‹ Archives historiques et ecclésiastiques de la Picardie et l'ArtoisChapitre 139 sur 140 · NOTIONS HISTORIQUES SUR SOISSONS · texte numérisé non relu

NOTIONS HISTORIQUES SUR SOISSONS

57 ans avant l'ère chrétienne. Jules César assiège et prend Noviodunum (Soissons) capitale des Snessions {Suessiones.) — 287 ans de J.-C. Fondation de l'évêché de Soissons. — 451. Passage d'Attila. Soissons résiste à ses armes. — 486. Khlowigh I"^ fixe sa résidence à Soissons. Ce ne fut qu'en 507 qu'il transféra à Paris le siège de sa domination. — 5dl. Khlother P' est proclamé roi de Soissons. — 558. Khlother, devenu seul chef des Franks, fixe sa résidence à Paris. Fin du premier royaume de Soissons. — 561. Mort de Khlother. Khilpérik I""" est proclamé roi de Soissons. — 562. Fondation de l'abbaye de Saint- Médard. (P-^ volume, page 233.)— 567. Mort d'Haribert , roi de Paris , fils de Khlother I" et né à Soissons. — 575. Mort de Sighebert , frère d'Haribert. Comme lui il était né à Soissons. — 577. Khilpérik I" fait construire un cirque dans cette ville. — 584. Mort de Khilpérik 1" né à Soissons. — 584. Khildebert, roi d'Austrasie , s'empare de cette ville. — 593. Mort de Contran, roi de Bourgogne , fils de Khlother P'" et né à Soissons. — 613. Fin du second royaume de Soissons. — 628. Mort de Khlother II, fils de Frédég(mde, né à Soissons en 584. — 660-664. Fondation de l'abbaye de Notre-Dame, (l"^ volume , page 235.) — 744. Premier concile de Soissons. Peppin-le-Bref , alors maire du palais , le préside. — 752. Avènement de la seconde race franke. Peppin est proclamé à Soissons et sacré dans la cathédrale. — 768. Sacre de Karloman, roi d'Austrasie. — 833. Lodewig-Ie-Débonnaire est renfermé par l'ordre de ses fils dans l'abbaye de Saint-Médard. — 842. Second concile de Soissons. — 852. Karle-le-Chauve fait renfermer Peppin-le-Jeune , roi d'Aquitaine , dans l'abbaye de Saint-Médard. — 853. Troisième concile de Soissons. — 858. Quatrième concile. — 861. Cinquième concile. — 862. Sixième concile. — 864-884. Fondation de l'abbaye de Saint-Crépin-le-Grand. (I" volume, page 235.) — 865. Mort de Paschase Ratbert , abbé de Corbie , né à Soissons. Son traité du sacrement de

piété sont attestées par riiistoirc. La sollicitude j)aternelle du comte l'aurait porté à doter les bourgeois de Soissons des mêmes privilèges que Raoul, comte de Vermandois, venait d'accorder aux bourgeois de Saint-Quentin.

La charte de Louis -le- Gros ne se retrouve plus. Elle reçut en 1133 la confirmation de Louis -le -Jeune et en 1181 celle du roi Philippe-Auguste. Cette charte eut une grande renommée au moyen-àge ; venue après celles que les rois ou les seigneurs avaient concédées

l'autel le rendit célèbre. Sa vie a été publiée par Mabillon. — 866. Septième concile de Soissons. — Vers 870. Fondation du chapitre de Saint-Fierre-au-Purvis.

— 875. Ilnitiéme concile. — 880. Neuvième concile. — 883. Passage des Normands. Ils brûlent l'abbaye de Saint-Médard. — 923. Bataille de Soissons. — 937. Mort d'Abbon , évêque de Soissons et chancelier de France. — 941. Dixième concile de Soissons. — 948. La cathédrale est incendiée. {Flodoard.) — 960. Gui d'Anjou, évêque de Soissons, pose la première pierre de la cathédrale actuelle. — 4057. Le roi de France Henri I" fait démolir la tour des Comtes. — A'^ers J060. Construction du château Gaillard. — d076. Fondation de l'abbaye de Saint-.Jea7i-des- Fùjnes. (P"" volume, page 242.) — d078. Onzième concile de Soissons. — 1084. Douzième concile. — 1092. Treizième concile. — IJOl. Quatorzième concile. — 1114. On brûle des Manichéens à Soissons. — 4115. Quinzième concile. — 4122. Seizième concile. On y condamne les doctrines d'Abeilard. — 1128. La peste désole Soissons. — 1131. Passage du pape Innocent IL — Vers 1435. Fondation de l'abbaye de Saint-Crépin-en-Chaye . (I"" volume, page 235.) — 1139. Fondation de l'abbaye de Saint- Léyer. (P' volume , page 236.) — 1155. Dix-septième concile de Soissons. — 1175. Mort de Hugues de Champflcury, évêque de Soissons et chancelier de France. — 1177. Fondation du chapitre de Suint-Taust. — 1188. Établissement de l'hôpital de Saint-^aast. — 1201. Dix-huitième concile. — 4212. Philippe-Auguste convoque à Soissons une assemblée d'évêques et de chevaliers.

— Après 1214. Fondation du séminaire de Saint- Nicolas. — 4246. Bulle du Saint- Siège en faveur de l'hôtel Dieu Saint-Gervais. — Vers 4228. Erection en abbaye du prieuré de Saint-Étienne qui prit plus tard le nom de Saint-Paul (V' volume, page 236.) — Vers 4228. Les Cordeliers s'établissent à Soissons. Leur couvent détruit pendant le siège de 1414 fut plus tard reconstruit. — 4230. Fondation de l'hôpital Notre-Dame. — i266. Reconstruction du pont sur l'Aisne. — Après 1313.

des les premiers temps de l'afTranchissement communal la charte de Soissons portait en elle les fruits de l'expérience ; aussi les bourgeois de Compiègne , ceux de plusieurs villes de Champagne et même des pays de Bourgogne obtinrent-ils des privilèges selon les coutumes de Soissons. La charte de Compiègne a été transcrite dans ce volume, et ses dispositions peuvent servir à nous fixer sur celles de la charte de Soissons.

La célébrité dont cette dernière charte jouissait fut peu en harmonie avec les continuels désordres qu'elle

Fondation du chapitre de Saint-Louis. — 4325. Philippe-le-Bel établit un prévôt royal à Soissons. — ^328. Mort de Pierre de Latilly, né à Soissons, grand-chancelier de France et évêque de Châlons-sur-Marne. — 1335. Ordonnance de Philippe de Valois pour l'administration de la ville de Soissons. — 4335. Fondation du collège de Sainte-Catherine. — 4339. Ëtablissemenl de l'école de Bcauton. — 4350. La peste désole Soissons. — 1382. Enguerrand de Coucy fortifie le château Gaillard. — 1390. Fondation de la communauté des Célestins. — 1441. Réunion de Soissons au domaine royal. — 1444. Les habitants méconnaissent l'autorité royale au profit du duc de Bourgogne , Jean-sans-Peur. Siège et sac de la ville par les troupes royales. — 1418. Les Bourguignons n'avaient pas tardé à rentrer dans Soissons. Ils en furent chassés cette année-là par les troupes royales. — 4420. Les Anglais s'emparent de Soissons. — 1429. Soissons reconnaît l'autorité royale. — 1430. Jean de Luxemi)ourg s'en empare. — 1436. Prise de Soissons par le célèbre La Hire. — 1452. Organisation de la compagnie des archers de St-Sébaslien. — 1455. Dix-neuvième concile de Soissons. — 1475. Passage de Louis XL — 4488-4492. Sébastien Mamerot, chanoine de la cathédrale de Troyes, né à Soissons, publie La compendieuse description de la terre de promission. — 4520. Pillage de Soissons par un corps d'aventuriers qu'on surnomma les Mille- Diables. — 4539. Mort du chanoine Jean Ruel, né à Soissons, médecin de François I", auteur du traité de Natura stirpium. — 4544. L'armée de Charles-Quint s'empare de Soissons. — 4558. Mort de Mathieu de Longuejoue, évêque de Soissons, garde-des-sceaux et ambassadeur de François P'" en Angleterre et en Allemagne. — 4561. Passage de Charles IX. Ce prince accorde deux foires aux habitants. — 1561. Le calvinisme pénètre dans Soissons. Le peuple détruit les temples des religionnaires. — 1566. Ëtablissemenl du tribunal consulaire. — 1567. Les calvinistes s'emparent de Soissons. — 4580. Jacques Petit , procureur du roi au bailliage du comté de Soissons,

occasionna. Il ne faudrait pas croire d'ailleurs que les chartes de cette époque assuraient toujours des droits communs aux diflerents quartiers qui for maient la cité. /V Soissons, par exemple, la commune avait à compter avec la juridiction de l'évèque, des abbayes et du manoir des Templiers; celle de Saiiit- Médavd était considérable puisqu'elle s'étendait sur le faubourg Saint - Vaast et sur la banlieue de la rive droite de l'Aisne. Le comte avait , en outre , sa juridiction et ses prérogatives ; la charte royale affranchissait

publie La procession de Soissons pour la délivrance des enfans de France. — 1582. ÉtabUssement des Minimes. — 1588. Les Ligueurs se réunissent à Soissons sous le commandement du duc de Gnise. — 1593. Conférences à Soissons de Mayenne et des ambasjadeurs du roi d'Espagne , Philippe \\. — 1595. Ëtablissement du Présidial et du bureau des Finances. — 1602. Commencement des constructions du palais épiscopal actueL — 1611. Mayenne meurt à Soissons. — 1613. Fondation du couvent des Capucins. — 1614. Les Mécontents s'emparent de Soissons. — 1617. Mort de Concini. Fin de la guerre civile. L'autorité royale est rétablie à Soissons. — 1622. Pierre Cacheron, célèbre peintre sur verre, travaille aux vitraux de l'Arquebuse de Soissons dont les sujets furent empruntés aux métamorphoses d'Ovide. — 1622. Lettres-patentes pour l'établissement de la congrégation des Filles de Notre- Dame. — 1629. Commencement des constructions du monastère des Feuillants. — 1633. Melchior Regnault, conseiller au présidial , publie une histoire des évêques et comtes de Soissons. — 1640. Passage de Louis XllL — 1663. L'église de Sainte-Sophie s'écrottle. — 1663-1664. Claude Dormay, chanoine de Saint-Jeandes-Vignes , publie V Histoire de la ville de Soissons et de ses rois , ducs , comtes et gouverneurs , avec la suite de ses évêques. — 1665. Lettres-patentes concédant à la ville de Soissons un maire électif et donnant attribulion de la police au maire et à ses échevins. — 1668. La peste à Soissons. — 1674. Erection de l'académie de Soissons. — 1674. Le collège est confié aux Pères de VOratoire. — 1679. Commencement des constructions du séminaire actuel. — 1695. Réunion à l'hôtel-Dieu des biens de l'hôpital de Saint-Lazare. — 4715. Mort du jésuite Gonnelieu, prédicateur éloquent, traducteur du livre de l'Imitation. 11 était né à Soissons en 1640. — 1721. Mort de Nicolas Desmarets, contrôleur-général des finances et petit-neveu de Colbert. Il était né à Soissons.— 1722. Passage de Louis XV. — 1726. Établissement de l'école des Sœurs de l'Enfant-Jésus. Un congrès européen s'assemble à

les habitants de toutes tailles et de la servitude personnelle ; mais le comte garda les droits de halle , de four, de mesurage et ceux de la navigation sur l'Aisne.

Dès l'année 1136, le maïeur , les jures de Soissons et Tëvcque Joslein de Vierzy portaient leurs communes doléances au roi Louis-le-Gros ; les différends du clergé et de la bourgeoisie souvent apaisés renaissaient sans cesse ; presque toujours la commune succombait dans les luttes qu'elle voulait soutenir ; elle eut de fortes

Soissons. — 1730. Aclièvenient des construclionsde V Hôpital-général des pauvres. — J733. Mort ilii maréchal de Bezons, né à Soissons. Il se couvrit de gloire à Sleinkerijue et à Nervvinde. — 1735. Ëtablissenient du Bureau des Marchands. — 1743. Naissance à Soissons du célèbre cliimisle Pierre Tingry. — 4752. Mort de Louis de Haricourt, avocat au parlement de Paris, né à Soissons. Jurisconsulte habile et savant canoniste. — 4753. Louis XV exile à Soissons la grand'chambre du parlement de Paris. — 4704. Établissement de la Société d'Agriculture. — 4762. Naissance de Nicolas-Marie Quinelte, membre de la convention nationale, ministre de l'intérieur sous le Directoire, préfet sous le Consulat, conseiller-d'état et directeur-général des Conmumes sous l'Empire. — 4762. Achèvement des constructions de l'hôtel-de-ville détruit par un incendie en 4814. — 1770. Passage deMarie- Antoinette d'Autriche. — 1771. Lemovne publie V Histoire des Antiquités de Soissons. — • 4772. Démolition de l'ancien hôlel de l'Intendance. — 4778. Construction d'une salle de spectacle. — 4783. Pierre Houillier , chanoine à Soissons, publie V Etal ecclésiastique et civil du diocèse de Soissons. Cet ouvrage est connu sons la dénomination de Pouillé dv diocèse. — 4787. Etablissement des assemblées de l'élection provinciale du Soissonnais et de l'élection <le Soissons. — 4789. Assemblée du bailliiige de Soissons. Election des députés aux états-généraux.

NOTIONS SUR LA PROCESSION S E MI - S ECU L A I RE DE L ' A B B .i Y E DE SAINT-MÉDARD DE SOISSONS.

Tous les cinquante ans, les religieux de Saint-Médard portaient processionnellement dans la ville les reliques de leur monastère. Voici les principaux détails de la solennité dont cet antique usage fut l'occasion dans l'année 4530. Le dimanche 30 juillet, les fieffés et vassaux de l'abbaye se réunirent devant l'église, et l'on dit que plus de trois cent mille personnes venues du Soissonnais , de la Tiérache et d'autres pays voisins s'étaient rendues ce jour-là à Soissons. La procession se mil en

amendes à paver ; bientôt ses finances n'y suffirent pas ; et le mal devint tel sous le règne de Charlesle-Bel que les habitants vendirent au prince Yabolition de leur commune et se soumirent à l'autorité d'un prévôt royal, pourvu que le trésor de l'Etat se chargeât d'acquitter leurs dettes.

Ainsi finit la commune de Soissons. Les bourgeois des villes de Picardie et ceux de la province de Champagne qui , au XII' siècle , ne pouvaient se dé-

marche dans l'ordre suivant : — Les écoliers de la ville. — Trois cents pèlerins de la confrérie de Saint-Jacques. — La Compagnie de la Jeunesse, formée par quatre cents jeunes-gens, portant des habits de soie ou de brocard , un chapeau de fleurs sur la tête , une torche verte à la main. Le Prince de la Jeunesse marchait le dernier, avec le drapeau vert qu'une croix blanche traversait ; le lieutenant, l'amiral , le major et les autres officiers de la compagnie se faisaient remarquer par la richesse de leurs vêtements. — Puis venaient huit cents bourgeois portant des torches. — Quatre cents archers de la ville et du faubourg Saint- Vaast. — Les religieux des abbayes de Saint-Médard , de Saint-Crépin-le-Grand , de Saint- Jean-des-Vignes, de Saint-Léger; les religieuses de Notre-Dame et de Saint- Paul ; les communautés des collégiales et couvents de Soissons; le clergé des paroisses; les curés- cardinaux et le chapitre de la cathédrale. Les reliques , renfermées dans treize châsses, étaient portées par le clergé et escortées par des gentilshommes, armés de haches et de pertuisanes. Les seigneurs de Salency, de Yillers- Uélon , de Chevreux et dos Quadeleux portaient la châsse de Saint-Médard placée sous un dais de drap d'or. Les reliques de St-Grégoire-le-Grand étaient aussi portées par quatre gentilshommes du Soissonnais. — Puis venaient le vicomte de Soissons tenant le drapeau de St - Sébastien ; le capitaine de la ville et celui du château , précédés de huit trompettes. — Les vêlements de soie de l'abbé de Saint-Médard étincelaient d'or et de pierres précieuses. On voyait près de lui le possesseur du fîef Roland tenant la verge noire, et son héraut portant une cotte d'armes de soie blanche , rayée de 61 d'or, sur laquelle se dessinaient les armes de l'abbé. La marche était fermée par le lieutenant-général du bailliage, le bailli du comté et le corps-de-ville. — Le gruyer de l'abbaye et le prévôt de Soissons veillèrent au maintien de l'ordre pendant le trajet. Ce dernier, monté sur une mule , marchait à droite avec ses sergents; le gruyer occupait la gauche et donnait ses ordres aux nombreux gardes des forêts de Saint-Médard .

fendre de jeter un œil jaloux sur Tinstitution municipale de cette cité ne se doutaient guère , à coup sur, des maux qu'elle entraînerait plus tard. Pouvaient -ils deviner que , deux siècles après , les bourgeois de Soissons viendraient vendre au roi de France Yabolition de leur commune pour acquitter les dettes que l'exercice du pouvoir municipal devait leur faire contracter?

SAINT-JEAN-DES-VIGNHS DE SOISSOKS.

^^ A charte ou Loi de Vervins a beaucoup de célébrité. Elle fut octroyée par Thomas de Marie dont Guibert de Nogent a raconté les cruautés et les exploits. On ne s'accorde pas d'ailleurs sur la date de ce document dont chaque ligne , dit Lacroix du Maine , respire la justice et l'humanité. Mais on croit qu'il faut placer cette date entre 1116 et 1123. L'histoire nous apprend que , pour expier ses crimes , Thomas

de Marie fit dans ce temps-là de nombreuses donations aux monastères; peut-être, alors, voulut-il aussi faire oublier aux bourgeois de Vervins les exactions dont ils avaient souffert.

La charte de Thomas de Marie ne se retrouve plus ; mais une confirmation accordée en 1163 par Raoul I", peut y suppléer; voici quelques extraits de la charte confirmative : « Moi , Raoul , seigneur de Coucy, con- » sidérant que le temps qui s'écoule sans cesse peut » facilement effacer de la mémoire les choses qu'on » a faites, j'ai ordonné d'écrire ces coutumes et sta- )) tuts : — ' Je cède aux hommes de Vervins leurs » propres maisons , moyennant douze deniers qu'ils » paieront chaque année à mon représentant , en pré-

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