C. K. HOFFMANN. CONTRIBUTION à L’hISTOIRE
montre que les cellules du blastoderme, en s’étendant sur le vitellus nutritif, ne le recouvrent pas dans toutes les directions d’une couche uniforme, mais que l’une des extrémités devient plus mince, l’autre plus épaisse; la partie mince correspond à ce qui sera plus tard l’extrémité céphalique de l’embryon , la partie épaisse à ce qui deviendra l’extrémité caudale.
La fig. 5 donne une coupe longitudinale du germe pratiquée dans une phase encore plus avancée du développement, phase où la cavité de segmentation a de nouveau disparu. L’inégalité d’épaisseur du germe y est très apparente; à l’extrémité antérieure on ne trouve plus sous l’ectoderme qu’une ou deux assises de cellules de l’entoderme primaire, tandis que celles-ci forment encore huit à dix assises à l’extrémité postérieure. Une différenciation ultérieure de l’entoderme primaire , en mésoderme et entoderme secondaire, ne se remarque pas encore dans ce stade.
Au premier stade suivant, que j’ai eu l’occasion d’examiner, l’ouverture près de l’une des extrémités (l’extrémité postérieure) de l’axe longitudinal du bouclier embryonnaire, ouverture observée pour la première fois par MM. Kupffer et Benecke , était déjà formée. Une série de coupes longitudinales , menées perpendiculairement à travers le blastoderme, me fit connaître les rapports suivants.
Trois de ces coupes ont été figurées; la première (PI. 5, fig. 1) passe juste par le milieu de l’ouverture. Il ressort de cette coupe que l’ouverture en question forme un canal complètement ouvert, dirigé d’arrière en avant et de haut en bas; l’ouverture inférieure du canal s’applique immédiatement sur le vitellus nutritif. A l’exemple de M. Balfour, je désignerai ce canal par le nom de canal neur enter iqiie (c. n.). La partie (a) du blastoderme, située derrière le canal neurent^rique , est composée de plusieurs assises de cellules, lesquelles cellules toutefois se ressemblent encore complètement, de sorte qu’il n’y a ici aucune apparence de feuillets blastodermiques ; seules les cellules de l’assise supérieure présentent encore plus ou moins distinctement
DU DÉVELOPPEMENT DES REPTILES
une forme cylindrique, mais cette assise est en contact immédiat avec les assises cellulaires sous-jacentes.
Il en est tout autrement de la partie du blastoderme qui est située en avant du canal neurentérique. Ici les feuillets blastodermiques sont déjà très nettement différenciés. La couche supérieure, composée de longues cellules cylindriques, qui sont disposées en une assise unique , est séparée des cellules sous-jacentes par un intervalle étroit, mais bien distinct; elle forme le feuillet blastodermique externe, ou l’ectoderme. Au bord du canal neurentérique , où l’ectoderme s’infléchit , pour se fondre finalement avec les cellules de l’entoderme primaire, cette fente étroite disparaît. Si l’on suit les cellules de l’entoderme primaire vers l’avant, on remarque qu’elles se séparent bientôt en deux feuillets. Le feuillet inférieur n’est épais que d’une seule assise de cellules et forme l’entoderme secondaire ou entoderme proprement dit. L’autre couche, située entre l’ectoderme et l’entoderme, est composée de plusieurs assises cellulaires et constitue le mésoderme. Examine-t-on des coupes prises encore plus en avant, on reconnaît que le mésoderme devient insensiblement plus mince et finit pas disparaître complètement; le blastoderme ne consiste alors qu’en deux feuillets , l’ectoderme et l’entoderme, qui ne sont formés chacun que d’une seule assise de cellules. De ce qui précède, il ressort en outre que le mésoderme est ici^ comme chez les Poissons et les Amphibies^ un produit de Ventoderme primaire.
La fig. 2, PI. 5, représente une coupe longitudinale qui ne passe plus par l’axe du canal neurentérique, mais parallèlement à cet axe; en d’autres termes, elle passe par la paroi latérale du canal. Les feuillets blastodermiques se comportent comme dans la coupe précédente. Tout à fait à l’extrémité antérieure de l’aire pellucide on ne rencontre que deux feuillets, entre lesquels apparaît plus en arrière le mésoderme, qui devient d’autant plus épais qu’on se rapproche davantage du canal neurentérique. Aux alentours du canal, l’entoderrae commence à se fusionner avec le mésoderme, et cette masse de cellules