‹ Archives historiques et ecclésiastiques de la Picardie et l'ArtoisChapitre 135 sur 140 · P R O P A T R I A C OF. S O S « T K R N P M V I V E R E CIVES · texte numérisé non relu

P R O P A T R I A C OF. S O S « T K R N P M V I V E R E CIVES

La Ligue exerça peu d'action à Saint- Quentin et les habitants restèrent fidèles à Henri III dans un temps où Soissons, Laon et beaucoup de villes picardes étaient au pouvoir des Ligueurs. Henri IV vint à wSaint-Quentin en 1590 et sa présence y fut l'objet de l'allégresse publique. Il logea dans une maison de la Grand' Place au coin de la rue de la Poterie. On dit que plusieurs bourgeois lui ouvrirent leurs bourses et que le prince mit leur bonne volonté à profit car son trésor était épuisé. Le corps - de - ville lui offrit un repas et lorsqu'on voulut , selon l'usage , goûter les vins et les viandes placés devant lui, le prince s'y opposa et dit : Je suis avec mes amis ; je nai rien à appréhender d'eux. Henri IV répétait souvent que malgré ses ennemis , il était assuré d'être toujours le roi de sa

chère ville de Saint- Quentin. Lorsqu'il y revint en 1594, on rentendit déclarer sur la place de l'hôtelde-ville (\nil nentendoit pas quil y eût jamais de citadelle en cette capitale. — Je n'en veux pas d'autre^ ajouta-t-il, que le cœur de ses habitants.

L'histoire des corporations de métiers est encore à faire; et celui qui entreprendrait de l'écrire ne tarderait pas à reconnaître combien fut grande rinfluence de ces corporations sur les destinées des villes du moyenagc. L'échevinage puisa long-temps sa principale force dans ses fréquents rapports avec les chefs des confréries. L'action réelle que ces chefs exerçaient sur les gens de métier vint souvent en aide aux pouvoirs publics dans les temps de désordres ; lorsque la France fut livrée à l'ambition des grands vassaux, lorsque les villes, cherchant l'autorité royale et ne la trouvant plus nulle part, se donnaient aux Armagnacs ou à la maison de Bourgogne , que de fois ne vit-on pas les corporations dicter les résolutions de l'échevinage !

L'organisation des confréries de métiers pourrait offrir plus d'un rapprochement avec l'institution communale. On retrouve dans leurs anciens statuts ce même esprit d'association, ce même instinct de protection mutuelle , cet impérieux besoin d'égalité dont la commune fut le plus puissant symbole. Les membres d'une corporation de métier devaient en toute occasion se prêter assistance ; ils juraient de respecter l'autorité du maïeur ou maiîi^ de métier qu'ils avaient

élu. Des banquets les réunissaient à des époques déterminées; la dépense était acquittée à frais communs. Lorsqu'un membre de la corporation mourait, ses frères se réunissaient pour accompagner son cercueil et mêler leurs prières à celles de l'église. Ainsi mêmes plaisirs, mêmes douleurs, mêmes travaux, mêmes destinées , mêmes affections ; et" souvent mêmes haines , mêmes vengeances !

Chaque corporation avait sa bannière et son saint patron. Le maïeur était tenu, la veille de la fête patronale , de porter l'image du saint chez tous les membres de la confrérie ; ils se rendaient le lendemain à l'église avec leur bannière. L'élection du maïeur s'accomplissfiit ordinairement ce jour-là. Les corporations étaient aussi dans l'usage d'assister aux processions du saint -sacrement et figuraient dans les solennités dont la venue des princes était souvent l'occasion'.

'corporations de métiers de L\ ville DK SAINT-QUENTIN AU XVII* SIÈC LE.

Apoticaires ; fête patronale : St-Marcmil. — Bonnciieis. — Bouchers ; la Présentation de la Fiertje. — Boulangers et Tourlonniers. — Brasseurs. — Charrons ; Ste-Catherine. — Charcutiers ; St-Antoine. — Chapeliers ; Ste-Barhe. — Charbonniers. — Charpentiers; St-Joseph. — Chaudronniers; Sl-Eloi. — Cordiers; la Conversion de St-Paul. — Cordonniers ;iSf-Crcptn. — Corroyeurs; St-Crépin. — Couvreurs d'ardoises , de tuiles et de plomb ; St-Eloi. — Drapiers et Chaussetiers; Ste-DIadeleine. — Gohorliers; ^^-iî/o t. — Maçons et Tailleurs de pierre. — Mandeliers; St-Antoine. — Marchands de pain d'épices ; St-Claude. — Mégissiers et Gantiers. — Menuisiers; Ste-Anne. — Merciers, Ciriers et Epiciers; St-Marcoul. — Meuniers; St- Victor. — Mulquiniers. — Orfèvres. — Pâtissiers et Cuisiniers; St-Honoré. — Potiers d'étain ; St-Eloi. — Savetiers; St-Crépin. — Selliers; St- Eloi. — Serruriers ; St-Eloi. — Taillandiers ; St-Eloi. — Tailleurs d'habits ; St- Boniface. — Tanneurs et Fourreurs. — Tisserands. — Toiliers-Lingers; St- Murcoul. — Tonneliers; Notre-Dame. — Tourneurs. —Vitriers; St-Luc.

Les anciens statuts des corps de métiers de Saint- Quentin méritent d'être élndiés. Ils ont été recueillis dans un manuscrit de 1696 qui peut nous consoler, sous ce rapport, du vide que les désordres révolutionnaires ont produit dans les archives de rhôtel-de-ville ' . Chaque feuillet de ce manuscrit offre une sage prescription ou un détail de mœurs d'autant plus précieux qu'il s'applique à une portion du peuple dont l'histoire ne nous parle jamais. La rédaction de ces statuts est naïve et rappelle d'autres temps, u Vous jurez ■>■) Dieu votre créateur , dit le maïeur des pâtissiers au » récipiendaire, et sur la part que vous prétendez en V paradis, que vous n'habillerez aucune viande pour » entrer en corps humain que premier ne voulassiez )•> manger vous-mêmes. » Une amende sévère est imposée aux ciriers et droguistes qui vendraient des dragées où le sucre serait meslé d'amidon; la confrérie du pain d'épiccs , dont St-Claude est le patron , est tenue d'employer « bonne paste , bien pannissée , » bien cuite , composée de bon miel et de bonnes )) espices. » Les règlements de la boulangerie et des tourtonniers sont des modèles de sagesse et de prévoyance. On exigeait le droit de bourgeoisie pour l'admission dans la corporation des boulangers, u Personne,

'■ Nous (levons la communicntion <le ce ninnnscvit à l'obligeance de M. Le Sernrier, conseiller à la cour royale d'Amiens cl nienibrc de la Société des Antiqvaircs de Picardie. M. Le Scrurier a mis à notre disposition avec un empressement dont nous lui savons gré les nombreux imprimés ou manuscrits sur l'histoire locale que sa bibliothèque renferme.

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» disent les statuts, ne sera muîtrc-boulanger qu'il ne » soit apparu de ses bonnes vie et mœurs et qu'il a » été receu bourgeois de Saint-Ouentin. Il sera tenu » de faire chef-d'œuvre et à cette (in façonner trois » sortes de pains d'une même cuite scavoir : pain » blanc, pain molet et pain bis. »

Nous terminerons ces aperçus par la curieuse formule du serment imposé aux membres de la corporation des Apotiquaires de la ville de Saint-Quentin. — ce Je prends à tesmoins , devant tout le monde , le » créateur de l'univers, un seul Dieu en trois per- » sonnes, que j'observeray toutte ma vie ce qui s'en » suit : — Je vivray et mourray dans la foy catho- )) lique , apostolique et romaine. — J'honoreray mes » parens et messieurs mes magistrats. — J'obéiray aux » médecins et porteray honneur à mes anciens. — 1) Je feray tous mes efforts pour embellir ma profession. » — Je n'en divulgueray jamais les secrets. — Je ne » donneray jamais de poison et je ne souffriray pas )) qu'on en donne même à mon ennemy. — Je ne )) touche ray aucunes parties secrettes que pour y appli- » quer des remèdes en cas de nécessité. — Je désap- » prouveray toujours la méchante et dangereuse mé- » thode des empiries et charlatans. — Je ne diray ja- » mais d'injures à mes anciens ni à tout autre. — » On ne me verra pas dans les maladies aiguës donner » aucun purgatif sans l'avis du médecin. — Je re- )) fuseray tout remède pour provoquer l'avortement. » — L'espérance du gain ne me fera rien faire d'im-

» prudent. — J'otteray de ma boutique les médica- » mens mal conditionnez. — En gardant et observant » exactement touttes ces choses, je prie le bon Dieu )) de me secourir dans le cours de ma vie. Ainsi )) soit-il ! »

HOTELDE VILLE DE S Al N T ftU C NTIN .

ANS ranriée 1127, Guillaume Cliton, comte de Flandre, confirma par une charte les ^- privilèges dont les habitants de Saint-Omer étaient alors en possession. Mais Thistoire nous apprend que Guillaume ne larda pas à mettre en oubli l'engagement qu'il avait contracté , puisque dès le commencement de 1 1 28 les bourgeois étaient en insurrection et réclamaient le maintien de leur charte que le comte venait de violer. Celui-ci assiégea et prit Saint-Omer ; et comme la force faisait alors le seul droit , les bourgeois se soumirent et , de plus, furent tenus de payer au comte de Flandre une

amende de six cents marcs d'argent. Thierry d'Alsace, successeur de Guillaume Cliton , répara de son mieux les maux que les bourgeois de Saint-Omer avaient endurés; il confirma leurs anciens privilèges; l'institution communale de Saint-Omer se régularisa ; les habitants eurent leur halle échevinale. La charte du comte Thierry reçut la confirmation de Philippe d'Alsace en 1164 • .

Les annales de Saint-Omer ont consacré le souvenir du passage de St-Louis en 1231. Ce prince et Blanche de Castille , sa mère , logèrent dans l'abbaye de Saint-

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