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lumière solaire par la réfraction en ses différentes couleurs simples ; et, d’un autre côté, rien ne nous empêcherait, étant donné un rayon lumineux homogène , de le résoudre en une série complète de couleurs.
15. Ce qui, de l’aveu de M. von Ettingshausen , s’applique à une impulsion initiale unique, sera évidemment encore vrai pour chacune des impulsions élémentaires , en nombre infini , dans lesquelles M. von Ettingshausen et M. Petzval se figurent décomposée l’action de la source vibratoire en mouvement sur le milieu ambiant. Chacune de ces impulsions différentielles peut donner naissance à une ou plusieurs vibrations, nécessairement de petite amplitude , qui se propagent en restant tout à fait indépendantes l’une de l’autre. 11 n’y a aucune raison de ne pas admettre pour cette. série de petites impulsions ce que l’on pose en principe pour une impulsion initiale unique; or c’est pourtant là, en réalité, l’erreur dans laquelle sont tombés et M. Petzval et M. von Ettingshausen.
Les deux savants ont très bien compris^ ainsi que je l’ai fait remarquer plus haut, qu’il n’y avait pas moyen de s’en tenir à la transmission instantanée de la vibration , imaginée par Doppler. La première difficulté opposée par M. Petzval au raisonnement de Doppler concernait, en effet, la communication subite au milieu ambiant d’un mouvement ondulatoire en accord avec la vibration fixe. A cette hypothèse il substitua la théorie , dite par Ini ennoblie , dans laquelle chaque vibration de la source primaire est divisée , en vue de sa transmission au milieu, en autant d’impulsions qu’il y a de phases, c’est-à-dire en un nombre infini; à ceci, M. von Ettingshausen acquiesça pleinement. Mais , par une bizarre inadvertance , M. Petzval laissa maintenant ces impulsions élémentaires se propager dans leur intégrité au sein du milieu , au lieu de les laisser se morceler en vibrations. Le résultat de ses formules était , par suite, facile à prévoir; en attribuant à la source vibratoire un mouvement de progression, il devait retrouverNiuelque part, sur une molécule située dans la direction de ce mouvement, les impulsions primitives, simplement resserrées dans une période plus
courte. Il obtient pour une pareille molécule une durée de vibration raccourcie exactement d’autant que le voulait Doppler, résultat bien naturel , puisqu’il en avait introduit d’avance les conditions. Pour une molécule située de l’autre côté, c’est-à-dire derrière la source vibratoire, le succès est le même: il trouve la vibration transmise intégralement, et sa période allongée de la quantité précise qu’avait assignée Doppler. — M. von Ettingsbausen ne pouvait pas désirer mieux; aussi s’empressa-t-il d’adopter les heureuses conclusions de M. Petzval , et de renoncer à toutes ces vibrations de longueurs d’onde différentes , qui naissent d’une impulsion unique et ont, comme nous l’avons vu, un si singulier résultat sommatoire.
16. La seconde objection de M. Petzval était que Doppler admet tacitement que le milieu est incapable de participer au mouvement de la source. Comme M. Petzval prend généralement pour source de vibrations une source sonore, c’est aussi spécialement d’une pareille source qu’il parle ici. Quant au son, on doit bien certainement admettre que l’air, du moins au voisinage de la source, est entraîné totalement ou partiellement dans le mouvement de progression. Mais pour ce qui regarde la lumière, on est aujourd’hui autorisé et même tenu à croire que le milieu qui entoure la source , et qui reçoit les vibrations et les propage, reste en repos.
Dans son premier Mémoire, M. Petzval a maintenant montré, par la voie de l’analyse , qu’un mouvement ondulatoire peut être superposé à un mouvement de progression, c’est-à-dire, que les ondulations, excitées par la source vibrante dans un milieu qui chemine uniformément avec elle, ont la même longueur que si tous les deux, source et milieu, demeuraient au repos; c’est ce qu’il appelle, d’une manière générale, le principe de la conservation de la durée de vibration. Ce résultat a encore reçu l’assentiment complet de M. von Ettingsbausen. Mais la démonstration et l’objection de M. Petzval manquaient leur but, parce que l’entraînement du milieu faisait précisément esquiver la grande difficulté de la communication de la vibration par une source animée d’un mouvement relatif, et parce que, d’un autre côté, soit que le milieu
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participe au mouvement soit qu’il n’y participe pas, le nombre des ■ poussées d’onde qui arrivent dans un même temps à l’observateur de Doppler, c’est-à-dire au terme final, sera toujours augmenté ou diminué conformément à la formule posée par Doppler. Une longueur d’onde inaltérée, dans un milieu entraîné avec la source vers l’observateur, rendra à Doppler les mêmes services que la longueur d’onde raccourcie dans un milieu au repos, que lui fournit M. Petzval , ou que la source émettant ses ondulations non raccourcies en des points de plus en plus rapprochés du terme final, qu’il s’était créé à lui-même.
17. Dans son troisième Mémoire, M. Petzval traita enfin de la distinction que ses adversaires avaient faite entre l’objectif et le subjectif, par l’introduction de l’observateur. Mais, ici encore, il fit malheureusement fausse route , car le sens qu’il attache à cette distinction diffère de celui qu’elle avait dans l’esprit des deux autres savants. Il prend le mot „subjectif” dans son acception ordinaire : un observateur qui, par suite d’un état particulier de son cerveau ou de son organe de perception , donne aux phénomènes une autre interprétation que celle qui leur convient, fournit des résultats jjSubjectifs” , dépourvus de valeur vraie ou objective. Or, .en ce qui concerne le raisonnement de Doppler, on peut y mettre une borne à la place de l’observateur, sans qu’il s’en trouve atteint ; pour Doppler, le sujet observant n’est que le point de mire, le terme vers lequel ses poussées d’onde avancent d’un pas accéléré ou retardé ; son raisonnement a donc un sens parfaitement objectif.
L’analyse de M. Petzval, je le répète, avait manqué son but : les résultats de la théorie ennoblie par lui concordent entièrement, si je les comprends bien, avec les vues originales de Doppler; les divergences que M. Petzval signale encore sont, en effet, d’importance secondaire dans les conditions ordinaires, et leur existence est plutôt nominale que réelle. Du moment que M. Petzval laisse subsister comme telles les impulsions élémentaires communiquées au milieu par la source ën mouvement , du moment qu’il les laisse se propager sans altération et les considère seulement dans leur mouvement en arrière ou en avant , au lieu de les ré-
soudre toutes individuellement en vibrations , il est sur une fausse voie et perdu sans ressource. S’il s’était hasardé pour un instant , avec son rayon lumineux , en dehors de la direction du mouvement de la source , ou s’il avait réfléchi à la cause qui devait pousser en avant ces impulsions devenues en quelque sorte flottantes, peut-être aurait-il encore reconnu son erreur.
Quant à ses deux autres objections , elles n’atteignaient en rien la théorie de Doppler. Du reste , M. Petzval lui-même s’exprime , à la fin de son troisième Mémoire , dans les termes suivants , qui méritent d’être remarqués:
„Si, dans l’état actuel de la question, l’influence que le mouvement progressif d’une source sonore ou lumineuse exerce sur le mouvement vibratoire ne peut encore être considérée comme entièrement élucidée , il est pourtant tout à fait certain que , ni dans son degré, ni dans l’ordre d’action auquel elle appartient cette influence n’est celle que la théorie de Doppler assigne.”
De ce que M. Petzval dit dans les trois dernières de ces lignes , il m’est impossible de trouver la preuve convaincante dans ses Mémoires; c’est donc une simple assertion, plutôt qu’une vérité démontrée. Quant à ce qui précède , c’est l’aveu complet que , sur le terrain qu’il avait choisi, il n’avait pas été en état de combattre victorieusement son adversaire. Sans s’en apercevoir, il s’était placé au même point de vue que’ Doppler, et voilà pourquoi il avait échoué dans sa réfutation. Tandis que Doppler s’en était tenu à la notion vague des poussées d’onde, et avait encore laissé la possibilité de conserver intacte la durée de la vibration des molécules elles-mêmes, M. Petzval était arrivé, par la voie analytique, à allonger ou à raccourcir cette durée de vibration , et il avait ainsi considérablement, aggravé les choses. Le passage cité trahit un certain désappointement , facile à comprendre. M. von Ettingshausen avait eu trop beau jeu contre son adversaire et l’avait en quelque sorte pris au piège de ses propres raisonnements analytiques.