CATHÉDRALE D'AMIENS
La cathédrale d'Amiens doit être placée au nombre des pins belles constructions du moyen-âge. Son vaisseau, en forme de croix latine, se compose de la nef, du chœur et d'une croisée ou transept, accompagnes de bas-côtés j des chapelles régnent autour du chœur et garnissent la nef. On dut le plan de l'édifice au génie de
les plus illustres. St-Louis courba au pied de ses autels sa majesté et sa gloire. Les princes de la chrétienté semblèrent , en 1 329 , s'être tous donné rendez-vous dans
Robert de Luzarches, surnommé le Bramante du moyen-âge ; il est habilement conçu et donne un m<ignifique ensemble à toutes les parties du monument. On admire la perspective de ses larges percées et l'heureuse harmonie des lignes.
L'extérieur a toute la richesse architecturale de l'époque où Robei t de Luzarches vivait. La façade principale offre de remarquables sculptures ; des statues, des basreliefs décorent les trois porches du grand portail que les artistes désignent sous le nom du Sauveur, de lu 31 ère de Dieu et de St-Firmin.
Les arcs-boutants des façades latérales de la nef donnent à Tédilice un caractère de solidité et de grandeur; ceux que l'architecte combina dans le pourtour du chœur commandent l'admiration. Il sont découpés à jour ; des pyramides surmontent leurs contre-forts. Des découpures légères dans le style flamboyant ornent aussi les balustrades des galeries. Les fenêtres et leurs pignons triangulaires forment le plus heureux ensemble.
Un portail occupe chaque extrémité du transept. Celui du midi est connu sous le nom de yierye dorée ; on y voit des sculptures d'une grande richesse. La vierge qui décore la porte d'entrée est gracieuse et d'un très-beau caractère; unerosedela plus belle combinaison termine ce portail. Le second fait face à l'évêché ; il a plus de simplicité et ne fut point achevé ; la rose qu'on y plaça est d'une extrême délicatesse.
On chercherait vainement beaucoup de cathédrales du moyen-âge aussi richement décorées à l'intérieur. L'art prodigua toutes ses richesses dans les chapelles qui accompagnent les bas-côtés de la nef. On y voit plusieurs mausolées. La clôture du chœur est ornée de bas-reliefs représentant la vie de St-Firmin , martyr, et celle de St-Jean-Baptiste. Deux autres bas-reliefs , placés dans le transept , rappellent quelques traits de la vie de St-Jacques-le-Majeur , ou reproduisent diverses vues du temple de Jérusalem. Ces sculptures du seizième siècle révèlent un ciseau habile. Les stalles du chœur sont élégantes et d'un beau travail.
Les vitraux des roses du transept et du portail et quelques panneaux épars dans les fenêtres du chœur font regretter la disparition des verrières qui ornaient autrefois l'édifice.
Le gouvernement poursuit avec persévérance la restauration extérieure de ce magnifique monument. De beaux travaux d'architecture, de sculpture et de statuaire s'accomplissent , dans ce but , sous la direction éclairée de M. Cheussey, architecte du département ; et le jour n'est pas éloigné où les amis des arts pourront, grâce à de longs efforts , admirer les détails de cette partie de l'édifice reproduits , avec un soin ingénieux , dans toute leur beauté native.
cette luagnifique église. On y vit réunis Philippe dv Valois; le roi d'Angleterre, Edouard 111; les rois de Navarre, de Bohème et de Majorque; le prince Charles comte d'A-lençon, les ducs de Bourbon, de Bourgogne et de Lorraine; Robert d'Artois et le comte de Flandre ; les comtes de Salisbury de Derby et de Warwick; les douze pairs du royaume, plusieurs prélats de France et d'Angleterre et un grand nombre de chevaliers '. Edouard, devenu possesseur de la couronne d'Angleterre , venait faire hommage au roi de France pour son duché de Guienne , ses comtés de Ponthieu et de Montreuil. Les circonstances de cette cérémonie sont célèbres dans l'histoire, et furent le prélude des antipathies nationales qui devaient , pour long-temps , diviser l'Angleterre et la France.
C'est dans la cathédrale d'Amiens que le roi Charles VI épousa Isabeau de Bavière en 1385. Louis XI, Charles VIII, Louis XII, François F', Henri II, Henri IV, Louis XIII, Louis XIV; Napoléon; Louis XVIII et Charles X vinrent admirer la cathédrale d'Amiens. Alors, peut-être , leurs royales pensées se reportèrent-elles vers les siècles que ce monument avait traversés! Qui sait si l'image importune des révolutions auxquelles il survécut , et qui renversèrent plus d'un trône , ne vint pas se mêler aux hommages que le peuple leur offrait... Ces souvenirs , la majesté du lieu , la puissance infinie
Chroniques de Froissart. )
MO
du Dieu qu'on y adore purent leur dire tout le néant de leur «çrandeur,
La construction de la cathédrale de Beauvais l'ut commencée dans les premières années du treizième siècle, pendant l'épiscopat de Miles de Nanteuil. Les travaux s'accomplirent avec lenteur ; ils duraient encore à fin du seizième siècle et l'édifice n'a jamais été terminé. Les proportions de ce monument et les chefsd'œuvre de sculpture que l'art se plut à y réunir l'eussent placé, après son achèvement, au nombre des plus belles cathédrales de l'Europe. Son chœur surtout ffiit l'admiration des artistes, et l'on dit communément: Nef d'Amiens^ chœur de Beauvais '.