XXIX. Ordre du général Duhesme , du
a 1 juin 1 806. >
Giyila*Yecchia, le si juin 1806.
Le général de division Duhesme , grand offi-» cier de la Légion-d'Honneur et commandant le corps de tronpes (Te S. M. l'empereur et roi d'Italie , stationné à Civita-Vecchia et sur toutes les ^ôtes de la Méditerranée , dans les Etats romains y
Ordonne à M. le gouverneur de Civita-Vecchia de lui rendre très-exactement le même compte qu'il avoit habitude de rendre à la cour de Rome, et"sans cesser d'exercer la justice comme auparavant^ de n'entrer dans aucun détail de police et d'administration , sans prendre avant tout les ordres de M. le commandant de la place.
DUHESMB*
Le Saint-Pêre , voyant dans cette pièce extraordinaire un nouvel avant-coureur de la Spoliation qui se préparoit , ordonna qu'il en fût porté plainte^ ce qui donna lieu à la note suivante.
■jKXX. Note du cardinal Casoni adressée y sa Juin 1806, à M. Alquier.
Désapparie
\% du Quiriaal, le 32 juin lAofî.
Le cardinal-secrétaire d'étata reçu hier une tlénêche de Mgr. le gouverneur de Civita-Vecchia, Évec un ordre qui lui a été adressé par le général Puhesme.
Le soussigné a l'honneur de joindre pour V.Exc, copie de la dépèche et de l'ordre dans lequel il fera remarquer tant les prétentions de M. le général que le ton dans lequel il les annonce.
L'affaire est trop importante pour que le sous- «gné ait pu tarder de la porter sous les yeux de S. S. Il ne peut exprimer à V. Exe. quelles ont été fia surprise et l'indignation du Saint- Père en apprenant la conduite de M. le général Duhesoie, laquelle, violant les droits de souveraineté d u Saint: Siège, tend à humilier les personnes qui le représentent, et est contraire à tous les principes de la bonne intelligence et de l'amitié qui subsistent entre le gouvernement de S, S. et celui de S. M. I. et R.
M. le général s'est permis d'ordonner à Mgr. le gouverneur, au représentant du souverain légitime , comme si c'étoit un de ses subordonnés , de lui rendre exactement compte de tout, ainsi
qu'il avoit habitude de faire à la cour de Rome, et de n'entrer dans aucun détail de police et d'administraticm , sans avoir pris préalablement les ordres du commandant de la place.
Il a déplus ordonné au magistrat et au corps des négodans de ne reconnoître d^autre chef que lui, leur annonçant qu'ils dépendoient de ses ordres, et, en son absence , de ceux du commandant de la place.
V. Exe. est trop éclairée pour ne pas reconnoître que M. le général tend ainsi a s'attribuer l'exercice de l'autorité suprême; à soustraire les sujets à la dépendance dans laquelle ils sont des représentans du souverain légitime, en leur défendant de reconnoître un autre chef que lui-même, enfin à faire dépendre de ses ordres ces représentans mêmes.
Le Saint-Père est persuadé que telles ne sont pas les intentions de S. M. I. et R., puisque, aussi bien pendant la présente occupation militaire d'Ancone qu'à l'époque de celles qui ont eu lieu antérieurement, aucun général françois ne s'est permis de s'attribuer les branches de l'autorité du gouvernement , pas même la police de la santé^ ni de traiter d'une manière si peu convenable les représentans du souverain, jusqu'à les menacer d'arrestation et de jugement militaire , ainsi que l'a éprouvé non seulement le colonel Falzacappa, qui commande la marine pontificale , mais Mgr. le gouverneur en personne, quoiqu'il ait tâché de satisfaire les militaires françois en tout ce qui dê^
( >S5,) pendoit de lui, et qu'il ail vécu dans la meilleure intelligence avec les commissaires de S. M. I. et B..
Le Saint-Père, douloureusement affecté d'une telle conduite, a ordonné au soussigné d'en porter ses plaintes à V. Exe, afin qu'ElIe veuille bien faire connoître à M, le général que l'occupalion militaire d'une place n'a rien de commun avec l'autorité du gouvernement, qui doitèlre exercée en liberté et indépendance par les ministres de S. S.
Quoique le Saint-Père exige de ses représentans de vivre en bonne intelligence avec les commandans militaires François , et d'avoir pour eux tous les égards compatibles avec leur devoir, il ne peut cependant pas souffrir qu'ils dépendent des ordres de M. le général et du commandant de la place; mais il veut qu'ils se trouvent entièrement ctimmédiatement sous les ordres de leur souverain légitime. S. S. a ordonné au soussigné de répondre en ce sens à Mgr, le gouverneur de Civita-Vecchia , dans la persuasion que M. le général rentrera dans les limites de ses attributions.
En exécutant les ordres de S. S. , le cardinal soussigné a l'honneur de renouveler à V. Exe. Tassuraiice de sa considération la plus distinguée.
Ptiiuppi; cardinal CAsofii.
Le )our même où partit le courrier extraordinaire pour Paris , le 17 juin , on reçut une note.de M. Alquier, relative â l'occupalion de Bénéveut ùei de Ponte-Corvo.
XXXI. Note de M. Alquier adressée ^ le 17 juin 1806, au cardinal Casoni.
Monseigneur ,
S. M. l'empereur des François^ roi d'Italie»
vient d'accorder à M. de Talleyrand ^ son grand' chambellan et son ministre des relations extè* rieures^ le titre de prince et duc de Bénévent La même détermination a été prise en faveur de M. le maréchal de l'empire , Bernadotte, à qui S. M. a conféré lé titre de prince et duc de Ponte- Corvo. S. M. avoit souvent remarqué que ce»
deus: pays , enclavés dans le royaume de Naples, étoient un sujet habituel de difficultés entre cette cour et le Saint-Siège. Naples s'en étoit emparé dans plusieurs guerres. D'anciennes causes de mér sintelligence pouvoient se reproduire^ et S. M., occupée à pacifier l'Italie^ n'a pas voulu les laissai: subsister. Rome et Naples sont les états auxquels Elle prend le plus d'intérêt , ceux entre lesquels Elle désire le plus de voir s'établir la bonne intelligence et l'amitié que le voisinage de leurs pos^ sessions leur rend habituellement nécessaires.
La cour de Rome retiroit si peu d'avantages de ces possessions séparées , l'éloignement y rendoit son administration si foible, et les revenus enr étoient d'ailleurs si peu considérables, que le léger sacrifice qu'on lui demaiide ser^ aisément
( iB, ) réparé par les dcdommagemena que S. M. se propose de lui offrir , et qui seront beaucoup plus à la convenance du Saint-Siège.
Il est impossible que le souverain pontife, constamment animé du désir de la paix , ne trouve pa3 dans son cœur et dans sa haute sagesse les motifs qui devront lui faire approuver les dispositions de prévoyance que S. M. vient de prendre pour la tranquillité de l'Italie, et qu'EIle n'a adoptées qu'avec une maturité de réflexion , qui les rend irrévocables. Je ne crois pas d'avoir besoin, Monseigneur, dfobserperà V.Em. (sic) que les déterminations que la cour de Rome prendra dans cette affaire, influeront nécessairement sur la nature et la valeur des dédommagemens que 5. M. sera disposée à accorder à S. S. , conformément aux intentions qu'elle a exprimées dans son message au sénat.
Je prie V. Em. Monseigneur, d'agréer les as- ■urances de ma respectueuse cousidécation.
Rome, le 17 juin 1806.
Alquier.
Les termes de celte note fixèrent l'attention de S. S. ; le souverain pontife remarqua d'abord que la mesure du gouvernement françois y éloit qualifiée di irrévocable. Il remarqua qu'on y disoit que lea déterminations que la cour de Rome prendroit dans cette affaire influeroient sur la nature' et la valeur des dédommagemens promis par le^
décret de Buonaparte. Il remarqua enfîil que Tesprit de cette note indiquoit toujours plus clairenient que Buonaparte vouloit user de ces droits de supériorité sur les domaines du Saint-Siège qu'il s'étoit attribués dans une de ses lettres, et les* traiter comme des fiefs dépendans de sa suzeraineté. L'espoir de voir Buonaparte revenir sur son décret dut alors s'évanouir presque entière^ ment ; néanmoins le souverain pontife^ ne voulant' rien négliger pour sauv.er, autant qu'il dépéndoit delui, lesdroits de l'Eglise, fit remettre aux courif^ près desquelles il avoit des nonces, la note rehr^ fermée dans la circulaire suivante.
XXXY. Note du cardinal Casoni, adressée à tous, les nonces du souverain Pontife.
S. s. m'a ordonné de charger V. . . . de porter, en son nom, à la connoissance de la cour de. • .... ce qui suit.
Tout le monde a contiu et connoit la domination indépendante et absolue que, depuis plus de sept siècles, le Saint-Siége exet'ce sur le duché de Bénévent,* et, depuis plusieurs siècles, sur l'état de Ponle-Corvo , quoique les territoires dé i'tin et de faiitre forment des enclaves dans le royaume de Naples. Cette possession seule formeroit letitre le plus sacré, si d'autres titres n'étoient ve-' njas à son appuis
Tout le monde sait aussi que lo grand nombre t!e souverains de diirérentesclynasties, qui, à titre divers et par droit de conquête même, ont siégi dans un si long espace de temps sur le Irône de lï&ples, et parmi eux les plus grands potentats qui avoient réuni ces royaumes k leurs états, qon seulement ont reconnu l'indépendanle souveraineté pontiGcale sur ces domaines renfermés dans le royaume deNaplesj mais qu'à l'occasion de investiture de ce royaume qu'ils ont prise du 3aint-Siége , et par les actes d'acceptation et d'exécution de cette investiture, ils ont expressément approu,vé la déclaration portant que lesdits domaines étoint exclus de l'investiture, comme totalement réservés au Saint - Siège, pour y jouir, tant du haut domaine ou domaine direct que du domaine utile.
Dans cette longue suite de temps, de successeurs, de princes et d'événenens belliqueux et politiques, aucun n'a jamais tenté de dépouiller le Saint- Siège de son droit incontestable à la domination indépendante de Bénévent» qui est antérieure à la fondation du royaume de Naples , ni de celui qu'il exerce sur Ponle-Corvo, qui est fonilé sur des bases également solides et connues. Si, pen* danl les différends et les contestations politiques survenus dans un si long cours de siècles, lea princes rcgnans à Naples ont exercé quelques actes passagers, toujours sous le prétexte de représailles, La nature même de tels actes , le mode de leuo
exécution , enfin la promptitude avec laquelle on a restitué le pays aussitôt que les contestations étoient terminées, sont autant de nouvelles reconnoissances et confirmations du droit absolu qui appartient au Saint-Siège sur ces pays.
Dans le cours de tant de siècles, il s'est trouvé des rois de Naples qui ont proposé an Saint- Siège l'échange de ces paya contre d'autres territoires. Le Sainl-Siége s'y est toujours refusé, et aucun de ces souverains ne s'est jamais cru aatorisé à employer des voies de fait pour obtenir ce qui ne pouvoit se faire que par un accord mutuel et par des stipulations solennelles. Le» usages et les conventions entre les deux cours ont établi de telles règles pour l'exercice réciproque des droits de aoaveraineté, que le danger de voir naître des désordres n'existe pas.
Il sera donc facile de comprendre quel effet a produit sur l'ame du Saint-Père la nouvelle du décret promulgué par S. M. l'empereur Jes François et roi d'Italie, le 5 juin dernier, par lequel il dispose des duchés de Bénéventetde Ponle-Corvo, en les érigeant en grands-fiefs de son empire, et conférant le premier ù M. de Talleyrand , et le - second à M. le maréchal Bernadotte, avec une ■ BUiple espérance vague d'un futur dédommâge- • '^taent annoncé d'une manière ambiguë et suspecte, -puisqu'il est rendu commun au prince régnants Naples, qui ne peut avoir aucun droit à un dédommagement pour ces pays, puisqu'ils ne lui
L Kpparten noient sous ancun rapport ni à aucun
I 'tilte.
\ * Ce décret a été renda non seulement sans qu'oa s'en fût préalablement entenda avecïe Sainl-Père, inais même à son insu; car il ne le connpît que ^rlafeaille intitulée Moniteur de Faris, que lui tï-ftflsmit son carcirnal -légat pour lequel cet évé-
^ ilement ne fut pas moins inattendu.
' Aussitôt que S. S. eut reçu la nouvelle d'ua événement si extraordinaire, elle fit présentera M. Alquier, qui fait à Rome tes fonctions de ministre plénipotentiaire de France près le Saint- Siège, une réclamation expresse et éflefgiqUe, et tone protestation formelle contre un fait de c'et'té nature, en manifestant pourtant l'espoir que, lorsque S. M. en coTinoîlroit Texorbitance , elle le feroit cesser.
Néanmoins, le même jour on le Saint-Père fit écrire cette note à M. Alquier, celui-ci en adressa nrte au cardinal secrétaire d'état pour lui annoncer îe susdit décret qu'il quali^a d'irrévocable, et il ajouta que les déterminations que la cour dé Rome prendroit dans cette affaire, influeroîentnécesSairement sur la nature et la valeur des dédommageinerfs que S, M. sera disposée d'accorder à S. S.
Le Saim-Père n'a pas seulement du voir dknà toute celte opération unifcle arbitraire, destructif des droits sacrés et inviolables de sa souveraineté indépendante; mais il a dû y reconnoîlre aussi Fexéculion et l'application de ces ma:simes nou-- ToM. IL n
velles et insoutenables, par lesquelles S. M; Fem» pereur des François et roi d'Italie s'érige en chef /suprême et arbitre de toutes les souverainetés d'Italie, qu'il réduit à la condition de fiefs et par-* ties de l'empire François. Sous ce prétexte il vise fi priver le Saint-Siège de l'indépendance dé sa spuyeraineté temporelle que la Providence divine a voulu établir pour le bien de la religion et de l'Eglise; souyeraii^eté. dont le Saint-Siège a )oui pendant l'espace de plus de dix siècles jusqu'à cq jour j il vise à obliger le Saint-Siège à sortir de cet état.de neutralité et de paix où Dieu l'a placé^ et qui seul convient à sa qualité de père commun (et de pasteur universel , ainsi qu'au ministère apostolique dont il est revêtu.
, En or^pnnant <jue sa réclamation fût présentée à M. Alquier qui devoit envoyer un courrier à Paris ^ S« S. chargea aussi le cardinal secrétaire d'état de la porter directement au trône de S. M»^ et de reprègeut^ que les principes fondamentaux de [l'existence politique et de la souveraineté sur lesquels reposent l'ordre social et la tranquillité des peuples 3eroient entièrement renversés^ si un souverain pou voit s'arroger le droit de dis^ poser^ des états d'autrui , en le dépouiUaïxt h (ion i^su et sans son consentement , et lui ofir^nt ^seulement l'espérance d« l'indemniser après coup# Le consentement mutuel et un dédomniagemenl; instantané étant les. seuls moyens d'exécuter de;s mesures politi^ques de ce genre entre souverain^
pacifiques et vivant en paix, une disposition qui exclut ces voies ne peut être considérée que comme tine violation manifeste des droits de propriété et de souveraineté qui sont les garans du droit public et des gens.
I Cependant le Saint-Père ayant, après le départ de cette dépêche , reconnu , par la note susdite de •M. Alquier, qu'il ne pouvoit guère ae flatter du auccès de sa juste réclamation, il a cru ne pou^ voir se dispenser de donner connoissance aux cours de tout ce qui regarde la marche de celle affaire désagréable, afin qu'elles n'ignorent pas qu'il n'a pas consenti à ce qui s'est fait par le» seules voies de l'arbitraire, et que ces cours sachent au contraire que S, S. a la volonté de conserver et de défendre, par tous les moyens qui sont ea son pouvoir, non seulement les deux pays do Bénévent et de Ponte-Corvo , mais aussi l'indépendance de sa souveraineté dans tous les pays qui la composent actuellement, ainsi que sa souve-*' jraineté même.
J'ai l'honneur, etc.
pHii>. cardinal Casoni.
lians l'intervalle on eut connoïasance , par una
note que M. Marescalchi adressa au cardinal-Jégat^
î'une nouvelle querelle que Buonaparte avoit
naginée pour fatiguer la patience du Saint- Père,
P^tXXIIl- Noie de M. JUareseaicâi adressée , Juin 1806, tut cardinal Cuprara.
liOBOUsaigné, ministre des relations extérieures du royaume d'Italie, a reçu l'ordre d^e S, M, renipereur et roi de iitire connoîu-e à M. le eardinal Capritra, légat du Saliit-Siége [M'es S. M, I. et R., que plusieitr» pkinfes dépta^ées dé Ja cour de Borne, relativement à la législation du royaume d'ïtalie, et une correspondance clandestine de M. le cardinal Antonelli »vec des eecfésiastiques, ontrépaadu dans quiclq-ues parties du royaume un germe d'insubord^ination et de dé- ■ordre. S^ IVL n'a pas va , san» indignation , qiNr cette même autorité, q-si a été établie par Dîett pour maiolerùr sark terre l'obéissance e-ï FordVe, emploie les ajrmes les pins dangereuses poor répantire le trouble et, Ia discerde. Jésua-Ghrist a donné un exemple bien différent, en^ prècha«l l'obéissance à César , et la concorde parmi les citoyens.
Depuis quelques mois, S.M.arecu plus d'un déplaisir de la part de la cour de Borne ; maia si Jamais la mestfre etoit comblée , Elle sauroit se servir de sa puissance pour dissiper les complots ourdis par ïes émissaires anglois , qui ne sont pas moins feg ennemis da pap».qne dé la Frani-e.
On ne peut comprendre quel but on se propose
( i65 ) '^ aliénant un monarque si puissant , qui a procuré tant d'avantages à l'Eglise. Cetteconduite tteut éti'e conforme à la politique des Anglois , ■lais elle ne peut être conseillée par quiconque COnnoit et aime les vrais intérêts de la religion.
o. M. a expressément chargé le soussigné de tb^nsmettre ces observations à M. le cardinal Çîaprara , afin que, par son entremise , elles parviennent à S. S., qui certainement ne manquera |}BS de donner à ses miniïitres les ordres les plus précis, afin qu'ils ne se permettent pas de fair9 ^ tl'écrire des choses si contrairesàla tranquillité koblique et aux lois de l'éiot.
f- Après avoir rempli les ordres de S. Rf. , le ppussigné a l'honneur de répéter à S, Em. Mgr. le cardinal Caprara l'assurance de sa considéïl^tion la plus distinguée.
l' Paris, le a juin 1806.
F. Mailescaixhi.
Le Saint-Père ordonna à son légat i Paris de répondre par la note suivante.
XXXIV. Note adressée par lé cardinal Caprara, à M. Marescalchi.
Le cardinal-légat a latere de S. S. n'a pas manqué de Transmettre à Aome la note deV. £xc.
du 2 juin. Après l'avoir mûrement examinée, te^ Saint-Père lui a fait parvenir l'ordre de répondre à V. Exe. qu'il ne comprend pas comment on est parvenu à faire accroire à S. M. l'empereur et roi d'Italie, que les plaintes de la cour de Rome, relativement à la législation du royaume d'Italie « éoient déplacées et tendent à répandre , dans quelques parties de ce royaume , des germes d'insubordination, et que la correspondance da cardinal Antonelli avec des ecclésiastiques soit clandestine et tende au même but. /
. S. M. a été assurément mal informée par ceu^ qui Lui présentent les choses sous des points de. vue ^éloignés de la vérité. S. S. ne peut donc se dispenser de Lui faire connoître à cet égard la dimple et pure vérité. .
Le Saint-Père n'a jamais fait connoître au publie^ les griefs qu'il forme, relativement à la législation du royaume d'Italie sur les affaires ecclésiastiques. Il a immédiatemetit et itérativement porté ses plaintes au trône de S. M., et , en le faisant , il a rempli un /Revoir indispensable.
Au mois de septembre i8o5 , il fut stipulé , à Paris , entre S. S. et S. M. , alors premier consul de la république françoise , un concordat , dont Vobjet fut à^ établir un règlement fixe sur ce qui concernoit les affaires ecclèsiaêtiqhes , et 4ont le vingtième article stipuloit expressément que, quant aux objets ecctésiastifues qui ne sont past expressément mentionnés dans les présens articles ^
les choses Tenteront et seront réglées d'après fa discipline actuelle de l'Eglise; et que, qaant aux 'di^fficuîtés qui pourraient survenir , le Saint-Père et le- président de la république s'en réservent la connaissance y de cancerl entre eux.
' Im législation postérieure a non seulement I disposé de beaucoup d'objets non compris dans le concordat, sans aucun concert avec S. S.; mais elle a fait plusieurs dispositions qui ne jgdrent fas avec les articles convenus, et établi beaucoup de choses directement contraires à la discipline actuelle de l'Eglise. Les droits de celle-ci, l'autorité des évèques et celle des curés , les fondalions pieuses et religieuses, les objets les plus intéressans du régime ecclésiastique, ont souffert ' des secousses continuelles et sensibles; et, au lieu de voir rempli l'objet du concordat , qui éloit de mettre dans les affaires ecclésiastiques de l'ordre, delà stabiliLé, et, autant que possible, de l'uni- L formité dans la discipline, on a vu tout le contraire.
Ainsi, bien loin que les plaintes du S.-iint- Père puissent être qualifices de déplacées, elles sont devenues absolument nécessaires. Elles sont I l'accomplissement d'un devoir indispensable de » son apostolat, auquel est imposée l'obligation de" défendre et conserver l'intégrité de la dlscipiin»' ecclésiastique, sî étroitement unie à relie de ia. religion ; elles sont de plus le résultat d'un pacta solennel conclu avec S. M.
, .Le modç dont 1b SdintrPèrea fait ces pI^iM^ en lea adres9ant immédiatement à S. M. , a ét^ choisi comnje cjbIuî qqi ne pouyoit d'aucun^ ipanière répandre lea troublç3 et la^discorde.. Lq Saint-Père pouvoit-il ol^server le silence dan% c]es choses qui regardoient si déci^^ément spn ;i9inistèreapQStoUi^ue? elpouvoit-ij, pour le rompre^ choisir un moyen plus Ipyal, plus tranquille ,| que d^'adre^ser à S» M. Elle-même ? ,
Les nçuveautés qui , au girand détrime?ii: d9 l'Eglise et de sa disciplipe, se sont succé^é^s^ n'étoienf: pas de nature ^ rester secrètes ^ eUçs 9i}( fait impression sur l'ame des peuplesi d'Italie^ s ^ttachés à I4 religion ; elles l'ont faite par qUçiït jpèmçst 9 et non parce q'ne le Sair)trSiége ^u ^ porté des plaintes qui n'ont jamais été connue^ au pobliç. Cette même impression ns^turc^Ue^^ produite par de telles nouveautés , n'a pu ^y<xuf d'autre effet que les géqiissemenset ladouleuif des, bons^ et il dépend de S, M. de les fairç cesser sur-^ le-champ ; mais elle n'a jamais excité d'insuborn dination, et on n'^ pas. vj^ le moindre indice (^e désordre*
Si lés éveques ont dçmandf^ des instri^ctionS|^ i;ne direction et de 1^ consolation à celui quoDieu a préposé comme maître ql guidfî daqs toi^Ç cet qui se rapporte ^u minifljtère pf^tpraJ ^ ils n'ont f^tque remplir le.devok indispensable qui.çqns-, titue la pierre svjr l^qyellf Jp§ii?-Cbri§t ^ fondé sonEjglisejetsi, par un df^vçâr^réç^proquç pt pouf^
tranquillité de leur conscience , il a répondu k s évèques , il a toujours fait entendre qu'il Cflpé»oit que la voix du chef de l'Eglise seroit écoutée par lesouverain, et qu'à la lin ou obliendroit que les nouveautés fussen abolie» et le concordat exécuté.
, Les lettres de M. le cardinal AnlonelU n'ont pas eu une autre teneur; en sa qualité de grandpénitencier , il est obligé de répondre aux doutea qui lui sont proposés , et qui tourmentent les -wnsciences timorées. En conséquence , sa correspondance n'a été ni clandestine ni volontaire ; elle a été nécessaire, et telle qu'elle convient à son ministère; en donnant des réponses destinées à régler les consciences dans le for interne, il n'a faitque remplir son devoir de la manière la plus simple et la plus éloignée du danger des troubles et delà discorde.
Le Saint-Père et ses minisires se sont contenus dans les limites les plus étroites de cette magistrature suprême, dont, par commandement exprès de Jésus-Christ, saint Pierre fut chargé, et qui, après lui . a passé aux souverains pontifes, ses snccesseurs ; magistrature sans laquelle la .centralilé et l'unité de ta religion catholique ne pourroient exister ; maj^islrature qui , depuis la fondation de l'cgliae du Seigneur, a toujours été indépendante; magistrature de l'exercice de laquelle ils doivent rendre immédiatement comple à Dieu ; œagistraluïe dont la nécesailé est prouvée par le
Ci7o) concortlat même , par l'article 7 duquel on est convenu que tout archevêque et évêque pourra toujours, librement et sans obstacle , cdmmunttfuer avec le Saint-Siège pour toutes les matières spirituelles et les affaires ecclésiastiques.
Il paroît donc que le Saint-Père ne devoit pas s'attendre,àcetégard,àla répétition des doléances de S. M. 1. et R. exprimées dans la susdite note de V. Esc, relativement à de préteadus complot» ourdïs à Rome par dea émissaires anglois,et beaucoup moins à la menace que S. M. saura faire usage de sa puissance pour les dissiper. Dans les réponses aux précédentes notes qui se trouvent déjà entre les mains de M. deTalleyrand,on a démontré jusqu'à l'évidence la non-existencG de pareils complots, et on ne peut , sans faire une injure manifeste à l'auguste caractère, à la loyauté du Saint-Père, et aux preuves qu'il a données de son attachement pour la France et pour son empereur , supposer [ seulement qu'il s'abaisse à des moyens si igno- ' minieux , aux complots , à la sédition , aux cabales.
JS'y auroit-il pas, en effet, de la folie que de ae confiera de pareils moyens, lorsque tout l'Etat I romain est devenu limitrophe des pays soumis à •■S. M.? Les côtes pontificales de l'Adriatique et de la mer Méditerranée sont garnies de ses troupes, et Rome mèuie et ses environs sont entouréa de soldats françois. Dans tout l'Etat ecclésiastique il n'y a pas un agent ou ministre anglois, et à
(-7> ) feine y trouTe-t-on quelques individus de cetle Siation qui y vivent Iranqaitlement.
■ Mais, indépendamment de ces léllexiona, le ■Saint-Père assure , sur son honneur, qu'il rongîroit de penser seulement à des projels si vils et AÎ honteux ; il sait ce que , dans son élat de neul.tralité , il doit aux puissances qui sont en guerre l'svec la France ; mais il sait aussi , comme chef suprême de l'Eglise catholique, avec quelle prédilection il doit regarder les souverains qui sont de sa ■communion , et dont il est le père et le pasteur.
Le Saint-Père ne sait que trop que les ennemis ^^e la religion el de l'Eglise ne cessent de répandre *ees calomnies, dausle dessein d'aliéner l'esprit de S. M, el d'effrayer le Saint-Père par des menaces. Mais l'empereur Napoléon est trop grand pour (combattre contre de telles cliinières. Sa droiture 'et sa religion ne lui permettront jamais de se pré- 'Taloir de la puissance qu'il a reçue de Dieu, au point ■"de détruire un ouvrage conservé pendant dix sïè-. 'cles, et sorti de la main delà Providence divine, ^laquelle, pour le bien de la religion et de l'Eglise, a réglé les choses de manière que son chef jouît iaussi d'une souveraineté indépendante, si utile ^our le libre exercice de l'autorité spirituelle.
Il espère que S. M. voudra bien peser, sur la ^Tialance de cette droiture et de celte religion, les déplaisirs qn'Elle déclare avoir reçus du Saiule. S. M. acquerra ainsi la conviction que, dans choses où le Saint-Père a dû et doit encoie .â»
trouve? en; opposition avec Elle, ce n'est. pas 'S% volonté qui l'y a déterminé^ mais qu'il n'a agi que parle sentiment intime de ses devoirs sacrés, dont il doit compte à Dieu. S. M. , dans sa haute sagesse et équité ^ ne pourra jamais se plaindre de rece^voir des déplaisirs de celui qui, nourrissant teu-* jours dans le cœur le plus vif désir de lui plaire^ ])artoutoù il le peut^ n'agit que d'après son sentiment et d'après l'impulison de ses obligations et de ses devoirs.
En remplissant les ordres de S. S., le soussigné se flatte que V. Exe. ne manquera pas de mettre en œuvre les moyens que lui suggérera son esprit de conciliation , pour faire connoitre à S. M* ^ dans toute son étendue, la -pureté et la sincérité des sentimens de S. S. Il profite de cette occasion , etOiT
G. B. cardinal Cafrara.
A la même époque, le cardinal Spina> quisp trouvoit à Paris , ignorant que le cardinal Consalvi fût sorti du u^inistère, lui^dressa la lettre suivante.
XXXY. Lettre du cardinal Spiha adreesée au car^ dinal secrétaire d^Etat fe 16 juin i8o6« '
Mon dévouement sincère et à toute épreuvepour la personne du Saint -Père, et le respect que je dois aux com'inandemen s répétés de Su M. L et
ifiie forcent à interrompre un instant les graves occupations de V. Ern. poar lui iaire part d'un propos tenu par S. M, à Mgr, le cardinal-légat et à nxii, àa cercle tenu hier matin, à Saint-CIoud, avant la Blesse.
' Après in'êtrc rendu hier à Saint - Cloud, tfelon ce qui est usité dans les jours de fêle, pour feire ma cour à S, M., au moment où Elle se pré- Aenta dans la salle da trône, lieu de réunion des ■princes et grands-dign if aires deFEmpîre, des nialéchaox et des ministres , et apiès que S. M. eut #eçu les députés de» provinces vénitiennes, me trouvant par hasard placé à côté de Mgr. le «rdinal - légat , S. M. vînt à nous et nous demanda ce qn'ov faisoit à Rome. Nous adresser #ette question et commencer une longue plaînfe Contre la conduite des ministres de la cour pontificale , fut raffjiire d'un instant. Des plaintes généêoAee qui se rapportoient au peu d'égards qu'on, évfâi pour sa persorme, dans toutes les occasions , «t à la résistance qiï'é prou voient toutes ses rc- -quSte», il passa aux partieularilés et aux délailif. H protesta, à différentes reprises, qu'il n'avoîcjtunaifl. pensé à troubler S. S. dans la souver^neté de ses États, et qae ses intentions, à ce S'u^jet,' .«ivoienlt été ma^l interprétées et mal rapportées su wcrécoliége. Il dit et répéta qu'on avoit eu torÈ^ de voaloir éloigner sorr ministre de Rome, sotis |^éiex:le-de l'occupation d'Ancone, dans un mo-' meat où S. S^ n'étoit pas en état de résister k un
çtébarqnement de» Russes , s'ils aroietit vûula relfectuer. Il se plaignît qu'ayant fait part de l'oc-i cupalioii de Naples sans demander que le nou-' ■venu roi fût reconnu, on lui eût positivement répondu qu'on ne vouloit pas le reconuoître. U iusisia finalement sur la correspondance qui ne cessoit d'avoir lieu entre Rome et les Auglois, et sur la répugnance décidée que les minisires de S. S. avoient monlréc à leur fermer les port» d'Ancone et de Civita - Vecchia, quoique leur présence dans ces ports fût éminemment préjudiciable à SCS Lntérèls, et telle qu'il ne pouvoit pas la souffrir plus long-temps, A mon grand regret, mais avec la fidélité qu'on a droit d'exiger de moi, j'ajoute que, parmi les ministres d^. S., c'est principalement V. Era. à laquelle S. M. attribua le» contrariéLés qu'elle éprouvoit, et en général la conduite de» affaires politiques.
Des plaintes l'empereur passa aux menaces^ et dit positivement que si le Saiut-Père n'unissoit pas ses inlérèls à ceux de l'empire françois , et si décidément il ne fermoit pas ses ports aux Anglois, lui, empereur, seroit obligé de faire lui-i même ce que S. S. ne vouloit pas faire; qu'il avoit déjà donné ordre à ses troupes d'occuperAncone et Çivita- Vecchia; qu'il respecteroit toujours la puiss.ince spiriliu'lle de S. S.; mais que si Elle persîsloit dans son système, il occuperoit absolument et avec pleine souveraineté Aiicone, Civita-Vecciiia, Urbino, Pesaro, Macerata et toutes les cotes
<176) depuis Civita-Vecchia jusqu'à Terracine, et for-
jneroit des dachés, cumine il avoit déjà fait de
3énévent et Ponte-Corvo; bornant ainsi la souveraineté du Saint-Père au seul Patrimoine, et
.le réduisant à l'état d'un prince foible et très* pauvre. Quelque pénible que cela soit pour moi,
je dois répéter les expressions mêmes dont il s'est flervij ce sont les suivantes : « Et le cardinal Con-
.salvi devra rendre compte à Dieu, et sera responsable au peuple de tous ces maux et d'avoir perdu l'état.»
Après les menaces, il Ht valoir les avantages qu'on pouvoit espérer eu ae prêtant mieux à ses désirs; il fît sentir que la souveraineté des états de S. S. seroit entièrement conservée, qu'il lui lembourseroit tous les frais causés par le passage de ses troupes , comme il avoit fait en d'autres occasionâ, et qu'il feroit également respecter par toutes les puissances sa personne sacrée et sa (Jo- ,minati^. Il ajouta ce qui suit: a On craint à JR.ome que je ne veuille faire la guerre à l'Espagne^ et que, dans ce cas, je n'exige que S. S. se déclare aussi contre elle: mais, le cas arrivant, je promets de ne rien demander à S. S. j mais de ]a laisser tranquille. »
Je passe sous silence beaucoup de choses dont U fit mention dans la suite de son discours, comme lorsqu^il parla de la guerre de Charles-Quint jCotitre Rome, et beaucoup d'autres choses qu'il est moins nécessaiie de répéter à V. Em. , mais
( 176) ■qm loutps étoient antriogues au discours déjà rs'p- ■Jjorté. Je dois seulement ajoater que plus d'une ■fois il recommanda à M. 1p légat d'écrire et tte Jrépéler ses Benliniens à S. S. et à V. Era. ï! m*or- "rionna la même chose, comme M. le cardinallégal peut le certifier.
L'intérêt qu'à tant de titres je dois prendre à 1» 1*anqtiii!ifé de S. S. et de ses étata, m'engagea ■exécuter promiïtement lesordresdeS. M. età feirè 'oonnoître ses aentimens qui furent bien positifs. Le Saint-Père et V. Em. concevront parfaitemeitt ^ue l'endroit où ce- discours nous fut adressé, et . les circonstance» qui raeconipagnèrent, ne nod^s ont pas permis d'y répondre autrement que par quelques phrases ; la contenance respectueuse que ces circonstances nous imposoient, noua permît seulement d'exprimer la plus grande confiance dans la magnanimiléella grandenr d'ame de rciBpereur; et de protester delà bonne volonté da Saint-Pcre de faire constanmicnl tout ce ffui sen en son pouvoir pour conserver son amitié et seconder ses intentions,
A-prés avoir exactement exécuté' le' commandement de l'empereur, je ne devrois pas m'enîiardir à l'accompagner d'aucune observation ; que T. Eltt. me permette cependant d'ajouter que, quoique le nuage qui menace l'Etat pontifical soit tïèsoragcux, je ne le crois pas épaissi au point qujwi ne puisse l'empêcber, jusqu'à un certain point, ue fcrerer , et prévenir aimsi l'immense détriment qui
( 177 ) en. résDlteroit pour le Saiut-Siége, s'il éclatolt. Mais en sera-t-il encore Lempa? Peat-être, si l'ou ne perd pas un inslant pont saisir l'uccasion du discours de V. M., afin de conclure un arrangenient prompt, bref et préci,".
, Je m'abstiens de toute réllexion politique. Il ms. paroît que le point qui tient le plus à cœur à S, M., est l'exclusion de ses ennemis des ports et de l'Etat pontifical. Les premières puissances de
" l'Europe { car je ne citerai pas l'Etrurie ) ont donné à cet égard des exemples sur lesquels nous pouvons régler notre conduite. Je ne doute pas que M. le cardinal-lcgat n'ait déjà soumis à S. S., sur cet objet, des observations judicieuses et détaillées. Qu'on ne les perde pas de vtie. M. le car-
■ dinal-légat jouit avec raison de la plus haute considération parmi les ministres françoîs et étrangers. S. S : peuts'en rapportera lui aveccon- Ëance, et le munir de tous les pouvoirs-, pour terminer un arrangement. Mais d'après moi, il n'y ppas un inslant à perdre. Pour l'amour que nous devons tous porter au Saint-Père, pour l'iatérèt
t que nous devons prendre à la conservation et à la .tranquillité de son état, je supplie humblement S. S. et prie V. Em. de vouloir bien mûrement peser tout ce que j'ai cru de mon devoir de lui ïapporter, et prendre une résolution décisive et ■^prompte, mais bien prompte. Je fais cette deinande d'après ma conviction iiilime j aucun in-
'-. XûM. II. 13
( ■7') térêt mondain ne m'y engage; il ne pourroit jamais me faire trahir mes devoirs.
Je demande pardon à V. Em. si j'ose employer des expressions si énergiques. Dans l'espérance de l'obtenir, j'implore du, Saint-Père la bénédiction apostolique , et de V. Em l'honneur de ses ordres.
Je lui baise les mains, etc.
Paris, le 16 juin 1806.
1 honneur de ses ordrej^l
G. cardinal SprNi^^^^| ïndit.nar ordre de S. S.. '
Le secrétaire d'état répondit, par ordre de S. S., de la manière suivante.
XXXYI. Lettre du cardinal Casoni adressée, U ig Juillet 1806^ au cardinal Spina.
La lettre que V. Em. adressa le 16 du moi» dernier à S. Em. M. le cardinal ConsaWi arriva lorsqu'il s'étoit déjà démis de ses fonctions. Me l'ayant fait passer sur-le-champ, je crus de mon devoir, vu l'importance de sou contenu, de la mettre sous les yeux de S. S, qui, après l'avoir lue avec attention et en avoir milrement examiné , le contenu, m'a ordonné d'abord d'exprimer à V. Em. sa satisfaction tant pour l'eiiipressenrent qu'Elle a montré de lui faire connoître le discours adressé par S. M. I. à V. Em. et à M. le cardinallégat,que pour les sentimens d'attachement qu'Ella
C >79) y professe pour S. S. et d'intérêt qu'elle prend au bien de l'état; sentimens dont au reste S. S. ne ponvoit doQter, k cause de la dignité dont V. Em. est revêtue et de son caractère personnel.
Pour ce qui regarde ensuite le contenu de \i lettre, le Saint-Père est toujours de plus en plus surpris que S. M. I. lui reproche une constante répugnance à condescendre à ses demandes et à Buir aes intérêts à ceux de son empire. Le Saint- Père a, dans toutes les occurrences, adhéré aux demandes de S. M. par les concessions les plus étendues; il a ainsi démontré quel prix il mettoit à Unir, en tout ce qui dépendoit de lui, ses intérêts à ceux de la France, Les deux concordats passés avec S. M. , le voyage de S, S. à Paris (pour passer aous silence tant d'autres choses particulières), ont donné un témoignage bien manifeste et éternel des sentimens de S. S. pour S. M. ; témoignage confirmé par l'opinion générale de l'Europe aui yeux de laquelle S. S. et sa cour ont toujours été regardées comme partiales pour la France.
Seulementdansquelqucs choses qui l'épugnotent à ses devoirs essentiels et que condaninoit la voix de sa conscience , le Saînt-Père a été obligé de réprimer les dispositions de son cœur, et de ne pas se conformer à ce qui lui avoit été demandé «u nom de S, M. Mais après Lui avoir fait connaître avec tant de candeur et avec un véritable épanchement de son cœur les raisons qui forçoient sa volonté, et qui ne lui permettoient pas d'adhéret
(i8o) : principes et aux désirs de S. M. , il r ^ comprendre comment, dans la droiture et la gêné* f-Josilé de son ame, Elle peut voir delà lépugnaaee ( où il n'y a que le sentiment invincible du devoir ï À^'impQsent à S. S. son caractère sacré, les rela- [ -tiens inhérentes an ministère apostolique qui Lui l été confié, et les sermen» qui La lient.
, V. Em. Elle-même doit reconnoître que l'exemtple des antres princes séculiers, qu'Elle allègue I dans sa lettre , ne peut en général servir de guide raux délibérations de S. S. Ces souverains ont en tvue les objets temporels et les rapports, polili- ^ ques : ils peuvent leur proportionner librement les mesures conciliantes qu'il leur paroît utile de prendre. Mais le Saint-Père ne peut se borner à ces seuls objets et à ces rapports. Il ne peut les détacher des objets et des rapports spirituels > et c'est précisément dans ceux-ci qu'il rencontre ces obstacles qui l'empêchent de se plier à la volonté de S. M.; obstacles qu'il ne peut écarter sans luanqueràses devoirs spirituels.
; S. M. n'a pas seulement demandé que le Saintfère fermât ses ports aux ennemis de la France ; Elle a encore requis l'expulsion des agcns et des individus des puissances qui sont en guerre avec Elle , et manifesté sa volonté pour que le Saiol- Siégeaitponr ennemis tous ceux qui sont ennemis de l'empire françois. Quand même leSaint- Père seroit dispensé de prendre une part active et olTensive dans la présente guerre^ et dans les
autres qui peuvent s'élever entre la France et quelque puissance, toutefois, en se plaçant dans la position où S. M. veut qu'il se place , l'expul-^ sion et la fermeture des ports qu'on lui demande seroient regardées , par les puissances contre lesquelles elles auroient lieu, comme des hostilités décisives; lesquelles, quand elles n'auroient pas de plus tristes effets sur l'Eglise ou sur la religion , en produiroient immanquablement un qui seroit înBniment nuisible à l'une et k l'autre ; elle9 couperoient la communication entre le chef et ->es membres disséminés dans les pays des puis** Bances contre lesquelles S. S. aurait pris cett» mesure.
S. S. a remarqué, avec plaisir, dans la lettre de V. Em., ce que S. M. a dit relativement au cas seulement possible d'une guerre avec l'Espagne. Mais l'Espagne n'est pas la seule puissance catholique qui, par des événemens qu'on ne uauroit prévoii'j peut se trouver en guerre avec la France; et les puissances callioliques ne sont pas les seules dans le sein desquelles le catholicisme existe. Les considérations que le Saint-Père doit avoir pour les catholiques d'Espagne , il les doit aussi à tous ceux de tout autre état , dont il est également le père commun et le pasteur.
Passant de ces objets généraux aux plaintes particulières de S. M. , rapportées dans la lettre de V. Eui,, le Saint-Père est d'abord fort surpris d'apprendre que S, M. le soupçonne d'une carres-.
pondance avec les Anglois. C'est une calon^nî« par laquelle les ennemis seulement du Saint-Père ont pu surprendre la religion de S. M. Cette imputation cause au Saint-Père une douleur d'autant plus vive , qu'elle fait le plus grand tort à la loyauté de son caractère et aux sentimens de son cœur pour S. M. et pour la France. On ne peut mettre cette currespondance sur le compte de son ministère, sans offenser S. S. Elle-même, puisque c'est l'accuser d'être ou assez peu prévoyante ou assez peu soigneuse pour ignorer ou tolérer une pareille correspondance. Jamais il n'a existé le moindre indice de ce commerce. Lorsque S. M. connoîtra le véritable état des choses, et qu'Eilc saura qu'il n'existe à Rome ni ministre ni aucun agent d'Angleterre, et qu'il n'y en a pas du Saint- Père à Londres j lorsqu'Elle saura qu'il se trouve à peine à Rome an très-petit nombre d'Anglois, qui y sont domiciliés depuis fort long-temps, et étrangers à toute vebtion politique; quand Elle saura que, sur le simple soupçon qu'on avoit contre une dame' de celte nation, qui voyagcoit dans les états pontificaux, soupçou qui ne s'est nullement confirmé, on a été iusqu'à arrêter cette dame; Elle devra reconnoîlre dans sa sagesse que les auteurs d'une calomnie si noire méritent tout son mépris et toute son indignation.
Le Saint- Père se ilattolt d'avoir donné des éclaircùssemens suffisans à l'égard de la manière dont on avoit entendu les expressions renfermées dans sa
lettre- sur la première occupation d'Ancone. Il « donc été bien chagriné de voir par celle de V. Ein. , que S. M. persiste à entendre ces expressions, comme si S- S. y avoit manifesté l'intention d'expulser son ministre de Rome. Loin de là, le Saint-Père n'a voulu que faire pressentir les conséquences du fait , savoir que les rapports ministériels et politiques seroient paralysés, et que la présence d'un représentant de S. M. à Rome fieroit sans effet , du moment qu'une forteresse et un port des étala du souverain pontife seroient occupés par les troupes de S. M-, sans un avis préalable, sans une communication miiiîstériellâ. Quant à la réponse donnée à la note de M. le cardinal Fesch, par laquelle il annonça l'avénement de S. A. I. le prince Joseph au trône de Naples, le Saint-Père ne pouvoit se conduire autrement qu'il a fait. Ne pas répondre à celte com- .munication ctoit un manque de politesse; répondre sans observation étoit causer un préjudice évident aux droits établis du Sainl-Siége sur le royaume de Naples. Quel parti plus loyal et plus franc pouvoit donc prendre un pontife, obligé par ses sermens à conserver intacts les droits de l'Eglise romaine , confirmés par l'observance non interrompue de sept ou huit siècles, que celui auquel on se décida , savoir non de refuser la reconnoissance, ainsi qu'on l'a faussement prétendu, mais d'indiquer seulement ce qui, depuis ■tant de siècles, avuit toujours dû précéder la re-
connoissatice d'an souverain de Naplea par le Saint-Siège?
Le Sainl-Pére a aussi fixé son attention snr le» expressions de S. M. rapportées par V. Em. , où il est dit que le sacré collège avoit mal compris ses prétentions, et que S. M, n'avoitpas eu l'inleulion de troubler la souveraineté du Saint-Siège, Les prétentions de S. M. ne pouvoient être ni mal exposées ni mal entendues, puisqu'on avoit fidèlement mis sous les yeux du sacré collège la lettre de S, M. adressée au Saint-Père, et les notas de ses ministres on elles étoient clairement énoncées. Comme ces pièces originales disoient expressément que rÉtat de l'Eglise devoit faire partie de l'empire françois, qu'on devoit reconnoUre tous lesprétendus droits queCharleniagne avoit exercés sur cet état, qu'ondevoitavoir pour ennemis tous les ennemis de l'empire; il sVnsuivoit évidemment la conséquence que, d'après ces maximes, le Saint-Siège , dans son temporel , devoit, de souverainelé absolue et indépendante, devenir un état dépendant et soumis. Ce n'étoit pas seulement troubler la souveiBÏneté même, c'èt oit détruire ses prérogatives les plus essentielles. Si le Saint-Père s'éloit seulement montré jndifi"érent à une telle prétention, il se seroit rendu parjure devant Dieu et coupable de prévarication en négligeant la conservation et la défense des droits dont il est le gardien et non l'arbitre.
D'après ces réilexions sur les giiel's de S. M. , le
Saint- Père a la confiance que la justice de ce monarque ne lui permettra pas d'exécuter les menaces annoncées par V. Em. S. S. ne sauroit se ■persuader que S. M. voudra méconnoîlre toutes les preuves d'attachement et d'arnitié qu'il s'est toujours efforcé de Lui donner, et que devant Dieu et les hommes Elle croira pouvoir trouver un motif raisonnable qui puisse l'autoriser à employer le pouvoir que Dieu Lui a confié, pour Toppressioa d'un pontife attaché à sa personne et à ses peuples, seulement parce que dans quelques affaires il ne peut démentir son caractère et son office de paix et de commune paternité. Mais si les impénétrables décrets de la providence divine rendo^nt vaine cette espérance , le Saint-Père se ré* signeroit à tout, en élevant son ame à Dieu et ae consolant, par la certitude d'être la victime de l'accomplissement de ses devoirs, relativement à des objets dont il n'a pas la faculté de disposer.
Ce qui vient d'être dit démontre à V. Ein..Ia disposition de S. S, d'entrer, à l'égard des objets qui ne rencontrent pas ces obstacles invincibles, dans la négocialion que V. Em, juge convenable et nécessaire de tenter. Le Saint-Père a même à cet égard prévenu les vues de V. Em. ; il en a fait expressément menlion dans la dépêche que lo courrier Livio a portée à M. le cardinal-légat, pour le cas oïl le gouvernement françois seroit ' disposé à traiter sur les bases qui y sont indiquées. '■Le Saint-Père attend la réponse pour connoître à
cet égard les intention» du gouterneihent frianç(HSr Si elleane fontpas violence à sa conscience et n'exigent pas des choses qu'il est intimement convaincu de ne pas pouvoir accorder, sans se rendre coupa^ ble devant Dieu et devant la postérité, d'avoir manqué d'une manière impardonnable à ses obligations^ les propositions du gouvernement François pour4ront ouvrir la voie à une conciliation désirée^ et faire counoître à S. M. que rien n'est plua à cœur à S. S. que de La satisfaire en tout ce qui est possible et de renouer avec Elle et sa nation les noeuds de jour en jour plus fermes et plus solides di^ l'amitié et de la bonne harmonie.
£n faiisànt , par ordre de S. S., part a Y. Eau «le tout cela, je lui baise les mains ^ etc. «
Rome, le 19 juillet 1806.
Philippe cardinal Casoni.
Dans l'intervalle il s^éleva une autre tempête à Ancone. Le service qu'on exigeoit des troupes du Pape en donna l'occasion. Le délégué en prévint le cardinal secrétaire d'état , par la dépêche sui*» yante.
XXXyiL Rapport de Mgr. Pietro Vidoni ,, délégué du Pape à Anconé j du 2Q Juin x8o6.
Vendredi passé , M. Lemarrois , général de division^ se rendit à Jesi^ sans autre dessein que pour
( i87) feire une promenade. Revenu ici dans la 8oirée, il trouva une dépêche de son souverain, qui lui ordonna (l'intimer aux troupes pontificiiles qu'elles aient à obéir à toute réquisition et à tout ordre qui leur parviendroit de la part de M. le général et des autorités militaires IVançoises, ou à sortir du duché d'Urbino et de la Marche. M. le général me communiqua hier cette dépêche importante, pour remonter à la cause qui y a donné lieu , je Es avec prudence quelques questions par lesguelles j!appris que M. le général Tissou avoit proposé, il y a quelque temps, à M. le colonel firacci d'employer un détachement de cavalerie pour battre la côte pontificale depuis Pesaro jusqu'à Cattolicaj que ce colonel s'y étoit refusé, non seulement irerbalement, maisaussi par écrit, en déclarant que sa réponse négative étoit fondée sur un ordre positif de S. S. , notre maître. J'appris encore que la billet du colonel avoit été envoyé en original à S. M. l'empereur et roi, qui en conséquence a transmis l'ordre susdit.
Après m'avoir confié tout cela avec celte amitié et loyauté qu'il ne cesse de me moulrer , M. le général voulut que j'envoyasse au colonel Bracci un© lettre par laquelle il l'invitât à se rendre sur-lechamp à Ancone ; )'y ajoutai une lettre écrite par moi-même. Le colonel étant arrivé ce malin , je l'ai introduit, et M, le général lui a, en ma présence, intimé l'ordre susdit de S. M.
Ainsi que M. le colonel rend compte de cet
événement à la congrégation militaire, je le fai* connoître de mon côté à V. Em. par un courrier extraordinaire. Je crois ne pas devoir omettre quelques réflexions que les circonstances ontfait naiire en moi.
Mes auditeurs à Pesaro me donnèrent connoissauce. le ii de ce mois, delà demande de M. le général ïisaon. Persuade et parfaitement convaincu que les ennemis de la France n'esécuteront aucuii débarquement sur celte côte, je leur répondis, ïe 1 2 , que pour nia part j'ctoia d'avis que le capitaine Silvani devuit se prêter à la demande , parce que la pal rouille qu'on proposoit défaire marcher le long des côtes pouvoit avoir l'air d'un détachement destiné à veiller à la police et à purger la route des bandits. Comme cependant il s'agissoit d'un service mililaire , j'ajoutai que Silvani pouvoit demander l'avis de M. le colonel résidant à Faro, qui devoit être muni d'instructions delà congrégation militaire. Je sua ensuite par M. 1» colonel lui-même le contenu du hillet qu'il avoit écrit à M. le général Tisson.
Après avoir donné tous mes soins pour maintenir la plus parfaite harmonie , et à éviter jusqu'à 3'onibre d'un choc , mais à entretenir plutôt Ja correspondance la plus confidentielle avec M. l'aidede-camp général , je ne voudrois pas qu'une déclaration, peut-être hasardée par M. le colonel, donnât lieu à un malheureux commencement de dissensions , et devînt le prétexte pour
occuper ces tleax provinces. J'ai tout fait pour maintenir entière l'autorité dii gouvernement; et, hormis quelques légers incidcns, sur lesquels j'ai demandé et obtenu des éclairqissemens suf- £san3 , il n'est rien arrivé de sinistre jusqu'à présent.
JVIaintetiaiit V. Em. , qui doit être parfaitement au courant delà pente actuelle des grandes affaires de l'état; qui connoît les maximes du gouverne-* ment pontifical et de la congrégation militaire communiquées à M. le colonel Bracci; qui connoîl bien les dispositions prises ou à prendre à l'égard du littoral plus exposé de la Méditerranée ; qui enfin sait peser l'importance des circonstances au milieu desquelles nous vivons , verra âans sa sagesse quelle mesure il faudra prendra et quelles instructions il faudra donner, tarît à M. le colonel qu'à moi-même, ponr régler, en conséquence, mes relations avec le géuéral et
• mes paroles.
. J'attends, parleretour du courrier, les ordres «le V. Em, , que je demande prompts , parce que
( le général me presse pour avoir une réponse prompte et décisive. Je m'incline avec toute la vénération , etc.
Ancone , le 3() juin 1806.
PlETRO ViDONI»
( l'go ^
Voici la réponse qui fut donnée à cette lettre par ordre de S. S.
XXXVTII. Réponse du cardinal Casoni à la leltrt de Mgr. Fidoni^ dû i'^'^. juillet 1806.
'' J'ai reçu la dépêche de Votre Seigneurie lllufrliissinie, du 29, avec la copie de la réponse donnée par M. le colonel Bracci à M, le général Ti.tson; je me suis fait un devoir de mettre l'une et l'autre sous les yeux de S. S.
LcSaint-Pèreareniarqué que la réponse donnéo par le colonel Bracci au général Tiason est con* forme aux précédentes înstrucLiuns que cet officier avoit reçues à Tégard de l'observation de la neutralité adoptée par S. S. , et qu'Elle entend maintenir constamment.
Néanmoins le Saint-Père, considérantles maus graves qui en résulteroient pour ses sujets, si, pat «ne agression hostile, la guerre s'allumoxt dans le sein de ses états, permet que, secondant les intentions de M. le général Lemarrois , les troupei parcourent les cotes de lu mer Adriatique, en tant qu'elles i'ontparlie de son territoire, et les surveil* lent , dans le but d'empêcher que la frontière ne soit attaquée de ce coté. S. S. donnera pour cela les instructions nécessaires au colonel Bracci, auquel l'incluse transmet l'ordre de se concerter avec V. S. I.
TeJs sont les sentimens mnnifeslés par notre DiaUre. Je ne doute pas qu'ils ne satisfassent complélemenl M. le général Lemarioia , etc.
Des apparlemens du Quirinal , le i juiU. iSoG.
Philippe cardinal Casoni.
Au bout de quelques jours on fut informé que le général françois commandant à Ancone qni avoit d'abord paru satisfait de ce que le Saint- Père venoit de faire, à la suite de nouveaux ordres qu'il avoit reçus, s'étoit arrogé le commandement absolu des troupes pontificales, les avoit entiè- /ement mises sous les ordres des commandant françois , et dépouillé le colonel Bracei du commandement ; qu'il avoit mêlé ces troupes avec leâ troupes françoises , en les mettant sur Je même nied, et qu'il leur doiinoit la dénomination de troupes papales au service de S. M. l'empereur Aes François et roi d'Italie^
Au reçu de ces nouvelles , le souverain pontif^ ordonna l'expédition de la lettre suivante.
jjCXXIX. Dépêche du cardinal Casoni adressent le lu Juillet 1806, à Mgr. F'idoni.
Desappartemeas Aa Quirinal^ le la juill. 1806.
■ La dépêche de V. S. 111., du 7 courant , ren- ■ftrme deux objets, dont l'un est relatif aux trou-
( 19^ ) pes pontificales , et l'autre concerne les mesures déjà prises ou qui sont sur le point de l'être y à l'égard des caisses du gouvernement. r
Le premier de ces deux objets , le seul dont je m'occuperai dans cette dépêche , a été rapporté par y. S. I. avec simplicité et calme; mais les avis que, par suife de son devoir » la congrégation militaire a fourniS| les notices^^qu'on a. reçues* de diverses parts,, ont causé un sensible chagrin fin cœuF de S. S, . déjà ,bliessé par tant de cq^jMii réitérés. . i
' Ce ne fut que diaprés une mûre délihéiutiQn. que S. S. , par ma dépêche du i/"" dei ce mois^ permit que les troupes pontificale3, secondant les intentions de M. le général Lemarrois,parcouru3sent]las. côtes Adriatiques. de son territoire et le surveil-^ lassent, pour empêcher une attaque sur la fronr. tière. Mais Y. S. I. devoit bien voir que S. S. n'en* tendoit pas. incorporer ses troupes ds^nsles trour pes françoises, et les faire dépendre des ordres, de^ M. le général et de ses officiers. Quelle ne fut donc pas la surprise de, S. S. , lorsqu'EUe apprit que M. le général avoit réellement mis toute la troupe pontificale sous son commandement, en donnant au colonel Bracci des ordres comme il a coutume d'en donner à un de ses subordonnés \ qu'il a envoyé , selon son bon plaisir, la troupe pontificale à divers endroits, faisant intimer à celle .qui est à Ancone divers réglemens.de S. M. l'em- 4)|ereurTrpi,*etspus l^s plus grs^^des peines prea^
crites par les ordonnances, faisant intituler celle de Sinigaglia, troupe papale au seryice de S. M. l'empereur des François, roi d'Italie, et voulant enfin que la troupe pontificale ae mît sur le pied françois.
' ' La troupe pontificale n'est donc plus sous les ordres de son prince ; elle ne dépend plus de ses eommandans; elle dépend donc des ordres du {;énéral et des eommandans françois? Comment S. S. peut-Elle souffrir un abus de cette nature ? comment peut-Elle permettre que les comman- > dans-françois s'attribuent une autorité qui ne leur appartient pas , et qu'Elle n'entend d'aucune manière qu'ils usurpent? Le Saint-Père, qui est le maître de ses troupes , n'entend permettre que ce qui n'est pas contraire aux principes de son système de neutralité j système que , comme père commun et ministre de paix, il a éxaclement . observé jusqu'à présent , et qu'il veut constamment observer. Le Saint-Père ne trouve pas contraire à ses principes , que ses troupes parcourent la cote Adriatique et la surveillent , pour empêcher une agression hostile, et prévenir des maux igraves , que la guerre causeroît j& son état, si elle s'allumoit en son sein j mais il trouve contraires à ses principes et à sa souve- Tjdiieté,la dépendance absolue de sa troupe des jèommandans françois , son incorporation , et même la dénomination qu'on lui a donnée. S. S. ne veut pas annuUerlea dispositions qui ont ét^ Toai. U. i5
faites, par rapport à la aarveillance à ekerqer pav ses troupes y afin d'empêcher xine attaque dii4gée sur la côte Adriatique, sonmise à-6asou<^erai^été} EReles confirme, an contraire. Mais -El^'e «^«ti» qu'après être convenu des points que sa trewpe doit .parcourir, celle-ci y fasse son aerHitte lekms le commandement immédiat du c6}oneî Brabci et d« la congrégation militaire. $i M: le^génénd i^emar^ rois, qui pardiesoit'satirfait'de ^a«dépèdhe,làqaelio annonçoit ces dispositâfèiie ,*^veut letnf dpimev Pexécutron que cotopèrte leur tréritarble sena^, la t^ùpe continuera à faire son service comnc^ctte le feit'à Oivita-¥eccAiia) se«is les ^drea ilnmëdîirts du commandant pontificat, ^. en des'iepidïtiita déterminas > isans <}uer les. 'troupes soient im^léerf et sans <^tiaiigement ilé 4fsctptÎDe; mîiif> siltetp vevct contûa^ier à lei}r :diniior: i'extensiatl i^|on leur 4 donnée à -toirt -, 'W:j&. h dirai à îÈL Ae i^ânàsal <S[u'Elle a prdre de fittre 'fentrpr JeS' tnoa^a jieaa rintévienr de la -proivdneé ,. tel sevooteeiAcvttMveo le colonefl 'Braoçi , pour dès rfaâve rettoér ién. loffets^
casé ffégiaffift d^^tDès q:iâ^idépèchèxla.k*i^;idttr.'jcom-« rant. ' •.•.•; ■ :■" -J!- :-i •:.
Teiles>sont ies iciitentions pi7écîses>ds<Sv:S.';iqna W. :& I. iBKécutera.'fidëletnient, ^iy .parlç (ctuieours ^éu f énéralffrançoip , les pbo^es ne s'afisuigefit pas ^e ntatàèré qu^es ne aoibnt pas çontràircts aos f»r incipés <rt (9ux devoirs d a SaintrnPàire« .
l^HÎ ii'ppk cardinal Casônï.
( 195 ) On eut, presque à la même époque, connoiaaance de la circulaire suivante quels général fran^çois venoit d'adresser à Marconi, fermier des moutures , et à d'autres fermiers , de même qu'aux communes du duché d'Urbin et de la Marche.
' ^li. Circulaire du général JLemarrois , du i" juillet 1806.
Le général Lemarrois, aide-dc-camp de S. Ml'empereur et roi, commandant de la Légiond'Honneur et commandant les côles de l'Adriatique , ■
' . À M. MarçQni , fef-miçr .^éiitU'ai] «Je? moulures. , ,
A partir de ce jour, Monsieur, les revenu* de la ferme des moùtaree, pçrçus dans l'étendue dilduohé d'Urbin et de la Marche d'Ancone, seront yereés dans mes oiaina ou dans celles qui vous seront désignéea. Je désire que vous vous rendiee de suite auprès de moi. Vous y serez au plus tard avant le 10, et vous m'apporterez le contrat de votre fefme paesé avec votre gouvei- ..nement.
Agréez, Monsieur, mes salalatiuns.
Aï)çprip,lo (î' juillet j8o6.
L^MAiinois.
'SÎA. Ordre du général Lemarrois, adressé ^ ïe h juillet i%(Xj à la municipalité de, Pesaro.
Le général L^iarrois, aide-de-camp de S. M.
Penipereur et roi, commandant de la Légion-^ 'd'Honjaeur et cômmandajDt les côtes de l'Adriatique,
A Messieurs les membres de la piunicipalit^ de ■Pesaro; '' ' • ' '
. Je vous prie ^M^^sie^rs^ 4e r^ppadç&.^ya^qaeslions suivantes : . . . ^
i.o De quoi se compose Ift totalité d^s^rçYenus de la ville de Pesarû? A. qùiélle sooiihe se moiitènt sesrevenw^?, -:: ''■•.. .-r. ■ . •:!:•:';'[ /
' I 2.0 . Q<iel est r:emp}oi :> .qiïélle est Ja destination de ces revetû;i3?DanfiiqaëUèfi mains se vexsieiit-ils?
5.p Depuis le premi0jr janvier dernier:^; qudle a été la r^elt^ de çediX^^nUs ? Y a*t*il. de l*arriéré?vftuej. epaploi avea-rvow fait des sonimes qui ont.ét^'perçues? ; . . ; ^: . ';. ; m ;
Agrées^ , Messieurs!^: me^ plus sincères ttlatalions.
Ancone,-5jutlieti8o6. • '
Le Saint-Père ne larda pas de se plaindre de
i ces nouveaux attentats contre sa souveraineté,
t' tant à M. Alquier, à Rome, que par l'organe da
délégué d'Ancone au général Lemarrois, ainsi
qti'on ra le voir par les deux pièces suivantes.
XLII, Note du cardinal Casoni adressée, leSJuil' let 180B, à M. figuier.
Des appartcmeas du Quirînal , le 8 juillet 1806.
i S, S, a été prévenuepar Mgr. le trésorier général cPune lettre que M. le général Lemarrois a adressée àXouis Marconi, fermier des moulures, par laquelle il lui ordonne de verser, à dater du i" juillet, les revenus de la mouture du duché d'Urbîn et de la Marche d'Ancone, en ses mains ou eu celles qui lui auront été désignées , lui ordonnant en même temps de se rendre à Ancone avant le 3." du courant et de produire copie de son contrat ^Tec son gouvernement.*
Un semblable ordre a été adressé par M. le général à Sabalucci et Marici, fermiers du sel, comme on l'a su postérieurement par une estaffette.
Il est plus facile de comprendre que d'exprimer la douleur que ces nouvelles ont causée à S. S.
S. S-, vivement émue par tant d'évéïiemeus qui se multiplient de jour en jour, a ordonné au I floussigné de porter devant V. Exe. sa réclamation
kl plas viyJtCy contro mi acte qui né fdVFvriAt Are pi plù8.ÎD|u84e ni plas ccmtrail:^ à sies droits da ^ctuYerainetéi- '
: AxjueltitE4)Tebt*(mdéponillerle8aiiM-PènFédcte prinexpanx veTehns de soo état? L^arméé fraiiçôim n'a aucun droit d'exiger du Saint-Père les fournitures pour son passage dans toute l'étendue de l'Etat pontifical, tfî pàUt rentrétîèn de tdùteisïëàfrdiiiiiés stationnées le long de ses cotes. Si le Saint-Père, diaprés la promesse d'un parfait remboursement gui lui avQit été faite, a consenti une fois à se charger de ce fardeau, outre qu'il n'a pu obtenir la moindre partie de ce remboùrsemeiit , de ^ui l'a forcé' k épulMr son tré^r et à se faire arirancét par les fermiei»i les veyentis futurs, il na pd|it ^oit sans time dcnlléuir^Nfttère qu'on pof te maînteiiaat une liouTélie attÂime à sa âotrsreraineté éft le( p<i^ vant de laî disposition pleilie et libre des rèvciliàs Ab son état 5 par Fôrdre âoùné ûuji fet-mierti de ïtà feiéfêt AatiÀ là* caisse milifaiifé françdisé.
Le SaiM-^irè tié peut s'éiDpécbfet de ifàii dans cet acte le dessein de porter iét ëodâtetnâtiôil éktih U ffiuVëm^mêMy âe le pai*alys6É «i de âédflh:er ati trtàiiâë e^lW qu'il le regardé ààMmt eniiemi. Ce n'est ptfs là ïa lrécortii>ctlse qùèf le Saiiit-*Pèi-è àttetidcdf (fcWt! tâfht âé pretftëà d'afirtitié et d^égtt»-ds qu'il aVx*it ddfeiirées à S; M. I. fetR.
Souteraift légitime et indépendant de se^ états, tli' le Sttitit-Pêre ne peut pas (et certainement il "nà le Tôttdroit pas) faire i*especter par' la forcé
( 199 ) FmriolabiVîlé âe ses décréta , il Cfoit qu'on devroit vespecteF k raison et les liens de l'ainiti'é qui 1« lie à S. M.
Le Saint-Pèré, nef pouvant ni ne vtmlant souffrir ■une mesure si violente , si attentatoire à se» droits , a fait défense a ses fermiers de la mouture et du sel de Tefser la moindre sor&rne dans la caisse militaire, et de n'obéir d'aucune manière à l'intimation qu'ils ont reçue.
Telles sont les intentions positives, tels sont les ordres précis de S. S,, qu'Elle a ordonné au soussigné d'exprimer à V. Exe, en La priant de faire en sorte que lesdites mesures soient rapportées; si l'on y persistoil par la force, S. S. se veri'oit dans la douloureuse nécessité de publîet I à la face de l'univers la violence qu'on se permet envers Elle.
En obéissant à ces ordres, le cardinal soussigné renouvelle à V. Exe. les sentimens de sa considération la plus distinguée.
Philippe cardinal CasonI.
XLIII. Dépêche du cardinal Casoni adressés , le l^ juillet 1806, à Munaignor F'idoni.
Des appartemeai <!n Quirinal, le 12 juill. 1806.
J'ai répondu, par. ma lettre de ce jour, à la première parLie du contenu de la dépèche de V. S. UL
c!u 7 de ce raoia. Il me reste à répondre au second objet qui se rapporte aux caisses communales; je vais le faire.
Rien de plus arbitraire et de plus hostile que la marche suivie par le général Leraarrois, par rapport aux intérêts du gouvernement dans les deux provinces d'Ancone etd'tlrbino. Une armée ennemie ne pourroit pas traiter plus mal S. S. Ces tentatives annoncent l'exécution des menaces qui ont été faites au Saint-Père. Il n'a pas la force nécessaire pour repousser de telles mesures violatrices de sa souveraineté; et s'il l'avoit, il ne seroit pas dans son caractère d'en faire usage. Sa confiance repose sur l'assistance du ciel, Aur la loyauté et l'innocence de sa conduite. Il ne peut toutefois se taire à la vue de tant d'événemens désagréables qui se succèdent rapidement; il ne peut que réclamer et élever sa voix contre la violence et l'oppression la plus manifeste ; mais S. S. veut que ces réclamations soient aussi faites vivement par V. S.].,non seulement de bouche, mais encore par écrit, pour justifier au monde que si nous souffrons, au moins nous ne donnons aucun assentiment aux usurpations journalières.
De quel droit M. le général a-t-il demandé aux communes l'état de leur recette et de leur dépense ? Quel est le but de cette enquête ? 'V. S. I. dira à M. le général que la patience de S. S. est maintenant à bout, et que si l'on ne cesse pas ^
ta vexer par loutes ces nouveautés injurieuses, Elle lèvera le voile qui cache au monde les violences qu'ElIe souffre journellement.
Les magistrats ne doivent pas se prêter aux de- I mandes des militaires, ou attendre au moins que la force mette aux yeux du public le sceau sur les actes arbitraires et les procédés ennemis qu'on veut exercer sous la couleur de l'harmonie et de la pais. Que V. S. L s'oppose donc et résiste avec fetmeté, sans montrer le moindre acquiescement, iels étant les ordres de notre maître.
• Philippin cardinal Casoni. ■
; C3es réclamations ne restèrent pas sans effet, yùur ce qui concerne les caisses publiques, le général Lemarrois dit verbalement à Mgr. Vidoni <qoe, l'ordre qui les concernoit lui étant venu di- -Tectement de Buonaparte, il ne pouvoit rien faire que d'en écrire immédiatement à celui-ci, mais l^u'en attendant de nouveaux ordres ,il ne procéderoît pas à des voies de fait. Quant aux troupes jmntificales , ce général attribua une partie de ce ^uî s'étoit fait à des actes arbitraires des commandans militaires, et promit d'y mettre ordre.
Dans l'intervalle, le courrier, expédié le i 7 juin avec les réponses aux notes de M, de ïalleyrand rapportées ci-dessus , devoit èlre arrivé à Paris. Quoiqu'on n'en eût pas de nouvelles, ou put s'en lipercevoir par une note que M, Alquier adressa
( ao» ) directement à S. S^ le 8 juillet. Elle étoit ^ U teneur »uiTtote.
XLIV, Note de M. Alquier adressée ^ le 8 fuùlet 1806^ au souverain pontife*
Trè$ Saint— Père ,
Je remplis le plus honorable et le plus conso^ lant de mes devoirs , en portant à Y. S. les vœux que forme l'empereur et roi, mon auguste souverain ^ pour q\^e les difficultée qui se sont élevées entre S. M. et la cour de Rome soient enfin apla-^ iliet. L'empereur regarde comme un des privitégèSflea pliis précieux attachés à sa dignité, çelili âe protéger FEglke, dont personne ne respecte plus que lui rhéuteùse et auguste infiu^nce. M^âa fc.H. a VU' avec peiné que le Saint-Siège y cou»temmeitt opposé aux mesures. ^\m6 sag^ et salu-* tàîre condescendance y cherchoità contrarier, pair d'inutiles refus ^ des^intérêts . sur . lesquels yettipe^* seuiT; né peut pas se Refroidir, et qu'il n'abaadpn^ Beittijamais. Quelque dé^obli^anto . a u'ait été pour S. M. l'affectation qu'on a mw jt A^ pas accédera 1^^ demandes, l'empereur n'a éeouté que le désir 4oat il est animé, de donner au chef de l'Eglise lin témoignage de sa piété filiale , et une nouyelle preuve de son afiection personnelle pQ!:^r V. 8.
Je suis exprès sémeqit chargé, T,i ès-Saint-Père
( 2o5 ) à'asâurer V. S. qu'Elle conservera rinlégcité de ses états, si £lle veut adopter les mesures que ]a position de son temtoire et la sûreté de l'Italie rendent indispensables,
S. M. demande que V. S. déclare , par un traité ou dans toute autre forme dont on conviendroit , premièrement que tous les ports de l'Etat pontiiical seront fermés à l'Angleterre, toutes les foia que celle-oi sera en guerre avec la France; ■
Secondement que les forteresses de l'Elat romain seront occupées par les troupes fratiçoises, toutes les fois qu'une armée de terre aura débarqué, ou aura menacé de débarquer sur un des points de l'Italie.
La reconnoissance de ces principes satisfera S. M. et lui tiendra lieu de touteautre déclaration. • Je viens, Très-Saint-Pèie, d'énoncer les der- I nières propositions de S. M. , celles sur lesquelles repose la garantie de la puissance temporelle du> Saint-Siège, et qui seroient vainement méconnues et rejelées.
, ILes intentions de S. M. ont évidemment pour
ob}et d'assurer les communications entre la hauts
et ta basse Italie, et j'oserai demandera V. S.: Quel
est le souverain qui, réunissant à cetle partie
d'Europe, àd'aussigrandsintérêts, une force aussi
' imposante, borneroit l'exercice de sa puissance à
■ n'exiger comme mesure de prévoyance, pour le
. cas de guerre, que des conditions aussi simples
içue celles que je viens d'établir ?
• 3e pria V. S- de permettre que je dépôsé'à ses pieds l'hommage dé mon profond respect, et que )e lui demande sa bénédiction apostolique.
Rome, le 8 jaiUet 1806»