‹ Archives historiques et ecclésiastiques de la Picardie et de l'ArtoisChapitre 42 sur 43 · NOTIONS HISTORIQUES SUR SOISSONS · texte numérisé non relu

NOTIONS HISTORIQUES SUR SOISSONS

57 ans av<int Tère chrétienne. Jules César assiège et prend Noviodunum (Soissons) capitale des Suessions {Suessiones.) — 2S7 ans de J.-C. Fondation de Tévéché de Soissons. — 451. Passage d'Attila. Soissons résistée ses armes. — 4S6. Khlowigb I*' Gxe sa résidence à Soissons. Ce ne fut qn*en 507 qu*il transféra à Paris le siège de sa domination. — 511. Khlother P*" est proclamé roi de Soissons. — 558. Khiother, devenu seul chef des Franks, fixe sa résidence à Paris. Fin du premier royaume de Soissons. — 561. Mort de Khlother. Rhilpérik P** est proclamé roi de Soissons. — 562. Fondation de Tabbaye de Saint-Médard, {V' volume , page 233.) — 567. Mort d'Haribert , roi de Paris , fils de Khlother I**^ et né à Soissons. — 575. Mort de Sighebert , frère d*Uaribert. Comme lui il était né à Soissons. — 577. Rhilpérik P'' fait construire un cirque dans cette ville. — 584. Mort de Rhilpérik P** né à Soissons. — 584. Rhildebert, roi d'AustrasIe , s'empare de cette ville. — 593. Mort de Contran , roi de Bourgogne , fils de Rhlother P** et né à Soissons. — 613. F«n du second royaume de Soissons. — 628. Mort de Rhlother II, fils de Frédègonde, né à Soissons en 584. — 660-664. Fondation de Tabbayede Notre-Dame. (P*^ volume , page 235.) — 744. Premier concile de Soissons. Peppin-le-Bref , alors maire du palais , le préside. — 752. Avènement de la seconde race franke. Peppin est proclamé à Soissons et sacré dans la cathédrale. — 768. Sacre de Rarloman, roi d'Austrasie. — 833. Lodewig-le-Dèbonnaire est renfermé par Tordre de ses fils dans Tabbaye de Saint-Médard. — 842. Second concile de Soissons. — 852. Rarle-le-Chauve fait renfermer Peppin- le- Jeune , roi d'Aquitaine , dans l'abbaye de Saint-Médard. — 853. Troisième concile de Soissons. — 858. Quatrième concile. — 861. Cinquième concile. — 862. Sixième concile. — 864-884. Fondation de Tabbaye de Saint-Crêpin-le-Grand. {!*' volume, page 235.) — 865. Mort de Paschase Ratbert , abbé de Corbie , né à Soissons. Son traiié da sacrement de

piété sont attestées par Thistoire. La sollicitude paternelle du comte l'aurait porté à doter les bourgeois de Soissons des mêmes privilèges que Raoul, comte de Vermandoîs, venait d'accorder aux bourgeois de Saint-Quentin.

La charte de Louis -le -Gros ne se retrouve plus. Elle reçut en 1133 la confirmation de Louis - le - Jeune et en 1181 celle du roi Philippe- Auguste. Cette charte eut une grande renommée au moyen-àge ; venue après celles que les rois ou les seigneurs avaient concédées

l'autel le rendit célèbre. Sa vie a été publiée par Mabillon. — 866. Septième concile de Soissons. — Vers S70. Fondation du chapitre de Saint-Piêrre-au-Parvis.

— 875. Huitième concile. — 880. Neuvième concile. — 883. Passage des Normands, ns brûlent l'abbaye de Saint-Médard. ^ 923. Bataille de Soissons. — 937. Mort d*Abbon , évèque de Soissons et chancelier de France. — 941. Dixième concile de Soissons. — 948. La cathédrale est incendiée. {Flodoard.) — 960. Gui d'Anjou , évèque de Soissons, pose la première pierre de la cathédrale actuelle. — 10S7. Le roi de France Henri I*** fait démolir la tour des Comtes. -^ Vers d060. Construction du château Gaillard. — i076. Fondation de Tabbaye de Saint-Jean-desfeignes. (P" volume, page 242.) — 4078. Onzième concile de Soissons. — 1084. Douzième concile. — i092. Treizième concile. — 1404. Quatorzième concile. — 1114. On brûle des Manichéens à Soissons. — 1115. Quinzième concile. — 1122. Seizième concile. On y condamne les doctrines d'Abeilard. — 1428. La peste désole Soissons. — 1131. Passage du pape Innocent II. — Vers 1135. Fondation de l'abbaye de Saint-Crépin-en-Chaye, (l*^ volume, page 235.) — 1139. Fondatioo de l'abbave de Saint- Léger. (I"* volume , page 236.)— 1155. Dix-septième concile de Soissons. — 4175. Mort de Hugues de Champfleury, évêque de Soissons et chancelier de France. — 4177. Fondation du chapitre de Saint-f^aast. — 4188. filablissement de Thûpital de Saint- f^aaet. — 4201. Dix- huitième concile. — 1212. Philippe-Auguste convoque à Soissons une assemblée d'évèques et de chevaliers.

— Après 1214. Fondation du séminaire de Saint- Nicolas. — 1216. Bulle du Saint- Siège en faveur de Thûtel-Dieu Saint- Gervais. •— Vers 1228. Erection en abbaye du prieuré de Saint-Étienne qui prit plus tard le non! de Saint-Paul (V'^ volume, page 236.) — Vers 1228. Les Cordelière s'étiblissent à Soissons. Leur couveni détruit pendant le siège de 1414 fut plus tard reconstruit. — 1230. Fondation de Thépilai Notre-Dame. -^ i266. Reconstruction du pont sar l'Aisne. — Après 1313.

dès les premiers temps de raflranchissement communal la charte de Soissons portait en elle les fruits de Texpërience ; aussi les bourgeois de Compiègne , ceux de plusieurs villes de Champagne et même des pays de Bourgogne obtinrent-ils des privilèges selon les coutumes de Soissons. La charte de Compiègne a été transcrite dans ce volume, et ses dispositions peuvent servir à nous fixer sur celles de la charte de Soissons.

La célébrité dont cette dernière charte jouissait fut peu en harmonie avec les continuels désordres qu'elle

Fondation du chapitre de Saint^Louis. — 1325. Philippe-le-Bel établit un préTÔt royal à Soissons. — 4328. Mort de Pierre de Laiilly, né i Soissons, grand-chancelier de France et évéqne de Châlons-sur-Marne. — 1335. Ordonnance de Philippe de Valois poar l'administration de la ville de Soissons. — 4336. Fondation do collège de Sainte-Catherine. — 4339. Ëtablissement de Técole de Beauton, — 4350. La peste désole Soissons. — 4382. Enguerrand de Coucy fortifie le châtean Gaillard. — 4390. Fondation de la communauté des Célestins. — 444i. Réunion de Soissons au domaine roTal. — 4444. Les habitants méconnaissent Tautorité royale an profit du doc de Bourgogne, Jean -sans- Peur. Siège et sac de la ville par les troupes royales. — 4448. Les Bourguignons n'avaient pas tardé à rentrer dans Soissons. Ils en furent chassés cette année-li par les troupes royales. — 4420. Les Anglais s'emparent de Soissons. — 4429. Soissons reconnaît l'autorité royale. — i430. Jean de Luxembourg s'en empare. — 4436. Prise de Soissons par le célèbre La Hire. — 4452. Organisation de la compiignie des archers de St-Sébastien. — 4455. Dii-neuviéme concile de Soissons. — 4475. Passage de Louis XI. — 4488-4492. Sébastien Mamerot, clianoine de la cathédrale de Troyes, né à Soissons, publie La eompendieuse description de la terre de promission. — 4520. Pillage de Soissons par on corps d'aventuriers qu'on surnomma les Mille -Diables. — 4539. Mort du chanoine Jean Ruel , né à Soissons , médecin de François P% auteur du traité de Natvra stirpium. — 4544. L'armée de Charles-Quint s'empare de Soissons. — i558. Mort de Mathieu de Longuejoue, évi^que de Soissons, garde-des-sceaox et ambassadeur de François I**" en Angleterre et en Allemagne. — 4564. Passage de Charles IX. Ce prince accorde deux foires aox habitants. — i564. Le calvinisme pénètre dans Soissons. Le peuple détruit les temples des religionnaires. — 4566. Ëtablissement du tribunal consulaire. — 4567. Les calvinistes s'emparent de Soissons. — 4580. Jacques Petit , procureur du roi au bailliage du comté de Soissons,

occasionna. Il ne faudrait pas croire d'ailleurs que les chartes de cette époque assuraient toujours des droits communs aux différents quartiers qui formaient la cité. A. Soissons, par exemple, la commune avait à compter avec la juridiction de Tévéquc, des abbayes et du manoir des Templiers; celle de Saint- Médard était considérable puisqu'elle s'étendait sur le faubourg Saint - Yaast et sur la banlieue de la rive droite de T Aisne. Le comte avait , en outre , sa juridiction et ses prérogatives ; la charte royale affranchissait

publie La procession de Soissons pour la délivrance des enfans de France. — 1582. Établissement des Minimes. — 1588. Les Ligueurs se réunissent à SoisMins sons le commandement du duc de Guise. — 1593. Conférences à Soissons de Mayenne et des ambas^iadeurs du roi d'Espagne, Philippe II. — 1595. Établissement du Présidial et du bureau des Finances. — 1602. Commencement des constructions du palais épiscopal actuel. — 1611. Mayenne meurt à Soissons. — 1613. Fondation du couvent des Capucins. — 1614. Les Mécontents 8*emparent de Soissons. — 1617. Mort de Concini. Fin de la guerre civile. L'autorité royale est rétablie à Soissons. — 1622. Pierre Cacheron, célèbre peintre sur Terre, travaille aux vitraux de TArquebuse de Soissons dont les sujets furent empruntésaux métamorphoses d'Ovide. — 1622. Lettres- patentes pour l'établissement de la congrégation des Filles de Notre- Dame. — 1629. Commencement des constructions du monastère des Feuillants. — 1633. Melchior Regnanlt , conseiller au présidial , publie une histoire des évèques et comtes de Soissons. — 1640. Passage de Louis XIIL — 1663. L'église de Sainte -Sophie i'écTouXe. — 1663-1664. Claude Dormay, chanoine de Sainl-Jeandes-Yignes , publie V Histoire de la ville de Soissons et de ses rois , ducs , comtes et gouverneurs , avec la suite de ses évéques. — 1665. Lettres-patentes concédant à la TÎlle de Soissons un maire électif et donnant attribution de la police au maire et à ses échevins. — 1668. La peste à Soissons. — 1674. Erection de l'académie de Soissons. — 1674. Le collée est confié aux Pérès de VOratoire.^ïGyd. Commencement des constnictions du séminaire ahuel. — 1695. Réunion à l'hétel-Dieu des biens de l'hôpital de Saint-Lasare. — 1715. Mort du jésuite Gonnelieu, prédicateur éloquent, traducteur du livre de l'Imitation. Il était né à Soissons en 1640. — 1721. Mort de Nicolas Desmarets, contrôleur -général des finances et petit-neven de Colbert. Il était né à Soissons.— 1722. Passage de Louis XY. — 1726. Établissement de l'école des Sœurs de l'Enfant- Jésus. Un congrès européen s'assemble à

les habitants de toutes tailles et de la servitude personnelle ; mais le comte garda les droits de halle , de four, de mesurage et ceux de la navigation sur TÂisne.

Dès Tannée 1136, le maïeur, les jurés de Soissons et révèque Joslein de Vierzy portaient leurs communes doléances au roi Louis-le-Gros ; les différends du clergé et de la bourgeoisie souvent apaisés renaissaient sans cesse; presque toujours la commune succombait dans les luttes qu'elle voulait soutenir ; elle eut de fortes

Soissons. — 1730. Aclièvemeiil des constructions de VHâpital-géniral des pauvres. — 4733. Mort du maréchal de Bezons , né à Soissons. Il se convrit de gloire à Steinkerque et à Nerwinde. — 4735. Établissement du Bureau des Marchands. — 4743. Naissance à Soissons du célèbre chimiste Pierre Tingry. — 1752. Mort de Louis deHaricourt, avocat au parlement de Paris, né à Soisaons. Jurisconsulte habile et savant canoniste. — 4753. Louis XV exile à Soissons la grand'chambre du parlement de Paris. ~ 4764. Ëtablissement de la Société d'Agriculture. — 4762. Naissance de Nicolas-Bfarie Quinetle, membre de la convention nationale, ministre de rintérieur sous le Directoire, préfet sous le Consulat , conseiller-d'état et directeur-général des Communes sous l'Empire. — 4762. Achèvement des constructions de rhôtel-de-ville détruit par un incendie en 4814. — 4770. Passage de Marie- Antoinette d*Autriche.^ — 4774. Lemoyne publie V Histoire des antiquités de Soissons, — 4772. Démolition de Tancien hôtel de l'Intendance. — 4778. Construction d'une salle de spectacle. — 4783. Pierre Houillier , chanoine à Soissons , publie VEtat ecclésiastique et civil du diocèse de Soissons. Cet ouvrage est connu sous la dénomination de Pouillé du diocèse. — 4787. Etablissement des assemblées de l'élection provinciale du Soissonnais et de l'élection de Soissons. — 4789. Assemblée du bailliage de Soissons. Election des dépotés aux états-généraux.

NOTlOIfS SUR Là P&OCESSIOIf 5 E MI - SÉCU L AI&E DE l'aHATE DB

SAIHT- MÉDARD DE SOISSOITS.

Tous les cinquante ans, les religieux de Saint-Médard portaient processionnellement dans la ville les reliques de leur monastère. Voici les principaux détails de la solennité dont cet antique usage fut l'occasion dans l'année 4530. Le dimanche 30 juillet, les fielTés et vassaux de l'abbaye se réunirent devant l'élise, et l'on dit que plus de trois cent mille personnes venues du Soissonnais , de la Tiérache et d'autres pa^rs voisins s'étaient rendues ce jour-là à Soissons. La procession se mit en

amendes à payer ; bientôt ses finances n*y suffirent pas ; et le mal devint tel sous le règne de Charlesle-6el que les habitants vendirent au prince Vabolition de leur commune et se soumirent à Fautorité d'un

prévôt royal, pourvu que le trésor de TÉtat se chargeât d'acquitter leurs dettes.

Ainsi finit la commune de Soissons. Les bourgeois des villes de Picardie et ceux de la province de Champagne qui, au XIP siècle, ne pouvaient se dé-

marche dans Tordre suivant : — Les écoliers de la ville. — Trois cents pèlerins de la confrérie de Saint- Jacques. — La Compagnie de la Jeunesse, formée par quatre cents jeunes-gens , portant des habits de soie ou de brocard , nn chapeau de fleurs sur la tête , une torche verte à la main. Le Prince de la Jeunesse marchait le dernier, avec le drapeau vert qu'une croix blanche trarersait ; le lieutenant , l'amiral , le major et les autres officiers de la compagnie se faisaient remarquer par la richesse de leurs vêtements. — Puis venaient huit cents bourgeois portant des torches. — Quatre cents archers de la ville et du faubourg Saint-Yaast. — Les religieux des abbayes de Saint-Médard , de Saint-Crépin-Ie-Grand , de Saint- Jean-des-Vignes , de Saint-Léger ; les religieuses de Notre-Dame et de Saint-Paul ; les communautés des collégiales et couvents de Soissons; le clergé des paroisses; les curés - cardinaux et le chapitre de la cathédrale. Les reliques , renfermées dans treize châsses , étaient portées par le clergé et escortées par des gentilshommes, armés de bâches et de pertuisanes. Les seigneurs de Salency, de Yillers- Hélon , de Chevreux et des Quadeleux portaient la châsse de Saint-Médard placée sous un dais de drap d*or. Les reliques de St-Grégoire-le-Grand étaient aussi portées par quatre gentilshommes du Soissonnais. — Puis venaient le vicomte de Soissons tenant le drapeau de St - Sébastien ; le capitaine de la ville et celui du château , précédés de huit trompettes. — Les vêtements de soie de Tabbé de Saint-Médard élincelaient d'or et de pierres précieuses. On voyait près de lui le possesseur du fief Roland tenant la verge noire, et son héraut portant une cotle d'armes de soie blanche , rayée de fil d'or, sur laquelle se dessinaient les armes de l'abbé. La marche était fermée par le lieutenant-général du bailliage, le bailli du comté et le corps-de-ville. — Le gruyer de l'abbaye et le prévôt de Soissons veillèrent au maintien de Tordre pendant le trajet. Ce dernier, monté sur une mule , marchait à droite avec ses sergents ; le gruyer occupait la gauche et donnait ses ordres aux nombreux gardes des forêts de Saint-Médard.

fendre de jeter un œit jaloux sur l'institution municipale de cette cité ne se doutaient guère , à coup sûr, des maux qu'elle entraînerait plus tard. Pouvaient -ils deviner que , deux siècles après , les bourgeois de Soissons viendraient vendre au roi de France l'abolition de leur commune pour acquitter les dettes que l'exercice du pouvoir municipal devait leur faire contracter ?

charte ou Loi de Verting a beaucoup I de célébrité. Elle fut ociroyée par Thomas I de Marie dont Guibert de Nogcnt a ra- I conte les cruautés et les exploits. On ne I s'accorde pas d'ailleurs sur la date de ce document dont chaque ligne, dit Lacroix du Maine, ifspirc la justice et l'humanité. Mais on croil qu'il faut placer cette date entre 1)16 cl 1123. L'histoire nous apprend que , pour expier ses crimes , Thomas

de Marie fit dans ce temps-là de nombreuses donations aux monastères ; peut-Être , alors , youlut-il aussi faire oublier aux bourgeois de Yervins les exactions dont ils avaient souffert.

La charte de Thomas de Marie ne se retrouve plus; mais une confirmation accordée en 1163 par Raoul 1*% peut y suppléer; voici quelques extraits de la charte confirmative : ce Moi , Raoul , seigneur de Cioucy, con- » sidérant que le temps qui s'écoule sans cesse peut » facilement effacer de la mémoire les choses qu'on » a faites, j'ai ordonné d'écrire ces coutumes et sta- » tuts : — Je cède aux hommes de Yervins leurs » propres maisons , moyennant douze deniers qu'ils » paieront chaque année à mon représentant, en pré-

Page 1