Souillard. Il eut quatre enfants dont l'un, Charles Egasse était tabellion il Broué en 1656. Jaccjues Egasse cessa ses fonctions en 1640 et ne conserva que la charge de notaire.

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II. — Desjaiuïins Abel, 1652-1678. — Né vers 1620, il se maria le 18 février 1648 avec Philippe Maillier, veuve de

270 BRou^:

Nicolas Richard. II n'eut pas d'enfants et mourut en exer cice le 8 janvier 1678.

III. — Laval Jacques, IG78-I682. — On ne connaît ni la date, ni le lieu de sa naissance. II avait épousé Marguerite Fourré et en eut un fils qui naquit à Broué le 7 mai 1680. M. Laval quitta la commune en 1682,

IV. — Brenou Marin, 1682-1722. — M. Brenou est né à Broué le 6 juin 1656, du mariage de Marin Brenou et de Barbe M.... Use maria le 20 mai 1675 à Perrine Fosset et eut six enfants. Il mourut 19 septembre 1721.

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V. — Jean Denys, 1722-1726. — Mariéà Françoise Germain, il eut une fille, nommée Marie-Anne, née à Broué le 6 août 1722.

VI. — Desmarais Jean-Baptiste, 1726-1729. — Marié à Marie Lami, il eut une fille à Broué et quitta la commune après trois ans d'exercice.

BROUÉ 271

VII. — MARÉcirAL Rémi. 1737-1761. — « En Tannée 1737 (( Rémi Maréchal, natif de Prenais, fils de Charles et de « Marie Mohier est venu à Broué pour tenir les escholes « et a été agréé par les notabilités de la paroisse, quy « Font félicité do ses grandes connoissanccs sur la lec- « ture, récriture, le calcul et le plain-chant surtout, pour « lequel il estoit hors ligne. D après les rapports des an- « ciens, lorsqu'il chantoit au lutrin, il faisoit vibrer les « vitres des croisées. Il est mort à la (leur de l'âge, âgé de « 45 ans, le 10 mai 1761, regretté de toutte la paroisse. 11 a «( voulu la veille de sa mort, serrer la main à tous ses es- '< choliers. Il a exercé les fonctions de notaire qu'il eu- « muloit avec celles de maistre d'eschole. Il avait été un « des plus ardents et redoutables adversaires de M. le cf curé Delaselle. »

avec Jeanne \

curé Delaselle. »

De son mariage, 15 janvier 1736, à Broué, igneron, il avait eu cinq enfants.

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vin. — llÊBKRT Nicolas, 1761-1766. — Né à Mézières en Drouais du mariage de André Hébert et Marie Deschamps, il se maria une première fois le 6 juillet 1/62 avec Madeleine-Angélique Geffroy et une seconde fois le 2 février 1764 avec Marie-Anne Drouard.

.( Il succéda à Rémi Maréchal comme maistre d'eschole <i et comme notaire. A son arrivée on a commencé à lui « donner 45 livres pour chanter les messes et sonner les « angélus les jours ouvriers ; mais en 1766, voyant sa con- »< dition trop modique, remarquant que le nombre de « ses enfants diminuait considérablement à cause d'un

272 BiiouÉ

« nomme Bouchery, infirme de ses mains, qui s'ing-t^ra « de montrer les escholes, malgré les menaces du cure « et ledit Hébert s'en alla a la Haute Ville. »

IX. — Allain MiciiKL, 17G9-I771. — « Filsd'un maîstre i< d'eschole quy enseignait à Mczières, il fust luy-mesmc " obligé d'abandonner la paroisse à cause dudit Hou- « chery et d'un nommé Denis la Ferté de Marolles. »

a Ce mesme Bouchery fust mandé par le seigneur de « Badonville, sur nos remontrances, de venir rendre t' compte de sa science, mais la chose n'eust pas touttei? " les suittes que nous en espérions. »

« Pendant le siège de ce mauvais maistre on vit à notre u honte tous les enfants tomber dans l'ignorance des « sciences communes, ravageant, insultant, manquant « d'assister aux cathéchismes, et ne point assister aux K offices mais plutôt les troublant par des scandales, « ignorants dans touttes les instructions chrétiennes, cl « moy obligé de chanter moy-mesme les messes et aussy « d'autres charges — le vicaire, malgré l'acte de transac- « tion, refusant de les chanter — sans compter les offices « où les chantres manquaient d'assister, grandes messes t< des dimanches et des festes, elle estoient mal chantées ; « voilà les embarras où je me suis trouvé. »

« Enfin l'arrivée de M. TArchidiacre, informé de touts « ces désordres, en présence de touts les habitants en « sa dernière visitte du 20 septembre 1770, il interrogea (( ce Bouchery qui eût la hardiesse de s'y présenter, sur «( son chant quHl n'a jamais su, sur ses mœurs, sur sa

BRoué 27S

« capacité, sur son authorisatioii, à ce qu'il ne put ré- « pondre une seule parole. C'est pourquoy il jugea le « dit Bouchery comme un homme inepte, incapable de « montrer et défense luy fust faicte d'ouvrir publique- « ment les escholes, sinon destre poursuivi par les ri- «< gueurs du droit, dont le dit Bouchery s'étoit moqué, « l'ayant cité devant le bailly du lieu. » (l)

Allain se maria à Marie-Anne Laverge et en eut une fille née à Broué.

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X. — Laine Nicolas, 1771-1781. — Né à Méré, fils de Nicolas Laîné et de Catherine Barbier, il se maria le 8 juin 1773 avec Claire Françoise Louvet et eut cinq enfants.

« Ce fust sur ces entrefaites, écrit M. Tournois de Bon- « nevallet, que je lis venir un nommé Laîné, jeune, fort « et prudent pour l'instruction de la jeunesse, qui n'avait '< depuis longtemps été montrée, et quy a donné des '( marques de sa piété de son savoir. »>

M. Laine mourut le 10 janvier 1781 à lage de 34 ans.

« On peut dire avec vérité que ce maistre d eschoUe a « été pleuré générallement de tout le monde, par sa con- M duite, par sa piété et son assiduité à enseigner les

escholes, estant toutte la journée à montrer les escholes

et son serpent ; c'est sa faible complexion qui l'a telle- « ment épuisé que sa maladie est devenue incurable. »

«. Plusieurs bons maistres d escholes se sont présentés a pour avoir la place, mais Blondeau, natif de Broué, « âgé de 19 ans, a été préféré, attendu qu'il a promis de « ne se marier que dans 12 ans et d'élever les cinq petits

(ly Tournois de Bonnevallet.

■ROUÉ (775+15 c.) :J5

« enfants du défunt maistre d'e^chole, avec sa veuve, « qui est la sœur utérine dudit Jacques Blondeau, nou- « veau maistre d'eschole. »

M. Dagron Frédéric, dans sa notice %\xvV Instruction primaire avant 1790, insérée au Bulletin de la Société Archéologique (ï Eure-et-Loir, termine par ces mots :

« En la dite année 1781, après la mort de Nicolas Laîné, « Blondeau, son beau-(rère, jeune homme très estimable, « doué d'une bonne instruction, en considération de la «< promesse qu'il fit à M. le curé Tournois d'aider pendant « au moins 12 ans la veuve Laine, sa sœur, à élever ses « cinq enfants restés en bas-âge, a été agréé par les « notables. On peut dire à sa louange qu'il s'est dignement « acquitté de ses promesses et a élevé paternellement a ses neveux dont Taîné a été par la suite instituteur « à Prouais ; deux de ses petits neveux , petit-fds de « Nicolas Laîné, sont devenus par la science qu'ils ont « acquise, deux instituteurs distingués qui ont exercé « lesdites fonctions l'un pendant près de 30 ans à floudan « et Tautre pendant 33 ans à Broué, son pays natal.

« En ce jour (19 octobre 1875) trois arrière-petits-lils « et une arrière-petite-fîUe de Nicolas Laine sont encore « membres de l'instruction primaire, deux comme ins- « tituteurs en exercice et deux comme élèves de l'école « normale de Chartres. »

er Hommage soit rendu à la famille Laîné, ainsi qu a la « mémoire de M. Blondeau, leur bienfaiteur et protecteur, « qui les a fait instruire et qui les a encouragés à embras- « ser la carrière honorable de leurs ancêtres. »

BROUÉ 275

XI. — Blondeau jAcgtEs, 1781-1797. — Né à Broué le 22 avril 1762, (ils de Jacques, cabareticr, et de Marie Boucherie. Il se maria le 8 floréal an II (i7 avril 1792) avec Marie Louise Berranger. De ce mariage naquirent trois enfants dont Tun Jean-Jacques Blondeau , mourut à Chartres, chanoine titulaire, le 18 septembre 1858. L'école parait avoir été fermée pendant les troubles de la Terreur, car le 26 ventôse an II, M. Blondeau « ci-devant maître d'école à Broué » a demandé au conseil général de la commune l'autorisation de réouvrir sa classe. Il fut autorisé « comme étant d un civisme pur et de bonne vie et mœurs ». II joignait à ses fonctions d'instituteur, celles de secrétaire-greffier ; il dut abandonner ces dernières le 12 brumaire an III. Enfin, il quitta définitivement l'enseignement en 1797. Plus tard en i82''i,au dire des anciens il servit cependant de maître adjoint à son petit neveu Théodore Laîné.

XII. — Prunier Etienne, 1797-182^1. — Né à Broué le 22 janvier 1770, fils de Estienne Prunier, charron et de Marie Vigneron. 11 se maria le 27 nivôse an VI avec Marie Marguerite Geffroy et eut trois enfants. 11 cumulait les fonctions de maître d'école et de percepteur. Il quitta les premières en 1824 et conserva les autres jusqu'en 1830. Il avait été nommé percepteur le 2 messidor an XII. Il mourut à Tage de 76 ans le 22 février 1846.

276 BROUÉ

XIII. — Laînk Je.vn-B\ptiste-Théoi>ohk. 1824-1857. - Il naquit à Broué le 7 août 1808 du mariage de Simon Noël Laîné et de Agathe- Marie-Félicité Rousseau. H se maria le 22 septembre 1829 avec Marie-Catherine Laîné et en eut un fîisqui fut lui-même instituteur. Il exerça ses fonctions à Broué pendant 33 ans, et il dut quitter ce poste par suite de dénonciations calomnieuses. Nous palerons plus loin des délibérations et pétitions rédigées à son sujet. Il s'en alla à Saint-Oiren-Marchefroy on il mourut le 25 juillet 186^1.

XIV. — Martin Andhé-Guillai me, 1857- 1859. — Né à Paverolles en avril 1800, M. Martin eut une fille de son premier mariage. De son second mariage il eut quatn; (ils dont trois ont été instituteurs. L'aîné, Edouard Martin, exerça à Senantes, à Brou et à FaveroUes. Il était oflicier d académie. Son fils, Joseph Martin, son gendre, M. Thibault et sa petite-fille M***" Thibault font encore partie, en 1897, du personnel enseignant d'Kure-et-Loir. Le second, Emmanuel Martin, exerça à la Haute- Ville (Seine-et Oise) et il quitta renseignement. Enfin le troisième, Emile Martin, fut instituteur de Boutigny, Bii, Châteauneuf, etc. Il est aujourd'hui retraité à Marsauceux et sa fille est mariée à M. Blavot, instituteur à Chaudon.

M. Martin est le premier instituteur de Broué nommé par l'administration académique.

Voici le procès-verbal de son installation.

a Aujourd'hui samedi onze juillet mil huit-cent cinquante-sept.

a Nous Louis Aulet, maire de la commune de Broué, a canton d'Anet, arrondissement de Dreux, département a d'Eure-et-Loir, soussigné.

BROUÉ 277

fi \u la lettre de M. Tlnspecteur d'Académie, résidant d à Chartres, en date du l*"^ juillet, présent mois, par a laquelle il nous informe que le sieur Martin, institua leur public à Senantes, a été nommé au même titre à a Broué, en remplacement du sieur Laine.

« Vu l'arrivée dudit sieur Martin en notre commune à a la date du jeudi 9 juillet dernier.

a Avons installé ledit sieur Martin dans ses fonctions « d'instituteur public de la commune de Broué, procèsa verbal de cette installation a été écrit au registre des <( délibérations et une copie va en être immédiatement (( adressée à M. l'Inspecteur d'Académie à Chartres. »

Signé : Dablin, Porcheron, Legrand, Louis Aulet.

M. Martin quitta la commune le l*' octobre 1859 et s'en alla à La Sancelleon il obtint sa pension de retraite.

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XV. — HoBBE Louis-Antoink-Amédke, 1859-1865. — Né àOrroucr, en 183^^1, il se maria à Clémence-Julienne Appoline Bigot et eut trois enfants. Il arriva à Broué le ("octobre 1859. Le procès-verbal de son installation, inséré au registre des délibérations du conseil municipal, est conçu dans les mêmes termes que celui de 1857. Il contient en plus la mention de prestation de serment : « Je jure obéissance à la constitution et fidélité à l'empereur. >»

Après M. Laîné J.-B. plus connu sous le nom de Cadet Laine, M. Bobbe est celui des instituteurs de Broué qui a laissé le meilleur souvenir dans l'esprit de la population.

« Du temps de M. Bobbe », telle est l'expression populaire consacrée lorsqu'on parle des choses de l'école.

278 BROUÉ

M. Robbe, en effet, apporta des améliorations considérables dans le service de l'instruction à Broué.

L'école fut agrandie, le mobilier complété^ le jardin planté d'arbres, le préau construit. Le cours d'adultes fut institué, une distribution de prix fut créée pour récompenser les élèves et il organisa une société musicale qui égaya le village.

M. Robbe quitta la commune au mois de novembre 1865 et se retira à Brou où il se lit commerçant.

XVI. — MoNiHA Alexandrk-Au(;ustin, 1865-1872. — Né àOinville Saint-Liphard le 9 juillet I8;j5, M. Monira se maria à Joséphine Léonie Canuel et en eut une fille à Broué. Il exerça successivement les fonctions d'institutours à Crécy-Couvé puis à Broué. Il quitta renseignement le !•' octobre 1872 pour être secrétaire de mairie à Versailles.

XVII. — Rebolrs Jean-Louis-Ferdinand, 1872-1873. — Né à Mévoisins le 21 octobre 1831, M. Rebours fut instituteur à la Chapelle du Noyer, Châtaincourt, Beauche, Barjouville, Broué, Francourville, Clévilliers le Moutiers. Il semble avoir quitté renseignement vers 1879 et il est actuellement ( 1902) arpenteur-géomètre à Vernouillet.

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BROué 279

XVIII. — GuÉRiN Loin s- Auguste, 1873-1876. — M. Guérin est né à Jaudrais le 26 avril 1846. Il débuta comme titulaire à Pézy ; il exerça ensuite à Montigny sur Avre et fut nommé à Broué le 20 septembre 187S. M. Guérin fut le premier instituteur de Broué qui obtint des succès dans les examens : concours cantonaux, certificat d'études et admission à Técole normale. Il quitta Broué le 28 août 1876, fut instituteur d'Abondant pendant seize ans, passa ensuite à Tréon et il dirige actuellement (1902) Técole de Yèvres. Marié à Eugénie Poirier, de Belhomert, il eut une fille, mariée aujourd'hui à un instituteur. M. Guérin est titulaire de la médaille d'argent.

XIX. — HuAUD Jules-Alphonse, 1876-1884. — Né le 29 novembre 1848à Gironville, M. Huard épousa Clémence Lemoine et en eut un fils, aujourd'hui instituteur. 11 fit ses études à l'école normale de Chartres, fut placé comme maître adjoint le 18 janvier 1870, comme titulaire à Gilles le 19 avril 1871 ; à Montigny-sur-Avre le 1" octobre 1873 et à Broué le 28 août 1876. C'est pendant lexercice de M. Huard à Broué que fut construite Técole spéciale de garçons. Il quitta la commune le 2 avril 1884 et fut nommé à Saint-Lubin des Joncherets où il exerce encore aujourd'hui (1902). M. Huard est titulaire de la médaille de Bronze.

280 BROUK

XX. — ('uDKY Léon-Louis-Arsène, 1884-1886. — Xé à Pontgouin le 12 février 1862, (ils de Pierre-François C.udey et de Marguerite-Françoise-Elisabeth Boudet, il se maria le 10 juillet 1884 avec Clotilde Angéline Rochérieux, institutrice. Il fit SCS études à l'école normale de Chartres, exerça comme maître adjoint à La Loupe et à Nogent-le Hotrou et débuta comme titulaire à Broué le 2 avril 1884. Il quitta la commune le 2 octobre 188(î. Il fut depuis instituteur à La Puisaye, et à Saint-Piat. M. Gudey est titulaire de la mention honorable.

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XXI. — LH10REA.U Eugène-Frédéric, 1886-1893. — M. Lhioreau est né à Bazoches-les-Hautes, le 25 janvier 1837. Elève de Técole normale de Chartres, il débuta le l" octobre 1860 à Meslay-le-Grenet ; fut nommé à Chauffours le 26 mars 1861 ; à Santilly, le 17 novembre 1866 ; puis à Broué le 2 octobre 1886. Il quitta la commune le l" octobre 1893, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.

XXII. — MoREAU Lkon-Auguste, 1893. — Né à Cherisvje 25 mai 1863, fils de Louis-Auguste Moreau et de Victoire Augustinc Oudard ; il se maria le 24 septembre 1884 à Blanche Adèle Patin, native d'Oulins. Il entra à l'école normale de Chartres le l**" octobre 1878, exerça à Dreux comme maître adjoint du 11 décembre 1881 au 22 sep-

BROUÉ 281

tembrc IHM ; à Cruccy comme titulaire jusqu'au 28 août I81)S, date de sa nomination à Broué. M. Moreau est titulaire de la mention honorable.

Depuis 1882, il y a à Broué, une école de filles. Voici la liste des institutrices qui Tout dirigée depuis cette époque.

I. — PiVARD Angèle, 1882-1883. — Xée à Chartres le 24 mai 1862, M"* Pivard fit ses études à Técole normale de Chartres. Elle fut nommée institutrice- adjointe le i"' octobre 1880. Elle débuta ensuite comme intérimaire à Péronville le 24 avril 1882. Nommée titulaire à Broué le IT) septe:vibre 1882, elle quitta la commune le 7 septembre 1883. Elle exerça ensuite à Fontaine-la-Guyon.

11. - HocHÉHiËUx .Angkline Clotildk, 1883-1886. — M"* Rochérieux naquit à Ymonville le 20 décembre 1862 du mariage de Cyrille-Honoré Rochérieux et de Marie- Eglantine Silly. Elle entra à Técole normale de Chartres en 1879 et fut nommée institutrice-adjointe à Brou le 5 février 1883, puis titulaire à Broué le 7 septembre de la même année. Elle se maria le 10 juillet 1884 avec M. Cudey Lécm, instituteur, et quitta la commune le 2 octobre 1886. Elle exerça depuis à la Puisayeet à Saint-Piat.

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282 BROUÉ

III. — Blot Louise-Lucie-Alexandrine, 1886-1887. — Xée à Sorel-Moussel, le 17 janvier 186^i, fille de Alfred Blot instituteur et de Madeleine-Honorine Deshayes, M"'' Blot se maria le 12 novembre 1887 avec M. Compagnon KImire-Dorphile-Victor, instituteur à Germainville. Elle entra à l'école normale de Chartres en 1880, fut nommée adjointe à Sancheville, puis titulaire à Broué le H octobre 1886. KUe quitta renseignement lors de son mariage.

IV. — Martin IIortense-Marie-Louise, 1887. — M"® Martin est née à Bailleau-sous-Gallardon, le 3 septembre 1865 du mariage do .lean-Charles-Désiré Martin et de Louise- Victorine Drouet. Ellle entra à Técole normale de Chartres le 1** octobre 1881. Pourvue du brevet supérieur et du certificat d'aptitude à la direction des écoles maternelles, M"* Martin fut chargée en cette qualité, le 12 octobre 188^i, de diriger Técole maternelle qui venait d'être créée à Villemcux. Elle fut nommée le 5 novembre 1887 à Broué où elle exerce encore actuellement (1902).

5". — Les Anntwes de révot(\

1" CoiRS i)\iK LTEs. — Vi\ cours dcstiué aux adultes fut ouvert pour la première fois à Técole de Broué pendant riiiver 1861-1862.

Sur la demande de M. Robbe, instituteur, le conseil municipal a pris, dans sa séance du 10 novembre 1861, la délibération suivante :

HROUÉ 28B

a M. le président propose au conseil municipal d'accorder à Tinstituteur Tautorisation d'ouvrir dans son école une classe du soir pour les adultes ou apprentis, pendant l'hiver de I86i-I8tt2.

a Le conseil municipal, ayant entendu la proposition (n de M. le maire, a nommé pour son secrétaire, M. Dece laisse et a accordé à Tinstituteur Fautorisation ci-dessus oc mentionnée pourvu toutefois que Tinstituteur se coua forme au règlement qui nous a été communiqué. >»

a Fait et délibéré, etc.

Au bas, on lit :

« l/inspccteur p'""^ de Tarron* de Dreux est d'avis qu'il y a lieu d'autoriser M. Robhe, instituteur c*^ de Broué, à tenir une classe du soir en faveur des adultes.

Signé : Marre. )>

Nous n'avons pu trouver dans les archives le règlement dont il est question ci-dessus. Cependant d'après les dires des anciens élèves de ce cours, on s'y occupait surtout d'orthographe, de calcul, d'arpentage et du toisé des solides.

Le cours d'adultes inauguré en 1861 existe encore aujourd'hui et s'ouvre régulièrement chaque année pendant trois mois.

Il a toujours été gratuit pour les élèves et les frais qu'il nécessite sont supportés par la commune.

Le programme a peu varié depuis la création du cours. On y a ajouté depuis 1893 des leçons de musique vocale et instrumentale, et depuis 1896 des conférences avec projections lumineuses.

2" Bibliothèque scolaire. — La bibliothèque scolaire de l'école de Broué a été fondée le 15 juin 1871. La coni-

284 BROUÉ

mune fit Tacquisition d'une armoire-bibliothèque et de Il volumes.

Depuis cette époque, la bibliothèque s'est enrichie de nombreux volumes destinés aux élèves et aux familles.

La plupart furent acquis au moyen de subventions communales. D'autre furent concédés.

Le 25 août 1879, la bibliothèque obtenait une concession départementale de sept volumes et le 7 novembre de la même année, une concession ministérielle de quarante volumes.

Knfin de nouvelles concessions furent faites : par le département le 24 mai 1884, par le Ministère le HO novembre 1889.

Au 31 décembre 1896, la bibliothèque possédait 196 ouvrages, formant 203 volumes destinés à être prêtés aux familles.

3** Caisse des Kcoles. — Dès 1867, il fut question de créera Broué une caisse des écoles ; le conseil municipal, dans sa session d'août de ladite année s'y refusa.

hllle ne fut instituée ensuite que le 14 mai 1882 et dura peu.

Sur les instances de l'administration préfectorale, elle fut rétablie en 1896.

Son utilité est contestable à Broué où la fréquentation est excellente et où le service des fournitures gratuites aux indigents est assuré depuis longtemps par le bureau de bienfaisance et le budget communal.

4** Caisse d'épakgne scolaire. — Créée à l'école de Broué le 1'"^ octobre 1878, cette institution subsista jus- (|u'en 1884.

Le nombre total des livrets atteignit 41 et le chiffre des versements s'éleva à 1812 francs.

BRou^. 285

5" OuvRoiR. — Jusquen 1882, Técole de Broué étant mixte, il était annexé un ouvroir oii les petites filles recevaient les premières notions des travaux à Taiguille.

Cet ouvroir fut toujours dirigé par la femme de l'instituteur qui recevait, de ce fait, une petite rétribution.

6® Musées scolmrks. — Un musée scolaire fut créé en 1893 à Técole de garçons et installé dans une armoire qiîe la municipalité fit confectionner.

Kii 1895, M"* Martin en créa également un à l'école de filles et en réunit les différents échantillons dans Tarmoirebibliothèque qui y existait.

7" SociÉTKs AMICALES. — La société musicale de Broué, fondée par M. Moreau en 1893, ne comprend, sauf de rares exceptions, que les anciens élèves de Técole. C'est donc une véritable association amicale. Trois fois par semaine, pendant toute Tannée, sauf la période de vacances scolaires, nos jeunes gens viennent à l'école recevoir des leçons de musique vocale et instrumentale ; c'est autant d'heures qui seraient peut-être consacrées à des plaisirs plus malsains. Knfin les excursions faites à propos des concours sont des leçons de choses vécues d'où nos exécutants tirent le plus grand profit.

Kn 1901, M"" Martin institua une association amicale de jeunes filles qui comptent actuellement 18 adhérentes.

()". — La Surveillanvi' et le Patronage.

Avant 1830, la surveillance des écoles était dévolue tout entière au curé de la paroisse.

Nous avons déjà vu qu'en 1766, un certain Bouchery ûe voulant pas se soumettre au curé Tournois de Bonne-.

286 RROUK

valiet, celui-ci fit venir rarchidiacre qui interdit au dit Bouchery d'enseigner.

La loi du 28 juin 1833 créa auprès de chaque école communale un comité local de surveillance.

Ce comité était composé du maire, du cuvé et d'un ou plusieurs notables désignés par le comité d'arrondissement.

Ce dernier était divisé en délégations.

En 183^1, Broué faisait partie ^le la T*" délégation. Son délégué était M. Aulet Honoré, conseiller général à Marchezais.

Le 8 avril 1847, le comité local était ainsi constitué.

MiM. Leclair Charles-Honoré, maire ; Aulct Gilles- Charles, curé ; Aulet Jacques-Victor, )D/*o/>rfV7aiVtf ; Dagron Honoré, propriétaire ; Prunier Honoré- Alexandre, vultivateur.

Il remplaçait celui de 1834, qui se composait de MM. DablinJ.-B. maire \ Aulet Gilles, curé ;Masclet Simon médecin ; de Senarmont, propriétaire ; Besnard Nicolas, propriétaire.

La loi du 15 mars 1850 supprima ces comités et laissa la surveillance au maire et au curé auxquels elle adjoignit un délégué cantonal.

Les délégués cantonaux chargés de la surveillance de Técole de Broué furent successivement MM. Gaultier, Halle et Beillard.

La loi du 28 mars 1882 institua une commission municipale scolaire pour surveiller et encourager la fréquentation des écos.le

Il n'y eut jamais à Broué de patronage scolaire, et à part les deu X legs don t nous avons parlé à propos du traitement de l'instituteur, la commune se chargea toujours seule des dépenses nécessitées par le service de l'instruction primaire*

BROUÉ 287

Cette instruction progressa toujours et le nombre des illettrés est de moins en moins considérable. Les tableaux que nous dresserons au chapitre de la statistique tant pour les conscrits que pour les conjoints le démontreront suffisamment.

7". — Faits divers. — Documents. — Récits,

Nous avons déjà relaté, au fur et à mesure que les événements se produisaient dans leur ordre chronologique, les documents relatifs à ces événements. Nous n'y reviendrons pas.

Nous résumerons dans ce chapitre les récits d'enfance des personnes les plus âgées de la commune.

Une élève de 1 82^i raconte que si les récompenses étaient inconnues à Técole de Broué, les coups de baguette y étaient distribués sans parcimonie.

Les paresseux étaient exposés à la porte de la rue, la tète surmontée d'un bonnet d'âne aux gigantesques oreilles.

Un autre élève se souvient qu'un incorrigible fut un jour enfermé dans la cave qui servait de cachot noir.

Une fois là, il ne trouva rien de plus amusant que d'ouvrir les robinets de tous les tonneaux, et quand le maître revint pour délivrer son prisonnier, il ne put que constater retendue du dégât.

11 s'arma alors du battoir dont se servait sa femme pour battre le linge, et, avec cet instrument, il administra à l'intrépide une vigoureuse fessée.

« Il fallait porter son bois en hiver, nous dit une élève de Marolles, mais comme un morceau de bois sous le bras nous aurait trop gênés le long du chemin, on ne prenait

288 HRouf:

rien chez soi et on arrachait les piquets et les planches qui servaient de clôture aux jardins de Broué. »

Les jeux usités autrefois étaient sensiblement les mêmes que ceux d'aujourd'hui.

Les filles jouaient à Rabote un, jeu aujourd'hui disparu ; à la classe (la marelle actuelle) ; aux osselets ; à colinmaillard et aux rondes.

Les garçons se livraient aux mêmes jeux, puis au saut de mouton, à la course, etc. llschantaient dans les rondes avec les petites filles.

Il était de tradition autrefois, et ceci jusqu'en 1857, de fêter le mardi-gras.

Chaque garçon apportait à Técole, le matin, un mardigras, sorte de mannequin en bois entouré de paille.

A la sortie de miili, tous les enfants promenaient leurs bonshommes depaille danslesrues du village enchantant :

Mardi-gras, N't'eii va pas, JTerons des crêpes, Tu en mangeras.

Le cortège se grossissait des jeunes gens de 13 à 18 ans et on se rendait dans la sablière cou)munale pour brûler les mardi-gras.

Les garçons plantaient en terre leurs bonshommes de paille, les filles apportaient des feuilles sèches à pleins tabliers et le feu était allumé.

Tous dansaient en rond autourdu feu de joie en chantant des refrains de circonstance.

dette coutume dura jusqu'au départ de M. Laîné.

A l'occasion de ce départ, nous avons retrouvé quelques documents que nous allons résumer succin<*tement.

Le premier est une supplicjue adressée parles habitants de Broué à M"" levêque de Chartres.

BROUfe

Ils exposent les ennuis créés à M. Laîné, alors sacristain, par la jalousie de la femme du bedeau qui avait obtenu la révocation de M. Latné comme sacristain et de M"' Laîné comme blanchisseuse des linges de l'église.

Le second document est une délibération du conseil municipal en date du 3 mai 1857, qui proteste contre l'arrêté préfectoral du 29 avril de la même année, nommant M. Latné comme instituteur aux l^tilleux dans le Perche.

Le conseil rappelle les services rendusdepuîs trente-trois ans parM. Laîné à laconimunede Broué, les marques d'estime de plusieurs maires et curés qui avaient administré la paroisse pendant ce laps de temps, et Tinanité des griefs formulés contre cet instituteur.

Ces protestations eurent pour résultat de lui faire donner la place de Saint-Ouen Marchefroy, meilleure et beaucoup moins éloignée de Broué que lé petit poste qui lui avait été assigné.

8**. — Statistique.

l* Fréquentation des classes du jour, — Nous avons déjà donné page 258, un tableau présentant Tétatde la fréquentation scolaire depuis 1860, état dressé au moyen des renseignements puisés dans les archives de Técole.

Nous le compléterons par le cadre ci-dessous qui est dressé d'après les renseignements fournis oralement par les élèves qui ont fréquenté Técole aux époques indiquées.

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2* Fréf/ueniaiion des cours dadulics.

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3" Résultais des examens. — Le tableau indiquant ces résultats a déjà été dressé page 262.

'i* Proportion des illettrés. — (l* Parmi les conscritsk

Les tableaux relatifs à la fréquentation nous montrent que, de tout temps, elle a toujours été assez régulière à Broué.

Il en résulte que Ytya a fort peu d'illettrés à compter dans la commune.

Le cadre ci-dessous nous donne le nombre des conscrits de fan XIII à nos jours, et celui des illettrés.

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