‹ Archives historiques et ecclésiastiques de la Picardie et l'ArtoisChapitre 94 sur 140 · NOTIONS HISTORIQUES SUR ABBEVILLE · texte numérisé non relu

NOTIONS HISTORIQUES SUR ABBEVILLE

Vers 990. Commencementb tie la prospérité d'Abbeville. Une enceinte de murailles s'élève par l'ordre de Hugues-Capet pour proléger cette cité naissante. Abbeville devient bientôt la résidence des comtes de Montreuil et de Ponlhieu. — 1096. Un grand nombre de chevaliers, venus de l'Ostrevant, du Boulonnais, duPonIhien et du l)ays d'Artois, se réunissent à Abbeville pour la première croisade. Godefroy de Bouillon les commande. — 1100. Gui , comte de Ponthieu, arme chevalier à Abbeville le fils de Philippe 1", roi de France, célèbre dans l'histoire sons le nom de Louis-le-Gros. — 1100. Fondation du prieuré de Saint-Pierre d'Abbeville. — 1130. GnillaumedeTalvas, comte de Ponthieu, accorde à prix d'argent des privilèges aux bourgeois. — 1158. Jean, comte de Ponthieu, fait construire l'hôtel-Dieu d'Abbeville.— 1184 II ocîroye nne charte de commune aux habitants. — 1209. Guillaume III, comte de Ponthieu , autorise le maïeur et les échevins à bâtir VEchevinaije on hôtel-de-ville. — 1279. Edouard I", roi d'Angleterre , mari d'Éléonorc , héritière du Ponthieu, vient à Abbeville prendre possession de ce comté. Un de ses officiers jure, en son nom et en sa présence, de garder les coutumes et privilèges de la cité. — 1283. On bat monnaie à Abbeville aux armes d'Angleterre et de Ponthieu. — 1301. Guillaume de Mâcon,évêque d'Amiens, fonde à Abbeville le monastère des Chartreux. — 1307. Douze chevaliers de l'ordre du Temple sont arrêtés à Abbeville par l'ordre de Philippe-le-Bel. On brûle troisd'entre eux, sur le marché au blé. Il reste encore quelques vestiges des bâtiments que ces chevaliers occupaient. — 1340. Le port d'Abbeville fournit au combat naval de l'Écluse douze bâtiments montés par quinze cents matelots. — 1345. Les Abbevillois secouent le joug d'Edouard III, roi d'Angleterre, et chassent de leins murs la irarnison anglaise, — 1345. L'armée

» à Oudeiiardc; en 1409, à Provins; le 24 mai 1410, ^) à Montreuil ; en 1413, à Vrras ; en 1454, à Amiens; » en 1456, à Rue; en 1508, à Douai. En 1590, » François Rumet , avocat, maïeur, auteur d'un com- » mentaire fort estimé sur la coutume du Ponthieu , » abattit le geai à Abbeville ; M. le comte de Saint- » Pol, gouverneur de Picardie, l'abattit aussi en 1615. » Les chefs de la ville avoient tant de goût pour » l'arbalète que , de temps en temps, il y avoit dis- » pute pour la préséance sur la question de savoir

d'Edouard III désole le Ponthieu, mais lente sans succès de suipiendie Abbeville; les bourgeois et les communieis repoussent l'avant-garde ennemie avec la plus grande intrépidité. C'est alors que, moyennant cent pièces d'or, Gobin Agasse indique aux Anglais découragés le célèbre gué de Blanque-Taque. — 4346. Pliilippe de Valois, poursuivant l'armée anglaise, arrive à Abbeville; il va loger avec les princes qui l'accompagnent dans le prieuré de Saint-Pierre. — 1346. Lettres de Philippe de Valois, datées de Friiges en Artois, par lesquelles il exempte de l'arrière-ban les habitants de la cité d'Abbeville pour reconnaître leurs bons et loyaux services. Ils avaient fourni à son armée cinquante arbalétriers et cinquante sergents, et envoyèrent deux cents honmies au secours de Calais assiégé par Edouard III. — 4350. Le roi Jean confirme les privilèges concédés aux habitants d'Abbeville. — 1360. Ce prince, revenant d'Angleterre, passe à Abbeville. Les habitants le reçoivent avec acclamation. — Vers 4369. Ringois , bourgeois d'Abbeville , excitait ses concitoyens à secouer le joug de l'Angleterre. Emprisonné et conduit au château de Douvres, Bingois fut placé par les Anglais sur les hauts parapets de la forteresse qui dominait la mer. « Voulez-vous, lui dit-on alors, reconnaître pour maître le roi M Edouard III? » — « Non, dit Ringois; je ne reconnais que Jean de Valois ! » Les Anglais le précipitèrent dans les flots. — 4369. Les habitants d'Abbeville s'affranchissent de la domination anglaise après un combat sanglant dans leurs murs. Hugues de Châtillon, grand-maître des arbalétriers, prend possession de la ville au nom de Charles-le-Sage. Ce prince anoblit le m.iifeur et les échevins et règle que les armes de la cité porteront à l'avenir des fleurs de lis d'or et la devise Fidelis. — 4393. Charles VI vient résider à Abbeville. « Pour le corps du roi loger — dit » Froissart — on ordonna l'abbaye de St. -Pierre qui est une grand'abbaye et gar-

» nie d'édifices et de noirs moines Le roi de France là s'ébattoit et lenoit moult

« volontiers car en Abbeville et environ Abbeville a tant d'ébattemens et de plai-

su

)) qui tireroit le geai le premier. La compagnie jouis- » soit des plus beaux privilèges. Charles VIII l'exemp- M ta (le tout droit d'aides de quatre tonneaux de vin, » pour les quatre fêtes qu'ils faisoicnt dans l'année ; » ils jouissoient en outre d'un minot de sel et ils » avoient droit de recevoir du domaine de Ponthien, » chaque dimanche , deux grandes cruches de vin , et » un ëcu sol sur la recette-générale de Picardie. »

'> sances qu'en ville ni en cité qui soit en Fiauce. Et y a dedans la ville d'Abbeville » un jardin très-bel, enclos environnement de la belle rivière de Somme ; et là de- » dans ce clos se tenoit le roi de France moult volontiers ; et le plus des jours y » soupoit ; et disoit à son frère d'Orléans et à son conseil que le séjour d'Abbeville M lui faisoit grand bien. » — 142-1. Sur les instances de Jean-Sans-Peur , duc de Bourgogne, les Abbevillois permettent aux Anglais de traverser leur ville. Ces derniers, commandés par le roi Henri V,se dirigent sur Paris. « Dans Abbeville ce prince » fut honnorablement reçeu,parles pourcbatset diligence dudict duc de Bourgongne n et luy furent fais en icelle ville de moult beaux présens. Et avecques ce passèrent » paisiblement toutes ses gens avecques ses chars et charrettes et autres bagues et » le lendemain après que tous les despens furent payés. » {MonstreJet.) — 1463. lléception solennelle faite à Louis XI par les habitants d'Abbeville. Ce prince confirme tous leurs privilèges. — 1466. Entrée solennelle du duc de Bourgogne , Charles-le-Téméraire. — 1470. Prise d'Abbeville par les Bourguignons. — 1471. Lesétats des Pays-Bas s'assemblent dans cette ville. Charles-le-Téméraire les préside. — 1477. Abbeville reconnaît de nouveau la domination française. — 1488. Commencements des constructions de l'église collégiale de Saint- Vulfran. — 1493. Entrée de Charles VIII dans Abbeville. — 1500. André de Rambures , sénéchal du Pon- .thieu, fonde le monastère des Minimes. — 1506. Louis XII concède aux habitants douze francs-marchés. — 1514. Réception solennelle de Louis XII. Ce prince épouse à Abbeville la princesse Marie d'Angleterre, sœur d'Henri VIII. — 1.527. Conférences tenues à Abbeville par François I" et le cardinal Wolsey. — 15o0. Entrée du roi Henri II. — 1562 Guerre civile entre les protestants et les catholiques abbevillois. — 1586. La famine désole Abbeville. — 1588. Ses habitants reconnaissent la Ligue. —1591. Le château construit à Abbeville en 1471, par Charles-le-Téméraire, est démantelé. — 1594. Entrée d'Henri IV dans Abbeville. — 1596. Peste cruelle. Huit mille habitants meurent de ce fléan. — 1599. La peste désole de nouveau Abbeville. — 1620. Entrée de Louis XIII. — 1636. Richelieu vient à Abbeville et fait travailler aux fortifications. — 1637. Le 15 août, jour de lAssomption,

La collégiale de Saint- VnUVan d'Abbeville est célèbre. Son portail fait l'admiration des artistes. Il fut construit pendant le règne de Louis XII, par les soins du cardinal Georges d'Amboise. Des broderies et des pierres précieuses sont étalées sur les vêtements des saints dont les statues décorent ce beau portail ; on y voit un lion sur lequel le sculpteur a jeté un riche manteau que des fleurs de lis parsèment; il porte une bannière où les mêmes emblèmes sont reproduits. Les bas-reliefs des chapelles de l'édifice offrent de curieux détails; mais un travail de boiserie , placé sous le grand porche de l'église, fixe surtout l'attention des connaisseurs ; on y voit les douze apôtres et les mystères de la Vierge. Les galeries à jour qui régnent autour de la nef sont très-remarquables. On lit cette inscription sur la principale porte :

VIERGE AULX HUMAINS LA PORTE d'aMOUR ESTE.

Au moyen -âge, celui que l'on accusait de vol et qui niait le crime devait jurer sur l'autel de St-Vnl-

LouisXIlI voue son royaume à la Vierge, dans l'église des Minimes d'Abbeville. — 1638 et 1639. Louis XIII revient à Abbeville. — 1642. Les religieux de l'abbaye d'Espagne, ordre de Citeaux, se retirent à Abbeville et s'établissent au Paraclel. — 1646. Louis XIV, âgé de neuf ans, vient à Abbeville. Le cardinal Mazarin l'accompagne. — 1662. Les religieux de l'abbaye royale de Willancourt s'établissent à Abbeville. — 1665. Josse Van Bobais, manufacturier de Middelbourg, arrive à Abbeville avec cinquante ouvriers hollandais, et y fonde une manufacture de draps devenue célèbre. — 1667. Un hollandais, Philippe Leclerc, établit à Abbeville la manufacture royale de Moquettes. — 1685. Charles Sanson , curé de St.-Georges , fonde la bibliothèque publique d'Abbeville. — 1689. Arrivée de Jacques II , roi d'Angleterre, détrôné et cherchant un asile en France. — 1766. Supplice du chevalier de Labarre sur la place du marché d'Abbeville.

fraii qu'il n'était point coupable. Les ouvriers qu'occupaient les comtes de Ponthieu , dans les ateliers oii se fabriquait leur monnaie, devaient prêter le même serment; et voici ce qu'on lisait sur une ancienne tapisserie de la collégiale :

En Ponthieu moknoie on forgeoit, L'un des forgeurs fraude faisoit,

Bon POIDS, LOYAL, Kl JUSTE COMPTE

L'y rendit de l'argent du comte; Lequel ek ce liev esprouvé

1' A R serment fut l' A R R O N T R O U V K.

S'-VULFRAN Q'ABBIVILLE

ERS le milieu du VII^ siècle, Lydérik , grand- forestier de Flandre , bâtit le château d'Aire au confluent de la Madick et de la Laquette. Des constructions s'élevèrent plus tard dans le voisinage de ce château où Peppin , père de Karle-le-Grand , aimait à résider. On l'appelait alors Palais de la Salle. « Ce prince » — dit l'historien Hennebert — établit à Aire une )) école pour ses enfants et plusieurs princes de sa

ï) famille , tels qu'Adelard , abbé de Corbie ; Valac , » son successeur ; Bernaire , moine 1res - distingué ; » Odvin , etc. De savants maîtres leur enseignèrent la » logique, la physique et les belles-lettres; Alcuin, ou » Albin , fut président de ce lycée. On apprenoit aussi » à Aire l'équitation et le maniement des armes. '» Quelques chroniqueurs ont affirmé que Peppin et sa femme Berthe , ou Bertrade au grand pied , moururent à Aire et qu'ils y furent inhumés. On lit dans les annales de Saint-Bertin que leurs ossements ayant été découverts en 1241 , le clergé et les magistrats les portèrent en grande pompe dans la collégiale de Saint-Pierre. D'autres manuscrits ajoutent que les restes mortels de Peppin et de Berthe, transférés sous le

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