NOTIONS HISTORIQUES SUR MONTREUIL
55 ans environ avant Tère chrélienne. Les Romains s'emparent du château de Montreuil et s'y établissent. On l'appelait d'abord Bragaw ; il eut plus tard le nom de /f^twiox.— Vers 680. St-Salve, évoque d'Amiens, fonde un monastère à Montreuil et y meurt en 689. — 831. Erection de ce monastère en abbaye. (Voir le 1"^ volume , page i62.) — Vers 850. Helgaud , comte de Boulogne , agrandit et fortifie Montreuil. — 879. Les Normands tentent vainement de s'emparer de Montreuil. — 942. Montreuil , dépendance des comtes de Ponthieu , tombe au pouvoir d'Arnoul, comte de Flandre. — 943. Herluin , comte de Ponthieu et de Montreuil, recouvre cette ville avec l'aide du duc de Normandie, son allié.— 949. Montreuil retombe au pouvoir d'Arnoul. — 966. Montreuil reconnaît dft nouveau l'autorité des comtes de Ponthieu. — 1030. Les religieuses de l'abbaye de Saintc-^ustrebertes^étitblissent à Montreuil. —1091. La reine Berthe , répudiée par Philippe I", est enfermée dans le château de Montreuil. — 1188. Philippe-Auguste concède aux habitants nnechartecommunale.— 1200. Fondation de l'hôtel Dieu.— 1210. Gauthier de Maintenay fonde l'hôpital de Montreuil. — 1278. Fondation du couvent des Carmen. — 1346. Edouard III d'Angleterre brûle les faubourgs de Montreuil après la bataille de Crécy. — 1435. On dépose dans une châsse d'argent les restes vénérés de St-Wulphi, curé de Rue, mort en 756. Ces reliques furent portées à Montreuil au IX' siècle pour les soustraire aux profanations des Normands qui désolaient la Picardie. — 1457. Ëtablissement des Sœurs- Grises. — 1480. Louis XI autorise les habitants de Montreuil à imposer des droits sur les marchandiies vendues dans leur ville et dans la banlieue. — 1537. Montreuil est assiégé et pris par les Impériaux sous les ordres des comtes de Bures et deRœux. — 1544. Les Français avaient repris Montreuil. Le duc de Norfolk vint l'assiéger avec une armée anglaise. Mon-
jecturc que la commune dut s'établir à Montreuil par insurrection et que Philippe - Auguste voulut légitimer par une charte Témancipation qui s'était accomplie au mépris de son autorité. La donation de 1 144 , qui date des premières années du règne de Louis-le-Jeune ^ doit suffire pour démontrer que cette assertion est sans valeur.
L'histoire parle peu de Montreuil pendant les temps qui précédèrent 1188. Les forfaits que la charte royale rappelle pouvaient être de toute nature. Peut-être les
Irenil fat défendu par le maréchal Dobiez. — 4567. Rédaction des coutumes delà prévôté de Montreuil. — 4576. Mort de Denys Lambin , commentateur de Plante, né à Montreuil. — 1588. Désordres à Montreuil à l'occasion de la Ligue. — 4590. Démolition du couvent ôaCarmes. — 4594. Montreuil reconnaii Tautorité dUenri IV. — 4621. Fondation du couYcnt des Capucins, — 1634. François Lefebvre de Caumartin, évéque d*Amiens, ayant accordé à la ville de Rue une partie des reliques de St-Wniphi , le peuple de Montreuil commet des désordres. L'autorité de révéque est méconnue ; ce prélat met la ville en interdit. « Le lieutenant-général » de Montreuil , les maire et échevins présentèrent requête en cour pour faire le- 9 ver cet interdit ; mais le roi indigné de tels méfaits envoya le sieur de Miromesnil , » maître des requêtes , aGn d'en informer des plus coupables et en juger conjointe- » ment avec le présidial d'Abbeville, lesquels rendirent une sentence condamnant o six habitans de Montreuil à être pendus en effigie ; deux autres à être bannis pour » cinq ans; et quatorze pour un an. Mais M. de Caumartin plein de charité envers » ceux qui l'avaient maltraité fit commuer le tout en une amende générale de 1600 » livres pour être distribuée selon ses ordres ; elle fut payée incontinent et Tin- » terdit fut levé. » ( Histoire des évSqves d^ Amiens par J. B. M. D. S. ) — 1642. Charles de Lannoy, gouverneur de Montreuil , fonde V Hôpital des Orphelins, — 1665. Réunion définitive de Montreuil à la Couronne de France. — 1737. Établissement des écoles des Sœvrs de la Providence. —Montreuil avait autrefois une collégiale sons le titre de Saint -Firmin Martyr, fondée au XII^ siècle par Thibaut d'Heilly, évêqoe d'Amiens ; six paroisses : Saint-Firmin Martyr^ Notre-Dame , Saint-J^alois ^ Saint'Pierre ^ Saint-Jossc-au-f^al , Saint-Jacques ; un état-major pour la citadelle, élevée par les ordres de Vauban ; une juridiction des traites ; et trois compagnies privilégiées d'arbalétriers , d'archers et & arquebusiers.
habitants araient-ils mëconnu le pouvoir rojat ! Peutêtre commirent - ils des désordres pour se soustraire aui taxes seigneuriales ou aux exigences du clergé ! 1^ charte dit formellement que la commune - n'a été concédée par le prince que sous la réserve eipresse du droit de l'Ëglise et de celui des rhcTaliers.
CHATEAU DE MONTKEU I L.
^-^17 ES Annales de l'égtige tic Noyon, publiées ^ en 1633 par Jacques le Vasseur, renfer- : ment de curieus détails sur la paix , con- \\^WÊÊ corde t société et commune établie en 1108 I par l'érèque Baudry, pour mettre fin aux continuels désordres qui affligeaient Nojon « et pour g&rrer ville , église, clercs et bourgeoix d'un nceud plus étroit et d'une indissoluble union.
Baudry de Sarcbainrillc fut l'un des plus éminenls
prélats de l'église de Picardie. Comme Geoffroy d'Amiens, il voyait avec peine les abus de l'autorité seigneuriale, et comme lui il voulut adoucir selon son pouvoir la triste condition d'un peuple que les clercs et les chevaliers opprimaient. Dans l'année 1108, Baudry résolut d'instituer une commune dans la ville de Noyon. Après beaucoup d'obstacles, la charte qui consacrait cet établissement fut jurée par le clergé et par les dievaliers; l'évèque promit de la respecter; les bourgeois et les gens de métier firent aussi serment d'être fidèles à la nouvelle commune; et pour mieux assurer sa durée, Baudry prononça les terribles anathèmes de l'écriture sainte contre tous ceux qui