HOTEL DE VILLE DE COMPIEGNE
gE diplôme de Khlother III qui régla en 662 la fondation de l'abbaye de Corbie fait mention de Doullens (Dominicus-Lacus) dont aucun document authentique n'est venu constater l'existence avant cette date. Flodoard, Sighebert, Meyer, Malbrancq, Froissart et Monstrelet ont désigné ce lieu sous les noms de Donincum, Donencum, Doningium ^ Durelinum , Durlensum ou Durlendium i Dolens , Dorhmi^ , Doullens ou Dourlans.
Depuis la lin du X' siècle, la chatellcnic de Doullens était au nombre des fiefs possédés par les comtes de Ponthieu. Un vicomte , logé dans la Tour de Beauval , rendait la justice en leur nom et y percevait les redevances seigneuriales. Cependant les habitants d'Abbeville avaient été mis en possession par le comte Guillaume de Talvas d'une institution communale, précieuse garantie pour eux contre les exactions des officiers du comté. Pour condescendre aux vœux des bourgeois de Doullens , Gui II , l'un des successeurs de Guillaume de Talvas , promit de leur octroyer aussi des privilèges, moyennant une somme qu'il détermina ; mais lorsqu'elle eut été comptée Gui , mettant en oubli ses promesses , refusa de délivrer la charte qui devait consacrer les droits concédés ou plutôt vendus aux bourgeois de la ville de Doullens.
Indignés d'une telle conduite, ces derniers ne tardèrent pas à se révolter. Ils méconnurent l'autorité du vicomte et refusèrent d'acquitter les taxes que le comte prélevait. Mais comme le droit ne pouvait rien alors contre la force , les tentatives des bourgeois furent bientôt réprimées ; et nous lisons dans le cartulaire ou Livide Rouge de Doullens que plusieurs d'entre eux durent abandoimer leurs familles et leurs biens pour sauver une vie que le courroux du comte menaçait.
Guillaume II n'imita point la conduite de Gui , son aïeul. Le 2 juin 1202, il octroya aux habitants la charte pour laquelle ils avaient enduré de si grands
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maux. On lit dans le premier paragraphe de ce docnment que Gui II , comte de Pontliieu , ayant autrefois vendu la commune aux bourgeois de DouUcns , pour les mettre à l'abri des injures et des exactions des grands de sa terre , mais sans qu'aucune charte eut consacré ce qui s'était accompli alors , Guillaume , petit-fils de Gui II , avait voulu en octroyer une selon le droit et la coutume dont les habitants d'Abbeville jouissaient en vertu de leur charte communale.
Ce dernier document est en entier transcrit à la page 70 de ce volume , et ses vingt-cinq premiers articles sont les mêmes en tout point que ceux de la