C. K. HOFFMANN. CONTRIBUTION à l’hiSTOIRE
bordure blanchâtre. A cette bordure il est toujours facile de reconnaître jusqu’où en est arrivé le processus de l’enveloppement du vitellus. Avant que le vitellus ne soit recouvert à demi, le milieu de l’aire centrale s’épaissit, dans les limites d’un contour elliptique, pour former le bouclier embryonnaire.”
Sur ce même point, M. Balfour s’exprime de la manière suivante :
“En ce qui concerne les tout premiers phénomènes du développement , mes observations sont bornées à deux phases de la segmentation. Dans la première, la segmentation était opérée environ à moitié , dans la seconde elle était à peu près terminée. Mes observations sur ces deux phases confirment, en général, les données de MM. Kupffer et Benecke. Dans la seconde , le blastoderme était déjà imparfaitement divisé en deux couches, une couche superficielle, épiblastique, formée d’une seule assise de cellules, et une couche plus profonde, comptant plusieurs rangées de cellules dans son épaisseur. Au-dessous de cette couche, de nouveaux segments du vitellus sous-jacent étaient manifestement en train de s’ajouter au blastoderme.”
Bien que j’aie eu à ma disposition, pour l’étude des phénomènes du fractionnement, un nombre considérable de germes du Lacerta viridis^ il se trouva pourtant, à l’examen, que le nombre des phases représentées était très petit. Les recherches faites sur des coupes transversales m’ont appris ce qui suit.
La PI. 4 , fig. 1 , montre un germe dans lequel la segmentation est déjà assez avancée. Toutes les cellules du germe sont remplies d’une foule de petits globules vitellins. Dans les couches supérieures, les dimensions des cellules du germe sont notablement moindres que dans les couches inférieures; les différences sont telles, que le diamètre des cellules inférieures du germe atteint presque le double de celui des cellules supérieures. Le germe entier a plus ou moins la forme d’une lentille planconvexe, la face plane étant tournée vers la périphérie, et la face convexe reposant sur le vitellus. Immédiatement sous le germe, se trouve une couche de protoplasme, très riche en
DU DÉVELOPPEMENT DES REPTILES
globules vitellins; si l’on suit cette couche vers l’intérieur, on reconnaît que le protoplasme disparaît de plus en plus , tandis que les globules vitellins deviennent plus gros et plus nombreux , jusqu’à ce que, finalement, il ne reste presque plus que des globules de vitellus. Ces derniers sont, en général, parfaitement homogènes; du côté du germe, toutefois, on en rencontre quelques-uns dont le contenu consiste en un nombre considérable de sphérules très petites. J’ignore si, par la rupture de la membrane d’enveloppe, ces petites sphérules peuvent devenir libres; tout ce que je puis dire, c’est que les globules dont il vient d’être question ressemblent entièrement à ceux qu’on trouve dans la couche du vitellus nutritif située immédiatement sous le germe.
Les fig. 2 et 3 (PI. 4) sont deux coupes du germe prises dans un stade postérieur du développement, l’une, fig. 2, suivant une direction parallèle à l’axe longitudinal du futur embryon , l’autre, fig. 3, parallèlement à l’axe transversal. La couche cellulaire supérieure du germe se distingue nettement des couches sous-jacentes. La première est composée de cellules cylindriques courtes, partout disposées en une seule assise (voir fig. 4); elles forment l’ectoderme ou feuillet blastodermique externe. Les cellules non encore différenciées , situées au-dessous de cette couche , représentent alors l’entoderme primaire , qui compte plusieurs assises dans son épaisseur et correspond entièrement aux lower layer cells àQ M. Balfour, chez les Poissons cartilagineux. Dans chacune des deux coupes, il y a une cavité de segmentation bien distincte. Le toit de cette cavité est formé par l’ectoderme, uni à des cellules de l’entoderme primaire ; le ‘plancher est constitué par le vitellus nutritif. J’ai maintes fois vu cette cavité de segmentation, mais dans aucun de ces cas je n’ai trouvé que le toit de la cavité fût exclusivement formé de cellules de l’ectoderme , comme il arrive chez les Poissons osseux ; toujours il y avait encore, sous l’ectoderme, des cellules de l’entoderme primaire, ordinairement 1 ou 2 assises. La fig. 2, qui représente une coupe parallèle à l’axe longitudinal du futur embryon.