‹ Archives du diocèse de Chartres (volume 3)Chapitre 37 sur 55 · STATISTIQUE · texte numérisé non relu

STATISTIQUE

I". — Agriculture .

ots avons raconté plus haut quel était Tétat de l'agriculture -à Broué pendant le moyen-âge.

On peut dire qu'elle resta stationnaire et adonnée a la routine jusqu'au commencement de ce siècle.

Les céréales seules y étaient cultivées. Les prairies artificielles y étaient presque inconnues.

Jusqu'à l'époque du morcellement de la propriété foncière, l'assolement était régulièrement triennal : blé, avoine et jachère.

On ne cultivait point les racines fourragères, mais en revanche on rencontrait des champs de colza.

L'outillage agricole était rudimentaire. La charrue, toute en bois, n'avait que le soc en fait de pièce métallique.

La première charrue en fonte fut introduite à Broué en 1848 par Aulet Pierre-Eugène.

Depuis, la fabrication de cet instrument s'est perfectionnée à Broué et les charrues sorties des ateliers des Fromentin, des Letellier et des Gautier, sont répandues aujourd'hui à dix lieues à la ronde.

C'est vers 1840 que la faux fut substituée à la faucille

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pour couper les céréales ; enfin c'est vers 1850 qu'apparut dans la commune la première batteuse mécanique.

Depuis cette époque, Toutillage agricole s'est de plus en plus amélioré et aujourd'hui toute exploitation, même de moyenne importance, possède des outils que perfectionne de jour en jour la mécanique agricole.

L'assolement a quelque peu varié. On cultive aujourd'hui beaucoup de fourrages et la betterave a remplacé le colza. Depuis quelques années, M. Maréchal, cultivateur à Badonville, a introduit dans son exploitation la culture des betteraves et des carottes pour en récolter les graines.

2"* — Commerce,

La commune de Broué étant essentiellement agricole, son principal commerce consiste dans l'écoulement des produits de son sol et des animaux nourris chez le cultivateur.

Les seuls artisans qu'on y rencontre sont : le maçon, le menuisier, le charron, le maréchal et le serrurier.

Autrefois il y avait des drapiers, des tisserands, des tailleurs, des guêtriers, des charcutiers, des boulangers, des bourreliers, des cordonniers, des cardeurs, des taupiers, des bonnetiers, des basestamiers, des tuiliers, des tourneurs, des charpentiers, des cordiers, indépendamment de ceux que nous venons de citer.

Le salaire des ouvriers a bien varié.

Un charretier qui gagne aujourd'hui 600 francs recevait 250 fr. il y a un demi-siècle.

Un berger gagnait 300 fr. ; un batteur, 22 sous par jour ; une servante, 50 écus par an ; une femme de journée, 12 sous ; une couturière gagnait 12 sous et une laveuse en recevait 15.

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Un maître charpentier ou maçon gagnait 45 sous et un ouvrier 25 sous.

Si les salaires étaient peu élevés^ le prix des denrées était peu considérable.

Une paire de sabots coûtait 8 sous ; un pantalon, 40 sous. Et si nous sommes loin de Tépoque où un mouton entier revenait à 5 sous, on pouvait encore se procurer :

Du beurre à 1 7 sous la livre.

Des œufs à 8 sous la douzaine.

Du lard à 8 ou 10 sous la livre.

Du bœuf au même prix.

Un gigot de mouton pour 8 sous.

En revanche le sucre était un objet de luxe qui se vendait 6 francs la livre.

En 1595 le blé valait 5 écus le setier et au mois de mai il a monté à 7 écus.

L'avoine a varié de 25 à 34 sols.

Au mois de mai 1752, le blé a valu S5 et 36 livres la somme et le vin 20 écus la queue.

En juin 1785, le blé valait 30 livres le setier et Tavoine 4 livres 15 sols le minot. Le foin se vendait 60 livres les 100 bottes pesant 6 livres.

Le vin coûtait de 12 à 14 livres le poinçon.

En 1710, M. Aulet, fermier de Badonville louait un berger et un charretier pour 24 écus chacun.

En 1807, les pommes se vendaient de 30 à 40 sols le poinçon et le vin 4 sols la bouteille.

En mars 1812, le pain valait 5 à 6 sols la livre, le blé 72 francs le setier et le vin 40 francs le poinçon.

Au mois de mai de la même année, le blé monta jusqu'à 120 francs le sac.

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:\o Viabilité.

Si le commerce était moins actif qu'aujourd'hui, les moyens de communication étaient aussi bien moins commodes.

Les chemins étaient peu nombreux sur la commune et en mauvais état d entretien.

La grande route fut construite en 1710 et pavée en 1715 (1). Elle remplaçait l'ancien chemin de Paris dont on voit encore les traces.

Le :?7 décembre 1791, l'assemblée municipale, sur l'injonction qui lui en a été faite par le sieur Etienne Damard, conducteur des routes, décida de faire réparer immédiatement ses chemins les plus impraticables qui étaient ceux de Broué à la Chapelle, de Marolles à Germainville, et de Marolles à Havelu.

Par arrêté préfectoral du 20 pluviôse an XI les communes furent invitées à voter la conservation ou la suppression de leurs chemins et sentiers.

Le conseil municipal de Broué décida que les chemins seraient conservés mais que le» sentiers ci-dessous seraient supprimés :

1® le chemin, au-delà de Marolles, allant du chemin de Chartres au chemin de Marolles à Marcherais ;

2* le passage sur les terres dites de la Madeleine, entre Marolles et Marchezais ;

3" le sentier qui va du chemin de Mantes au chemin de Marolles à Badonville ;

4* la sente aux Pauvres ;

5* la sente de la Drouetterie.

(1) KUe fut dépavée eu L9<)0 et iiK)l

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Cette délibération ne reçut pas sa complète exécution car une partie des sentiers susdits existent encore actuellement.

Dans sa séance du 9 octobre 1825, le conseil a fixé ainsi qu'il suit les chemins de la commune :

X'*' l. de Bu à Nogent-lc-Roi, 3890 mètres ou 1997 toises ;

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