‹ Archives historiques et ecclésiastiques de la Picardie et l'ArtoisChapitre 22 sur 140 · RAISONS DU CHANTRE · texte numérisé non relu

RAISONS DU CHANTRE

» Le chantre dit que par la disposition du droict il est le premier du chœur de ') l'église , après le doyen et archidiacre , can. pcrlcctis 25. distinct, et est pré- » féré au trésorier...

» Qu'il est le second de la dignité qui sied au costé droict et partant préférable <» au second qui prend séance à senestre, comme fait le trésorier...

» Qu'en l'hymne de Gloria laus qui se chante en la porte du chastel , en la pro- » cession des rameaux , la préséance est donnée au chantre par l'antiphonier du )> chapitre , par lequel il est porté que le quatriesnie verset sera chanté par le » chantre ou le trésorier...

)> Que par les registres capitulaires dès et depuis l'an 1483 , es feuillets 252-253 » jusques à la fin, le chantre précède le trésorier...

» Qu'il ne fallait point avoir égard à ce qui s'est fait et pratiqué anciennement ; )' ains à ce qu'on pratique à présent...

Laudamus vctcrcs scd nostris titimus annis.

» Que depuis deux cens ans en ça continuellement jusques à présent, il est eu » possession de la préséance de laquelle il ne doit être despossedé par ledit tréso- » rier. » ( Antiquitez du pays de BeaKvaisis , par Louvet. )

l'abbaye élaieiil l'objet principal du litige. Une transaction, dont nous rapporterons ici I4; texte, termina en 1130 ce singulier démêlé et régla que les religieux de Saint-Lucien payeraient désormais aux chanoines, pour toute redevance , vingt sols en monnaie de lîeauvais ' . A côté des chapitres des cathédrales florissaient autrefois d'autres institutions canoniales; et si les bornes de cet ouvrage nous ont fait une nécessité de négliger l'étude de leur organisation , il convient de signaler au moins leur existence. Quoique placés dans un rang secondaire , plusieurs de ces chapitres s'acquirent de la célébrité par leurs richesses ou par les privilèges dont ils furent dotés. Tels étaient celui de la collégiale de Saint-Yulfran d'Abbeville ' au diocèse d'Amiens , et le

' « Canonici Belvacensis ecclesiae singulis annis in (luatiiov feslivitatibus , vitle-

» licet in ntraque feslivilate B. Liiciano , in crastino pascalis «liei et in crastino

» natalis Domini, pioccssionaliter ibant ad monasterium S. Luciani cum monachis

» ibidem solemniter cantaturi et lefeclorio pastus rcfectioncni ad honorein B. B.

» Mart}'runi susceptuii ; sed orta discoidia à monacbis , statntnm fuit à D. Petro

» Belvacensi episcopo die octava anle debitum processionis celebranduni , abbas et

» monachi B. Luciani canonicis B. Peti-i soluerent viginli solidos Belvacensis nio-

» neta. — Actum Bellovaci , 1430. »

• Le chapitre de la collégiale de Saint- Vulfran se composait de vingt chanoines Tprcvàtaux et de six chanoines quotidiens. La prébende de ces derniers était d'une moindre valeur. « Le chapitre de Saint-Vulfran , dit M. Louandre dans son excel- » lente Histoire d'AhheviUe , tenait sous sa puissance féodale une grande partie de » la ville. II avait la dîme des arbres fruitiers et des légumes dans les jardins des » Planches et de Rouvroy, celle des foins sur les terroirs d'Epcignette, de Caux, de » Vauchelles et de Lheure, et celle des grains dans une partie de la banlieue. Les >» chanoines recevaient annuellement de leurs tenanciers du vin , de la bière , des » oiseaux de mer et de rivière. Ils jouissaient des droits de chanipart , cens , sur- » cens , etc, et de plusieurs droits honorifiques parmi lesquels nous citerons au

chapitre royal de Saint-Quentin ' dans le diocèse de Noyon. A Senlis, les chanoines de la collégiale de

» premier rang celui désemparer de l'autorité municipale pendanl l'oclave de la

» Pentecôte.

» Le mavenr-chanoine , élu par ses collègues , sons le nom de prévôt, sortait ac-

» compagne des officiers du chapitre pour annoncer son élection au corps de ville

» dont les fonctions cessaient à l'instant même. Le nouveau maire, au bruit des

>> Instruments de musique et revêtu des marques distinctives de sa magistrature, se

» rendait au Bourdois pour ,v tenir audience et faire subir les diverses peines qu'il

» infligeait pour les délits de police municipale. Lorsque le fait comportait la pri-

» son , les condamnés étaient conduits dans une grange près de l'autel de la Gru-

)) lusp, où les chanoines plaçaient les vingt mille gerbes de blé que leur valaient la

» dîme; et comme leur juridiction temporelle leur donnait le droit de justice, ce

» hàWment , nommé yranye du chapitre , leur tens'il lieu àe prison. Lorsqu'il s'a-

» gissait de peines plus graves, les instruments de supplice des inayeurs étaient à

» leur disposition, comme on le voit par un acte de 4391. La juridiction temporelle

» et la juridiction spirituelle des chanoines de Saint-Vulfran s'étendait dans la cani-

» pagne sur trente paroisses et sur dix dans la ville. Ces églises devenaient pour

» eux comme autant de domaines car ils y percevaient moitié des oblations, des

>' cires et autres produits. »

' L'église royale et collégiale de Saint- Quentin fut la cathédrale du Vermandois jusqu'à l'époque où St-Médard transféra à Noyon le siège épiscopal. Les chanoines vécurent alors sons le gouvernement d'un abbé. Enrichie par les dons deKarle-le- Grand , des rois de France et des comtes de Vermandois, la collégiale de Saint- Quentin acquit de la célébrité. Le roi en était le premier chanoine et conférait la plupart des prébendes ; quelques-unes étaient au choix des comtes de Vermandois. Lorsque le roi venait à Saint-Quentin, les chanoines le recevaient en qualité d'abbé. Ce titre n'était qu'honorifique car, dès le dixième siècle , l'église de Saint Quentin avait ses doyens. Au commencement du quinzième siècle la musique de cetle collégiale passait pour la meilleure du royaume. Ses enfants de chœur devenaient des maîtres habiles et dirigèrent la musique de beaucoup de cathédrales de France et des Pays-Bas.

Vne confraternité particulière existait dès le huitième siècle et s'était depuis lors maintenue entre les chanoinesses de Maubeuge et les chanoines de Saint-Quentin. Lorsque ces derniers se rendaient à Maubeuge , les dames chanoinesses leur donnaient place au chœur de leur église et leur faisaient un présent de vin. Les mêmes honneurs étaient réservés aux chanoinesses de Maubeuge dans la collégiale de Saint Quenlin. Elles se plaçaient au chœur entre les dignitaires et les simples cha-

Saint-Hieul ' et ceux de Saiiit-Frainbourg ^ partagèrent avec le chapitre de la cathédrale la faveur du Saint- Siège et celle de nos rois. Ce dernier chapitre se composait de vingt-cinq chanoines ; des lettres patentes de 1550 lui accordèrent le privilège de garde - gardienne et de commitimus . u La cathédrale de Senlis, dit M. » Graves, est un monument peu connu ou peu cèlè- )) brè par les archéologues , et cependant remarquable )) comme toutes les grandes productions artistiques du » moyen-âge. Ses parties les plus anciennes appartien- » nent à l'époque de la transition ; le reste est de la » dernière période du style ogival... Cette cathédrale se » distingue par la longueur extraordinaire du chœur )) qui dépasse celle de la nef, un triphorium continu, » Talternance des piliers groupés et monostyles au rez- » de-chaussée, la façade à la fois simple et ornée. Le 1) clocher n'a point de pareil dans le nord de la France. » Les transepts beaucoup trop décorés rachètent ce dé- )) faut de leur époque par la perfection du travail ''. »

noines. En d283, le viii offert aux dames de Maubeuge par le chapitre de Saint- Quentin coûta vingt deniers, dominabus de Malbodio vinum ohlatum impensis XX denariorum.

'■ Le chapitre de Saint-Rieul se composait de quinze chanoines choisis par l'évêque; ils nommaient eux-mêmes leur doyen et leur chantre.

• La collégiale de Saint-Franibourg , fondée par la reine Adélaïde, femme de Hugues Capet, était soumise immédiatement au Saint-Siège. Le chapitre avait son doyen , un trésorier et un chantre. Le roi conférait les canonicats.

■'' ( Annuaires hi^lorùjues de M. Graves.)

MS

Peu de chapitres en Picardie , ont été plus illustres que celui de Noyon. Son doyen avait le titre de Messire; les chanoines recevaient celui de Messeigneurs , et hi formule du serment des tenanciers du chapitre admis à faire hommage pour leur fief nous en fournit le témoignage '. Les chanoines de Noyon usèrent noblement de leurs riches bénéfices ; pour soutenir leur rang avec éclat , les règlements exigèrent qu'ils eussent au moins deux chevaux avec eux, outre un serviteur de bonne mine , famulo konesto , lorsqu'ils iraient à plus d'une lieue de la ville '. Le clergé d'autrefois ne ressemblait guère en vérité à celui du dix-neuvième siècle ; et l'étude de ses anciennes mœurs se recommande d'autant plus à l'historien, qu'elles se sont moins conservées. Nous sommes loin du temps oii les chanoines de Noyon allaient, par tour, monter la garde aux portes de la cité... Ceci date de 1417; les /anglais tenaient alors la campagne et menaçaient Noyon '. Nous avons déjà vu le

' SERMEKT DES TENANCIEnS DU CHAPITRE DE NOYON.

<i Messeigncuis , je deviens votre lioinine ; je vous fais lionimagc et vous piouiels » foy et Icauté , avccques obéissance et service tel que mon fief doit et requiert. »

' << Anne 1404 , die 21 augusli , fuit statutum et expresse ordinatuni quod nullus ') canonicus ecclesiœ Noviomensis possit equitare extra civitatem Noviomensem ul- » tra unani leucani nisi cum duobus equis , et famulo honesto ; et si aliquis cano- » nicus fecerit contrarium , privabitur ipso facto suis distributionibus per quinden cim dies continues incipiendo ab liorâ quâ dictus canonicus recesserit à civilate 1) Noviomensi. '>

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