‹ Archives du diocèse de Chartres (volume 4)Chapitre 8 sur 63 · IV. — Le Vieux Clocher pendant la Révolution · texte numérisé non relu

IV. — Le Vieux Clocher pendant la Révolution

Le Vieux Clocher ne fit plus parler de lui jusqu'à la Révolution, Si la Cathédrale, un instant menacée, fut sauvée de la destruc* tion, les croix de nos clochers devaient disparaître.

Le 22 octobre 1793, le conseil municipal donnait l'ordre pour que M le lendemain la croix et les autres signes du culte fussent détruits *. La difhculté d'exécuter cette suppression sur les flèches, fit sans doute retarder ce travail. Si les croix ne furent pas alors détruite, on les dissimula du moins sous d^autres em-

LR CLOCHER VIBUX DB CHARTRES

blêmes. En effet sur le clocher neuf avait été hissé un hideux bonnet rouge et un drapeau en fer sur le clocher vieux.

Ils lurent enlevés en vertu ci une décision de la municipalité, sur la motion de Pétion. le 12 prairial an V (31 juillet 1797). Cette décision fut transmise au ainseil de fabrique par la lettre sai vante :

• Le jour de dimanche 16 prairial l'an 5, le citoyen Masson a fait lecture et mis sur le bureau, une lettre dattée du jour d'hier k son adresse, signée Du Mus, la Holêre et Richer, officiers municipaux de cette commune, il a requis que copie d'elle soit annexée au registre des délibérations, et que Toriginal en soit déposé au secrétariat ; en conséquence le secrétaire a copié la ditte lettre, comme il suit et en a déposé l'original dans le carton des dépôts.

« Chartres, 15 prairial 5* de la République Française.

Liberté, £galité,

« L'administration municipale de la commune de Chartres au citoyen Masson Foreau à Chartres.

« Nous vous invitons, citoyen, à prévenir les citoyens de cette commune qui exercent le culte dans la ci devant cathédralle, de faire enlever le plutôt possible de dessus ia croix du clocher neuf le bonet rouge qui le couvre.

« La carcasse en fer qui se trouve présentement sur le clocher vieux, à laquelle était attaché le drapeau. I ébranle.nent et le poids île cette carcasse pouront endomager l'édifice. Et de faire détacher de l'éguille du cadran de l'horloge le bnnet rouge qu'on y a ajouté, tous ces objets rapelants un régime justement détesté, celui de la lern-ur, il convient de les faire disparoîtrc pour jamais ; veuillez nous accuser la réception de la présente et nous instruire de ce qui aura été fait à cet égard

Salut et fraternité.

Signez : Ounnus, La \loière et Richer.

Mais un retour offensif contre Ja religion devait aller plus loin que la Terreur même de 1794.

«» Lea frimaire an V, (2lt novembre 1797;, la municipalité ar-

LB CLOCRER ViEVX DB CHARTRES

réte que les signes extérieurs placés sur les deux clochers de la principale église ^c.-a.-d. les croix) seront enlevés sans délai. »

Un charpentier, Jacques Lefèvre, consentit pour 2S0 livres à exécuter cette besogne, aussi dangereuse qu'elle était odieuse.

Il dût se restreindre à couper les bras des deux croix ; il replaça sans doute aussi le bonnet rouge sur le grand docher* car, au mois de juin 1802, le couvreur Antoine procéda de nouveau à l'eDlèveroent de ce signe de sang et de terreur.

La croix ne fut rétablie- qu'en juillet islH l,e conseil de f:^ brique prit alors, le dimnnchc 'i la di'libi'ration suivante : « Un membre du bureau a représente que ptrulani la Révolution on avait coupé les bras de la croix en fer qui eiail sur lo grand clocher, afin de faire disparaître de l'église tous les signes extérieurs du Christianisme, de manière qu'il ne reste plus que le corps de cette croix, présentant k l'œil une barre de fnr verticale ; ce qui est ridicule et peu décent, que toutes les églises de la chrétienté portent sur leur clocher le signe de la croix, ainsi il propose de foire placer des bras à cette croix.

« Le conseil a autorisé le bureau à faire cette opération sur le devis que préalablement il en fera dresser.

«< Les membres présents on signé : Maillard ^curé), Dauphinot. de Gogué, Claye, Chi vard, de Chavrigny. Coubré, Masson. £n effet sur le bras de croix on lit l'inscription suivante :

A. J. M. M. 1) D Sr-AFRIQUE M DAUPHINOT 1. r MASSON TOUT TROIS ADMIMS I HATEURS DE L'ÉGLISE AUGUSTIN MAILLARD. CURÉ

DESIRET, VRE Vicatrel) FAIT PARAGOi SERRURIE LE U AOUT 18ia.

LB CLUCHKR VIEUX Dlî CUARTEfiS

Reslauratioa de IU03-1904.

La catastrophe du campanile de Venise, arrivée le 14 juillet 1902, à 9 h, 1/2 du matin, ût aussitôt jeter les yeux sur les spleadîdes flèches de la Cathédrale de Chartres. Nos vigilants archit^est M. Selmersheim tout particulièrement, n'avaient pas attendu ce déMstre pour s'inquiéter de Tétat délabré de la pointe du Clocher vieux. Déjà en 4900, sur l'ordre de cet architecte, un ouvrier audacieux, coutumier de pareils exploits (1), était monté par l'ouverture pratiquée à la cime du clocher d'où Ton atteint Téchella en fer qui de là conduit jusqu'au pied de la crmx. « Les échelles et éeoperches » qui avaient facilité cette ascension en 1680 et en i7oi\ avaient été consumées dans l'incendie de 1836.

Le résultat de la visite n'était pas douteux, et la restauration dê la pyramide fut dès lors décidée en principe. Mais les travaux de la réédification du porche sud n'étaient pas terminés. Le terrible accident de Venise a pu jeter le trouble dans r*'«;prtt de quelques Chartrains, quelques articles de journaux exprimèrent ces craintes, mais il serait faux de croire que la chute du campanile de S. Marc, aurait en quelque sorte obligé les autorités à tenir compte des plaintes qu'on ne cessait de faire depuis longtemps au sujet de cette flèche ; c'est à peine si les travaux en furent hâtes de quelques jours. •

C'est au milieu de déœmbre 1902 que la constmctim d'un éebafaud fut commencée : « Le sommet de la flèche était désagrégé sur une hauteur de 10 mètres comportant 30 assises; la plupart des pierres étaient fendues, éclatées sous l'action des ferrements disposés au XVIII* siècle pour les maintenir et fixer la croix. »

• La restauration effectuée en 1754, ajoute le rapport, avait employé une nature de pierre différente de celle composant les 153 assises inférieures. Cette substitution se dévoilait au regard, car les 90 assises du sommet avaient pris une patine différente très appareote. »

(1) Chaque année il accepte sans hésitation de hisser un drapeau nnx couicùra de U Viefg* à la croix du clocher aeuf. le jour du pèlerinage diocétaio.

LE CLOCtiËH VIEUX DE CHARTRES

Cette reprise est très yîsîble sur les deux gravures Pl. Il et III, et il est à remarquer d'ailleurs que la direction des arêtes change alors, et semble se redresser, comme on peut le constater facile^ ment, sbrtout du côté droit, par l'application d'une r^le sur ia

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