CHAPITRE IV
Sommaire. — Un çrrata monstre. — Calembourg d'entomologiste. - — Lettre d'un confrère à son jeune ami. — Les préludes d'un placard. — Les choses agréables et les choses désagréables de M. Guérin-Méneville. — Le post-sa-ipium d'une lettre du même. — Il est pour la première fois question d'un arrancjemcnt. — La branche d'olivier et le glaive. — Je persévère dans mon endurcissement. — Avant cette détermination, j'éprouve un remords. — Pourquoi? — Le seul arrangement qui convint à ma dignité. — Nous nous adressons à des arbitres. — Sentence prononcée par eux. — Elle a le malheur de n'être pas du goût de JL Guérin- Méneville.
Je crois avoir répoiulii à toutes les accusations de l'article de M. Guérin-Méneville. C'est l'histoire de l'article lui-même qui est une chose curieuse.
« Rentrez un instant chez moi, faites cet effort, il ne s'agit pas seulement d'un errata monstre, mais bien de choses qui peuvent vous être agréables ou qui peuvent faire le contraire. La chose presse, car ma Revue va être sous presse. »
Ainsi m'écrivait M. Guérin le 29 octobre de l'année dernière. Passons sur le calembourg qui termine ce paragraphe. J'aime à croire que mon adversaire est ordinairement mieux inspiré, mais de quelles choses agréables pouvait-il être question? Je l'ignore encore. Quant au reste, c'était évidemment l'article qui montrait déjà le bout de l'oreille.
EN'TOMOI.Or.lQUKS. 359
Le 14 iiovembro, nouvelle lettre plus pressante ; dans la première, je n'étais que le cherconfrire de M. Guérin; dans celle-ci, il m'appelle son jeune ami :
« Avant (le me décider ;i imblier des choses qui ne peuvent vous être agréables, j'ai attendu jusqu'au dernier moment, retardant même outre mesure l'apparition de ma Revue zoologiqur pour vous donner le temps.
Venez me voir demain dimanche, et arratigeons-noits convena-
ment 11 va sans dire que nous pouvons arranger les choses de
manière à ce que votre dignité et votre amour-propre soient tout à fait sauvegardés dans l'arrangement qui pourra intervenir entre nous. »
Cette dernière phrase formait le post scriptutn de la lettre à laquelle était jointe la copie manuscrite de l'article auquel je viens de répondre. Ainsi, le paternel M. Guérin se présentait tenant d'une main la branche d'olivier, de l'autre le glaive.
Le remords bien naturel de retarder l'apparition de la lîevue zooloçjique est le seul sentiment, je l'avoue, que m'ait fait éprouver la lecture des épîtres de M. Guérin. Malgré toutes les avances de cet homme longanime, j'ai persévéré dans mon endurcissement. Le seul arrangement qui convînt à ma dignité, était une bonne et valable sentence d'arbitres comme celle que j'ai obtenue, et qui n'a pas eu le bonheur de contenter mon adversaire, comme on le verra dans le chapitre suivant.