NOTIONS HISTORIQUES SUR MONTDIDIER
543. Naissance à Montdidier de la célèbre Frédégonde. — XV siècle. Montdidier fait partie des possessions des comtes de Pontbien et de Montreuil. — 1H5. L*évèque Geoffiroy tient un synode général à Montdidier. — Avant 4i30. Fondation de treize prébendes dans le prieuré de Notre-Dame. — 4130. Une charte de Simon de Vermandois , évéque de Noyon , fait mention à celte date de Hugues des Payens , né à Montdidier, premier grand-maître de Tordre des Templiers. — Avant 1145. Les titres font déjà mention de l'église paroissiale du Saint-Sépulcre, — Avant 1146. Il est question à cette date de Téglise paroissiale de Saint-Pierre. — 1146. Thierrj^ évéque d'Amiens, conGrme les droits du prieuré de Notre-Dame sur l'église paroissiale de Saint-Médard. — 1146. Une charte du même évéque fait mention de l'église de Saint-Martin qui portait en ce temps- là le nom ûeFurcellicourt. — 1185. Il y avait alors un hôpital à Montdidier dans le Faubourg de Paris. On y recevait les pèlerins et les pauvres. — 1194. Philippe- Auguste réunit Montdidier à la Couronne et fait démolir la forteresse bâtie par les comtes de HaUdidier. — 1195. Ce prince octroie une charte communale alix bourgeois. — 1105. L'échevinage règle que tous les habitants feront les pâques commenieulr (communion pascale.) — Vers 1200. Philippe-Auguste donne l'ordre de construire à Montdidier une enceinte fortifiée. — 1213. On ignore l'époque précise où l'hdtel-Dien fut fondé. Le pape Innocent III approuva ses statuts en 1213. — Vers 1216. Fondation de ta Maladrerie et de la chapelle de la Madeleine. — 1297. Philippe-le-Bel confirme les privilèges de Montdidier par nne charte datée de Compiègne. — 1298. Geillaume de Hangest , trésorier de France , fonde un second hôpital à Montdidier. Pour consacrer la mémoire de ce bienfait , cet établissement reçut le nom û^Hôpital- Trésorier, — 1368. Mort de célèbre Robert le Coq, né à Montdidier ,'4ftéqae de Laon. On sait qu'il prit une part active aux troubles qui agitèrent le royaame pendant le XIV<^ siècle. — 1370. Les historiens placent i cette date la mort d'Aubry de Montdidier, assassiné par le chevalier Macaire dans la forêt de Rondy. Le combat singulier dont ce meartre fut Poccasion a été reprodait par Montfaacon dans
moulins; les droits de vignoble et de chainpart; diverses redevances en avoine et en cire ; les cens et censives; enfin, les anguilles de la rivière que le roi ne veut se réserver que pour le temps qu'il viendrait passer dans son château de Montdidier. Philippe-Auguste réserve aussi la prévôté et l'institution de sept officiers royaux qui ne relèveront point de la commune. Une autre disposition s'applique au prévôt de Rogon de la
Monuments de la monarchie française. — 1383. Charles VI vient à Montdidier. — i4ii. Jean -sans- Penr, duc de Bourgogne, s*enpare de cette Tille. — 1413. Charles VI reprend Montdidier. Ce prince y convoque en armes la noblesse du bailliage d'Amiens. (Morsteblet. ) — ikM. Montdidier retombe au pouvoir des Bourguignons. — 1422. Les Anglais s*eniparent de cette place. — 1430. Le grenier i sel de Montdidier existait déjà en 1430. Il est question à cette date de Jean de Haloy,grenetier.— >1431. Montdidier repris par les troupes de Charles YII. — 1433. Ordonnance de l'échevinage portant détase de jouer aux dés dans les hôtelleries. — 1433. L'échevinage renouvelle Tordre donné à tous les habitants en 1195 de Caire la communion pascale. — 1433. Il esKI|uestion du pilori de Montdidier dans on titre de cette date. — 1435. Charles VII engage Montdidier au duc de Bourgogne , Philippe-le-Bon. — 1463. Montdidier fait retour à la Couronne de France en Tertu du traité d'Arras. — 1465. Traité de Conflans. Montdidier est donné en pairie au duc de Bourgogne. — 1471. Les habitants secouent le joug des Bourguignons et reconnaissent Tautorilé de LouisXI . — 1471 . Incendie deMonldidier. « Il ne » laissaqa'one vingtaine de maisons.» (Le p. Daieb.) — 4472. Charles-le-Téméraire assiège Montdidier et s*en rend maître. — 1475. Montdidier repris par Louis XI. Ce prince ordonne qu*on démolisse ses murs , que ses fossés soient comblés et qu'on fasse de Montdidier un&rt/(<r champêtre, (Archives de rhôtel-de-villcdeCompiègne. -Lettres sur le département de la Somme par M. H. Doseyel.) — 1476. Ëtablissement des Sœurs-Grises ou Cordelières. — 1477. Passage de Louis XI. — 447S. II donne l'ordre de rétablir les fortifications. — 1493. A l'occasion de la publication de la paix concloe après la bataille de Saint- Aubin , l'échevinage de Montdidier organise des fêtes et donne quatre florins d^Utrecq aux deux hérauts du maréchal d'EsqooMles qui publièrent la paix dans la ville. — 1496. L'échevinage accorde un jardin fk compagnie des Archers de Saint -Sébastien. — i496. Pour éviter la peste et la maladie de Naples , l'échevinage défend l'emploi des étuves , sous peine de bannissement. — i499. L'échevinage ordonne que deux femmes de Montdidier, suspectes de lèpre , iront aux épreuves et commet pour y assister un échevin et un
Tournelle qui, lui aussi, ne sera point soumis à Téchevinage. Le fief de la Tournelle ou des Tournelles était considérable ; sa mouvance comprenait un grand nombre de terres; il appartint long -temps à la famille de Soyecourt. Une maison située dans le voisinage du presbytère de Saint-Pierre et que deux petites tours surmontaient était le chef-lieu du fief des Tournelles. Celui qui le possédait devait entretenir les
margaillier de Saint- Pierre. — 1506. Naissance à Montdidier du célèbre Jean Fernel , premier-médecin d*Henri II. On a beaucoup écrit que Femel parvint à rendre Catherine deMédicis féconde en employant les ressources de son art. Fernel eut une réputation telle que ses contemporains le placèrent au-dessus de Gallien. On comparait son savoir à celui d'Hippocrate et son éloquence à celle de Cicéron. — 1516. Établissement du bailliage de Montdidier. — 1549. Dédicace de Téglise du Saint-Sépulcre située d*abord dans le faubourg de Paris , plus tard près de la Tour Bouge et reconstruite en6n dans le voisinage des Sœurs-Grises. — 1523. Les Anglais s'emparent de Montdidier. -> 1524. On rétablit Thôtel -de-ville qoe ces derniers avaient livré aux flammes. -^ 1525. Beconstruction du chœur de Tégliae de Saint-Pierre. — 1526. On refond la cloche du beffroi au poids de 1619 livres, l'ancienne cloche ayant été fondue par les ennemis après la prise de la ville. ~r 1527. « François I*** vient à Montdidier ; on va quérir le may ; on netoye les rues. M - Poille présenté au légat d^Anglelerre. - CruciGx mis au parquet de Montdi- » dier au-dessus du juge. » {Inventaire des titres des archives de la ville.) — 1530. L'échevinage défend d'aller do nuit sans chandelles , ny faire cry ny clameurs , ny porter basions après la cloche sonnée. — 4533. Défense de faire couvrir ni réparer dechaulme pour péril de feu. — d533. La peste désole Montdidier. On ne trouve personne pour enterrer les morts. Le fossoyeur a fui ; les maîtres et sœurs de l*h6tel-Dieu refusent d'ensevelir les corps des pestiférés. — 1544. Agnindissement du boulevard du prieuré dont l'établissement remonte au XIV^ siècle. — 1555. Un luthérien nommé Michel de la Grange distribue à Montdidier des livres où la Réforme est préconisée. Arrêté par Tordre du lieutenant-général du bailliage, il est condamné à être brûlé vif. La sentence s'exécute sur la place du marché. — 1559. Passage du duc d'Albe ^ du prince d'Orange et du comte d'Egmont. L'éclievinage leur offre des pièces de four, — 1560. Construction du clocher de Saint-Pierre, — i561. Troubles à Mouldidier à Toccasiondu calvinisme. — 1570. Établissement d'un prêche dans le faubourg. — 4575. Edit d'Henri III portant création de l'élection de Montdidier. — 1577. Les habitants reconnaissent la Ligue. — 1582. Nais-
deux tours, fournir une salle, des sièges, une table et dix-neuf sols pour le feu , toutes les fois que les officiers de la justice du fief s'assemblaient.
Le pouvoir de Téchevinage de Montdidier fut considérable au moyen -âge. Un arrêt du parlement de Paris décida en 1278 que la justice civile et criminelle de la cité appartenait exclusivement au maïeur; un autre arrêt de 1314 ordonne qu'un criminel que
unoe à Montdidier de Claude le Caron , avocat célèbre , auteur de commentaires estimés sur la coutume de Péronne, Montdidier et Roye. — 1590. Les troupes d'Henri de Navarre menacent Montdidier. L'échevinage écrit au duc de Mayenne pour l'exliorter à secourir la Tille en cas de siège. « La lettre est touchante et mé- » rite d*être lue ; on fait voir au duc l'importance de celte place ; Montdidier, dit » la lettre, êst dan* la province comtue le jaune au milieu de Vœuf. » (Archives de la ville de Montdidier.) — 1594. Entrée d'Henri IV. — 1597. Ce prince repasse i Montdidier. ~ 1596. Dédicace de l'église de Saint-Pierre. — 1600. Mort de Bomin Dufeu, recteur de l'université de Paris, né à Montdidier. — 1617. Consécration de l'église des Capucins. — 1620.4jCommencement des constructions du nouvel hdtel*de-ville. Cet édifice coûta 5,000 livres et fut élevé par Nicolas Lepot , Jean Cousin, Jean Leclercq et Gilles Boullé. — 1623. Établissement des Ursulinee, — 1624. Peste à Montdidier. — 4625. Passage de Marie de Médicis, d'Anne d'Autriche et d'Henriette d'Angleterre. — 1628. Mort de Jean Hollandre , recleur de l'université de Paris, né à Montdidier. — 1636. Belle défense de Montdidier assiégé par Jean de Wert et Piccolomini. ( Voir à la page 52 de ce volume , lignes 28 et suivantes.) — 1636. Lettres de Louis XIII portant création de deux foires franches à Montdidier. — 1639. Mort du chanoine de la Morlière, né à Montdidier et non i Chauny comme l'ont avancé quelques historiens. Il publia Les antiquités, histoires et choses plus remarquables de la ville d'/êmienjSy suivies du Recueil de.i illustres maisons de Picardie. — 1643. Les Espagnols faits prisonniers à la bataille deRocroi sont conduits à Montdidier. — 1646. Passage de Louis XIV. — J647. Ce prince repasse à Montdidier. — 1653. Les Espagnols s'emparent de cette ville. Le grand Condé, séparé alors de la cour de France par de profonds dissentiments, était avec les Espagnols et fut complimenté par le sieur de la Villette , « aprè^ quoi , Pierre » Petit firenant la parole en qualité de maire ajouta : Monseigneur, toute notre ville w est fidèle aux Bourbons; vous êtes de ce sany si pur et si précieux ; que ne vous » accommode S'vous avec votre cousin ? Cette naïveté picarde fit rire le prince qui » se retira après avoir reçu des contributions et des rafraichissements. u ( Le pète
le prévôt rojal prétendait juger sera rendu a l'échevinagc dont les droits comportaient haute , moyenne et basse justice*. Les archives de Thôtel-de-ville renferment une sentence oii la peine de mort est prononcée contre Madeleine Lemercier pour avoir celle sa grosifesse et suffoqué son fruit. En 1511, Jeanne de Resty fut condamnée par Téchevinage et pour un crime
Dai&e.) — i654. Louis XIV vient à Montdidier. ^ 1656. Le 20 juin , dom Bonaventure Fricourt , religieux bénédictin , Gt représenter à Montdidier une tragédie
latine de sa comiiosition sur le martyre de St-Lugle et de St-Luglien. Les acteurs étaient au nombre de dix-neuf. —4657. Passage de Louis XIV. — 4658. Ce prince confirme les anciens privilèges de Montdidier. — 1659. Fêtes publiques à Montdidier à Toccasion de la publication de la paix entre la France et TEspagne. « II j » avoit une figure de la déesse Bellonne qui fut brûlée sur un double théâtre dressé » à la place du marché. » {Inventaire des titres des archives de la ville.) — 1671. Naissance de Claude Capperonnier célèbre helléniste. Il donna des leçons de langue grecque à Bossuet. — 1672. « L*échevinage permet à Pierre Fouquerelle, libraire, » de s'établir à Montdidier, ouvrir boutique et exposer en vente toutes sortes de » livres permis, quoi faisant il demeurera déchargé de logement de gens de guerre u et contributions , attendu que cet établissement va à Tutilité publique. » (Inventaire des titres des archives de la ville.) — 1676. Louis XIV repasse à Montdidier.
— 1677. Fondation de la confrérie des Dames de la Charité. — 1681. Ëtablissemeut des Filles de la Croix. — 1716. Naissance de Jean Capperonnier, savant helléniste, neveu de Claude Capperonnier. — 1737. Naissance de Parmentier. — 1749. Réunion de la prévoie de Montdidier au bailliage. — 1752. Établissement de la compagnie de Tarbalète. — 1759. Naissance à Montdidier du célèbre orientaliste Caussindc Perceval. — 1762. Kcroulemcnl d'une notable partie de la nef de réglise Saint-Pierre.
' Echevinage , officiers et agents de la ville de Montdidier en 1492 : — Le mafeur .
— Le lieutenant de la mairie. — Douze échevins. — Le procureur de la ville. — Le clerc ou greffier. — L'argentier. — Les nii^urs de bannières. ^ Les sergents du Toyer. — Les êsgards ou inspecteurs des métiers. — Les croquemencur* ou mesureurs de terre. — Le vendeur de poisson. — Le vaquier. — Le porqaier de la ville. — Le surveillant de l'horloge. — Les gardes des portes. — Les priseurs de biens. — Les mesureurs «les aisselles et soieries. — Les inspecteurs des eaux. — Le maître des hautes-œuvres.
de la même nature « à être traînée dessus une claie » depuis rhôtel-de-ville jusques à la porte de Becquerel , )> et d'icelle menée au gibet appelé Maurouart pour » y être brûlée et consommée en cendres. >>
L'écheyinage de Montdidier exerçait une entière juridiction sur les corps de métiers de la ville. Nous lisons dans les statuts des cordonniers en neuf que les aspirants-cordonniers « devront faire un chef-d'œuvre » suffisant au choix du maire. L'échevinage règle que » les cuirs employés à la confection des souliers de
EXTRAITS DBS COMPTES DES A&GEIfTIEES DE LA VILLE DE MONTDIDIEt.
1402. Pour via de Beaune, présenté à Mgr de Bourgogne. ... 9' u
mZ. A François Lagache, demeurante Moreuil, pour Thorloge par loi fournie et assise à ThÀtel-de- ville 12 »
1526. Pour la cloche du beffroi achetée de Simon de Brnières, clocque- .mant d'Amiens 254 40
1529. A Jacques Platel , Jacques Harle et autres qui jouèrent plusieurs moralités et farces pour recréer le peuple à Toccasion de la paix ( la somme donnée n*est point indiquée au compte) » '>
1536. Pour 2 coulenvrines et 12 arquebuses à crocq pesant environ 2000, payé à Jacques Lebel, fondeur de la ville d'Amiens . . 144 »
1536. Pour une enseigne de taffetas blanc, jaune, violet et incarnat, devant servir à faire la montre des habitants pour la garde de la ville durant le temps de la guerre («omiM0 non «iidtgtf^tf) » '>
1591. Paiement du messager envoyé à Clermont pour reconnaître les actions de renneroi et si le canon était à Warty » »
1592. Frais de mise au carcan d*nn coupeur débourses » <"
1603. Paiement par la ville de la dépense faite k Monldidier par Mgr Pévéque d'Amiens durant quatre jours qu'il a baillé tonsure et donné confirmation aux habitants » '^
1629. A M. Etienne Darras , régent du collège, pour ses gages. . . 30 u
4651. Fèur les tapisseries de la chambre de réchevinage 100 4
1657. Pour 24 gâteaux offerts à Louis XIV à son passage à Montdidier. 30 »
1664. Au prédicateur pour les octaves 12
1665. Pour les gages des messagers delà ville allant à Paris. ... (t »
» maroquin seront en veau d'Angleterre « en vache de » Russie ou en mouton blanc; on fera les talons de » cuir sec. » D'autres dispositions s'appliquent aux
soulier» de vache grasie avee talon de boit et aux grot soulier» pour les paysans. L'autorité municipale s'exerçait au moyen-àge dans un ressort si étendu qu'en 1499 réchevinage de Montdidier prit une délibération pour desnier à Jean de Béthenoourt sa noblesse , parce qu'il s'était meslé tou» le» jours d'achepter plusieurs bœufs maigre» et de les engraisser, ce qui sembloit chose déroger à Noblesse puisque Jean de Béthencourt pratiquoit pour argent.
E préambule de la charte communale que I Phîiippe~\ugusle concéda aux bourgeois de Montreuil, en 1188, indique que les lia- I bitants étaient depuis long- temps en pos- I session d'une coutume et de divers privilèges. De plus, un acte de donation constate qu'en 1144 Montreuil avait déjà son maïeur et son argentier'. La donation dont il s'agit fut faite à l'abbaye de Valoires par le châlelain Guillaume, dans la maison de
' { Cariulairt dt t'aloirn. Archives dèpartemeii laies de la Stminie. )
pierre ( in domo petrina ) d*un boui^eois nomme Wascelin; Guillaume la confirma ensuite dans sa maison de bois ( in domo lignea ) en présence de dix - sept chevaliers, moines ou bourgeois de Montreuil. Enguerrand, le maïeur (majore)^ et Eustache , Fargentier (mone^ario) , figurent parmi les témoins.
La charte de Philippe-Auguste déclare que les forfaits autrefois commis par les habitants seront mis en oubli; mais on ignore les circonstances auiquelles ce pardon s'applicpiait. Quelques historiens ont con-