CATHÉDRALE DE SAINT-OMER
« La cathédrale de Notre-Dame de Saint-Omer fut commencée vers 1055. C'est » là ce qu'attestent l'opinion assez générale des auteurs, l'exposition de la chasse » de St-Omer sur des matériaux préparcs pour la reconstruction de l'église , lors » delà première vériâcalion des reliques, et les pleins cintres enfin que l'on rei> marque dans certaines parties des carolles du chœur.
» Sa construction fut plus d'une fois interrompue et reprise ; la preuve en est )) dans les divers ordres d'architecture empreints autour de ses nefs, et dans ses ar- » chivcs où l'on voit même que , vers 1256 , le chapitre fut obligé , faute de fonds » suffisants , d'en suspendre les travaux et de tenir ses ouvriers à pension : car ou » les nourrissait le plus souvent alors ; et leur solde , d'après mention A'nnchiens
\u neuvième siècle, INotre-Daine-de Saint-Omer était déjà érigée en collégiale. Ses nombreux difTércnds avec l'abbaye de Saint-Bertin à l'occasion de la châsse de Saint-Omer, objet de la vénération des peuples, ont beaucoup occupé les historiens de la contrée. Yperius, Malbrancq , de Neuville , dom Devienne , Hennebert , nous ont laissé de curieux détails sur les longs dissentiments du chapitre et de l'abbaye. Ils furent tels vers 843 que l'on vit Folquin , évèque de ïhérouanne , se mettre à la tête de gens armés et obtenir par la force restitution de la châsse de St-Omer que l'abbé de Saint- Bertin avait lui-même dérobée dans l'église de Notre- Dame. L'abbaye voulut souvent s'arroger le droit de placer un gardien dans la collégiale , y célébrer la messe dans
» registres, et d';iprès les cumptcs de Saint-Bertin de -1250 , élaient quelquefois de » 4 deniers par jour , mais ordinairement d'une portion de soupe, d'un pain et d'un » «ter/in qui valait un peu plus d'un denier. (V.nis., Vper. Deneuv.i,el Henneb.S.) » Ce ne fut qu'en 4499, d'après l'inscription tracée sur la façade , que se termina » sa large tour avec ses 152 pieds de haut et son énorme cloche nommée Julienne, » fondue en 1474 et qui tinte encore avec fracas ses 16 à 17,000 livres de métal.
u Quant à ses chapelles , si riches de détails , de sculptures , qui viennent poser » en alignement, sous chaque ogive des nefs latérales d'entrée, leurs légères co- » lonnes, leurs élégantes halustrades, leurs marbres, leurs décors variés, et toutes » ces gracieuses figures qui , vues surtout en aspect de la tombe de St-Omer, déve- » loppent si merveilleusement le tableau ; tous ces travaux appartiennent , pour la » plupart du moins . aux derniers temps du quinzième siècle.
« La jolie tourelle à carillon , crénelée , toute à jour , qui domine avec grâce le » centre et les toits de plomb de cette église , es-t de plus d'un siècle postérieure à » l'édifice. Une autre plus élevée , sous forme de Oèche délicate, comme celle de » Saint-Bertin , l'avait précédée; mais en 1606 elle fut renversée sous la violence » d'un ouragan. . .»
( Redicrchcs svr iXntrc- Darne de Saint- Omet\ par M. Quenson , président du tribiinnl civil de .Sainl-Omer. )
certaines solennités et faire son profit des oblations; mais ces prétentions furent toujours repoussées. L'abbé de Saint-Bertin s'était un jour proposé d'aller chanter Toffice à Notre-Dame ; suivi de ses religieux , l'abbé se dirigea vers l'église , portant la crosse et la mître , marques de sa dignité; mais lorsqu'il voulut y pénétrer, les chanoines lui fermèrent toutes les portes.
Nulle institution religieuse ne fut plus jalouse que celle des chapitres du respect de ses privilèges. Les bulles papales , les transactions sans nombre que les cartulaires des cathédrales nous ont conservées en donnent de continuels témoignages. Henri de Lorraine, évêque de Thérouanne , se rendit à Saint-Omer en ! 459 pour entrer en possession du canonicat de l'église cathédrale que l'usage réservait à l'évêque diocésain. Il prit l'aumusse des chanoines, ne fut placé au chœur qu'après le doyen et prêta serment au chapitre. L'un des chanoines lui adressa ensuite une allocution latine , dont nous donnons ici la traduction : u Révérend père , les » cérémonies de l'Église qu'on a coutume d'observer » s'observeront. Si aujourd'hui on ne rend point à )) votre paternité l'honneur et la déférence qui vous » conviennent hors de cette église, ne le trouvez point T) mauvais. »
On a dit avec raison que le service de Dieu rapprochait les rangs que la société a établis et respecte, et qu'il égalisait toutes les conditions. Le peuple en voyait de fréquents exemples dans les anciennes cérémonies des cathédrales. ■■<■ Le jeudi-saint , disent les mémoires
» de Colliette, l'évêque de Novon , comte et pair de » France, devait prêcher dans le chœur, faire entrer » les pénitents, laver les autels, distribuer des échaudës ') en signe de rénovation; être présent à la harangue la >. tinc de l'écolâtre et laver les mains aux chanoines. ^>
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