‹ Archives historiques et ecclésiastiques de la Picardie et l'ArtoisChapitre 132 sur 140 · SS · texte numérisé non relu

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» Jehan , fils d'Hclvin , jusqu'à Tcpine de Proriay ; » quatre arbres placés devant le temple de Wavrans » jusqu'à la croix devant Bel val ; le creux de Benêt » et l'épine devant Croix ; l'épine de Bristel , le frêne » d'Ostreville et le Cauvelet d'Epinehain '. »

Hugues VII de Châtillon , comte de Saint-Pol , confirma en 1227 les dispositions de ces chartes et octroya aux bourgeois de la ville le privilège d'aller prendre du bois dans ses forêts ( jus lignandi in forestagiis suis ) ; u chasque fagot , dit Ferry de Locre , devoit consul ter de sept pieds de long et de neuf paulmes de » tour, n'estant iceux bourgeois obligés, sauf quelques ^•> estrelins de recognoissance au comte , qu'à la fa- )) çon et chariage. Furent néantmoins exclus et four- » clos les taverniers , hosteliers , pâtissiers , fourniers , » brasseurs et autres de profession semblable. )> — Telles sont les notions que l'on recueille sur les premiers privilèges concédés aux habitants de Saint-Pol.

Cette ville s'honore d'avoir vu naître Ferrv de Locre

' « Ego Elizabeth, comitissa S. Pauli. Notum facio pvœsentibus et futuris qnod » ego concessi buigensibus meis de S. Paulo et toti villae bannileucam circa sitnni » dictœ villœ adjacentem, sicut pater meus Hugo quondam cornes S. Pauli prœdiclis )> buigensibus concessit et sicut légitimé tenueiunt, eisdem concessi usque ad metas. I) Quod ut lalum sil, piaesentem carlam prœdiclis buigensibus tiadidisigillo meo )) roboratam. Actum anno Chiisti mccxxi , mense julio. » (Preuves de VlUstoire de la maison de Châtillon , par Duchesne.)

« Ego Elizabeth de Caslellione comitissa S. Pauli. Notum facio tani prœsenlibus -> quàm futuris quod Hugo, cornes S. Pauli , pater meus , communia; de S. Paulo , » bannileucam dédit et concessit, videlicet ab haia Joannis, filii Helvini, ad spi- » nam dePronay, etc. Anno domini mccxxi mcnsc scptenibri. >> (Anh. de S. Martini de Camp. Olivier de Wrée.)

et Turpin. Le premier fut cure de Saint - Nicolas d'Arras et rendit d'éminents services à l'histoire des provinces d'Artois et de Flandre. On a de lui : le Chronicon Belgicum ; la Chronographie des comtes, pays et ville de Saint-Pol ; la Chronica Anacephalœosis ; le Discours sur la Noblesse ; des épigrammes et des vers. Thomas Turpin naquit à Saint-Pol vers la fin du XVII" siècle. Profés au couvent des Dominicains de Saint-Omer, on croit qu'il ne quitta presque jamais son monastère. Turpin nous a laissé une chronique latine des comtes de Saint-Pol et plusieurs manuscrits sur l'histoire locale , religieusement conservés dans la bibliothèque publique de Saint-Omer. Les archives d'Arras renferment deux curieux documents sur Turpin ;

NOTIONS HISTORIQUES SUll SAINI-POL.

855-858. Les lettres de Sl-Folquiii font mention à cette date du lieu de Tervana qui prit plus tard le nom de Saint-Faul et par corruption Saint-Pol, en mémoire du patron de sa première église. — Vers 970. Le comte Guillaume fait construire à Saint-Pol une enceinte de murailles. — 1050. Fondation de la collégiale A&Saint- Sauveur dans le château des comtes. — 1117. Baudouin , comte de Flandre, vient assiéger Saint-Pol. — 1119 ou 1120. Le comte Charles-le-Bon , successeur de Baudouin, s'empare de Saint-Pol, le livre aux flammes et fait démolir les murailles élevées au X*" siècle par les soins du comte Guillaume. « Charles blocqua la ville 't etchasteau. On lasche les furies de batailles j on frappe, on tue, renverse ; le » chasteau est gaigné, aussi est la ville ; on y voit un montgibel de flammes et un » déluge de sang ; les murailles sont culbutées du haull en bas ; les fossés sont ray clés et mis à l'esgal des auUres terres ; bref ce qui estoit de chasteau et de ville , ') le tout est effacé. (Ferry de Locre.) — 1175. Bulle du pape Alexandre III portant confirmation de la dotation du chapitre de Saint-Sauveur. — 4190. L'hôpital est doté par le comte Hugues VI Camp d'Avesne.— 1201. L'église Ae Saint-Sauveur cède A Hugues VI le moulin du Maisnil ou de Millebounj moyennant une redevance annuelle de quatorze setiersde froment. Ce moulin était alors situé près de la fontaine des Lavoirs dont il est question dans Ferry de Locre : « Esdictz lavoirs se '> voit une tonne de gré crocqueté et poly, eslevée de six pieds, à six coings, em-

le premier est l'état des effets qu'il possédait lorsqu'il quitta son couvent ; le second s'applique aux soins qu'avait reçus de lui la bibliothèque de la cornmunauté. En voici c{uelques extraits * : — <( Le père Turpin )) a procuré plusieurs livres à la bibliothèque , entr'au- )) très les suivans : les comtes de Flandres , en petit » folio ; une histoire de France par Nicolas Gille , in )> folio ; les chartes du pays de Hainau , in octavo ; >•> deux tomes de l'année dominicaine ; Catcna Patrum )i Grecorum, in folio ; trois tomes in quarto de l'histoire » des évêques de Liège, Tongres, Mattrich, etc., in » quarto. — Il a nétoiéz tous les livres et les a ran- » gés selon les matières... — Il a eschangé quel- » ques livres doubles , scavoir : une Vie des Saints en » vieux gaulois pour deux tomes in folio , scavoir : un

» boticliée de six tuyaux de cuivre, vomissansconlinnellement eaux Irès-lynipides... » ce qui sert de grande commodité aux bourgeois. » — 4221. Fondation de la Ma- /arfrerie dans le voisinage de Saint-Pol. — J221. Charles d'Elisabeth Camp d'Avesne, femme de Gaucher ou Gaultier de Châtillon , portant confirmation des privilèges accordés par son père aux habitants. — 1227. Hugues VII de Châtillon confirme la commune de Saint-Pol. — 1231. Il concède aux habitants des droits d'usage dans ses forêts. — 1251. Gui III de Châtillon , comte de Saint-Pol , transfère dans l'intévienr de la ville la collégiale de Saint-Sauveur. — 1263. Gui III de Châtillon fonde un hôpital à Saint-Pol.— 1369. Charles-le-Sage assemble les étals du royaume à Saint-Pol. « S'y trouvèrent le cardinal de Beauvais, l'archevêque de Sens, les « évêques d'Orléans, d'Arrasetd'Auxerre et pUisieursgrandsprincesetseigneurs.» ( Feruy DR LocBE. ) — Vcrs 1430. Établissement des Sœurs-Noires. — 1464. Louis XI et Philippe-le-Bon , duc de Bourgogne, viennent à Saint-Pol. — 1469. Louis de Luxembourg accorde des privilèges à la compagnie des archers de 5ain/-5eia.ï/ie;». — 1471. Entrevue dans le château de Saint-Pol de Charles-le- Téméraire et d'Edouard d'York, roi d'Angleterre, détrôné parles intrigues du comte de Warwick.

* {f^oir le travail publié par M. QuENSON dans le Puits Artésien , 1838.)

» tome des œuvres de St-Jérômc , (pie nous n'avions » pas, et un tome de riiistoire de Bnvonius. — Poulie ce qui est des cinquante escus de don de mademoi- » selle Dubois pour acheter des livres à mon usage , )i ils m'ont été remis par ordre du R. P. provincial » Thiriar pour être employés en achats des livres sui- » vans... Les Scriptores de notre ordre 2 folio ; le 3.' » tome du GalHa Christiana , 30 livres ; le Glossarium » de M. du Cange ; l'année dominicaine , du mois de )i novembre ; VOriens Christianus du R. P. Lequien. » On éprouve je ne sais quel charme à lire ces détails qui nous initient si bien aux mœurs bénédictines d'un autre temps. Que de candeur, que de savoir se cachèrent à la fois au fond des cloîtrés oîi les moines vivaient ; et combien il faut de courage pour oser écrire

— 1483. « Louis XT donna à l'église paroissiale un calice d'or fin pour ésjours » plus solennels célébrer la messe principale. » ( Ferry de Loche. ) — d537. Les Français s'emparent de Saint-Pol. Les Impériaux prennent d'assaut celte place la même année. Le comte de Bures les commande. Il fait incendier la ville et raser le château. — 1546. «Charles le Quint, empereur, cognoissant qu'il importait » beaucoup de remettre sus la ville très-désolée de S. Paul , fait revivre chascun » sien privilège, et fust le magistrat de la ville restably. » (Ferry de Locre.) —

— 4553. Les Français reprennent Saiut-Pol. — 1581. Siège et prise de Saint-Pol par le comte d'Alençon. La ville est brûlée. — 1593. Les Espagnols rentrent dans Saint-Pol. — 1614. Keconslruction de l'église paroissiale de Saint-Paul brûlée en ■1553. — 4614. Mort de Ferry de Locre , né à Saint-Pol en 4571, appelé souvent Locrius. — 1615. Ëttiblissement des Carmes. — 4649. Turenne s'empare de Saint- Pol. — 4659. Paix des Pyrénées. Saint-Pol est définitivement réuni à la Couronne de France. — 1661. Passage de Louis XIV. — 4661. Les états d'Artois s'assemblent à Saint-Pol. — 1690. Achèvement des constructions de l'église des Carmes. — Vers la fin du XVIP siècle. Naissanceà Saint-Pol de l'historien Thomas Turpin. — Après 1709. Démolition des remparts. — 1766. Incendie du couvent et de l'église des Sœurs-Grises. — 1766. Reconstruction de la Sénéchaussée.

l'histoire après eux , pour ne pas laisser tomber sa plume au souvenir de tant d'érudition , de tant de travaux ! On comprendra mieux encore combien ce courage est nécessaire, et de combien de résignation il faut pouvoir le fortifier, lorsqu'on voit M. de Chateaubriand écrire ceci: « Il n'y a pas, dit l'illustre écrivain, de » frère lai déterrant dans un obituaire le diplôme pou- » dreux que lui indiquait dom Bouquet ou dom Mali billon qui ne fût mille fois plus instruit que la » plupart de ceux qui s'avisent aujourd'hui , comme ■» moi , d'écrire sur l'histoire ; de mesurer du haut de )> leur ignorance ces larges cervelles qui embrassaient )> tout , ces espèces de contemporains des Pères de )) l'Eglise , ces hommes du passé gothique et des vieilles » abbayes qui semblaient avoir écrit eux-mêmes les » chartes qu'ils déchiffraient. •>■>

EUDO, maïeur de Saint-Quentin, souscrivit une charte d'Albert P% comte de Vermandois, dans l'année 986. Les historiens s'accordent à reconnaître que le gouvernement d'Albert F' fut paternel; aussi les habitants de Saint-Quentin obtinrent-ils de lui des privilèges et élurent-ils leurs magistrats avant l'époque oii l'émancipation communale s'accomplit dans les autres villes de la Picardie.

Raoul I " , l'un (les successeurs d'Albert , confirma les privilèges de Saint-Quentin ; mais Thistoire fait foi qu'il exigea pour cela une forte so.mme. Ces privilèges ainsi achetés reçurent la sanction royale après la réunion du Vermandois à la Couronne. Une charte de Philippe -Auguste , à la date de 1195, confirma toutes les coutumes dont les bourgeois de Saint- Quentin avaient joui du temps des comtes de Vermandois '.

Le pouvoir municipal de cette cité fut d'abord dévolu à deux corps distincts : onze jurés et le maïeur formaient le premier ; le second se composait de douze échevins. Le maïeur et les onze jurés connaissaient

' SOMMAIRE DES PRINCIPALES DISPOSITIONS DE LA CHARTE COMMU- NALE DE SAINT-QUENTIN.

Les hommes de la commune seront libres de leurs personnes et de leurs biens. Le loi ne pourra rien exiger d'eux que par le jugement des échevins. Ils seront exempts de niain-niorte.

Si le roi cite en jugement la commune, il la fera juger par les hommes libres, les nobles et le clergé de Saint-Quentin. Si celui qui est condamné refuse de se soumettre à la décision qui sera prise , il pourra en appeler par le duel dans la ville de Saint-Quentin.

Le roi ni ses sergents ne peuvent citer par gages un homme de la commune. Le roi peut faire mettre les fers aux pieds d'un homme qui a forfait, mais il ne peut le faire lier autrement , ni le faire conduire hors de la ville , ni le forcer à nourrir ses gardes.

Tout bourgeois pourra être cité en justice, à toute heure du jour, partout où il sera rencontré , soit dans un jardin , soit en chambre ou ailleurs ; mais il ne pourra être cité de nuit.

Les voilures à deux roues non ferrées paieront une obole ; à quatre roues non ferrées un denier ; le double pour les voitures ferrées. On emploiera le produit à faire une chaussée.

Les sergents de la ville et les gardes des portes ne doivent répondre en matière civile que devant le maire et les jurés ; les domestiques des ecclésiastiques seront justiciables du doyen du clergé.

seuls de ce qui avait trait au patrimoine de la ville et aux franchises des habitants ; à l'entretien des murailles , des portes et des ponts ; à la garde de la cité et au\ actions civiles intentées aux bourgeois.

Les échevins reconnaissaient l'autorité d'un châtelain appelé quelquefois vicomte dans les vieilles chartes. Jusqu'à la réunion du Vermandois , cet échevinage constitua la justice particulière du comte. Plus tard un prévôt royal remplaça le châtelain, et le roi nomma les échevins ; leur autorité s'étendit sur les saisies et les amortissements , les poids , le mesurage et la

Le bourgeois de la commune sommé par le roi sera jugé dans Saint-Quentin par les échevins.

Tout homme de la commune qui, au son de la cloche, voudra se rendre à l'assemblée de la ville pourra y venir et s'en retourner librement.

La commune prendra les armes toutes les fois qu'elle en sera sonuiiée par le roi ; et ceux qui seront armés ne pourront être poursuivis en justice après le jour d« la sommation.

Le maire et les jurés pourront fortifier In ville sur le terrain de qui que ce soit.

Les boulangers ne feront du pain qu'à une obole. Les hommes de la ville pourront moudre et cuire leur pain où ils voudront.

Le roi ne pourra changer la monnaie sans le consentement du maire et des jurés. Mais il sera libre d'en frapper du même poids.

Chacun peut établir son étal au marché en payant les droits requis et pourvu qu'il n'obstrue point l'issue des maisons habitées.

Le bourgeoispeut sans forfaiture demeurer hors de la ville depuis la Purification jusqu'à la fin d'avril , et depuis la Saint-Jean jusqu'à la Saint-Martin.

Si le maire , les jurés et la commune ordonnent une levée de deniers pour les besoins de la ville , ils la pourront faire sur toutes les possessions des bourgeois , en terres ou en argent , et sur tous les profits pécuniaires perçus dans Saint-Quentin.

Tout ce qui précède n'est concédé que sous la réserve expresse du droit du roi et de son honneiu- ; des droits de ses hommes libres ; de ceux de l'église de Saint- Quentin et des autres églises.

A Compiègne, l'an de l'incarnation du "Verbe 4495.

taxe des principales denrées. Divers cas de justice criminelle leur furent aussi réservés. On comprend , toutefois , que de nombreux conflits durent s'établir entre le maïeur et les jurés, le prévôt et l'échevinage ; et le mal devint tel qu'en 1352 le roi Jean se détermina à réunir les deux juridictions. Jusqu'à leur suppression, les échevins s'assemblèrent dans l'hôtel des comtes de Vermandois appelé Maison de la Monnaie. Un antique usage voulait qu'un repas fût offert chaque année à l'échevinage par le châtelain. Nous emprunterons aux mémoires de Colliette la description des préparatifs de ce repas et des mets dont il se composait.

« Dès que le festin a été fixé et annoncé au châ- )) telain , huit jours avant sa célébration par les éche- » vins , ils s'assemblent dans une salle tendue de ta- » pisseries ; leur table doit être couverte de même )) étoffe et de trois nappes , et leurs bancs garnis de n paillots. Assis en un môme rang , ils sont servis » par deux clercs de la ville ( le procureur et le grefn fier aux causes ) portans serviettes blanches sur l'épaule » et un chapeau ou couronne de fleurs. A la première » entrée , on sert un grand potage , bon pain , bon » vin ; succèdent à ce mets poulets bouillis aux pois » et pâtés de poulets encore ; ensuite vient un oison )) pour deux échevins. Après ce service , on distribue » de la carpe et du brochet par quartier sur des )) tranches de pain avec du verteille ou verjus d'oseille. 1) Le châtelain obligé de fournir ce repas aux dépens

du domaine ne pourrait pas en imposer aux convives sur la qualité de ces poissons ; il doit les montrer vifs, la veille de la fête, à deux échevins ou à deux députés par eux à reffet de les visiter. On apporte ensuite bœuf salé et moutarde ; chaque couple d'échevin a son plat. La viande rôtie qui suit est au choix du châtelain. On lève la première nappe et Ton sert alors une tarterelle à chaque échevin et des cerises , car l'on fait toujours tomber le temps de ce repas en été et , ordinairement , au mardi le plus voisin de la Saint-Barnabe. La crème que l'on ajoute à ces petits desserts est couverte d'un large craquelin et entremêlée de fromages vieux

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