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gement exige une modification de la durée de vibration des molécules dans le rayon incident et de la longueur d’onde normale qui y correspond , — c’est là un point sur lequel tout le monde est sans doute d’accord. Or, ces deux éléments, je prétends que Doppler lui* *même les avait laissés intacts, et le lecteur peut juger, d’après cela, jusqu’à quel point la discussion entre M. Petzval et M. von Ettingshausen a contribué à donner naissance à l’erreur dont il s’agit.
Exprimons-nous encore plus clairement, de crainte d’être mal compris. Admettons qu’à raison du retard des poussées d’onde, occasionné par le mouvement rétrograde de la source, un rayon lumineux jaune vire au rouge pour l’œil; il n’en continuera pas moins , avec le même prisme , à avoir comme rayon rouge le même indice de réfraction , par conséquent la même déflexion , qu’il avait comme rayon jaune lorsque la source était immobile , — à condition que la durée de vibration de ces molécules et la longueur d’onde proprement dite n’aient subi aucune altération; à cet égard, il ne peut y avoir l’ombre d’un doute. Doppler lui-même, bien que placé à un point de vue tout différent du mien, aurait encore jugé comme moi en ce qui concerne l’invariabilité de la réfraction ; ce sont ses successeurs qui ont introduit l’idée nouvelle de la mutabilité. Plus loin, quand j’aurai terminé mon résumé historique, je montrerai comment la condition nécessaire pour cette invariabilité de la réfraction me paraît devoir être maintenue.
21. Il ne servit de rien que M. Angstrom fît connaître le résultat négatif de ses expériences concernant le spectre de l’étincelle électrique, dans lequel les lignes brillantes se montraient toujours à la même place, malgré la grande vitesse avec laquelle les particules sont projetées dans des direction opposées à partir des deux pôles. Il ne servit de rien que M. Petzval, dans une Communication où perce encore le même sentiment de contra-
») Optische üntersuchmgen. Poggend. Ann., B. XCIV, p. 14-1. 1855.
*) Angstrôm’s üntersuchungen über das Spectrum des electriscJien Fmkens in Beziehung auf die Farbe der Doppelsterne. Sitzungsberichte der K. K. Akad. d. Wissensch., B. XVI, p. 521. 1860.
riété que dénotait la conclusion de son troisième Mémoire , fît part à l'Académie de Vienne de ce résultat négatif de M. Angstrom, en le présentant comme une preuve expérimentale contre la théorie de Doppler , ou plutôt' contre le changement de la durée de vibration. Le peu de succès de leur opposition tenait à ce qu’eux-mêmes , ce me semble, n’avaient pas nettement conscience du désaccord qui pouvait exister entre le changement de couleur pour l’œil , tel que le voulait Doppler , et le changement de déflexion par le prisme, dont il était maintenant question. Ils ne voyaient plus de différence spécifique entre l’accélération ou le retard de la poussée d’onde , qui était peut-être capable de produire le premier de ces changements, et la modification de la durée de vibration de la lumière incidente , qui constituait une condition essentielle pour le second ; ces deux notions , en effet , avaient été identifiées par M. Petzval et M. von Ettingshausen. M. Petzval était allé trop loin et s’était vu impuissant à établir analytiquement que la durée de vibration des molécules de l’éther reste inaltérée dans le cas du déplacement de la source. D’un autre côté, le raisonnement si simple de Doppler était à la portée de tout le monde. On continua donc , en quelque sorte, à prendre pour base unique les phénomènes du son , qu’on regardait comme suffisamment démontrés et qui s’expliquaient d’une manière satisfaisante, suivant les idées de Doppler, par une accélération de la poussée d’onde; et on conclut de là à des phénomènes concernant la réfraction de la lumière , qui dépendent exclusivement de la durée de vibration des molécules de l’éther. Je serais même tenté de croire, quelque paradoxal que cela- paraisse, que les expériences de M. Angstrôm ont justement été, pour beaucoup de partisans de Doppler, la circonstance première qui les a déterminés à proclamer, dans leur foi inébranlable à la théorie du maître, le déplacement des raies du spectre.
22. En M. Mach ^ ) nous trouvons un de ces partisans déclarés de Doppler. Chez lui ce sont de nouveau les explosions auxquelles
Poggend. A7in., B. CXII, p. 58. 1861.
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on s’attache de préférence, et l’analyse de M. Petzval est considérée comme un mode de déduction plus rigoureux et plus élégant, qui a d’ailleurs conduit, en ce qui concerne la longueur d’onde, au même résultat ^). M. Mach défend les vues de Doppler relativement au son; il peut y avoir, dit-il, des tons d’explosion, comme dans une sirène à trous très 'éloignés les uns des autrqs et dans la roue dentée de Savart. Plus loin , je reviendrai sur la sirène; il est parfaitement vrai qu’ici, avec les explosions, des vibrations courantes sont excitées dans l’air , mais les périodes de ces vibrations n’ont peut-être, au moins dans la sirène de Seebeck , aucun rapport avec la hauteur du ton perçu ; et une source sonore ou lumineuse à vibration fixes ne détermine pas , en général , de pareilles explosions. On le voit, M. Mach reste fidèle à l’idée fondamentale de Doppler, celle de pulsations communiquées au milieu par la source en des points successifs; c’est toujours la poussée accélérée d’ondes qui peuvent très bien se superposer l’une à l’autre.
C’est ensuite le même passage, aussi en ce qui touche les formules, des explosions aux phases et à la vibration courante, comme le montre la citation suivante: „Mais si les ondulations élémentaires qui composent une onde se propagent avec une même vitesse et sans dérangement mutuel, ainsi qu’on l’admet sans doute , ces formules (de Doppler) sont applicables à toutes les formes d’ondes, puisque la hauteur du ton n’est déterminée que par la distance de deux phases correspondantes et d’ailleurs quelconques, phases qu’on peut alors toujours regarder comme instantanées ou comme constituant des explosions” ^). Par onde, on entend ici évidemment le résultat composé des vibrations élémentaires de milliers de molécules , ce que nous aimons mieux appeler poussée d’onde. — Personne ne contestera à M. Mach que cette poussée d’onde, née d’une source procédant par explosions et animée d’un mouvement de progression , participe à cette progres-
sion ; les ondulations de Teau , sous l’action progressive d’un coup 'de vent, nous le montrent clairement.
Donnons à cette poussée d’onde, dans le cas du son, le nom d’impulsion de condensation ou de dilatation ; ces impulsions pourront donc, portées par les vibrations des molécules, se propager dans leur intégrité, et leur vitesse de propagation deviendra égale à la vitesse de l’onde augmentée de celle de la source. S’il se trouve alors sur leur parcours un ensemble circonscrit et approprié, — et c’est ainsi que nous nous représentons l’oreille, — les impulsions successives y exciteront une vibration , dont la hauteur sera réglée par leur fréquence. Toutes les expériences sur lesquelles M. Mach et autres s’appuient pour défendre la manière de voir de Doppler, et dont une sera examinée tout à l’heure en détail, rentrent dans la même catégorie, celle de l’action exercée par des impulsions de condensation ou de dilatation , qui ont été communiquées à l’air le plus souvent sous forme d’explosions , et qui sont transmises pendant quelque temps sans division , comme phénomène sommatoire, par des vibrations d’une durée souvent inconnue. — Le ton perçu change alors avec le déplacement de la source d’explosions, mais pour cela ce déplacement n’a pas encore raccourci, selon la loi de Doppler, la longueur d’onde des vibrations élémentaires courantes, qui peut-être même n’ont pas de rapport du tout avec les vibrations de l’instrument sonore ; les impulsions de condensation et de dilatation ont simplement excité dans l’oreille , par le seul effet de l’accélération de leur succession , une vibration plus élevée que celle donnée par l’instrument. On voit quel abîme il y a entre la signification des expériences invoquées et la transmission régulière, de molécule en molécule, d’une vibration dont la période serait modifiée par le mouvement de la source.
Plus haut, à l’art. 11, j’ai déjà dit que les successeurs de Doppler ont encore doué la vibration, une fois émise, sur toute sa route ultérieure, de la vitesse de la source, idée qui ne trouvera guère d’appui dans les vues plus saines que je viens d’ex-