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XIII. Note du cardinal Caprara en réponse à la précédente

liC cardinal-légat a latere de S. S, , après aToir transmis à son gouvernement la note de V. E,, du b8 avril, a reçu la seconde du 5o, relative aux mêmes objets, et s'est fait également ua devoir de la lui faire parvenir. 11 a reçu l'ordre d'y faire la réponse suivante.

En lisant ladite note, S. S. a été de plus en plus , surprise que des calomniateur^ dùhontés soient parvenus à représenter à S. M. I. et R. des faits de la lilus grande notoriété soos xin aspect non seulement altéré, mais absolument contraire à Ja .vérité.

On a dit à S. M. qu'il a été ordonné de nouvelles contributions et surcharges d'impositions tar toutes lea clasaM des habitons, tandis que

redit démontre qu'on n'a demandé qu'an simple prêt temporaire dont on annonce le remboursement, et que ce prêt n'a été exigé que de la seule classe aisée des possesseurs de terres, dans la vue de ne pas toucher les autres classes plus indigentes et plus nombreuses.

On lui a fait accroire que cette subvention pourroit exciter dans l'Etat ecclésiastique des troubles qui de là pourroient se propager dans les pays qui l'environnent, tandisqu'il est prouvé, par le fait même, que, depuis l'exécution de cette mesure, qui compte déjà l'espace de deux mois, il règne dans l'état cette même tranquillité parfaite qui y régnoit auparavant , et que les petits corps et les individus isolés de l'armée françoise qui continuent à le traverser, éprouvent journellement les effets de cette tranquillité.

Enfin on lui a fait accroire que la guerre n'a rien coûté au Saint-Siège, et que la France acquitte toutes les dépenses du passage de ses troupes dans les Etats de l'Eglise, tandis qu'il est certain que, depuis l'époque de la retraite des troupes du royaume de Naples, au mois d'octobre dernier , et de leur entrée dans l'Etat pontifical, celui-ci a fait toutes les dépenses pour leur entre lien ; dépense qui, jusqu'à ce jour, se monte à environ un million et demi de piastres romaines, sur lesquels rien n'a encore été remboursé.

Le Sainl-Père se persuade que, lorsque S. M., qui a été trompée par de faux rapports, connoîtra

(93) la vérité de ces faits, Elle verra que ce n'est une dilapidation des revenus, que ce ne son ces dispositions contraires à la France que rapporteurs mensongers attribuent au gouvernement pontifical , mais que c'est la seule nécessité impérieuse et le désir d'y subvenir avec la plus grand« tranquillilé et douceur, qui ont forcé à prendre la mesure provisoire d'un prêt limité et .circonscrit, pour lequel on a adopté le mode; rassurant qui eat expliqué dans l'édit imprimé ,ci-joint.

Le Saint-Père se mettant au-dessus de quelques considérations de l'ordre politique auxquelles pou- -Toit donner lieu la demande qui lui eSt faite de tendre compte de ses finances, et trouvant toute sa aatisfaclion à adhérer aux désira de S. M. , qu'il ^garde comme une suite de l'intérêt qu'elle prend au bien-être de l'Etat pontifical, a transmis les itats de situation ci-joints qui font voir l'actif ;et le passif du trésor dans les deux années i8p4 et ^8o5, auxquels on a ajouté , par approximation, le peu de mois de 1806 écoulés jusqu'à ce jour. Des comptes de ce genre ne peuvant être liquidés jqu'à la fin de l'aupée. S. M. y verra d'un seul coup d'oeil avec quelle véracité on a assuré que l'économie dont on a fait usage a pu maintenir pendant iUn certain temps la balance, jusqu'à ce que la masse des dépenses extraordinaires qui s'est accumulée, et les avances qui ont été nécesâtées et sont eji- ^rp journellement nécessitées p?ir le passage, des

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(94) troupes, ont épuisé les forces du trésor, au point de rendre inévitable la mesure d'une subvention sans laquelle il étoit physiquement impossible d'aller en avant, et malgré laquelle on ne pourra marcher, si les intentions de S. M. de faire rembourser tous les frais du passage de ses troupes restent encore sans effet. '

Le soussigné a encdre reçu l'ordre de faire connoître que la surprise de S. S. a été extrême de voir qu'on insiste avec plus de force encore sar l'assertion que tous les chefs de niasse et tous les hommes qui ne s'étoient fait connoître que par des actes de violence et même par des assassinats, vivent à Rome nonseulement dans l'impunité, mais y sont même protégés. Le Saint-Père répond avec cette fermeté résultant de l'évidence des faits qai sont sous ses yeux, que ceci est ta calomnie la plus noire, par laquelle on ait tenté de surprendre la religion de S. M. et de lui inspirer de l'indignation contre le gouvernement pontifical. ■ S. S. le répète, pas un seul des individus dont on veut parler , n'est à Rome. Il défie les auteurs de ces imputations aussi vagues que noires d'en faire connoître un seul ; déjà on les a infructueusement sommés de faire connoître un de ces chefs; le ^int-Père est sûr qu'ils ne le pourront jamais parce que les individus désignés se gardent bien de se rendre à Rome, on ils ne seroient pas longtemps sans être reconnus.

Rien ne prouve mieux ces vérités, ainsi que la

U&nsseté des imputations qu'on vient de réfuter, que la tranquillité et la sûreté, et plus encore l'acpacii hospitalier et honorable qu'ont éprouvé à ^ome et y éprouvent encore sous le gouvernement de S. S, tant d'individus français qui passent par cette ville ou y demeurent.

Si S. M. rend justice à l'innocence et à la pureté j3es sentimens du Saint-Père, celui-ci s'attend de la rectitude de S. M. qu'EUe la lui rendra complette , et qu'EUe se persuadera qu'il ne siège pas oisif sur Je trône, mais qu'il emploie tous les moyens pour être exactement instruit de tout ce qui se passe. L'assurance avec laquelle il parle est le fruit de cette certitude quelui procure sa vigilance, il étend aussi sa surveillance sur la conduite et sur les 4i^ositions de ses ministres, qu'il ne croiroît pas BH instant dignes de se placer à ses côtés, s'il ^'avott les preuves les plus certaines que leurs ^ncéres sentimens pour la France répondent à ceux de S. S.

S- S. a été profondément aEQigée de voir qu'on ■oit parvenu à inspirer à S. M. de la méfiance contre la personne du cardinal Consalvi , dont la probité et la conduite loyale sont constatées par des faits connus à toute l'Europe , et par les nouyelles preuves que S. S. en reçoit tous les jours.

Rien de plus faux que l'opinion qu'on a donnée a S. M., comme si les prétendus chefs de bande, dont on a rêvé l'existence à Rome, se flattoient protèges par ce cardinal, à cause de son

intimité avec le fiscal Barberi, qu'on a. représenta à S. M. comme Vauteur de la mort du général Duphot, à laquelle il n'a pourtant pas eu la moindre part, ainsi que l'ont reconnu les autorités françoises, à l'époque où Rome étoit soumise à leur pouvoir. Certainement ces autorités n'anroient pas laissé de venger, sur le fiscal Barberi qu'elles avoient en leur pouvoir, la mort d'un compatriote, si elles l'avoient jugé coupable.

Le ministre n'a avec ce sujet d'autres rapport» que ceux qui tiennent nécessairement à sa place, et ne lui laisse prendre d'autre part aux affaires que les mesures d'exécution qui sont de la compétence de son emploi. Le Saint-Père peut assurer que, chargé de l'inspection de tout ce qui intéresse la sûreté publique, ce fonctionnaire seconde avec un zèle , dont il donne tous les jours de nouvelles preuve», les intentions de S. S. et de son ministre, qui veulent qu'on écarte tout ce qui pourroit troubler la IranquiUité.

Tinalement, le soussigné est chargé de déclarer avec la plus grande énergie, que S. S. n'a pu, San» un vif chagrin, entendre dire, au nom de S. M., que la cour de Rome a besoin d'être ramenée au système d'amitié et d'égard envers la France. Le Saint-Père proteste hantement qu'il n'a pas besoin d'être ramené à un système dont il ne s'est jamais écarté un instant, et à la conservation duquel il a toujours attaché et attache encore l'intérêt'] plus vif et le plus loyal.

( 97 ) Le BonsBÎgné, en priants. Exe. de vouloir bien porlei: à la connoissance de S, M. I. et R. ces sentimens du Saint-Pcre, a l'honneur, etc.

G, B. cardinal Caprara.

Toutes ces pièces n'étoîent pas encore parties, lorsqu'on reçut deux aulres notes que M. de Talleyrand"avoit adressées, les 19 et 20 mai, au cardinal-légat, relativement à la reconnoissance du nouveau gouvernement de Naples,

Pour l'intelligence de ces docuinens, il est nécessaire de connoîfre la note par laquelle le cardinal Fesch avoit fait part à S. S, des événemens :4e Naples , ainsi que la réponse de S. S.

Voici d'abord la note du cardinal Fesch,

XIV. Note du cardinal Fesch adressée , le a3 avril i8q6, au cardinal Consalui.

Tjg soussigné a reçu l'ordre exprès de S. M. I. et R. de notifier au gouvernement du Saiiit-Siége l'avènement de S. A. I. le prîTice Joseph Napoléon de France à la couronne de Naples. Le trône de cet état ayant vaqué à la suite d'une peine encourue par la plus scandaleuse perfidie, dont les annales des peuples aient jamais fiiit mention, et S. M. s'étant trouvée dans la nécessité de soustraire ce pays et l'ilalie entière aux fureurs d'uae Toii. II. 7

(98) cour insensée, Elle a jugé convenable à sa dignité de confier la destinée dé ce pays , qu'EUe chérit> à un prince de sa maison. Le soussigné ne doute pas que le gouvernement pontifical ne voye dans cet heureux événement une nouvelle garantie du système d'ordre, de justice et de consistance, qu'EUe a toujours eu à cœur d'établir dans toua^ les lieux qui sont soumis à son influence, et ne reçoive cette communication comme un nouveau gage des sentimens d'amitié qu'Elle se plaira en toute occasion à manifester à S. S.

Le soussigné , en adressant cette notification officielle à S. Em. M. le cardinal secrétaire d'état^ à l'honneur de lui renouveler l'assurance de sa haute considération.

Le cardinal Fesch.

Rome, le 23 avril 1806.

Voici la réponse qui fut faite à cette note.

XV. Note du cardinal Consalvi adressée ^ le 26 avril 1806^ au cardinal Fesck.

Le cardinal secrétaire d'état a reçu et mis sous les yeux du Saint-Père la note de V. Em. , du 35 avril, qui annonce que S. A. I. le prince Joseph est destiné à la couronne de Naples. Relativement à cet objet, le Saint-Père, strictement obligé par {^€3 devoirs de maintenir les droits du Saint-Siège^

flcHargé le soussigné de fixer, avant toute autre chose, l'attention de V. Em. aur les rapports (Jiii, depuis tant de siècles, existent entre le Saint- Siège et ladite couronne, et qui ont été constamment observés, nommément dans le cas de conquêtes, non seulement lors de l'établissement ?ane nouvelle dynastie, mais aussi au commenfement de chaque nouveau régne , rapports qui ne jluroient échapper à la justice et à la pénétration [e S. M. elle-même.

f En exécutant les ordres de S. S., le soussigné a l'honneur de renouveler à V, Em. les sentimens )e son profond dévouement avec lequel il lui iHâse les mains.

Hercule cardinal Coi^sAl.yi,

Ce fut k cette note que M. de Talleyrand-Férigbrd répondit par les siennes, des 19 et 20 mai, ôae nous allons placer ici.

SVI. Note fie 3T. de Talleyrand-Périgord adressée , fe ig mai 1806, au cardinal Cap rara.

Le soussigné ministre des relations extérieures t spécialement chargé, par S. M. l'empereur des François, d'exprimer à S Em. M. le cardinal Caprara, légat du Saint-Siège, l'exliême surprise ^u'a fait éprouver à S. M. une note de M. Je cardinal Consalvi, en date du 26 avril, tendante à

■ soumellre la couronne de Naples à de prétendus droits du Saint-Siège, qui sont tombés en désuétude, et qui ne peuvent soutenir aucun examen.

S. M. avoit lieu de croire les ministres de la cour de Rome assez éclairés, assez bienveillant, pour ne pas confondre des circonstances qui ne se ressemblent pas, et pour ne pas forcer a se * rappeler l'origine d'une prétention sur laquelle le Saint-Siège devoit lui-même désirer de jeter un voile.

S. M. ne cherchera pus sur quels droits éloit fondée, dans le moyen âge, la prélenlion de distribuer des couronnes, et de régler les droits temporels des princes. C'est au même siècle et au même système que remontent les entreprises de la cour de Rome sur les états , dont s'est ensuite composé le royaume de Naples.

Si S. M. vouloit rechercher les temps où le Saînl-Siége a disposé des états , et a délié les sujets de leur serment de fidélité, Elle retrouveroit aussi que les papes ont considéré leur temporel comme ressortissant des empereurs françois ; Elle retrpuveroit dans cet exemple l'origine des droits légitimes qu'Elle a acquis, et qu'Elle est appelée à exercer par son avènement à l'empire; car ce n'est pas seulement des droits de la troisième dynastie, que S. M. a hérité; la monarchie ne cùmprenoit I pas la moitié des domaines que son empire embrasse aujourd'hui ; ce n'est pas aux rois, c'est aux empereurs françois qu'il a succédé, etCharleinagne,

IbntTateur du premier empiretleFrance,n'ajamat» •ffeçu de la cour de Rome l'investiture d'aucune partie de ses états.

Le soussigné , à qui S. M, a ordonné d'expliquer clairement et sans déloiir ses sentrmens envers ■te Saint-Siège, est chargé de demander la recon- Vioîssance pure et âiniple du roi de Naples:

il est chargé d'exprimer qu'en conservant à S. S, tous les égards qui lui sont dus comme chef spirituel de l'Eglise, S. M. se verroitavec peine obligée^ jjMir le refus du Saint-Siège, à ne plus rcconnoître ine souveraineté temporelle, que les empereurs françois avoient eux-mêmes formée et agrandie, et qui, s'étant soutenue par leur vouloir et leur «ppuif a sans doute besoin de la même base pour e soutenir.

Toutes les questions oiseuses et surannées qu'agite aujourd'hui te secrétaire d'état du Saintliége ne tendent qu'à faire péricliter de plus ^mportans iiitércls, et S. M. a souvent remarqué ijue l'irréflexion des conseils et des démarches est loavenl l'avant-coureur d^un grand danger; mais :|a sagesse et la prévoyance de S, S. peuvent en- ^re le prévenir. Elle doit être convaincue que P6, M., sans jamais permettre qu'il soit touché au temporel et aux droits de sa couronne impériale» "irnra cependant, dans tous les temps, pour le chef de l'Eglise, la considération e t les senlimena qu'ont ■ eus pour le Saint-Siège, Charlemagne, Louis IX. et tes princes les plus- chrétiens.

, S. {Im, M. le eurdinal Caprara jugera sans doute % propos dç faire parvenir incessamment à sa cour la note que le soussigné a l'honneur de lui Itdres^i:, {1 désire yivemçnt que le Saint-^Siége .voie qt détourne les danger;» où l'entraîneroit une .fausse détermination , et il s'empresse de renou- .yéïer à S. Erp, les assurances desa respectueuse considérs^tion*

Paris, le 19 mai 1806.

XYII. Seconde note du mime au même > du

20 mai 1 806.

Le ministre des relations extérieures a Thon- /leur d'adresser à S. Eni. M. le cardinal Caprara, légat du Saint-Siège, une notç que S. M. lui a donné ordre de remettre à S. Em., et dont il lui avoit déjà fait conrjoitre les dispositions principales dans la conversation qu'il avoit eue avec Elle sur ce sujet.

S. Em, remarquera que toutes les raisons alléguées par la cour de Rome ne pourroiept tenir contre l'observation que le soussigné a eu l'honneur de lui faire dans le même entretien sur l'inaliénabilité des droits des souverains.

En supposant que les rois de Naples eussent fait, dans les siècles très- éloignés. ^ des concessions

et des démarches contraires aux droits, qu'il n'étoit pas en leur pouvoir d'aliéner, comme princes indépendans et comme souverains, le soussigné ne pourroit voir dans ces démarches que l'opinion isolée de quelques rois qui, n'ont pu, par de semblables actes, obliger leurs successeurs ni leurs 'états. Toutes les mesures contraires à leurs droits comme souverains ne peuvent être ni consacrées par le temps ni regardées comme irrévocables.

Le soussigné pense que ce genre de raisonnement ramène la question au seul point de vue sous lequel elle puisse être aujourd'hui présentée , et qu'il est propre à terminer une discussion que le soussigné verroit avec regret se prolonger davantage.

Le soussigné a l'honneur de renouveler à S. Em. l'assurance de sa respectueuse considé-

'aris, le ao mai iSo6.

Char. Maur. Talleyrand.

Alquier, resté à Rome pour remplir les fonc tions de ministre de Buonaparte à la phice du cardinal Fesch qui étoit parti pour Paris, adressa aussi une note h ce sujet au secrétaire d'état.

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